Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Stephen King’s The Dead Zone (Special Collector’s Edition)

Critique
Synopsis/présentation
La réalisation de The Dead Zone marqua clairement un tournant dans l’œuvre de David Cronenberg puisqu’a part le dispensable et anecdotique Fast Company, il s’agit clairement de son projet le plus commercial et le moins personnel (sans connotations péjoratives bien entendu).
Comme il l’explique dans les suppléments Cronenberg avait besoin d’un projet moins violent et absorbant que ne le fut Videodrome et malgré son absence évidente d’atomes crochus avec l’univers de Stephen King, il n’hésita pas à accepter la réalisation de The dead zone sous l’impulsion de l’excellente productrice Debra Hill (Halloween, The fog et Escape from New York avec Carpenter).

Pour autant que le livre n’ait à priori que peu d’intérêt pour le Cronenberg première période et son univers fantastique radical et philosophique, il ne va pas choisir la facilité et réecrire le script en compagnie de Jeffrey Boam, responsable de la version du scénario qui lui déplaisait le moins.
Et c’est grace à ce travail de Cronenbergisation du livre que le cinéaste va réussir ce qu’il sait faire le mieux, trahir une œuvre pour rester fidèle à son esprit tout en y apportant ses idées et reflexions personnelles de façon à en enrichir le fond.
C’est ainsi que le film The dead zone va prendre une ampleur passionnante et qu’il va rejoindre de façon légitime les autres œuvres du cinéaste et ce aussi bien de façon thématique que visuelle.

C’est à partir de ce film que Cronenberg va avoir l’occasion d’intégrer une dimension émotionnelle dans son œuvre qui jusqu'à présent en était plutôt dépourvue il faut bien le reconnaître. Le destin tragique de Johnny est clairement le fil conducteur du film mais c’est bel et bien son amour pour Sarah et leur relation avortée par les circonstances qui est le cœur du film. Il portera plus tard ce principe à son point d’incandescence avec cette magnifique et touchante histoire d’amour que sera The Fly (1986), son film suivant.
Cette nouvelle dimension qui visiblement inspira beaucoup le cinéaste l’éloigna donc momentanément de l’horreur viscérale, originale et troublante qui était jusque la son seul domainere. A ce titre The dead zone semble en quelque sorte préfigurer le tournant plus cérébral que prendra son œuvre à partir de Dead Ringers (1988).
En cela The dead zone est donc une œuvre charnière puisque non seulement Cronenberg y aura l’occasion de se frotter a d’autres centre d’intérêt sans pour autant changer radicalement, mais aussi parce que les moyens qui seront mis à sa disposition lui permettrons d’avoir un choix d’acteurs beaucoup plus large et une liberté de décision ainsi que des délais bien supérieurs à ceux qu’il avait connu jusque la.
Ainsi nous tenons donc à vous prévenir que malgré le fait qu’il s’agisse d’une adaptation d’un roman de Stephen King (connu comme le maitre de l’horreur littéraire sanglante), The dead zone n’a rien d’un film d’horreur et que son argument fantastique (les visions de johnny) sont plus prétextes à des questionnements et à une morale ambiguë qu’a des déferlements d’effets spéciaux traditionnels.

Cronenberg construit son film comme une quête désenchantée, une ballade mélancolique d’un héros meurtri en quête d’une place dans la société. Et ce n’est que lorsque Johnny aura découvert l’existence de cette « dead zone » dans ses visions, qu’il comprendra ainsi qu’il peut agir (et non plus simplement subir) et ainsi retrouver à ses propres yeux une utilité au sein de cette société dont il s’est mis lui même à l’écart depuis son réveil.
Il va tenter de rattraper ses cinq années de coma au cours desquelles le cours de sa vie à échappé à son contrôle. Il est intéressant de noter d’ailleurs qu’avant même son accident, Johnny montre des signes de douleurs craniennes ce qui laisse présager que le traumatisme puis le coma n’ont fait que précipiter l’évolution de ses capacités.

