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DVDEF

Mission - Impossible III (Two-Disc Special Collector's Edition)

Critique
Synopsis/présentation
D’abord une série télévisée à succès, Mission : Impossible a fait son premier saut au grand écran en 1996. Entre les mains du cinéaste Brian DePalma, le film eut un très beau succès en plus de porter la marque de son réalisateur. Et puisqu’à Hollywood, on ne change pas une recette gagnante, on a remis ça avec une suite en 2000, réalisée par John Woo. Après quelques films d’action américains (Broken Arrow, Face/Off) plutôt convaincants, le réalisateur originaire d'Hong Kong s’est visiblement gâté avec ce film. Des scènes d’action époustouflantes en dépit d’un récit bien mince, ce qui n’a pas ravi la plupart des fans malgré un 215 millions de recettes au box-office américain. Quoiqu’il en soit, un troisième volet était prévu et Tom Cruise était partant (il agit en tant que co-producteur depuis le premier volet). Comme lui et sa partenaire Paula Wagner l’ont bien compris, il faut plus qu’une juxtaposition de scènes d’action pour enchanter les plus difficiles spectateurs. Ils ont donc engagé le scénariste et réalisateur J.J. Abrams.

Provenant du monde de la télévision, Abrams a toute qu’une réputation qui le précède. On le connaît d’abord en 1998 grâce à une charmante série mettant en vedette Keri Russell, Felecity, dont il est le créateur. En 2002, la série est annulée et Abrams trouve son compte avec les conspirations gouvernementales dans Alias. La série connaît un succès monstre et le doit principalement au charisme fou de Jennifer Garner et de ses missions périlleuses dans différents pays. Encore, en 2004, Abrams se fait proposer de travailler sur une série racontant le sort de passagers d’un avion écrasé sur une île déserte. Grâce à la touche mythique apportée par Abrams, Lost devient rien de moins qu’un phénomène et pour plusieurs, une série culte. Il est donc impensable que le réalisateur rate son coup sur le troisième volet de Mission : Impossible. Pourtant, ce n’est pas sans sacrifices fatals que Abrams co-scénarisera et réalisera le film d’action. En effet, il délaissera ses deux séries et le tout se fera énormément sentir. Alors que les fans de Alias ont été incroyablement déçus par la conclusion de la série, ceux de Lost commencent à devenir très impatients face à tous les mystères qui s’installent sur l’île. Tout cela est sans compter l’importante baisse de cotes d’écoute pour Alias qui a dû inciter les producteurs à raccourcir la saison à dix-sept épisodes au lieu de vingt-deux. Mais heureusement, c’est au profit d’un troisième volet fort satisfaisant.

Alors qu’il vit un semblant de vie tranquille et normale avec sa femme Julia (Michelle Monaghan), Ethan Hunt (Tom Cruise) est contacté par ses supérieurs pour libérer l’agent Lindsey Farris (Keri Russell), enlevée par Owen Davian (Philip Seymour Hoffman), un trafiquant d’armes. Avec son équipe composée de Luther Stickell (Ving Rhames), Zhen Lei (Maggie Q) et Declan Gormley (Jonathan Rhys-Meyers), Hunt tentera alors de sauver sa partenaire et d’arrêter Davian. Même si la bande-annonce en dévoile davantage, nous préfèrerons taire le reste de l’intrigue afin de ne pas gâcher quelques belles surprises.

Si le récit de M:I 2 semblait mince, celui-ci est beaucoup plus consistent même s’il comporte tous les clichés du genre. Ce que J.J. Abrams et ses co-scénaristes, Alex Kurtzman et Roberto Orci, ont par contre très bien réussis, c’est de ramener l’idée d’équipe au sein des missions. Alors que dans le premier film, Hunt assistait à l’assassinat de tous ses coéquipiers et dans le deuxième film, agissait seul, ou presque, ici l’agent effectue ses missions avec l’aide de son équipe, ce qui donne droit à d’excellentes séquences, notamment celle du Vatican où l’apport de chacun des membres est essentiel. Ainsi, les scénaristes se rapprochent davantage de l’esprit de la série. C’est aussi le retour des masques, très utilisés dans le premier M:I, grâce à une séquence géniale où l'on découvre la fabrication de ces masques. Le film comporte également quelques brillants clins d’œil à ce premier opus. Quant à la réalisation d’Abrams, elle est très maîtrisée. Très loin du style de DePalma ou encore des scènes d’action explosives de Woo, le réalisateur offre plutôt un film plus léger, mais pas moins intéressant. La scène sur laquelle s’ouvre le film est un excellent indice : simple, intense et diablement efficace. C’est d’ailleurs le meilleur mot pour qualifier M:I III : efficacité. Les scènes d’action sont rythmées et excitantes (on sent l’influence d’Alias et de Lost) alors que les scènes dramatiques font preuve de l’intensité adéquate.

