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DVDEF

Commitments, The (Collector's Edition)

Critique
Synopsis/présentation
À l'heure ou des parfaits inconnus deviennent les vedettes du mois en sortant d'une académie quelconque ou d'un loft sans intérêt, la sortie d'une nouvelle édition au format DVD du film de Alan Parker The Commitments vient à point pour nous rappeler ce qu'est la musique et l'Amour de celui-ci.

Sorti en 1991, The Commitments traite d'un sujet que l'on avait déjà vu onze ans avant dans le très célèbre Blues Brothers (John Landis) : La musique Soul.
Cette musique, issue de la communauté noire urbaine et qui a vu ses grandes heures dans différents studios de Detroit et d'ailleurs, porte bien son nom. C'est le chant de l'âme, et pas celui d'une religiosité lyrique, mais bien plutôt de cette nouvelle liberté acquise, des sentiments contradictoires qui l'accompagnent.
La fuite des terres agricoles du Sud des États-unis vers une promesse de richesse industrielle au Nord imposa une réalité bien sordide. Création des ghettos dans les villes, pauvreté et misère morale sont les récompenses de l'industrialisation pour cette main d'œuvre bon marché surexploitée qui l'était malheureusement déjà peu de temps avant cela. La musique Soul est, avec le Jazz une des manifestations culturelles les plus forte de la communauté noire et urbaine de cette époque. La Soul est le reflet d'un mode de vie difficile lié à la grande difficulté de se faire représenter adéquatement en public (tout du moins jusqu'à l'arrivée de grands leaders tels Martin Luther King et son soutien à la fin des politiques ségrégationnistes du sud).

Alan Parker (Midnight Express; The Wall; Angel Heart; Mississipi Burning) a décidé de placer ce récit non pas au cœur d'un Detroit des années 1950, mais bel et bien dans un Dublin contemporain, fidèlement à l'histoire originale
The Commitments est issu d'un bref roman de Roddy Doyle (qui gagnera le Booker Prize deux années plus tard pour Paddy Clark ah ah ah) qui utilisait la musique comme trame narrative pour réunir différents jeunes. Afin d'en regrouper le maximum, son choix s'est porté sur une grande formation, et la Soul impose souvent de nombreux artistes (choristes, cuivres etc.).
Ce qui se présentait comme une commodité du scénario est finalement devenu entre les mains de Parker l'élément central du film.
Si on nous abrutis de complaisance télévisuelles autours de quelques émissions télévisées supposées faire vivre la musique, ce film en est l'antithèse.
Le choix d'acteur est entièrement composé de musiciens amateurs (qui ont passé des auditions devant le réalisateur), premier rôle inclus. Cette troupe d'amateur musiciens offrent néanmoins une solide performance et savent donner beaucoup de chaleur et de crédibilité.

Jimmy Rabitte (Robert Arkins) décide de monter un groupe, dans la banlieue nord de Dublin, mais loin du cliché U2 il décide de créer un groupe de musique Soul. The Commitments traite dans une certaine mesure de la tradition " Croissance et décadence " des groupes de musique et cela même si la croissance se limite a un Pub plus grand qu'à l'habitude. On suit donc Jimmy dans ses séances de sélection et des interactions qui vont naître entre les différents membres du groupe. Pilier central, le chanteur Deco (Interprété par Andrew Strong, dont la voix pour un chanteur de 16 ans est réellement stupéfiante) souffre de problèmes sociaux, Joey " The Lips " qui a joué avec les plus grands a des tendances de séducteurs qui n'épargneront pas les trois choristes… Toutes ces personnalités sauront se donner complètement sur scène, mais Rabbitte ne saura pas juguler les passions qui finiront par détruire le groupe de l'intérieur.

Basé sur un concept connu, Alan Parker réussit le tour de force de faire de ce film un magnifique coup de chapeau à la musique, Soul en particulier, et à toutes les personnes qui la pratique. Le parallèle entre la communauté noire américaine des années Motown et de la situation des catholiques à Dublin en plus de permettre quelques répliques très drôles (Il est toujours surprenant de voir un Irlandais au teint de lait dire " I am black and I am Proud "), offre une vision qui permet sans s'apitoyer de mieux comprendre la réalité de ce Dublin divisé.
Vainqueur de quatre BAFTA (montage, réalisation, adaptation, meilleur film) et de nombreux autres prix, c'est donc avec intérêt que nous attendions cette réédition de la Fox Home Entertainment (deuxième édition).


