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DVDEF

Hard Candy

Critique
Synopsis/présentation
Dans le merveilleux monde du cinéma américain, il arrive souvent que des productions, beaucoup plus modestes que celles produites généralement, soient ignorés par le public. Et pourtant, ces films ont souvent l’appui des critiques ou alors ils proviennent de divers festivals où ils ont été applaudis par les spectateurs. C’est ici le cas du film Hard Candy, premier long métrage du réalisateur David Slade. Le film a reçu un chaleureux accueil au dernier Festival du film de Sundance, notamment, en plus de s’attirer un avis favorable de la plupart des critiques. Mais ce qui aurait dû attirer les spectateurs dans les salles lorsque le film a pris l’affiche, c’est son sujet très chaud et qui ne pourrait être plus d’actualité : la pédophilie.

Hayley Stark (Ellen Page) est une adolescente de 14 ans qui fait connaissance avec Jeff (Patrick Wilson), un photographe de 32 ans, par l’entremise d’Internet. Après quelques flirts, les deux décident finalement de se rencontrer. Jeff semble très impressionné par la maturité de la jeune fille alors que cette dernière se laisse charmer par le trentenaire. Jeff décide alors d’emmener Hayley chez elle … Nous préférerons nous taire ici concernant l’intrigue pour préserver une certaine surprise quant au rôle qu’aura à jouer chacun des personnages durant le film.

Malgré son modeste succès (1 millions $ US de recettes aux Etats-Unis) est un excellent thriller psychologique. Slade joue la carte du suspense à fond et de façon très efficace. Mais sa richesse principale vient de l’ambiguïté de ses personnages et du nombre de questions que leurs actions ou leurs réactions suscitent chez le spectateur. Le thème du film étant judicieusement choisi (la pédophilie), cela permet également au réalisateur de proposer une réflexion sociale intéressante sur le sujet, mais aussi, de façon plus subtile, sur le système judiciaire. Le tout est joué sur fond de face à face entre deux personnages fascinants et interprétés de façon impeccable par les excellents Patrick Wilson et Ellen Page. Cette dernière est décidément une de ces jeunes actrices à surveiller sérieusement. Si le spectateur peut rester perplexe face à cette finale qui se rapproche beaucoup de la fable (parallèle avec Le petit chaperon rouge peut subtil ici), reste qu’elle incite à la discussion, voire le débat entre les spectateurs.

Injustement boudé par les cinéphiles en salles, Hard Candy est un film fortement recommandé et malheureusement très sous-estimé. Le cinéaste David Slade propose un thriller psychologique fort intéressant ainsi que des réflexions sociales très pertinentes sur un sujet encore tabou. Espérons que cette édition permettra aux cinéphiles de découvrir un excellent film.



Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.35:1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale de l’image est absolument excellente. Production récente l’oblige, l’interpositif employé était dans un état impeccable offrant une image d’une netteté remarquable. On pourra noter un léger grain cinématographique lors de certains plans, ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose pour l’œil. Nous avons également droit à un niveau de détails et de textures plus que satisfaisant. Le rendu des couleurs est absolument irréprochable également. Malgré le relativement faible budget du film, le travail effectué sur la photographie ainsi que sur un étalonnage numérique (travail effectué par Jean-Clément Soret) de couleurs est digne de mention. Dans le même plan, on passe souvent de couleurs chaudes à des couleurs froides, ce qui a un impact direct sur l’atmosphère du film. Le tout est rendu de façon admirable. Bien sûr, il n’y a aucun problème à noter concernant le débordement ou la saturation des couleurs. Pas plus qu’il n’y a d’effet de surbrillance à remarquer puisque le niveau des noirs est correctement réglé. Les parties sombres sont aussi superbement rendues offrant des dégradés fluides qui, eux, nous donnent droit à niveau de détails plus qu’acceptable dans ces plans sombres. Quant aux noirs, ils font preuve de profondeur et de pureté. Finalement, il n’y a aucun problème numérique majeur à signaler pour un transfert absolument remarquable



Son
Cette édition de Christal Films offre deux bandes sons au format Dolby Digital 5.1, en anglais et en français. Pour cette critique, c’est évidemment le mixage anglais qui a été évalué. À noter cependant que l’édition offerte par Lionsgate propose un mixage anglais Dolby Surround 2.0 au lieu du doublage francophone.

