Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Final Fantasy: The Spirit Within (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Au cinéma, l'animation par ordinateur prit véritablement son envol en 1995 avec le premier Toy Story, succès retentissant qui repoussait les limites de l'animation traditionnelle. Depuis, le procédé a beaucoup évolué et, surtout, la technique s'est avéré fort populaire (donc rentable…) auprès du public, qui en redemande. En fait, les films d'animation par ordinateur se sont révélés si rentables que les studios, particulièrement Disney, tendent de plus en plus à changer d'approche. À voir les résultats du Box-Office 2001, on les comprends. Atlantis, un film d'animation traditionnel distribué par Disney, a rapporté la modique somme de 80 millions de dollars US en Amérique du nord. Shrek de Dreamworks est a rapporté des revenus de plus de 260 millions de dollars US. L'été 2001 a aussi vu apparaître sur les écrans nord-américains la première production cinématographique entièrement réalisée par ordinateur destinée à un public plus âgé. Le film en question est Final Fantasy : The Spirits Within, un long métrage d'animation baignant dans un climat de science-fiction post-apocalyptique. Bref, un dessin animé qui se situe à des années lumières du coloré Shrek !
Ceux qui ne connaissent pas le titre de Final Fantasy ne sont certainement pas des amateurs de jeux vidéos. En effet, avant d'être porté à l'écran, Final Fantasy fut (et est toujours) l'une des séries de jeu vidéo la plus populaire et la plus rentable de tous les temps. Cette saga en est déjà rendue au dixième chapitre, et l'on calcule le nombre d'unité vendu jusqu'à aujourd'hui à 33 Millions. Considérant le véritable culte qui entoure cette série, il n'était qu'une question de temps avant qu'une adaptation cinématographique de ce jeu soit offerte. Cependant, le film ne s'inspire que très largement de l'univers offert dans les jeux vidéos. Les personnages ne sont pas nécessairement les mêmes, et il n'est pas indispensable de connaître les jeux pour comprendre l'histoire, qui est totalement indépendante. Cette histoire se déroule en 2065, dans le contexte d'une Terre dévastée par des esprits malins et malveillants. Les seules formes de vie restantes vivent terrifiées dans quelques villes protégées par des dômes. Plus que militaire (les armes sont pratiquement inefficaces contre ces fantômes), les combat mené contre ces esprits est surtout scientifique. Cette lutte sera mené par Aki Ross et le docteur Sid, qui cherchent à trouver une force, une énergie suffisamment puissante pour détruire à jamais ces mystérieux esprits.
La promotion entourant Final Fantasy misait presque essentiellement sur son extraordinaire et révolutionnaire facture visuelle. La mission était d'en mettre plein la vue au spectateur, et force nous est d'admettre que cet objectif s'avère des plus réussis. Le film est un véritable bonbon pour les yeux. Les personnages sont d'un réalisme confondant, les décors sont complexes et éblouissants, et la mise en scène fait même preuve d'inventivité à plusieurs reprises. Le hic, c'est que tellement d'attention a été portée sur l'aspect visuel que le scénario semble avoir souffert d'une grande négligence. L'idée de base est intéressante, mais les développements sont si confus que l'intrigue fini par être complètement risible. Les auteurs se sont contentés de coucher sur papier les grandes lignes d'une intrigue, sans se soucier de la logique ou de la crédibilité de certaines situations. De plus, plusieurs séquences ne font que reprendre, pour ne pas carrément dire plagier, plusieurs scènes de films de science-fiction connus. Aliens en est probablement l'exemple le plus frappant. Les dialogues, d'un simplisme et d'une banalité ennuyeuse, aurait également gagné à être peaufinés. Les auteurs se sont aventurés en terrain dangereux en traitant avec banalité des thèmes typiquement japonais. Ces thèmes, comme par exemple celui de l'esprit qui habite la terre, donne une certaine saveur orientale au récit qui est la bienvenue, mais qui peut facilement déstabiliser un public moins averti. Néanmoins, malgré ces lacunes de tailles, le rythme du film est plutôt efficace et les scènes d'actions sont pour le moins distrayantes. À défaut de nourrir notre esprit, le film représente à tout le moins un bonheur pour les yeux.


