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DVDEF

Body Double (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Brian De Palma est un cinéaste certes passionnant mais vraiment inégal et ce Body double malgré ses qualités s’avère une œuvre en demi-teintes.
Le cinéaste laisse libre court à ses obsessions perssonnelles ainsi qu’a sa passion pour une vulgarité souvent sidérante au final assez typique des années 80 et qui fait écho à celle encore plus exarcerbée de son Scarface.
Le scénario abracadabresque et d’une légèreté parfois dommageable ne nous à semblé qu’un prétexte au ressassage des obsessions du cinéaste et à l’image de celui d’autres de ses œuvres (Raisin cain, Femme fatale) manque cruellement de cohésion, peinant ainsi a maintenir l’intérêt du spectateur de façon constante lorsque la mise en scène brillante n’est pas en action pour le régal des yeux.
En effet, cette reprise, pour ne pas dire abatardisation, de deux grands classiques hitchcockiens (Vertigo et Rear window deux œuvres clairement matrices de De Palma) est d’une légèreté dommageable tant elle ne parvient jamais a retrouver la profondeur et l’aspect fascinant de ses remarquables modèles.
De Palma signe pourtant la une œuvre éminement personnelle qui brasse toutes ses thématiques récurrentes sans toutefois y apporter plus qu’une revisitation de plus malgré plusieurs aspects passionnants.
Ainsi le regard du cinéaste sur son métier, sur la notion de double, ses personnages féminins, son regard unique sur le voyeurisme ainsi que sa présentation du milieu de l’industrie pornographique sont de loin les éléments les plus intéressants du film, en dehors du cœur du film lui même, sa mise en scène.
De Palma prend un plaisir évident à rendre ses décors, costumes, dialogues et situations les plus vulgaires et grossiers possibles, qui font de ce film une véritable ode au mauvais gout des années 80. Cet aspect est à la fois la plus grosses limitation de l’œuvre, tant sa gratuité saute aux yeux (à l’inverse de Scarface ou elle était un des ressorts du film), mais participe également au plaisir coupable que l’on peut prendre au visionnage de ce film pour peu que l’on goute cet aspect la de l’œuvre du cinéaste.
Cependant cette stylisation visuelle à outrance fait qu’une impression dommageable d’artificialité se dégage de l’œuvre et empêche souvent d’y adhérer totalement. A l’inverse d’un Dressed to kill (autre œuvre également outrée mais maitrisée et homogène), le spectateur ici ne peut souvent qu’admirer le talent immense d’un créateur d’image et d’espace surdoué mais dont la mécanique tourne souvent à vide.
Ainsi la mise en scène régulièrement brillante du film semble au final la seule justification de cette œuvre. Et De Palma à parfois du mal à se controler, poussant au maximum ses propres principes aboutissant ainsi à des scènes assez incroyables d’audace mais qui manquent cependant leur but et finisse plus par prêter à sourire et faire « sortir » le spectateur du film (le baiser après la poursuite ou le tournage du clip X). Cependant c’est également étant aussi outré qu’il signe d’autres scènes magistrales comme celles du centre commercial ou tout le talent visuel du cinéaste éclate de façon magistrale.
Enfin la dernière partie du film est de très loin la plus faible du film, donnant clairement l’impression que le cinéaste s’est « laissé aller » à bacler une conclusion des plus hasardeuses qui termine de façon décevante et des plus gratuites une œuvre qui aurait pu se trouver grandie par une fin moins ouvertement gratuite et consciente de ses effets.

Body double est donc un pur concentré de De Palma, avec ce que cela comporte de bons et de mauvais aspects, qui s’avère cependant nettement moins réussie que les plus grandes œuvres du cinéaste. Malgré tout, le film reste souvent fascinant par sa capacité à utiliser un language purement cinématographique et pour peu que l’on ne soit pas dérangé par l’aspect très daté 80’s de l’œuvre reste tout à fait recommendable pour un visionnage.




