Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

A Nightmare on Elm Stree t(Infinifilm)

Critique
Synopsis/présentation
Après les succès de Halloween (1978), et de Friday the 13th (1980), et bien avant la trilogie Scream (1996), Wes Craven, déjà très connaisseur du genre horreur (Last House on The Left (1972), The Hills Have Eyes (1977)), s’est d’abord imposé dans l’univers du 'slasher' avec A Nightmare On Elm Street. Nouveau sous-genre né à cette époque, le 'slasher movie' mettait surtout en scène une poignée de jeunes devant échapper à un meurtrier sanguinaire et sans pitié. Alors que John Carpenter offrait une mise en scène de caméra subjective, permettant ainsi d’avoir le point de vue du meurtrier, Michael Myers, Sean Cunningham tentait d’en mettre plein la vue aux jeunes spectateurs avec des meurtres violents et particulièrement originaux. Que pouvait apporter alors Craven à cet univers de slashers ? Si plusieurs croient que la réussite et le succès du film de Craven sont dûs principalement à la popularité du nouveau sous-genre lancé par ces films, reste que le concept du réalisateur est plutôt innovateur.

Tina (Amanda Wyss) fait un terrible cauchemar. Dans ce dernier, un homme muni de griffes au bout de sa main droite, alias Freddy (Robert Englund), la poursuit et tente de la tuer. Heureusement, Tina se réveille et échappe au meurtrier. Elle en informe aussitôt sa meilleure amie Nancy (Heather Langenkamp) qui l’invite à dormir chez elle ainsi que son petit ami Rod (Jsu Garcia). Durant la nuit, Tina fait à nouveau un cauchemar où Freddy la pourchasse, sauf que cette fois-ci, il ne la rate pas. Nancy et son petit ami Glen (Johnny Depp) trouvent le corps de Tina laissée pour morte dans une chambre et le petit ami de cette dernière enfui. Persuadée que Tina a été assassinée dans ses rêves et par Freddy, elle tentera tout pour prouver cette théorie et surtout pour … rester éveiller.

Tout comme dans Halloween, le meurtrier crée par Wes Craven est une représentation du mal. Freddy Kruger n’est rien de moins qu’un tueur psychopathe qui prend un plaisir fou à pourchasser, torturer et massacrer ses victimes. Mais ce qui fait la principale richesse de ce meurtrier, c’est sa capacité à intervenir dans le monde du rêve ou plutôt à maîtriser le monde du cauchemar. Craven crée ainsi le malaise et la peur en abordant un élément faisant parti de l’univers collectif : le subconscient. Mais la véritable réussite du cinéaste est dans cette capacité à manipuler brillamment le spectateur en jouant constamment sur la mise en scène. Ainsi, les personnages et par le fait même les spectateurs ne savent jamais s’ils sont réellement dans le monde du rêve ou dans la réalité. La réalisation de Craven réussit donc à se démarquer de celle de Carpenter ou de Cunningham. Certains meurtres sont assez sanglants et spectaculaires et n’ont rien à envier à ceux commis au camp Crystal Lake.

Mais tout cela ne serait rien sans la personnification de Freddy lui-même. Grâce au jeu d’une admirable perversité et d’une délicieuse folie de Robert Englund, le tueur sanguinaire marquera toute une génération. L’acteur est Freddy tout simplement et prend visiblement un malin plaisir à incarner ce diabolique personnage. Il sera d’ailleurs longtemps (sinon toujours) associer à ce rôle. Les autres acteurs sont également excellents. L’actrice Heather Langenkamp compose un personnage déterminé, courageux et qui fait office de parfait adversaire à notre meurtrier. Les acteurs John Saxon et Ronee Blakley sont également efficaces dans le rôle des parents protecteurs de Nancy et, bien sûr, Johnny Depp a droit à une première apparition sur grand écran assez mémorable.

Comme beaucoup d’autres slashers, A Nightmare On Elm Street a engendré un nombre étonnant de suites qui n’ont évidemment jamais égalé ce film qui, encore aujourd’hui, effraie toujours autant. Wes Craven a réussit à faire une incursion définitive dans le monde de l’horreur en abordant un thème universel, le cauchemar, et en créant ce qui est devenu un monument au temple des tueurs en série en la personne de Freddy Kruger. À voir d’urgence si ce n’est déjà fait, et à revoir pour les autres, ne serait-ce que pour se redonner quelques bons frissons.



Image
Le film est offert au format d’image respectée de 1.85:1 d’après un transfert 16:9.

Fidèle à elle-même, New Line nous propose un superbe transfert qui ne trahit nullement l’âge du film. Si on compare à l’édition simple parue il y a déjà quelques années, l’interpositif employé ici a été visiblement restauré et présente une image d’une qualité nettement supérieure. La définition générale de l’image est donc excellente offrant une image nette et impeccable. Les niveaux de détails et de textures sont plus que satisfaisants et sont parfaitement reproduits. Le rendu des couleurs est également irréprochable. Judicieusement employées, les couleurs demeurent riches et parfaites. Elles ne font donc preuve d’aucun problème de débordement ou de saturation. Idem pour les tons de peaux qui sont naturels et constants. Quant au niveau des noirs, il est correctement réglé évitant ainsi tout effet de brillance. La qualité des dégradés est aussi excellente. Ces derniers sont fluides donnant droit à niveau de détails maximal dans les parties sombres, soit ici les scènes de meurtres, composant la bonne majorité du film. Finalement, ce sont des noirs purs et profonds qui complètent cet admirable transfert pour une œuvre qui a tout de même vingt-deux ans. Aucune surprise, il n’y a rien à signaler en ce qui concerne la partie numérique.