C’est un Tom Cruise égal à lui-même qui incarne un Hunt qui a gagné en profondeur puisque ses motifs deviennent plus personnels. Malheureusement, le narcissisme profond de Cruise fait en sorte que tous les autres acteurs sont complètement sous-utilisés, même l’excellent Philip Seymour Hoffman en impitoyable villain et la trop rare Keri Russell dont le personnage aurait mérité un peu plus de profondeur. Les autres comédiens font ce qu’ils peuvent avec des personnages souvent unidimensionnels. On soulignera néanmoins le charisme apporté par les membres de l’équipe IMF (Ving Rhames, Maggie Q et Jonathan Rhys-Meyers).

Avec Mission:Impossible III, J.J. Abrams a prouvé que le saut du petit au grand écran pour un réalisateur n’était pas chose facile, mais quand même possible. Même si le film n’est rien de plus qu’un divertissement, c’est un divertissement de qualité, rafraîchissant et surtout très efficace qui est chaudement recommandé pour ceux qui sont fans de la série ou encore des deux films précédents. Vous risquez très peu d’être déçus.



Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.35:1 d’après un transfert 16:9. Une version au format d’image recadrée 1.33 :1 est également disponible.

La définition générale de l’image est excellente. Production récente l’oblige, l’interpositif était immaculé et ne montre aucun parasite quelconque. La netteté de l’image est ainsi exemplaire livrant un niveau de détails et de textures plus que convenables. Les scènes d’action sont alors plus appréciables de même que la superbe robe rouge que porte l’actrice Maggie Q. La palette de couleurs est également judicieusement rendue. On ne notera aucun problème de débordement ni de saturation. Du côté des contrastes, ils sont parfaitement bien gérés évitant ainsi tout effet de surbrillance. Les parties sombres sont également irréprochables. À plusieurs moments dans le film, nous nous retrouvons dans la pénombre, donc la qualité des dégradés est ici plus que satisfaisante. Elle nous permet d’accéder au niveau de détails optimal de ces plans sombres. Inutile de dire que les noirs font preuve de pureté et de profondeur et que la partie numérique se sauve de tout défaut majeur. Très peu à redire sur ce superbe transfert.



Son
Nous retrouvons ici deux bandes sons au format Dolby Digital 5.1, l’une en anglais, l’autre en français. C’est le mixage anglais qui a été employé pour cette critique.

Comme tout mixage de film d’action qui se respecte, celui-ci est diablement efficace et risque de mettre à rude épreuve la patience de vos voisins. À défaut de faire preuve de finesse et de subtilité, le dynamisme peut aisément être qualifié de percutant. L’environnement sonore est exploité au maximum et permet plusieurs effets localisés ainsi plusieurs autres de canaux à canaux parfaitement maîtrisés. Ainsi, les enceintes arrière ne sont pas uniquement employées à des fins d’ambiance et permettent un champ sonore très immersif. Les différents éléments sonores s’intègrent donc parfaitement au mixage. Que ce soit l’excellente trame sonore signée Michael Giacchino, fidèle compositeur d’Abrams, ou encore les dialogues qui demeurent parfaitement et constamment audibles. L’utilisation des basses est judicieuse lorsque celles-ci sont sollicitées, c’est-à-dire lors presque constamment, alors que les extrêmes graves grondent profondément et efficacement lors des scènes d’action.

Des sous-titres anglais et espagnols sont disponibles.