Image
L’image est proposée au format respecté de 1.85 :1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale est de bonne qualité même si certaines sont moins « précises » que d’autres. L’interpositif montre des signes d’age (poussiére, traits et points) et le grain est par moment assez important, mais jamais au point que cela ne devienne gênant.
Les couleurs sont joliment rendues mais leur aspect général « passé » reste typique des films de cette époque. Elles sont naturelles, relativement constantes (quelques fluctuations sur des scènes d’intérieur) et bien saturées.
Le contraste est correctement géré même s’il ne réussit pas à éviter toutes les brillances et se montre parfois fluctuant.
Les scènes sombres sont agréablement rendues grace à des noirs relativement profonds mais manquant parfois de pureté.
La partie numérique n’est curieusement pas absente de reproches même si ceux-ci reste vraiment limités. Ainsi on peut apercevoir à plusieurs reprises de la surdéfinition des contours et quelques scènes (notamment l’introduction) présente des trace assez inexplicables de défauts de compression. Sans jamais que cela ne distraient l’attention du spectateur il est tout de même dommage de constater de tels défauts sur une édition récente.

Un transfert de bonne qualité qui présente tout de même des défauts et reste perfectible mais offre en définitive au spectateur une image agréable qui met l’œuvre en valeur.





Son
Les deux bandes-son offertes sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1) et Français (Dolby Digital 5.1).
La dynamique de la piste anglaise est d’un niveau correct. Sa présence et sa définition et sa définition sont limitées mais honorables.
La musique de Pino Donnagio est bien rendue, sans limitations évidentes malgré toutefois une certaine impression de platitude. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont peu utilisées (l’enceinte centrale est clairement la plus utilisée) mais toujours intelligemment pour des effets d’ambiance ou le rendu musical.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et aucune trace de parasites ou distortions ne sont audibles à moins de pousser le volume au dela du raisonnable.
Les basses fréquences sont quasiment absentes et l’aspect remixage de cette bande-son devient dont assez évident sans que toutefois cette « faiblesse » ne perturbe le rendu global.

La bande-son multicanal française est encore plus « plate » que son homologue anglaise mais reste correcte.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais et Français.

Une bande-son qui comme l’image offre une qualité appréciable mais perfectible qui remplit cependant parfaitement on office. Rien de remarquable donc mais du travail solide qui fait honneur au film.





Suppléments/menus
Une section intéressante mais qui souffre tout de même de l’absence d’un commentaire audio.
Laurent Nouzzereau offre comme à son habitude un ensemble de quatre documentaires, « The seduction (16 min 43s), « The setup » (16 min 54s), « The mystery » (12 min 14 s) et The controversy » (5 min 32 s).
Cet ensemble offre de nombreuses entrevues bien menés ou les intervenants évitent dans l’ensemble l’autosatisfaction ou la dythirambe. Cependant nous devons avouer que nous avons connu Bouzzereau plus inspiré dans la construction de ses documentaires tant, à l’image du film, l’ensemble paraît un peu vague et manque de réelle conviction. Si presque tous les aspects du film sont traités, la trop grande sagesse des thématiques comme des intervenants (un comble pour un segment axé sur la controverse) et le manque de recul critique font que malgré ses qualités cet ensemble reste un peu décevant.







Conclusion
Une édition aux qualités audio et vidéo appréciables mais perfectibles accompagnés d’un ensemble de suppléments qui supportent les même commentaires. Nous vous recommandons donc l’achat de cette édition tout en gardant à l’esprit qu’elle est loin d’être définitive.

Body Double s’avère un monument de vulgarité dans la droite ligne de Scarface qui consacre avec un plaisir évident le mauvais gout insipide des années 80. De Palma se fait plaisir avec une pure œuvre de mise en scène ou le scénario extravaguant n’est que prétexte à de nombreuses scènes brillantes ou grotesques qui manquent toutefois de cohérence.
Une œuvre donc intéressante par certains points qui commence cependant à subir de plein fouet les outrages du temps (tant elle est ancrée dans son époque) et à l’instar de Femme Fatale présente un concentré de pur De Palma dont les défauts autant que les qualités sautent aux yeux mais s’avère assez loin de ses plus éclatantes réussites.



Qualité vidéo:
3,4/5

Qualité audio:
3,2/5

Suppléments:
3,1/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
3,3/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2006-11-06

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Body Double

Année de sortie:
1984

Pays:

Genre:

Durée:
114 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Sony Pictures Home Entertainment

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Quatre documentaires, bandes-annonce

Date de parution:
2006-10-03

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