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DVDEF

X Men : The Last Stand (WS)

Critique
Synopsis/présentation
L’adaptation de bandes dessinées au grand écran n’est pas une chose facile. Nous en avons été témoins lorsque les Daredevil, Elektra, League of Extraordinary Gentlemen et Fantastic Four ont pris l’affiche. Il ne suffit pas de faire se succéder des scènes d’action les unes après les autres pour pouvoir concevoir une adaptation digne de ce nom. Même si, à la base, le monde de la bande dessinée et celui du cinéma peuvent sembler juxtaposables, il faut avoir plus qu’un flair visuel évident. C’est d’ailleurs sans doute ce qui fait des X-Men la meilleure adaptation de bande dessinée à avoir vu le jour : le choix de son réalisateur, en la personne de Bryan Singer. Ayant réalisé ce qui est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs suspenses des années 90 (nous parlons ici bien évidemment de The Usual Suspects), Singer a su insuffler à son premier film, X-Men, un rythme et un récit très intéressant où la thématique de la différence faisait écho chez le spectateur. Mais la véritable richesse de ce premier volet résidait surtout dans la transposition de multiples personnages tous plus aussi fascinants les uns que les autres. Même si certains demeuraient peu développés, reste que le spectateur n’avait aucune peine à en préférer un ou un autre tout dépendant des pouvoirs du mutant. Singer a confirmer son amour pour la bande dessinée en réalisant un deuxième volet, X2 : X-Men United, de façon encore plus magistrale. Plusieurs personnages ont gagnés en profondeur et en temps à l’écran en plus de plusieurs ajouts de personnages dont Lady Deathstrike (jouée par Kelly Hu) et Nightcrawler (interprété par Alan Cumming). Tout cela sans oublier cette allégorie toujours aussi importante chez le cinéaste de la différence. Nous nous souviendrons tous de cette scène de « coming out » à la maison de Iceman. Du point de vue technique, Singer est également sans reproche. Plusieurs scènes d’action demeurent mémorables (la scène de combat entre Wolverine et Lady Deathstrike, la scène d’ouverture avec l’entrée de Nightcrawler) et le tout se terminait par une finale très forte et qui laissait place à un troisième volet absolument renversant.

Mais voilà, même si X-Men était considéré comme une des meilleures séries de films concernant des superhéros, il semble que Singer ait vu intérêt ailleurs, vers un autre superhéro, celui-là vêtu en collant et ayant la capacité de voler (choix tout à fait discutable de la part du cinéaste). Donc, pendant que Singer travaillait à l’adaptation de Superman Returns, la principale crainte des producteurs était, bien entendu, de trouver un réalisateur qui puisse succéder à Singer et surtout en être digne. On donna donc feu vert au réalisateur Matthew Vaughn (Layer Cake) qui aurait laissé tomber quelques semaines plus tard étant trop longtemps éloigné de sa famille en Angleterre. C’est donc finalement au réalisateur Brett Ratner qu’est revenu la lourde et impensable tâche de reprendre là où l’avait laissé Singer (fait amusant à noter : Ratner avait été à l'origine approcher pour le tournage du premier volet). Ce ne fut pas sans anicroches, notamment pour des comédiens qui avaient été sélectionnés pour un rôle sous la direction de Vaughn et qui furent délaissés lorsque Ratner est arrivé derrière la caméra. C’est notamment le cas de l’actrice Maggie Grace (Shannon Rutherford de la série télé Lost) qui avait été considérée pour le rôle de Kitty Pride. Mais surtout on vit le choix de Ratner en tant que réalisateur d’un très mauvais œil également de la part des fans. Responsable de films de commande principalement et n’ayant jamais réellement brillé avec l’un d’entre eux, il faut avouer que le pire était à prévoir. Mais voilà, le résultat n’est pas si mal et s’il n’est pas à la hauteur des deux autres films, la faute ne repose malheureusement pas sur le cinéaste.

Pour ce troisième volet, les enjeux sont toujours les mêmes : établir les droits des mutants ou plutôt, accepter leur existence et leur différence, car un antidote, un mutant lui-même, a été découvert et aurait comme effet permanent de détruire le gêne mutant et ainsi faire de nos héros des êtres humains comme tout le monde. Le gouvernement est bien décidé à mener à terme cette opération alors que plusieurs mutants, Magneto en tête, sont décidés à protester violemment contre cette cure. Mais heureusement pour le jeune mutant et surtout pour le spectateur, les X-Men veillent à protéger le jeune enfant, ce qui mènera à un combat final entre les deux clans.