Image
The Commitments est présenté au format respecté de 1:85.1 dans un transfert 16:9.

Basé sur un négatif 35mm le transfert a été très soigné malgré l'âge du matériel source. On sent là tout le travail de restauration qui a été effectué, et très certainement la conservation soigneuse des négatifs. L'image est d'une netteté exemplaire et les détails sont nombreux et précis preuve d'un interpositif de qualité. Ce dernier est d'ailleurs d'une qualité exemplaire puisque aucun défaut n'a été constaté sur la qualité de l'image.
Les couleurs plutôt froides pour les scènes d'extérieurs (gris/bleu) sont très adéquatement rendues. Les couleurs sont toujours naturelles, les teints de peau confirmant cette tendance. Aucun débordement n'a été constaté, et la saturation reste constante sur toute la durée du film, preuve d'un étalonnage solide.
La brillance et les contrastes sont d'un niveau très convenable, et l'on passe des scènes plein jours à celle plus intimiste des concerts sans jamais voir de variation qui imposerait des réglages particuliers. En ce sens, on doit souligner la qualité des zones sombres qui présentent un niveau de détail surprenant pour un film de cet âge, et des dégradés assez fins.
Pour conclure ce très beau travail, la compression a été réalisée avec soins, aucun parasite n'a été constaté. Les tendances à la sur-définition de compensation des films un peu agé n'est pas présent, et c'est en préservant toutes les qualités du travail en amont que ce film nous est offert.

Pour un film de plus de dix ans, on ne peut que saluer la grande qualité de l'image, qui saurait imposer un respect certains à certaines productions plus récentes. Un excellent travail de restauration et une production fine font de cette édition une vraie réussite du coté de l'image.


Son
Trois bandes sonores nous sont proposées. Les versions française et espagnol au format Dolby mono et la bande son originale du film remixé au format Dolby Digital 5.1.

Naturellement pour ce genre de film, la qualité de la reproduction audio est centrale, et force est de constater que tout comme l'image cette édition répond tout à fait aux attentes. La bande son est très dynamique, et permet de larges variations entre les scènes plutôt intimiste, et celles des performances sur scène. Si la bande son est adéquatement rendue sur toute la hauteur du spectre sonore, créant en cela une présence remarquée, on reprochera par contre une spatialité un peu faible, tant dans le déploiement que dans les notions de volumes des pièces ou l'action prend place. La reproduction de musique en direct impose une certaine notion de ces volumes afin de se différencier d'un enregistrement studio, et quoi que sans impact réellement négatif, ce petit manque aurait pu être facilement corrigé lors du remixage en 5.1.
Les éléments sonores sont par contre correctement placés, les différents instruments à leur place durant les scènes musicales, ainsi que les autres effets du film. Les canaux avant sont convenablement séparés et offrent ainsi un réalisme plutôt convaincant.
La trame sonore, premier ou second rôle de ce film est très bien intégrée et fidèlement restituée, que ce soit lors des concerts ou dans les autres scènes. Si nos musiciens ne semblent pas manquer de cet esprit un soul on peut dire la meme chose de cette bande son qui n'en manque pas elle non plus.
Le seul vrai reproche que nous ferions serait certainement une utilisation plutôt timide des canaux d'ambiophonies. Ces derniers sont peu utilisés malgré un contenu qui aurait permit quelques tours lors du remixage multicanal. On aurait pu les utiliser un peu plus afin de supporter la bande son lors des concerts, ou pou justement donner cette notion d'espace. De plus les plans sont très souvent situés entre la scène et la foule, foule qui aurait pu prendre un peu plus de place selon nous en arrière. Les basses sont d'un niveau très convenable et savent descendre bas meme si le canal d'infrabasse est peu sollicité (le matériel sonore n'impose pas vraiment son utilisation).

Cette bande son est d'un niveau très honorable, mais nous aurions aimé que le remixage en multicanal soit un peu plus immersif. Néanmoins, dans le cadre pur du visionnement d'un film elle remplit tout à fait son rôle. Pour les plus mélomanes en quête de Soul très bien enregistré, on ne peut que rappeler la très belle édition du documentaire " Standing in the shadows of Motown " dont la bande son en DTS/ES et un mixage très ingénieux nous avait vraiment positivement surpris.