Suppléments/menus
Sur le premier disque, on retrouve une piste de commentaires animée par Tom Cruise et le réalisateur et co-scénariste J.J. Abrams. Le ton est léger et les deux hommes partagent visiblement une franche amitié, mais ils restent limités et contemplatifs dans leurs propos, particulièrement Cruise. On sent que le réalisateur aurait sans aucun doute été plus intéressant s’il était intervenu seul sur cette piste de commentaires. Le premier segment que l’on retrouve est un documentaire, « The Making Of The Mission (28:41) ». Il ne se distingue pas particulièrement des autres documentaires du genre et reste dans un esprit très promotionnel. Vient ensuite « Excellence In Film (9:14) » un hommage à l’acteur Tom Cruise pour le prix Stanley Kubrick. C’est un segment qui était présent sur l’édition spéciale de Mission :Impossible et sa présence ici est complètement inutile. Sont ensuite présentes cinq scènes supprimées dont l’intérêt varie de l’une à l’autre. Dans la plupart des cas, elles n’apportent rien de consistent à l’intrigue. Finalement, les bandes annonces de Transformers, World Trade Center et de The Tom Cruise Collection complètent la partie suppléments de ce premier disque.

À noter que les suppléments du deuxième disque sont offerts uniquement sur l’édition spéciale et qu’une édition simple est disponible et comprend tous les suppléments mentionnés précédemment. Sur ce deuxième disque, nous retrouvons « Inside The IMF (21:14) » est un documentaire qui s’intéresse à la distribution des acteurs pour les différents rôles du film. Rien de très intéressant, nous voyons simplement les acteurs venter mutuellement leurs mérites. Vient ensuite « Mission Action : Inside The Action Unit (25:38) » où l’on se concentre sur les différentes cascades qui ont dû être tournées. Malheureusement, le ton demeure le même : on se flatte l’ego, on vante les mérites de l’autre et Tom Cruise est omniprésent. On retrouve aussi « Visualizing The Mission (10:39) » où on nous explique la pertinence du prévisualisation virtuelle pour les scènes d’action. Généralement intéressant, ce segment demeure assez informatif. « Mission : Metamorphosis (8:09) » nous montre les dessous de la scène de la conception du masque calqué sur le visage de Philip Seymour Hoffman. Un segment intéressant et relativement informatif, mais qui nous laisse sur notre faim de par sa très courte durée. « Scoring The Mission (4:59) » se concentre évidemment sur la composition de la trame sonore de Michael Giacchino. Un segment qui reste malheureusement très en surface. « Moviefone Unscripted : Tom Cruise / J.J Abrams (8:03) est un pathétique segment où Tom Cruise et le réalisateur J.J. Abrams se posent différentes questions sur le tournage du film, certaines suggérées par le public. Les deux hommes ne font rien d’autre que de flatter leur ego ce qui vient rapidement lassant. « Launching The Mission (14:02) » présente les premières du film qui ont eu lieu dans différentes villes (Manhattan, Rome, Paris, Londres et Tokyo). À noter que ce segment peut être visionner en cinq parties correspondant chacune à un pays dans lequel s’est déroulé une première du film. Le dernier segment est « Generation : Cruise (3:36) » déjà présent sur l’édition spéciale de Mission:Impossible. Comme si le segment contenu sur le premier disque ne suffisait pas, le narcissisme de M. Cruise atteint ici des sommets avec la présence de ce deuxième segment qui rend hommage à sa carrière pour un prix spécial MTV. Finalement, on retrouve différentes bandes-annonces du film ainsi qu’une galerie de photos. On peut toutefois visionner tous ces suppléments avec des sous-titres anglais, français ou espagnols.




Conclusion
Mission:Impossible III est le divertissement par excellence. Efficace et distrayant, le film nous permet de passer un fort agréable, pour quiconque apprécie les films d’action. Il ne prétend pas être autre chose et c’est tant mieux alors pourquoi bouder son plaisir ? Et même si notre ami Tom Cruise a encore oublié que d’autres gens partageaient l’écran avec lui, le réalisateur J.J. Abrams, lui, a réussit avec brio le saut du petit au grand écran. Ses prochaines productions seront assurément à surveiller.

Une édition techniquement sans faille qui propose un transfert d’image de très haute qualité ainsi qu’un mixage fort excitant. Quant aux suppléments, ils sont généralement divertissants malgré l’omniprésence de Tom Cruise dans chacun d’eux. Si c’est le film lui-même qui vous intéresse, l’édition simple est amplement suffisante.


Qualité vidéo:
4,3/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,4/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2006-11-27

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Toshiba 27A43C, Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Mission: Impossible III

Année de sortie:
2006

Pays:

Genre:

Durée:
125 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Commentaire audio, scènes supprimées, documentaires, segments, bandes-annonces, galerie de photos

Date de parution:
2006-10-31

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