Le principal problème de X-Men : The Last Stand est un élément qui était présent dans les films de Singer également, mais qui réussissait cependant à passer inaperçu grâce au talent du cinéaste : la présence de beaucoup trop de personnages. Si Singer et ses scénaristes prévilégiaient certains personnages au profit d’autres, nous avions tout de même l’impression de les connaître tous et de pouvoir assister à « leur » scène. Les films étaient, en quelque sorte complets. Or, ici, le film ne fait pas plus de une heure quarante-cinq. Et plusieurs personnages en souffrent. Il faut dire que le changement de scénaristes (ils ont néanmoins collaboré de près à l’histoire des deux premiers volets) y est peut-être pour quelque chose. Si on peut applaudir l’audace de ces scénaristes à s’être dispensé de certains personnages de manière assez étonnante et violente, on ne peut que leur reprocher d’en avoir mis plusieurs de côtés. C’est notamment le cas de Rogue et surtout de Mystique. Un personnage ayant des pouvoirs aussi fantastiques a un potentiel absolument démentiel. Agile, mystérieuse et fascinante à souhait, ce mutant avait encore beaucoup à apporter et le sort de son personnage demeure encore aujourd’hui très discutable.

Mais si justement certains personnages sont mis de côté, c’est pour l’apparition de nouveaux. Du côté des réussis, on retrouve Beast joué par Kelsey Grammar. Représentant la société mutante au gouvernement, le personnage ne manquera pas de se joindre aux rangs des X-Men pour combattre sans toutefois manquer de charisme. Il y a aussi Kitty Pride, cette jeune fille qui peut traverser les murs et les gens à volonté que l’on avait brièvement aperçu dans les volets précédents. Elle prend ici les traits de l’actrice canadienne Ellen Page qui la rend suffisamment vraie et touchante, créant ainsi plusieurs moments mémorables. Au rayon des insertions moins réussies, nous retrouvons la plupart des mutants qui se joignent à Magneto, c’est-à-dire Juggernaut et Callisto, notamment. Certes, leurs pouvoirs sont adéquatement employés, mais ils demeurent des personnages à peine effleurés. La plus grosse déception revient par contre à Angel (Ben Foster) et Colossus (Daniel Cudmore). Ce dernier doit avoir droit un maximum de deux répliques dans tout le film alors que le premier n’a droit qu’à trois scènes, la plus marquante ayant déjà été aperçu des dizaines de fois grâce à la bande-annonce.

Chez les personnages récurrents, rien de bien différent. Wolverine (Hugh Jackman) est toujours la tête d’affiche, Storm (Halle Berry) est légèrement plus étoffée (c’était la condition de Berry pour revenir dans ce troisième volet), Iceman (Shawn Ashmore) et Pyro (Aaron Stanford) ont plus de temps à l'écran et Magneto est toujours le personnage le plus fascinant de la série à voir à l’écran, en particulier grâce au jeu absolument magistral de Ian McKellen. Mais impossible de passer sous silence « le » retour tant attendu, celui de Jean Grey (Famke Janssen) en tant que Phoenix. Si l’explication quant à sa survie est diamétralement opposée à celle proposée dans la bande dessinée, reste que celle présentée ici est logique et suffisamment plausible pour être assimilée tant par le spectateur vierge de la bande dessinée que le fin connaisseur. S’il y a plutôt un problème avec le personnage du Phoenix, c’est plutôt dans son développement narratif et dans son implication au sein du l'histoire. Le film débute avec un superbe retour en arrière où l’on rencontre la jeune Jean Grey. On sent alors que le personnage sera le point culminant du récit. Mais voilà, après un retour fort marquant et une manifestation absolument effrayante et traumatisante de tout le pouvoir du Phoenix (cette scène lorsque Jean revient dans sa maison restera sans doute comme la plus marquante de toute la série), Jean joint les seconds rangs et se voir offrir le rôle de faire-valoir. Elle ne fait que se pavaner aux côtés de Magneto comme si toute sa puissance et ses pouvoirs ne lui permettaient pas de faire autre chose que de suivre les ordres du mutant. Ce n’est que lors de cette scène finale annoncée au départ que nous retrouvons Jean dans une conclusion émouvante et déchirante qui met en scène un élément essentiel ici et présent déjà dans les précédents volets.