Des sous-titres en anglais et espagnols sont disponibles.


Suppléments/menus
Cette édition de "The Commitments" est composée de deux disques, le premier offrant le programme principal et une piste de commentaires audio, le second les nombreux suppléments offerts.

En accompagnement du programme principal, une piste sonore composées des commentaires de Alan Parker nous est offerte. Cette piste offre de très bonnes informations, et est d'une écoute agréable. Alan Parker, sans être un orateur né sait rester intéressant et offrir de nombreuses informations complémentaires qui sauront satisfaire les fans du film et les amateurs de cinéma en général.

Le second disque présente un volume très important de suppléments. Tout d'abord, un très bon segment de 23 minutes " The Making of Alan Parker's Film : The Commitments " nous offre une vision très large de ce film, passant en revue tous les aspects et donnant une très belle vue d'ensemble tant sur la technique que sur les acteurs et leur sélection. C'est un segment de qualité où l'information proposée est pertinente et intéressante.
Certainement la pièce maitresse de ce second disque " The Commitments : Looking Back " est un reportage de 47 minutes qui s'attarde a retrouver les artisans et acteurs du film. Cette approche permet de collecter des informations très intéressante sur la réalisation du film en lui même que sur les acteurrs amateurs qui l'ont interprété. C'est avec plaisir que l'on retrouve ces inconnus dix ans plus tard, qui ont tous des parcours très différent, loin du showbusiness pour certains, ou encore a en vivre pour d'autre. Ce segment offre de plus une très belle opportunité pour comprendre le phénomène qui a entouré le film, comme par exemple dans les tournées qui ont été faites, et qui sont toujours faites par certains membres du casting.
Élément plus commercial, Making Of Featurette nous présente en 8 minutes un segment visiblement réalisé pour la promotion du film. Les informations contenues sont d'un intérêt moindre, et l'aspect visiblement commercial de ce segment dépareille d'avec le reste des segments.
Dernier segment informatif, Dublin Soul : The Working Class and Changing Face of Dublin (15 minutes) nous présente à travers l'écriture de Rudy Doyle une mise en situation de Dublin, à travers son histoire et son tissus social. Ce segment s'est révélé très intéressant et est une initiative que nous aimerions bien voir sur d'autres titres qui traitent de lieux ou de sociétés particulières.
Treat Her Right est une morceau musical qui n'est pas apparu dans le film et qui est présenté par le réalisateur, cette scène est " finie " dans le sens ou sa qualité est similaire à celle du film lui même. Un petit bonus pour ceux qui veulent plus de musique.
En plus de deux titres musicaux originaux des acteurs (avec leur vrai groupe), la traditionnelle bande-annonce nous est offerte. En complément, on retrouve aussi 6 publicités télévisées et 4 publicités radio. Pour terminer, une gallerie d'images fixes, tant du tournage en lui meme que du film nous est offert.

On ne peut que saluer la pertinence et l'élégance des suppléments offerts dans cette édition. Le caractère particulier du choix d'acteur et les efforts investis dans le segment principal font de ce deuxième disque un indispensable pour tous les amateurs du film. Une vraie réussite.






Conclusion
La Fox nous offre une très belle édition de ce film musical. Le travail fait sur l'image est remarquable, et le son bien que ne bénéficiant pas des excentricités les plus avancées offre une expérience très satisfaisante. Le amateurs de musique Soul en général et de Alan Parker en particulier trouveront là une édition de qualité.


Qualité vidéo:
4,4/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
4,2/5

Note finale:
4,1/5
Auteur: Thomas Geffroyd

Date de publication: 2004-05-06

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Sony KV34XBR910; Préampli Audio Refinement par YBA Pre-2; Ampli Audio refinement par YBA Multi-5; Enceintes JmLabs; Sub REL Strata III; Lecteur DVD Denon DVD-1600; cables et interconnects Cardas/Audioquest.

Le film

Titre original:
Commitments, The

Année de sortie:
1991

Pays:

Genre:

Durée:
118 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby mono
Espagnole Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:

Date de parution:
2004-03-16

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