Image
L'image est présentée en format original de 1.85:1 et ce, d'après un transfert anamorphique. À l'instar des Toy Story et Bug's Life, le transfert de Final Fantasy est entièrement numérique, aucun interpositif n'a été utilisé. Ainsi, il va de soit qu'aucun artéfact ou parasite n'entachent la qualité de la présentation.
Mis à part une légère bémol, ce transfert représente ce qui se fait de mieux sur le marché actuellement. Auncun manque de définition ne caractérise l'image, textures et détails sont rendus avec nettetés et précisions. La colorimétrie varie selon les séquences, on peut voir en alternance soit une image sobre et dé-saturé ou une palette riche et pleinement saturée. Dans un cas comme dans l'autre, les couleurs sont toujours affichées avec justesse et constance, sans qu'aucun débordement ne soit perceptible. La brillance et le contraste sont tout deux adéquats et parfaitement balancés, sans qu'aune fluctuation ne soit perceptible. Les noirs sont étalés avec profondeur et pureté, aucun fourmillement quel qu'il soit n'est perceptible. La seule bémol en question se manifeste au niveau des régions les plus denses. Bien que généralement ces régions paraissent bien définies, il arrive que certains plans souffrent de dégradés plus grossiers. Ce n'est là rien de catastrophique, bien au contraire. Seulement, les attentes suscitées par un tel transfert n'étaient rien de moins que la perfection, et il s'en est fallu de peu pour que celle-ci soit atteinte.
À noter que pour une rare fois, pratiquement aucune sur-définition des contours n'est perceptible et bien que quelques macro-blocs soient visibles, ceux-ci ne sont visiblent que très sporadiquement.


Son
Trois bandes-son sont disponibles sur cette édition : deux anglaises (Dolby Digital 5.1 / 2.0 Surround) et une française (Dolby Surround 2.0).
Des trois bandes-son, c'est évidemment le mixage Dolby Digital 5.1 qui retient notre attention. Ce mixage est d'un dynamisme véritablement étourdissant, digne d'un jeu vidéo ! Ici, aucune subtilité, on a préféré nous bourrer les oreilles de tous les artifices possibles. Néanmoins, la spatialité du mixage n'a pas été négligée, celle-ci est ample et profonde. Les effets d'ambiophonies sont nombreux et agressifs et ne laissent place à aucun temps mort. Les effets canaux à canaux sont variés et étourdissants et occupent tout l'environnement sonore. La trame-sonore a été intégrée avec fidélité se déployant de tout le champ-sonore et ce, avec une puissance parfois spectaculaire. Les dialogues apparaissent clairs et intelligibles en tout temps. Les basses sont puissantes et mordantes, tandis que le canal .1 (LFE), fortement sollicité, propose des fréquences d'extrêmes graves profondes allant en deçà des 25 Hz. Seule véritable fausse note de ce mixage : comme tout l'environnement sonore a été artificiellement créé, on remarque un certain manque de naturalité dans l'ambiance sonore.
Il est dommage que Columbia/Tristar n'ait pas daigner fournir une bande-son française en Dolby Digital 5.1. Le mixage Dolby Surround 2.0 offert, quoique assez dynamique, n'a rien de la fidélité, de l'agressivité et de la spatialité qu'un mixage Dolby Digital 5.1 aurait pu donner, spécialement pour ce type de film. À noter que des sous-titres français (et anglais) sont aussi disponibles sur cette édition. Ainsi, les consommateurs unilingues francophones pourront apprécier le dynamisme du mixage anglais tout en ne perdant rien de l'histoire…