Tout comme le transfert vidéo, cette bande son réussit à rendre parfaitement justice au film. La présence est excellente et le dynamisme est plutôt excitant lors des moments de plus haute tension. Bien que surtout composée des dialogues que s’échangent les deux personnages, la bande son profite adéquatement du potentiel multi canaux. Ainsi, les dialogues se font surtout entendre grâce aux canaux avant alors que les enceintes arrière jouent convenablement leur rôle, c’est-à-dire de créer une ambiance. Il arrive également que quelques effets d’ambiophonie soient perceptibles ce qui ne nuit pas à la spatialité du mixage. Bien entendu, les dialogues demeurent constamment audibles et la piste sonore est intégrée avec subtilité au mixage. Lorsque employées, les basses font preuve de profondeur alors que les extrêmes graves grondent efficacement à quelques occasions. Un mot sur le mixage français qui propose sensiblement les mêmes caractéristiques que sa consoeur exceptée que comme dans bien des cas, certains sons ambiants sont enterrés par le doublage.
Des sous-titres anglais et espagnols sont disponibles.



Suppléments/menus
En ce qui concerne les suppléments, nous retrouvons d’abord deux pistes de commentaires audio. La première est animée par le réalisateur David Slade et le scénariste Brian Nelson. Plutôt intéressante, les deux hommes demeurent malgré tout assez contemplatifs tout en y allant d’interventions relativement pertinentes sur les aspects techniques, formels, scénaristiques ainsi que sur l’interprétation des acteurs. La deuxième piste de commentaire partagée entre les comédiens Patrick Wilson et Ellen Page est de ton beaucoup plus léger. Ils sont certainement moins bavards que Slade et Nelson et leurs interventions sont souvent plutôt superficielles. Malgré tout, c’est une piste qui s’écoute assez bien.

On retrouve également un documentaire, « Creating Hard Candy (51:46)», assurément le meilleur supplément sur cette édition. Il fait précisément le tour de tous les aspects de la production du film, de l’écriture du scénario à la post-production en passant par la production même ou encore par le choix des acteurs. À noter que ce documentaire peut être visionner en différents segments. Nous trouvons également un mini-documentaire intitulé « Controversial Confection (9:21)». Il traite principalement de l’idée de controverse qui entoure le film et qui semble avoir été calculée avant même sa sortie. Du côté des scènes supprimées, nous en avons six. Il faut dire qu’il s’agit surtout de scènes alternées ou allongées du film. Il n’y a donc aucun élément nouveau à l’histoire apporté par ces scènes, mais l’intérêt est tout de même maintenu lors de leur visionnement, même si elle varie considérablement pour chacun d’entre elles. La bande-annonce du film ainsi que des notes de production accessibles elles seulement à partir d’un DVD-Rom complètent cette satisfaisante section.




Conclusion
Hard Candy est un excellent thriller psychologique. En plus de proposer des réflexions très pertinentes sur un problème de société évident, ici la pédophilie, le réalisateur David Slade nous livre un face à face pervers entre deux fascinants personnages interprétés de très solide façon par Patrick Wilson et Ellen Page.

Christal Films nous livre ici une superbe édition qui rend amplement justice au film, notamment grâce à un transfert qui reproduit admirablement le travail esthétique de l'image ainsi qu'à un mixage solide et efficace. Les suppléments se veulent plutôt intéressants, en particulier le documentaire sur la production du film qui mérite d'être vu au moins une fois. Une édition parfaitement recommandable, donc.


Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,7/5

Rapport qualité/prix:
4,3/5

Note finale:
4,2/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2006-10-23

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Toshiba 27A43C, Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Hard Candy

Année de sortie:
2005

Pays:

Genre:

Durée:
105 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Christal Films

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:

Transfert 16:9:

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Commentaires audio du réalisateur, du scénariste et des acteurs, scènes supprimées, documentaire, mini-documentaire, bande-annonce

Date de parution:
2006-09-19

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