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DVDEF

Superman Returns (WS - Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Pour plusieurs, l’annonce d’une reprise de Superman faisait beaucoup frémir. D’abord, parce que les deux premiers volets parus en 1978 et 1980 étaient suffisants et considérés comme des monuments par plusieurs fans, mais aussi parce qu’il semblait impossible de déloger Christopher Reeve du titre de meilleur Superman. Les fans ont quand même pu se soulager lorsque Bryan Singer a décidé de prendre les commandes de la production au lieu de réaliser le troisième volet de la franchise X-Men. Ayant donc une fraîche expérience en ce qui à trait aux superhéros, Singer avait donc très peu de chances de rater son coup, mais avait néanmoins beaucoup sur les épaules : les attentes des fans et un budget colossal de 270 millions de dollars US. Au lieu de faire un remake du premier Superman, réalisé par Richard Donner, Singer a préféré situer l’action après le deuxième film.

Singer nous replace donc cinq ans après le départ de Superman (Brandon Routh) vers sa planète Krypton. Celui-ci fait un retour inattendu dans le champ de la famille Kent et raconte à sa mère, Martha (Eva Marie Saint) qu’il ne reste plus grand chose de sa planète et qu’il compte donc reprendre la vie qu’il avait en tant que Clark Kent et surtout en tant que Superman. Cependant, bien des choses ont changé à Metropolis pendant son absence. Lois Lane (Kate Bosworth) a eu un enfant, Jason, (Tristan Lake Leabu) avec Richard White (James Marsden), le neveu de son patron Perry White (Frank Langella). De plus, Lex Luthor (Kevin Spacey), n’ayant pu aller séjourner en prison de par l’absence de Superman en tant que témoin lors de son procès, prépare un plan diabolique visant à anéantir les continents afin d’en créer un nouveau qu’il pourra dominer. Tout cela grâce au kryptonite, cristal provenant de la planète de Superman et pouvant anéantir ce dernier.

À sa sortie, Superman Returns a suscité des commentaires plutôt partagés. Certes, le film n’a rien d’un X-Men et encore moins d’un Batman Begins, mais il est aussi très loin d’un Fantastic Four ou d’un League of Extraordinary Gentlemen. Il se situe quelque part, entre la réussite totale et l’échec monumental. Brian Singer est pourtant très loin d’avoir raté son coup. Techniquement et visuellement, Superman Returns est un film souvent époustouflant (merci au travail du directeur photo Newton Thomas Sigel). Le réalisateur sait comment filmer les scènes d’action, celle du sauvetage de l’avion étant l’exemple parfait, ainsi que les moments plus romantiques entre Superman et Lois, soit cette escapade au-dessus de Metropolis. Singer s’amuse également à intégrer de nombreux clins d’œil au premier film, dont ce superbe générique d’ouverture, rejoignant ainsi les fans des premiers volets. Mais surtout, le film traite d’un thème cher au cinéaste, soit la différence. C’est assurément cet intérêt si évident pour la marginalité qui pousse Singer à s’attarder à ces êtres différents et particuliers d’une fine et sensible façon, rendant plusieurs scènes très fortes sur le plan émotionnel. Par contre, ce qui blesse beaucoup dans le film de Singer, c’est la dernière demi-heure qui aurait, sans aucun doute, regagnée à être complètement supprimée ou du moins resserrée au montage. Alors que notre héros a accompli ses plus belles prouesses, l’intérêt, à partir de ce moment, diminue considérablement. Le grossier parallèle qu’effectue Singer entre son héros et le Christ n’aide pas non plus, il faut l’admettre.

Ce qui a surtout fait jaser lors de la sortie du film, c’est le choix des acteurs. Plusieurs ont méprisés le choix de Singer de faire appel à un acteur inconnu, alors ce que dernier s’avère parfaitement à la hauteur. Brandon Routh incarne un charmant et solide Superman, mais surtout un charismatique et étonnamment très drôle Clark Kent, rappelant souvent le jeu de Christopher Reeve. La ressemblance de Routh avec ce dernier est d’ailleurs assez frappante. Le même phénomène s’est aussi produit avec l’actrice Kate Bosworth. Ici c’est l’âge de l’actrice plus particulièrement qui a été mis en cause. Âgée de seulement vingt-trois ans, l’actrice arrive néanmoins a jouer juste et à donner corps à son personnage. L’instinct maternel qu’elle réussit à dégager malgré son très jeune âge est parfaitement crédible. Son personnage est cependant très loin de la Lois Lane d’il y a vingt-ans et c’est probablement ce qui a dérouté bien des fans. On retiendra également les performances mémorables de Kevin Spacey et de Parker Posey dans le rôle du couple Lex Luthor/Kitty Kowalski.

Superman Returns est loin de faire l’unanimité de par son incapacité à atteindre les sommets du premier film de 1978, mais il s’agit d’un excellent divertissement et d’un solide film de superhéros. De par ses nombreux clins d’oeils au film original, l’œuvre de Bryan Singer se rapproche davantage de l’hommage que de la « renaissance » d’un superhéros, ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose en soi.



Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.40:1 d’après un transfert 16:9. À noter qu’une édition au format recadré de 1.33:1 est également disponible.