Sur ce film Cronenberg affirme son style visuel en travaillant sur une histoire et une environnement visuel réalistes (ou du moins plus réalistes que ses films précédents plus proche de constructions mentales) . Sa mise en scène se fait plus épurée et classique à la fois après le tourbillons d’images folles et de montage radical que fut Videodrome.

En choisissant de suivre le parcours de son héros tout au long du film, Cronenberg introduit la notion de subjectivité et ne se gêne pas pour donner à la fin de son film (hormis son caractère tragique et touchant) un penchant très ambiguë. En effet, jamais on ne saura si Johnny voit vraiment le futur ou si sa maladie lui boscurcit les sens plus qu’il ne les ouvre. De par l’empathie qu’il a contribuée à créer envers Johnny, Cronenberg soulève donc des questions fortes et sans jamais donner de réponse sollicite une fois de plus avec brio l’intellect de ses spectateurs ainsi que leur sens moral et reflexion philosophique.

Voici donc une oeuvre complexe, profonde et passionnante de bout en bout qui use de tous les constituants cinématographiques (dialogues, attitudes des acteurs, costumes, décors, montage audio et vidéo, bande-son, musique) pour parvenir au projet que Cronenberg s’était fixé. C’est cette cohérence qui fait toute la force de cette œuvre unique qui dépasse largement le cadre d’une simple adaptation d’un roman fantastique à succés.
N’ayant jamais lu le roman eponyme de King mais étant dans l’ensemble peu sensible à son style nous accordons donc énormément de crédit à Cronenberg quand à la réussite du film mais il ne fait nul doute que le fait de s’adapter à un autre univers que le sien lui à permis d’évoluer sur tous les plans comme le prouve d’ailleurs l’intégration de nombreux éléments découverts sur The dead zone au sein de sa filmographie future.




Image
L’image est présentée au format respecté de 1.85 :1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale est de très bon niveau et constante, surtout pour une œuvre de 1983. L’interpositif n’est certes pas totalement immaculé mais offre une copie très propre seulement traversée de légèrs traits et points souvent quasi invisibles ainsi que de quelques passages plus granuleux. Le rendu très cinéma de cette édition est par ailleurs l’un de ses plus grands atouts, surtout lors d’une diffusion sur grand écran.
Les superbees couleurs automnales de l’excellente photographie de Mark Irwin traduisent à la perfection l’aspect triste et désenchanté du héros. Elles sont par ailleurs naturelles, justes, constantes et bien saturées.
Le contraste est impeccablement géré ne générant aucune brillance.
Les scènes sombres sont remarquablement rendues grace à des noirs d’une profondeur et d’une pureté étonnantes.
La partie numérique est enfin exempte de tous reproches puisque même sur un écran de 3 m de diagonale nous n’avons pu déceler de défauts artificiels suffisamment visibles pour être signalés ici.

Voici donc un excellent transfert de ce superbe film qui n’en méritait pas moins.




Son
Les trois bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby 2.0 Surround) et Français (Dolby 1.0 mono).

La dynamique de la bande-son multicanal est tout à fait honorable (surtout si l’on se réfère à l’age du film et son mixage d’origine) même si l’on est loin des résultats de bandes-son récentes, remixage d’une bande son en stéréo oblige !
Sa présence et sa spatialité subissent logiquement les même remarques.
La superbe musique du regretté Michael Kamen est bien rendue malgré des limitations audibles (mais jamais gênantes) dans le haut comme le bas du spectre. Elle est par ailleurs pafaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont très peu utilisées et principalement pour le renforcement des ambiances extérieures, des effets lors des « visions » de Johhny ou des passages uniquement musicaux.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et les traces de parasites ou distortions sont inaudibles à volume d’écoute raisonnables mais le deviennent si l’on tente de vraiment monter le volume.
Les basses fréquences sont le parent pauvre de cette bande-son. Les basses fréquences sont ainsi peu exploitées et manquent de profondeur sans pour autant que cela provoque une sensation de creux puisque la bande-son originale à été mixé sans canal de basses fréquences séparée.

