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DVDEF

United 93 (WS)

Critique
Synopsis/présentation
Nous ne parlerons ici que de l’aspect cinématographique de l’oeuvre tant le sujet des attentats du 11 Septembre est toujours est sensible et contreversé.
Paul Greengrass est un cinéaste qui à un style bien à lui que certains ont du mal à supporter mais qui fait objectivement merveille dans le cadre d’œuvres telles que ce United 93.
Dés ses débuts avec le formidable Sunday, Bloody Sunday, il offrait enfin une œuvre de fiction sur ce sujet si controversé. Grace à sa caméra porté à l’épaule appuyée par un montage remarquable, une sensation de proximité et de grand réalisme qui est à nos yeux une condition nécessaire pour aborder de tels sujets de façon intelligente. L’acuité du regard de Greengrass, son gros travail de documentation associé à son envie évidente de présenter au public une version honnête des faits, font de cette œuvre clairement ancrée dans la fiction, un œuvre d’un type nouveau.

Nous avons reçu ce film comme un véritable coup de poing au visage, non pas parce qu’il cherchait à nous en mettre plein la vue ou désigner un coupable mais au contraire parce que son impartialité et son honnêté permettent de prendre l’ampleur de la tragédie et de pouvoir réfléchir dessus. Greengrass à cete capacité trop rare d’éviter le pathos facile, d’essayer de tirer des larmes à ses spectateurs grace à des effets cinémtographiques faciles. Il sait parfaitement utiliser les artifices du 7 éme art afin justement de parvenir (paradoxalement ?) à une plus grande véracité.
Il reproduit avec United 93 l’exploit de son premier film après un passage très réussi par Hollywood (The Bourne Supremacy) et nous livre une œuvre extrémement courageuse et honnête.
Son impartialité et la realtive immédiateté de son regard par rapport aux évènements nous paraissent ses deux atouts les plus importants. A nouveau son style à la caméra portée associée à une direction d’acteurs époustouflante font que le film évite les éceuils larmoyants de ce genre de reconstitutions. Il est d’ailleurs étonnant de voir que Hollywood à offert à Greengrass la possibilité de réaliser la première œuvre sur le sujet sachant pertinament que le cinéaste leur fournirait un long métrage à contrepied de ce que l’on serait en droit d’attendre sur le sujet venant de l’usine à rêve.
Ici donc point de glorification des personnages, point de débordements lacrymaux renforcés par une musique « tire-larme » mais au contraire un montage virtuose qui nous permet de prendre une vue globale des évènements de cette journée et de nous faire comprendre à quel point le problème fur complexe.
Sans pointer du doigt directement Greengrass ne ménage pas pour autant les autorités dont il montre à plusieurs reprise le « cafouillage » et il à d’ailleurs le courage de commencer son film sur des images des terroristes et surtout d’éviter de le terminer sur des images d’un crash.
D’ailleurs il est important de noter qu’il maintient une pression permanente, ne quittant les passagers du vol 93 (qui ne sont d’ailleurs jamais présentés comme des héros, ni joués comme tels) que pour montrer le désarroi ainsi que le travail extrèment complexe des aiguilleurs du ciel.
Cette concision et la pression permanente (mais non artificielle) maintenue par la mise en scène et un scénario parfaitement rythmé font qu’en tant que spectateur cette œuvre (en dehors de la charge émotionelle liée à son sujet) difficile à regarder. Cependant, comment aborder un tel sujet sans cette apreté, cette dureté que le sujet impose de lui même.

Voici donc une œuvre qui ne donnera pas envie d’être revue tous les jours mais qui comme tous les grands films qui abordent frontalement et courageusement des sujets difficiles se doit d’être vu et refléchie. A ce titre United 93 est une grande réussite et nous ne pouvons que vivement vous conseiller son visionnage afin de pas attendre que le temps fasse son effet et directement se reconfronter à ces terribles attentats, refléchir dessus et faire le travail de deuil (et pas seulement le deuil des familles mais plus celui du monde occidental et riche par rapport à son illusion de sécurité) qui nous semble nécessaire afin de passer à la suite et principalement à des mesures concrêtes pour tenter d’endiguer le problème. Enfin ne nous pouvons aussi que vous inciter à écouter directement à la suite du visionnage le commentaire de Paul Greengrass qui éclaire de nombreux points et propose une réflexion d’une intelligence malheureusement trop rare.




Image
L’image est présentée au format respecté de 2.35:1 d’aprés un transfert 16:9.