Suppléments/menus
Beaucoup d'efforts semble avoir été déployé pour la création de cette édition spéciale qui offre un lot exceptionnel de suppléments variés et de fort belle facture, le tout répartis sur deux disques bien remplis.
En plus du film lui-même, le premier disque de cette édition n'offre pas une mais deux pistes de commentaires audio distinctes. La première est animée par une équipe technique entièrement japonaise qui conversent… en japonais ! Des pistes de sous-titres anglaises et françaises sont donc disponibles pour la compréhension de cette piste qui, malgré la barrière linguistique, se révèle d'un intérêt particulièrement réjouissant ! Les animateurs manifestent beaucoup de bonne humeur dans leurs propos, ils ne se prennent visiblement pas au sérieux et n'hésitent pas à se moquer des défauts du film. Le contenu est plutôt anecdotique, mais le ton décontracté et l'absence de temps mort rendent l'écoute (et la lecture) des plus agréable. La deuxième piste est quant à elle animée par deux américains et un japonais qui conversent cette fois en anglais. Contrairement au contenu de la première piste, celle-ci offre une information beaucoup plus technique. Le ton y est plus sérieux, les animateurs semblent bien préparés pour décrire clairement toutes étapes de la création du film. L'information y est plutôt concise et détaillée, l'intérêt est donc constant.

Également disponible sur le premier disque est la trame-sonore du film, isolée sur une piste indépendante et sporadiquement accompagnée des commentaires du compositeur Elliot Goldenthal. Les propos de ce dernier sont intéressants, seulement les silences sont si nombreux et si longs que l'écoute devient vite lassante. Il aurait été intéressant qu'une option permette de sauter directement aux passages où il y a présence de commentaires ou de musique.

Toujours sur le premier disque, vous retrouverez un supplément fort intéressant vous permettant de visionner la quasi-totalité du film (environ 80 minutes pour être exact) dans un montage de scénarimages, de schémas conceptuels et d'animations préliminaires. Il nous est donc possible de constater les différents niveaux de développement d'un tel film avant le produit final. Le montage est clair et précis, l'action peut facilement être suivi malgré la piètre qualité de certaines animations. À noter que pour ce montage, une piste de commentaires audio est aussi offerte en plus d'une piste de sous-titrage offrant diverses informations anecdotiques sur la création du film. Cette dernière piste de commentaire est en réalité un montage d'entrevues réalisées auprès de divers intervenants non-identifiés. Le rythme est irrégulier, mais l'information dévoilée se révèle être un complément intéressant et fort à propos des deux piste de commentaires principales.

Pour conclure le premier disque, vous trouverez les bandes-annonces originales ainsi que quelques notes de production d'un intérêt moyen. En enchaînant sur le deuxième disque, vous retrouverez tout d'abord un documentaire interactif simplement intitulé The Making of Final Fantasy. Ce documentaire, dont la durée originale atteint les 30 minutes, reprends en quelque sorte la formule commercialisée par The Matrix, le désormais célèbre "follow the white rabbit". En effet, pendant le documentaire, une petite fenêtre apparaît à l'occasion dans le coin gauche, au bas de l'écran, pour signaler qu'une information complémentaire est disponible sur le sujet discuté dans le documentaire. En appuyant sur la touche ENTER de votre télécommande, vous serez dirigé vers cette vignette complémentaire pour ensuite revenir au documentaire principal une fois le visonnement de la vignette terminée. Mais ce n'est pas tout ! Dans quelques unes de ces vignettes, un petit icône apparaissant dans le coin supérieur-droit de l'écran vous indique qu'une piste de commentaires audio est également disponible pour cette vignette. En appuyant sur la touche audio, vous aurez donc droit au point à une explication supplémentaire du segment vidéo en question. Bien que cette tentative d'ajouter une notion d'interactivité à un documentaire classique se révèle plutôt réussis et bien maîtrisée, le concept devient franchement lassant à la longue. En tout et partout, c'est 17 vignettes supplémentaires qui sont disponibles tout au long du documentaire. Cela veut donc dire que vous devrez appuyez 17 fois sur votre télécommande pour accéder à toute l'information, sans compter les quelques piste de commentaires supplémentaires. De ses 30 minutes initiales, c'est finalement plus de 60 minutes d'information qui sont offertes, le tout dispersé ici et là. Présenter toute cette information dans un documentaire continu, via l'option de l'aiguillage automatique (seamless branching), nous aurait semblé une bonne idée qui aurait favoriser une écoute plus attentive. De plus, la facture délibérément moderne du documentaire devient vite agaçante, comme par exemple cette musique techno insupportable ou encore le cadre purement décoratif qui obstrue l'image en permanence. Une forme plus conventionnelle n'aurait été que moins distrayante. Le Final Fantasy Shuffler est un atelier de montage dans lequel il vous est possible d'altérer le montage d'une des séquences du film. Franchement, on serait en droit de questionner la pertinence d'un tel supplément. Comme un seul angle de caméra n'est disponible pour chaque plan, altérer le montage signifie donc que vous altérerez la chronologie de la séquence, ce qui n'a aucun sens. Un seul montage est possible, l'animation a été conçue de cette façon. Qui plus est, le résultat de notre montage final est si peu fluide que le tout se révèle insupportable à regarder.