Son
Trois bandes sons sont offertes avec cette édition : le mixage anglais Dolby Digital 5.1 EX, la bande son originale anglaise en mono pour les puristes et un mixage français Dolby Surround 2.0 disponible uniquement sur l’édition canadienne. Une initiative qui est plus que la bienvenue de la part du studio. C’est le mixage Dolby Digital 5.1 EX qui a été critiqué.

Tout comme le transfert vidéo, nous avons ici un mixage très solide. Même si elle peut être légèrement désavantagée par l’âge du matériel et du film, la bande son offerte ici ne manque pas de dynamisme et de présence. L’environnement sonore est brillamment exploité à plusieurs reprises. Même si la grande majorité du mixage passe par les canaux avant, les enceintes arrière font un excellent travail pour appuyer l’atmosphère inquiétante du film, plus particulièrement lors des scènes de cauchemars. De plus, nous avons droit à quelques rares effets de canaux à canaux particulièrement réussis. Tous les éléments sonores sont très bien rendus. Les dialogues sont parfaitement et constamment audibles alors que la trame sonore si envahissante de Charles Bernstein s’intègre parfaitement bien au mixage. Les basses sont judicieusement employées, notamment pour faire sursauter le spectateur et donner un peu de muscle à la trame sonore. La même chose s’applique pour les extrêmes graves qui grondent à quelques reprises avec une redoutable efficacité.

Des sous-titres anglais et espagnols sont disponibles.



Suppléments/menus
Sur le premier disque, nous retrouvons deux pistes de commentaires audio. La première partagée entre un nombre record d’intervenants (ils sont quinze !). Malgré tout, ce commentaire réussit à être extrêmement pertinent et intéressant malgré toutes ces voix qui se nomment lors de chaque intervention et qui ont été enregistrées séparément dans plusieurs cas. Le deuxième commentaire est animé par le réalisateur et scénariste Wes Craven, les acteurs Heather Langenkamp et John Saxon et le directeur photo Jacques Haitkin. La principale différence de celui-ci est qu’il n’y a aucune coupure entre les interventions, ce qui permet évidemment une interaction entre les intervenants, mais surtout un ton beaucoup plus léger que le commentaire précédent. Aussi disponibles, sont des sous-titres informatifs (trivia track) et l’option « Infinifilm » qui permet d’accéder aux suppléments en visionnant le film. C’est lorsque le logo Infinifilm apparaît à l’écran et que vous appuyez sur «Enter/Select» de votre télécommande que vous pourrez visionner les divers suppléments.

Sur le deuxième disque, on retrouve le plus gros de ces suppléments qui sont divisés en deux sections. D’abord, « Beyond the Movie » où sont disponibles « The House That Freddy Bulit : The Legacy Of New Line Horror (22 :47) », un excellent documentaire qui raconte les débuts de New Line grâce à A Nightmare On Elm Street en plus du parcours du studio quant à la production de films d’horreur, de Nightmare jusqu’à Final Destination en passant par Freddy Vs. Jason. « Night Terror : The Origins of Wes Craven’s Nightmares (15 :55) » est un segment qui aborde de façon très pertinente la question du rêve par rapport à la science et la psychologie. D’ailleurs divers médecins sont les principaux intervenants de ce segment.

Ensuite, il y a la section « Access Pass » où nous retrouvons « Never Sleep Again : The Making Of A Nightmare On Elm Street (49 :52)» un classique, mais très intéressant et informatif documentaire sur les différentes étapes de la production du film. On passe de l’inspiration de Craven, au choix des comédiens, à la conception du maquillage, à la création des effets visuels, à la composition de la musique et finalement à la post-production. Trois finales alternatives sont aussi présentes. Très peu différentes de la finale originale, elles peuvent néanmoins être relativement amusantes à regarder, mais sans plus. Nous retrouvons également un jeu questionnaire sur le film ainsi que la bande-annonce originale du film.

Finalement, sur les deux disques, une portion DVD-Rom est disponible également et présente des sous-titres informatifs (fact track), le scénario original du film ainsi que des liens Internet.




Conclusion
Film d’horreur marquant et innovateur, A Nightmare On Elm Street est une œuvre importante de la filmographie de Wes Craven et majeure pour le cinéma d’épouvante. En plus d’avoir créer un monstre implacable qui hante les adolescents dans leurs rêves, le réalisateur a permis au studio New Line d’obtenir une certaine notoriété. C’est un film que nous recommandons fortement pour les amateurs de films d’horreur et d'épouvante.

New Line nous offre encore une fois une édition se rapprochant de la référence : un transfert vidéo honorable, un excitant mixage et une galerie de suppléments intéressants et pertinents. Cette édition Infinifilm est décidément celle à se procurer sans aucune hésitation pour quiconque porte un intérêt au film.



Qualité vidéo:
4,4/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
4,5/5

Rapport qualité/prix:
4,7/5

Note finale:
4,4/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2006-12-15

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Toshiba 27A43C, Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
A Nightmare on Elm Street

Année de sortie:
1984

Pays:

Genre:

Durée:
92 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Alliance Atlantis

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1 EX
Anglaise Dolby mono
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Pistes de commentaires audio, Infinifilm, documentaires, sous-titres informatifs (trivia et fact track), fins alternées, jeu questionnaire, bande-annonce

Date de parution:
2006-09-26

Si vous avez aimé...