La définition générale est de très bonne qualité mais fluctuante du fait même du style du film. De même l’interpositif est immaculé mais lors de certaines scènes un grain très important peu faire son apparition sans pour autant ne jamais devenir gênant.
Les couleurs sont extrément naturelles de façon a amplifier l’impression de véracité et par conséquent certains d’entre vous pourront les trouver « passées » par rapport à celle d’un film de fiction proprement dit. Elles sont cependant justes, constantes et impeccablement saturées.
Le contraste est lui aussi dans l’ensemble parfaitement géré même si à nouveau le style si particulier du film fait que sur certains passages le contraste peut sembler mal géré et pourtant le transfert n’est en rien fautif).
Les scènes sombres sont bien rendues grace à des noirs profonds et purs (fluctuant selon les scènes).
La partie numérique n’est malheureusement pas exempte de défauts puisque l’on peut apercevoir régulièment des traces de surdéfinition des contours. Cependant si l’ensemble n’est pas totalement excusable il faut prendre en compte la nature particulière de l’image sur cette œuvre.

Voici donc un transfert à nos yeux réussis (malgré une certaine faiblesse dans la partie numérique) qui ne sera cependant pas du gout de tout le monde au même titre que l’œuvre elle même. Une image donc imparfaite mais qui compte tenu des difficultés à bien restituer en vidéo ce type de mise en scène et d’images, nous jugeons donc l’ensemble de bonne qualité.




Son
Les trois bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1) et Espagnol (Dolby Digital 5.1).
La dynamique de la bande-son anglaise est d’un excellent niveau. Il en est de même pour sa présence et spatialité.
La musique est impeccablement rendue, sans aucune trace audible de limitations quelles qu’elles soient. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont remarquablement utilisées pour le rendu des différentes ambiances sonores sans jamais en rajouter ni tenter d’être spectaculaire. Donc étant donné la nature du film ne vous attendez pas à des déluges de décibels explosifs mais au contraire à un belle subtilité.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et aucune trace de parasites ou distortions ne sont audibles.
Les basses fréquences sont impeccablement gérées et surprennent plus d’une fois par leur rendu sans concession du contraste sonore qui peut avoir lieu dans de telles situations.

La bande-son Française et Espagnole sont d’un niveau quasi équivalent à leur homologue anglaise.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.




Suppléments/menus
Une édition assez décevante à ce niveau mais il est à considérer que réaliser des suppléments de qualité sur une oeuvre au sujet aussi brulant reléve de l’impossible.
Fort heureusement le commentaire audio de Paul Greengrass est comme d’habitude avec le cinéaste anglais résolumment excellent. Greengrass revient sur ses motivations à tourner un tel film, sur ses intentions et propose de temps à autre une auto-analyse de son style et de son œuvre bluffante d’intelligence et de maturité. Un commentaire à conseiller à tous les détracteurs du principe même de ce film tant Greengrass parvient à rendre logique et passionnant son regard d’artiste mais aussi et surtout d’être humain vis à vis de cette événement ô combien traumatisant.
Le documentaire intitulé « United 93 : the families and the film » nous propose de suivre la rencontre des familles de victimes avec les acteurs qui ont incarnés leurs membres regrettés. Au risque de paraître insensible et sans aucune intention de choquer nous ne pouvons que déplorer l’introduction de ce segment qui présente tous les travers larmoyants et surdramtisants dans lequel le film à brillament évité de tomber. L’émotion est touchante mais ce qui nous est présenté dans ce documentaire aurait du à nos yeux rester dans le cercle familial et ne présente strictement aucun intérêt quand à l’œuvre ou la catastrophe.
De même, si la biographie de chaque passager du vol 93 semble partir d’une bonne idée, le simple de regarder le film nous semble un hommage bien plus important que ce que ne pourra jamais représenter un tel supplément.

Fort heureusement le commentaire de Greengrass est présent sur cette édition et se pose comme le seul et unique supplément à visionner de façon à mieux comprendre les tenants et aboutissants de la démarcher de ce cinéaste passionnant.







Conclusion
Une édition de belle qualité audio et vidéo dont les suppléments sont décevants mais cela était relativement « logique » au vu du sujet brulant abordé par l’œuvre.
Paul Greengrass nous offre une œuvre courageuse qui aborde de façon intelligente et neutre une des grandes catastrophe de ce début de siècle. A nos yeux, il s’agit d’une œuvre à voir impérativement tant elle permet de revenir sur ces évènements de façon objective, conditon nécessaire pour pouvoir enfin réfléchir dessus.



Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
3,9/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2006-10-06

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
United 93

Année de sortie:
2006

Pays:

Genre:

Durée:
111 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:

Suppéments:
Commentaire audio, documentaire, biographies

Date de parution:
2006-09-05

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