Character Files et Vehicle Scale Comparaisons regroupent une série de vignettes faisant une description sommaire des personnages principaux du film ainsi que des véhicules présents dans le film. Ces informations sont purement fictives et ne font que détailler d'avantage l'univers du film.

Le reste des suppléments consiste essentiellement en de courtes vignettes techniques s'attardant chacune à une étape de la production du film. Trailer Explorations (5 min) traite de la création des diverses bandes-annonces du film et des intentions derrières chacune d'elles. The Gray Project (5 min) est une sorte de test conçu pour vérifier quelques idées ainsi que les possibilités de l'animation par ordinateur. Vous y verrez plusieurs courtes animations préliminaires. More Boards/Blasts (2 min) est un montage de divers scénarimages, schémas conceptuels et animations préliminaires tels que vu sur le premier disque. Le montage est pêle-mêle, il n'y a aucun ordre logique. Matte Art Explorations (6 min) et Compositing builds (7 min) sont deux vignettes plutôt intéressantes s'attardant à divers procédés de l'animation par ordinateur. Aki's Dream vous offre la possibilité de visionner le montage complet et chronologique des diverses scènes de cauchemars du personnage principal. Un peu plus intéressant est une séquence d'ouverture alternative du film qui, admettons-le, n'a tout simplement pas le panache de la séquence présente dans le montage final.

Cette section très étoffée de suppléments se complète par deux vignettes absolument savoureuses. Tout d'abord, un court montage (2 min) nous présente une série d'erreurs délibérément commises par les animateurs pour se payer un peu de bon temps. Très amusant ! Et puis finalement, un segment intitulé Kelly's Thriller nous offre un montage particulièrement amusant dans lequel les personnages du film s'adonnent à imiter la chorégraphie dansante du célèbre vidéoclip Thriller de Michael Jackson. Rires assurés…

À noter qu'une section DVD-Rom est aussi offerte. Cette section nous est apparue particulièrement bien conçue, la navigation est simple et efficace. Vous y retrouverez diverses galeries d'images et de schémas conceptuels complémentaires, en plus d'une bande-annonce inédite.



Conclusion
À n'en point douter, cette édition de Final Fantasy peut d'ores et déjà faire figure d'œuvre de référence. La qualité de l'image est excellente, et le mixage sonore est étourdissant. Les suppléments sont particulièrement nombreux, et l'inventivité interactive du documentaire compense pour ses lacunes. Le film n'est pas particulièrement réussis, au contraire, mais ne serait-ce que pour la qualité du spectacle qu'il procure, cette édition DVD est un incontournable.


Qualité vidéo:
4,5/5

Qualité audio:
4,3/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
4,3/5

Note finale:
4,3/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-10-25

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Final Fantasy: The Spirit Within

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
106 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
2 pistes de commentaires audio, trame sonore isolée avec commentaires, documentaire interactif, vignettes explicatives, ouverture alternative, scènes ratées et humoristiques, montage de scénarimages et d'animations préliminaires, notes de production en sous-titres, atelier de montage, bandes-annonces et DVD-Rom

Date de parution:
2001-10-23

Si vous avez aimé...