Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Stephen King's Pet Sematary (Special Collector's Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Stephen King n’a pas vraiment été heureux avec les adaptations cinématographiques de ses oeuvres littéraires et ce même lorsque lui passe derrière la caméra (avec le catastrophique Maximum Overdrive).

Fort heureusement de temps à autre, quelques œuvres surnagent largement au dessus du lot (qu’elles soient fantastiques ou non) telles Dead Zone(David Cronenberg), Misery (Rob Reiner), Stand by me (Rob Reiner), Carrie (Brian De Palma), Shawshank Redemption (Frank Darabont) , et donc dans une moindre mesure Christine (John Carpenter), Hearts in Atlantis (Scott Hicks) et Pet Sematary. Cependant dans la plupart des réussites cités, c’est la personnalité forte du cinéaste adaptateur et les modifications qu’il apporte au roman et à l’univers du romancier qui font le succés du film. Car malgré leur apparente nature relativement cinématographique à la lecture, les romans de King sont loin d’être si simples à adapter à l’écran. Nous n’avons volontairement pas mentionné le cas de Shining puisque la version géniale de Stanley Kubrick n’a pris le roman que pour base et King lui même à totalement désavoué le résultat final, allant même jusqu'à pousser la production d’une mini-série télévisée adaptant plus « fidèlement » son œuvre.
Hors le cas de Mary Lambert et de son adaptation de Pet Sematary (souvent désigné comme le roman le plus noir et dur de King) est à part puisqu’elle est évidemment loin de posséder le talent ou la personnalité originale des cinéastes précités mais c’est paradoxalement cette plus grande malléabilité qui lui à permis de travailler en collaboration avec King.
Certes la fidèlité au roman n’est pas totale mais les changements qui ont été fait sont tout à fait dans l’esprit du romancier et surtout dans une logique cinématographique plus que littéraire.

Mary Lambert qui réalisait la son premier long métrage venait alors du milieu des vidéo clips et pas des plus anodins puisqu’elle fut la metteuse en image des chansons de Madonna, alors superstar mondiale. Et pourtant cette origine ne se sent pas du tout dans la mise en scène de la cinéaste qui semble parfaitement cinématographique et évite le piège du visuellement tape à l’œil comme cela est trop souvent le cas pour les jeunes cinéastes actuels provenant de ce milieu (sauf dans le cas de cinéastes talentueux comme David Fincher). La jeune femme nous offre ainsi une œuvre assez conventionnelle et neutre visuellement ce qui fait d’autant plus la part belle à l’histoire tordue et glaçante imaginée par King.
Seuls quelques moments joliment stylisés s’avèrent plus travaillés et ce sont de loin ces scènes avec la sœur malade et déformée qui sont de loin les plus dérangeantes et éprouvantes d’un film qui n’est pourtant pas avare dans ce domaine. Le talent de Lambert est alors évident dans ces scènes qu’elle à choisi de traiter frontalement mais jamais de façon spectaculaire et l’on se trouve alors confrontés a un sujet tabou qui fait mal.
C’est d’ailleurs dans cette façon d’affronter courageusement de nombreux sujets rarement abordés, même dans le cinéma d’horreur (la difformité vécue au quotidien et non comme un simple choc, un enfant meurtrier traité de façon sérieuse) qui fait tout le prix du film. L’absence de second degré et de pastiche ne signifie pas pour autant absence d’humour (ainsi le personnage du fantome ange gardien et bien écrit et interprêté même si il rappelle de trop prêt celui de An american werewolf in london de John Landis) et c’est en cela que l’on peut qualifier Pet Sematary de film d’horreur à l’ancienne, soutenu par une ambiance extrémement tendue (mais par pour autant dénué de moments tendres et sympathiques) ce qui lui confère toute son efficacité pour peu que l’on soit encore capable de prendre un film fantastique au « sérieux ».
Si il est évident qu’un cinéaste plus chevronné ou plus affirmé aurait pu donner plus d’ampleur a ce petit film fantastique mais il nous a semblé que cetta attitude humble profitait au film dans le sens ou ayant travaillé en étroite collaboration avec King, Mary Lambert à pu nous livrer une œuvre cinématographique très proche de l’univers de l’écrivain, ce qui n’est pas souvent le cas de ses meilleures adaptation (ou du moins pour les adaptations de ses romans fantastiques).

Nous vous recommandons donc ce petit film certes imparfait qui vous offrira une histoire solide, bien interprêtée, solidement mise en scène et qui enfin glacera le sang des spectateurs qui ont su conserver leur capacité à être impressionnés (sans gros choc visuel ou sonore mais plus par des thématiques ou une ambiance) et éviter de tomber dans le cynisme ambiant.