Par contre, au niveau de la mise en scène, Brett Ratner s’en tire étonnamment très bien. Au lieu de massacrer la série ou encore d’apporte sa touche personnelle, il se contente d’imiter Singer de façon fort habile de sorte à ce que le spectateur ne soit trop déboussoler. Ce qui en résulte, ce sont plusieurs scènes d’actions assez impressionnantes, dont l’évasion de Mystique, le scène sur le pont de San Francisco, toute la scène de combat finale entre les mutants avec un moment pour chacun d'eux (mention à l’affrontement tant attendu entre Iceman et Pyro, mémorable) et surtout à cette scène finale avec Jean Grey. Une scène comme seule Hollywood peut en produire, avec une orgie d’effets spéciaux absolument renversants.

C’est donc ainsi que s’achève une des plus belles et plus grandes séries de films adaptés de superhéros de bande dessinées. Si encore aujourd’hui, il est impossible de prédire le futur de cette franchise (certains parlent d’un quatrième volet en préparation, d'autres de « spins-off » (films dérivés sur des personnages de la série) et surtout la scène post-générique de The Last Stand), il est néanmoins fort possible d’apprécier le travail effectué pour rendre ce troisième et « dernier » volet fort appréciable. S’il n’atteint pas le niveau des deux premiers films, ce n’est certainement pas dû à la réalisation fort convaincante du réalisateur Brett Ratner, mais à des choix scénaristiques douteux qui ne sont parfois pas toujours justifiables. Néanmoins, il s’agit d’une conclusion fort satisfaisante pour les meilleurs superhéros ayant fait le saut de la bande dessinée au grand écran.



Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2:40 :1 d’après un transfert 16:9. À noter qu’une édition au format recadré de 1 :33 :1 est également disponible.

Avant toute chose, il est important de mentionner que ce qui nous a été fourni par la Fox est une copie d’évaluation et non l’édition officielle disponible en magasin. C’est ce qui peut sûrement expliquer la présence très agaçante de multiples macroblocs, lorsque la caméra est en mouvement principalement, sur cette version. Nous supposons et espérons que ce défaut sera corrigé sur l’édition disponible en magasin. Malgré cela, le transfert est absolument irréprochable. La définition générale de l’image est absolument superbe. L'interpositif employé n'affiche visiblement aucun défaut offrant une image d’une rare netteté ainsi qu'un niveau de détails et de textures très précis. De plus, les couleurs sont parfaitement reproduites. Très riches, elles sont pleinement saturées et ne souffrent d’aucun débordement. Les tons de peaux (même celles de Mystique et de Beast !) demeurent naturels tout au long du film. Les contrastes sont aussi très bien gérés évitant tout problème de surbrillance. Les dégradés font preuve de fluidité et le niveau de détails dans les parties sombres est admirable, particulièrement dans la séquence finale où la majorité de l’action se déroule dans la pénombre. Finalement, ce sont des noirs faisant de preuve de profondeur et de pureté qui complètent ce transfert plus que satisfaisant.


Ndr: Il s'agit de la dernière fois ou une copie d'évalution sera critiquée.



Son
Pas moins de quatre bandes sons sont offertes sur cette édition. Nous retrouvons deux bandes sons anglaises aux formats Dolby Digital 5.1 EX et DTS ES 6.1 ainsi que deux bandes sons, de langues française et espagnole, toutes deux au format Dolby Surround 2.0. Pour cette critique, celle le mixage en DTS ES 6.1 qui a été employé.

Comme les éditions précédentes des films de la série, nous avons droit à un mixage exemplaire. Faisant preuve d’un dynamisme époustouflant et spectaculaire et d’une présence hors du commun, cette bande son est d’une rare efficacité. Profitant d’un environnement sonore qui s’étend à son maximum, le mixage fait ainsi preuve d’une belle spatialité. Il n’est pas rare d’entendre des effets localisés et des effets de canaux à canaux souvent très intéressants lors des scènes d’action. La trame sonore tantôt prenante, tantôt excitante s’intègre avec élégance au reste des éléments sonores. Ce mixage sait également être efficace lors des scènes plus calmes et ainsi il nous est possible de distinguer les dialogues de façon parfaite. Les basses sont constamment employées, avec agressivité et profondeur tandis que les extrêmes graves sont également souvent sollicitées, grondant de façon à faire vibrer votre plancher et à jouer avec la patience de vos voisins. Bien qu’elle brille pas par sa subtilité, cette bande son est d’une rare efficacité et sert de façon exemplaire son film.