La bande-son anglaise en Dolby Surround se regarde très agréablement en stéréo simple (son utilisation des enceintes arrières étant très limités) et la bande-son monophonique en frnaçais est donc clairement plusieurs tons en dessous de des homologues anglaises.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais uniquement à notre grand regret.

Voici donc une bande-son qui n’atteint les sommets des meilleurs remixages mais remplit son office à la perfection, étant à la fois fidèle au mixage d’origine mais ayant su également profiter des techniques pour améliorer son rendu dans les limites du raisonnable. Du travail intelligent et respectueux dont nous remercions la paramount.






Suppléments/menus
Une section de qualité mais à laquelle un commentaire audio fait cruellement défaut.
Cronenberg étant l’un des cinéastes les plus doués pour cet exercice et très présent dans chacun des documentaires offerts il est fort dommage qu’un commentaire audio n’ait été enregistré.
Cependant ne boudons pas notre plaisir devant l’excellent travail réalisé par Laurent Bouzzereau sur les 4 documentaires proposés sur cette édition : « Memories from The dead zone » (12 min), « The look of The dead zone » (9 min 23 s), « Visions and horror from The dead zone (9 min 38 s) et « The politics of The dead zone » (11 min 29 s).
Une fois de plus la séparation en 4 parties n’a pas vraiment d’intérêt en soi puisqu’elles sont toutes tirées de la même interview des différents intervenants mais principalement de Cronenberg. Traitant chacun d’un thématique particulière sans langue de bois ou surenthousiasme ou autosatisfaction pénible chaque segment permet à Bouzzereau de développer un exploration en profondeur des thèmes du film ainsi que des intentions de Cronenberg, sans oublier de nombreuses et passionnantes anecdotes.
Comme dans tout bon documentaire, le spectateur verra plus ou moins tous ses questionnements traités et tel est bien la l’essentiel. Si l’on aurait pu souhaiter des interventions de Christopher Walken, force est de constater que le travail de Bouzzereau est exemplaire et son visionnage permettra à chacun d’entre vous de mieux saisir les tenants et aboutissants du film y compris jusque dans ses points les plus ambigus.

Est également offert une bande-annonce de qualité correcte mais qui à nos yeux dévoile trop de l’intrigue du film.

A noter que la jacquette et les menus proposés sont absolument hideux et pas du tout en accord avec l’ambiance du film.

Un ensemble donc passionnant mais qui manque malheureusement d’un commentaire audio dont Cronenberg est l’un des maitres.





Conclusion
Une édition aux qualités audios et vidéos tout à fait satisfaisante permettant enfin de voir ce grand film dans des conditions appréciables. Si les suppléments ne sont pas complets il n’en restent pas moins passionnants et tout à fait recommendables. Nous vous conseillons donc vivement l’achat de cette édition si vous ne possédez pas déjà l’ancienne édition qui était déjà correcte mais dépourvue des excellents suppléments présents sur celle-ci.

The Dead Zone est à la fois une œuvre à part dans l’œuvre du cinéaste canadien mais dans le même temps, Cronenberg à réussi à s’approprier un matériau qui n’était pas le sien avec une grande maestria. L’aspect plus « grand public » de l’intrigue et des personnages saute directement aux yeux mais cela n’empêche jamais le cinéaste de questionner ses spectateurs et surtout de développer un épaisseur psychologique ainsi qu’une tension dramatique constante. Une œuvre qui touche à tout sans jamais se rater est suffisamment rare pour passer à côté et nous vous invitons donc a embarquer dans le voyage passionnant de Johnny Smith au sein de cette fameuse "Dead Zone".



Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,4/5

Suppléments:
3,7/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2006-11-29

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Dead Zone, The

Année de sortie:
1983

Pays:

Genre:

Durée:
103 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Quatre documentaires

Date de parution:
2006-09-26

Si vous avez aimé...