Voilà un transfert plutôt décevant de la part d’une production aussi importante que Superman Returns. D’abord, pour un film tourné en numérique, la définition générale de l’image n’est malheureusement pas optimale, ne rendant pas suffisamment justice au travail effectué par Newton Thomas Sigel sur la photographie. Mais la véritable grosse déception de ce transfert est l' omniprésence souvent très agaçante d’un fourmillement alors qu’on note l’absence totale de supplément sur ce premier disque. Sinon, du côté positif, règle générale, la plupart des détails et des textures sont correctement rendus. Le rendu des couleurs est absolument irréprochable. Ces dernières sont pures, riches et ne démontrent aucun problème de débordement ou de saturation. Idem pour les tons de peaux qui demeurent naturels et constants. Cependant, on notera que les contrastes ne sont pas toujours parfaitement gérés, influençant souvent la qualité et la définition de l’image. En dépit du fourmillement empêchant d’accéder au niveau de détails maximal dans les parties sombres, ces dernières présentent néanmoins de beaux dégradés livrant ainsi des noirs purs et intenses. Un transfert décevant, donc, mais qui n’ampute pas le visionnement du film au point de le gâcher totalement.



Son
Nous retrouvons deux bandes sons au format Dolby Digital 5.1 sur cette édition. L’une en anglais et l’autre en français. Pour cette critique, c’est le mixage anglais qui a été employé.

Heureusement, on livre la marchandise en ce qui concerne le mixage. Puisqu’il s’agit d’un film d’action, le dynamisme est donc excellent, particulièrement dans les scènes d’action où, là, il n’est rien de moins qu’excitant. La bande son fait également preuve d’une solide présence ainsi qu’une très belle spatialité. Ainsi, le déploiement du champ sonore s’effectue d’élégante façon principalement à partir des canaux avant, mais aussi grâce à un solide support de la part des enceintes arrière qui arrive à rendre ces moments d’action particulièrement intenses. Il n’est donc pas rare de surprendre un effet d’ambiophonie ici et là, toujours brillamment réussi. Tous les éléments sonores sont ainsi parfaitement intégrés au mixage. Les dialogues demeurent parfaitement et constamment audibles alors que la trame sonore de John Ottman, fidèle acolyte de Singer, se fait subtilement, mais efficacement sentir. Film d’action l’oblige presque, l’emploi des basses est fréquent et d’une redoutable efficacité de même que pour le canal d’extrêmes graves qui ne manque pas de gronder à plusieurs occasions.

Des sous-titres anglais et français sont disponibles.



Suppléments/menus
Comme c’est souvent le cas avec Warner, une édition spéciale de deux disques est également offerte en plus des deux éditions simples, panoramique et plein écran. L’édition spéciale est donc la seule à proposer des suppléments qui, vous l’aurez compris, sont exclusivement présents sur le deuxième disque.

Nous retrouvons donc un très intéressant et très pertinent documentaire d’environ trois heures, « Requiem For Krypton : Making Superman Returns (2:53:30) ». Il peut être vu en différentes parties (« Secret Origins and First Issues : Crystallizing Superman », « The Crystal Method », « An Affinity For Beathfront Property : Shooting Superman », « The Joy of Lex : Menacing Superman » et « He’s Always Around : Wrapping Superman »). Rarement un documentaire n’aura été aussi complet et intéressant à regarder. De l’élaboration du scénario au tournage du film (en fait la plupart du segment se concentre particulièrement sur cet aspect) en passant par l’entraînement de Brandon Routh pour devenir Superman, toutes les étapes de la production nous sont montrées. De plus, on nous épargne les interventions « promotionnelles » et souvent très peu pertinentes des producteurs et artisans pour s’attarder exclusivement au processus de création de l’œuvre. Vraiment passionnant.

On retrouve par la suite « Resurrecting Jor-el (3:56)» où nous est montrée la création numérique de la scène où Marlon Brando s’adresse à Superman à partir d’images tournées en 1978. Même s’il est très court, ce segment demeure très intéressant. Sont également disponibles onze scènes supprimées qui démontrent un intérêt considérable. Elles sont intéressantes à regarder une fois, mais sans plus. Finalement, une galerie de bandes-annonces est disponible pour conclure cette partie. À noter que tous les suppléments peuvent être visionnés avec des sous-titres français !




Conclusion
Loin de faire l’unanimité, cette adaptation des aventures de Superman s’avère, à notre avis, assez satisfaisante. Le travail qu’a effectué Bryan Singer est ici fort honnête et logique dans son parcours de réalisateur. Même si Superman Returns n’atteint pas les sommets de X-Men ou encore de Batman Begins, reste qu’il s’agit d’une production grand public fort divertissante et d’une adaptation plutôt intéressante d’un des héros de bandes dessinées des plus populaires.

Warner risque encore une fois de rendre les consommateurs perplexes devant le choix de deux éditions du film, une seule d’entre elles offrant des suppléments. Mais dans les deux cas, c’est un transfert vidéo décevant et perfectible, mais un mixage très excitant qui caractérisent cette édition. Si l’édition simple vous intéresse plus particulièrement, il faudrait par contre y repenser davantage puisque le passionnant documentaire de près de trois heures vaut à lui seul les quelques dollars de plus que vous déciderez d’investir.



Qualité vidéo:
3,2/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2006-12-25

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Toshiba 27A43C, Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Superman Returns

Année de sortie:
2006

Pays:

Genre:

Durée:
154 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Documentaires, scènes supprimées, bandes-annonces

Date de parution:
2006-11-28

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