Image
L’image est proposée au format respecté de 1.85:1 d’aprés un transfert 16:9.

La définition générale est de bonne qualité surtout pour une œuvre des années 80 dont les incarnations vidéo ont souvent connus des problèmes.
L’interpositif n’est certes pas immaculé mais très propre, présentant de légères traces de poussières et traits qui ne viennent jamais perturber le plaisir du visionnage. De même le grain regulièrement visible offre un rendu très cinéma plus qu’il ne dérange vraiment.
Les couleurs sont bien rendues, naturelles, constantes et parfaitement saturées.
Le contraste est correctement géré même si parfois fluctuant, mais évitant clairement toute traces de brillances.
Les noirs étonnant de profondeur et de pureté font que les scénes sombres (si nombreuses dans ce film) sont vraiment bien rendues.
La partie numérique n’est pas immaculée mais les traces de surdéfinition et de fourmillements sont certes visibles à plusieurs reprises mais restent limitées et jamais vraiment préjudiciables.

Un transfert certes perfectibles mais qui offre une qualité globale très agréable et permet de découvrir ou redécouvrir cette œuvre dans des conditions vraiment agréables.





Son
Les trois bandes-son disponibles sur cette édition sont en Anglais (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby 2.0 surround) et Français (Dolby 2.0 surround).

La dynamique de la bande-son multicanal est certes limitée mais tout de même fort appréciable. Il en est de même pour sa présence et sa spatialité.
La musique est bien rendue malgré des limitations audibles dans le haut comme le bas du spectre. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont relativement peu utilisées mais toujours à bon escient. Leur efficacité n’est pas des plus impressionnantes mais somme toute correcte pour un remixage récent.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et les traces de parasites ou distortions ne sont audibles que lorsque l’on monte le volume au dela du raisonnable.
Les basses fréquences sont certes présentes mais relativement limitées en profondeur et assise. Cependant a de nombreuses reprises elles viennent clairement animer et rendre nettement plus efficace cette bande-son.

Les bandes-son en Dolby Surround qu’elle soient en Français ou Anglais sont largement en dessous de la qualité de ce remixage.
Les sous-titres sont disponibles en Anglais uniquement (a notre grand regret).

Cette bande-son est de qualité fort appréciable mais comme dans le cas de l’image semble également aisément perfectible. Elle remplit toute fois fort bien son office en l’état.




Suppléments/menus
Un ensemble relativement complet et intéressant malgré des limitations évidentes.

Le commentaire audio de Mary Lambert est relativement intéressant mais malheureusement trop descriptif et parsemé de trop long blancs. Un segment donc moyen mais qui mérite qu’on y prette un oreille.
Ensuite vient un ensembe de trois documentaires qui n’en fondent au final qu’un.
La première partie appelée «Stephen King territory » (13 min) revient par des témoignages de King lui même sur l’aspect très autobiographique de ce roman et son implication dans sa transposition au cinéma.
La seconde, « The characters » (12 min 45 s) offre enfin des interventions plus importantes de Mary Lambert même si celle ci se laisse parfois emporter par son admiration pour l’œuvre de King qu’elle qualifie de façon éhontée de Dickens moderne.
La troisiéme, « Filming the horror » (10 min 24 s) ne traite pas vraiment de son titre mais revient plus sur les personnages eux même.
Donc cet ensemble de trois parties manque certes de recul et d’ampleur de vision mais est très agréable à suivre et permet de jeter un regard plus complet sur l’œuvre elle même.






Conclusion
Une édition aux qualités audios et vidéos appréciables mais également aisément perfectibles.

Pet Sematary est un film certes loin d’être parfait mais qui offre une noirceur de vision et de nombreuses dérangeantes et désespérées. Nous ne saurions comparer le livre et le film mais il nous semble d’emblée faire partie des bonnes adaptations du travail de l’écrivain et se tient largement tout seul en tant qu’œuvre cinématographique. Attention donc au public trop sensible qui pourraient être marqués par certains passages du film. Hormis cette « restriction » nous ne pouvons que recommander ce petit film d’horreur qui prend ses éléments au sérieux et le fait avec un talent certain malgré certaines maladresses.



Qualité vidéo:
3,6/5

Qualité audio:
3,4/5

Suppléments:
3,3/5

Rapport qualité/prix:
3,7/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2006-12-04

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Pet Sematary

Année de sortie:
1989

Pays:

Genre:

Durée:
102 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Piste de commentaires audio, trois documentaires

Date de parution:
2006-09-26

Si vous avez aimé...