Des sous-titres anglais et espagnols sont disponibles.



Suppléments/menus
Voilà une partie qui n’est malheureusement pas à la hauteur de nos attentes. Le tout est probablement et principalement dû au fait que les deux films précédents offraient des éditions deux disques, ce qui permettait d’offrir un nombre plus imposant de suppléments.

Nous retrouvons donc ici deux pistes de commentaires, la première étant animée par le réalisateur Brett Ratner et les scénaristes Simon Kinberg et Zak Penn. Bien que très divertissante, les trois créateurs demeurent souvent très en surface se contentant de livrer quelques anecdotes de tournage et quelques justifications à certains choix scénaristiques (la raison de ne pas mêler Jean Grey au combat final, entre autres). Mais ce qui agace royalement, c’est cette tendance franchement irritante de la part de Ratner de constamment faire de l’auto-contemplation. Il n’est donc pas rare d’entendre un « that shot is great » ou alors un « I love this shot », ce qui fait preuve de très peu de modestie de sa part. L’autre commentaire, partagé cette fois-ci entre les producteurs Avi Arad, Lauren Shuler Donner et Ralph Winter, est légèrement dans le même ton, c’est-à-dire que le tout reste très contemplatif et anecdotique. De plus, les trois producteurs se veulent beaucoup moins bavard que le réalisateur et les scénaristes.

On retrouve ensuite dix scènes supprimées. Certaines se veulent simplement des versions alternées de scènes déjà présentes dans le montage final. Il n’est donc pas étonnant de constater que l’intérêt varie d’une scène à l’autre et que souvent, la décision finale des producteurs s’est avérée juste. Aussi présentes sont trois fins alternatives, la première étant déjà présente dans le film soit Storm qui accueille les jeunes à l’école Xavier. La deuxième se veut très intéressante et remet en question la décision et le destin du personnage de Rogue. La troisième, plus amusante qu’autre chose, se veut être Logan/Wolverine qui retourne en Alberta, au bar où le spectateur l’a croisé pour la première fois. À noter que toutes les scènes supprimées et les fins alternatives peuvent être visionnées avec les commentaires de Brett Ratner, Simon Kinberg et Zal Penn.

Nous retrouvons finalement deux bandes annonces du film ainsi que des bandes annonces de 24 : Season 5, Daredevil, Elektra, Fantastic Four, Night at The Museum et The Simpsons : The Movie.




Conclusion
X-Men : The Last Stand est une satisfaisante conclusion à une excellente série de films concernant des superhéros adaptés de bandes-dessinées. Si le film n’atteint pas le niveau des deux autres volets, c’est surtout en raison de certaines maladresses scénaristiques concernant certains personnages (en particulier Jean Grey/Dark Phoenix) et non à cause de la réalisation de Brett Ratner qui s’avère ici visuellement et émotionnellement irréprochable. Il faut dire qu’il ne s’éloigne pas trop du style et du rythme que Bryan Singer a insufflé à la série.

Fox nous offre une édition techniquement très impressionnante. Le transfert d’image est absolument magnifique et le mixage DTS est excitant et efficace à défaut d’être subtil et de faire preuve de finesse. C’est seulement avec les suppléments que cette édition ne réussit pas à rivaliser avec les précédentes des autres films de la série. Alors qu’elles présentaient des suppléments nombreux et intéressants, ils sont ici peu nombreux et pas assez consistants. Malgré tout, il s’agit d’un excellent produit qu’il serait stupide de bouder.



Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
4,5/5

Suppléments:
3,2/5

Rapport qualité/prix:
4,2/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2006-10-09

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Toshiba 27A43C, Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
X Men : The Last Stand

Année de sortie:
2006

Pays:

Genre:

Durée:
104 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1 EX
Anglaise DTS ES 6.1
Française Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Pistes de commentaires audio, fins alternatives avec commentaires optionnels, scènes supprimées avec commentaires optionnels, bandes-annonces

Date de parution:
2006-10-03

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