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DVDEF

Don't Say A Word

Critique
Synopsis/présentation
Catalogué à tort parmi le foisonnement du genre thriller psychologique, Don't Say a Word est plutôt un film de passage. Un repas surgelé, préparé dans les normes, prêt à être réchauffé et consommé...
Don't Say a Word met en scène Michael Douglas dans le rôle du docteur Nathan Conrad, un psychiatre accompli. Le personnage représente tout ce qu'il y a de plus commun: après une journée de travail ardu, le médecin rentre à la maison retrouver son épouse (Famke Janssen) et sa petite fille de onze ans (Skye McCole Bartusiak). Son bonheur sera toutefois assombrie par la haine et la colère, alors que, le matin de l'Action de Grâce, sa fillette est enlevée à son insu. Et la raison de ce kidnapping (coeur de l'intrigue), un simple échange d'informations. Si le docteur Conrad désire retrouver son enfant, il devra extirper un code de six chiffres de la mémoire troublée d'une de ces patientes psychiatriques. Bien entendu, l'échange doit être fait avant que se fassent entendre les cinq coups d'horloge en fin d'après-midi.
Si le synopsis semble prometteur et que la présence de Michael Douglas (acteur reconnu pour ses rôles de bon père de famille où la tragédie vient faire tout basculer, i.e. Traffic, The War of the Roses, Fatal Attraction) joue en faveur du film, Don't Say a Word fléchit sous le poids d'un scénario décousu, invraisemblable et de thèmes redondants. Le film de Gary Fleder (Things To Do in Denver When You're Dead, Kiss the Girls) dérive d'un roman d'Andrew Klavan et adaptée (ou plutôt aplani) par le scénariste Anthony Peckham. Afin de condenser le scénario élaboré de la nouvelle, Peckham apporta plusieurs correctifs à certains des éléments du roman; par exemple, la mère de l'épouse du docteur Conrad est, dans le film, clouée à son lit, cette dernière ayant une jambe plâtrée de la cuisse au pied. Mais, plus dommage encore, le scénariste va même jusqu'à élèver en dogme les valeurs familiales; les trente premières minutes en font l'apologie (l'oeuvre s'éternise sur les relations père-fille).
Malgré les faiblesses du film, Fleder connait bien les rouages d'un thriller. Le réalisateur a fréquemment recours aux teintes bleutés (froideur de la ville new-yorkaise et du monde extérieur à l'alcôve familiale) et verdâtres (surréalisme de l'hôpital psychiatrique qui s'apparente davantage à une prison à haute sécurité), ainsi qu'au maniement des plans subjectifs de la caméra. Fleder prend également plaisir à nous proposer un scénario jouant sur une double focalisation: l'une spectatorielle (ou zéro), puisque contrairement au personnage de Douglas, le spectateur connaît dès le départ l'identité des criminels; l'autre interne, alors que, à l'instar du héros, nous ne saisissons pas l'importance (banale, soit dit en passant) du code numérique.
En somme, Don't Say a Word n'apporte rien de bien nouveau: un fil narratif où le bien triomphe une fois de plus du mal et où les personnages répondent aux règles élémentaires du cours "Scénarisation 101" (sujet, objet, destinataire, destinateur, adjuvants et opposants). Si The Bone Collector, Ramson ou Along Came a Spider sont votre tasse de thé, Don't Say a Word vous est tout désigné.
En guise d'anecdotes, Don't Say a Word (paru en salles le 24 septembre) constitue l'un des premiers films à avoir été digitalement altéré en conséquence des événements du 11 septembre dernier. Remarquer les plans de grand ensemble de la ville de New-York...


Image
Don't Say a Word est présenté en format original de 2.35:1, en plus d'avoir bénéficié d'un transfert anamorphosée. Sans constituer un titre de référence, la qualité de l'image de Don't Say a Word est néanmoins de très bonne facture. La définition, dans son ensemble, laisse percevoir une image riche et détaillée; les plus fins détails et les textures sont finement rendus.
Les couleurs, quant à elles, sont justement reproduites et exemptes d'instabilité, sur-saturation ou débordements et ce, même pour les séquences teintées en bleu ou vert.
Mise à part les moments où la photographie empêche toute évaluation, les tons de peau sont d'un aspect naturel et juste. La brillance et le contraste sont sans fautes, alors que les parties sombres offrent des dégradées tout à fait satisfaisants. Les noirs, omniprésents, demeurent purs et profonds.
En fait, une seule ombre vient entacher la belle qualité visuelle de ce transfert, soit une légère sur-définition des contours visibles lors de séquences à haut-contraste (i.e les immeubles de New-York au lever du soleil). En évaluant scrupuleusement ces plans, il est possible de remarquer un mince halo entourant les contours. Ce problème, quoique digne de mention, demeure modeste et aucunement distrayant.
Aucun parasite (égratignures ou taches), fourmillement ou signe de compression (macro-blocs, mosquitoes) n'est détectable.


Son
La présente édition de Don't Say a Word propose deux mixages anglais 5.1, soit l'une Dolby Digital et l'autre DTS. À tout le moins, les deux mixages sont d'un dynamisme étonnant dont la présence étonne. La scène d'ouverture, celle du vol de banque, saura vous en convaincre.
L'intégration des éléments sonores est efficace: les effets sonores se déploient de façon agréable de canaux à canaux, tandis que les autres éléments (dialogues, effets / bruitage et trame sonore) se mélangent subtilement en un ensemble homogène et efficace.
Le mixage de Don't Say a Word ne fait cependant pas un usage excessif des canaux d'ambiophonie; quelques effets sonores sont audibles, mais, règle générale, l'usage de ces canaux se restreint à la restitution d'effets d'ambiance.
Les dialogues sont naturels et bien intégrés. Les basses et fréquences d'extrêmes graves viennent ponctuer adéquatement les deux mixages.
Comme c'est souvent le cas, le mixage DTS est légèrement supérieur à celui Dolby Digital. Cette bande-son offre des basses fréquences mieux définies et moins paresseuses, de même qu'un meilleur rendu des détails sonores. La trame sonore semble ainsi plus mélodieuse et naturelle.
L'édition évaluée ici est celle destinée aux États-Unis; seule une bande sonore espagnole Dolby Digital 2.0 Surround est offerte. L'édition candienne offre pour sa part, en plus des mixages anglais, une bande-sonore française Dolby Digital 2.0 Surround.



Suppléments/menus
Considérée par la Twentieth Century Fox comme étant un titre régulier, on aurait cru que peu d'efforts auraient été mis en oeuvre dans l'ajout de suppléments. Toutefois, cette édition de Don't Say a Word offre un certain lot de supplément, dont quelques-uns fort intéressants.
Plutôt que d'opter pour des suppléments à saveur promotionel (entrevue évasive, documentaire publicitaire), les suppléments de cette édition font une incursion dans tout ce qui entoure la mise en oeuvre d'une production hollywoodienne. Beaucoup trop de titres mettent en lumière les attraits tape à l'oeil d'un film (effets spéciaux, acteurs), délaissant, par le fait même, le processus beaucoup plus laborieux de la production.
Les suppléments sont divisés en six sections; Commentaries, Cinema Master Class, Deleted Scenes, "Making Of" Featurette, Vital Statistics et finalement, WallStreet Trailer.
Débutons, tout d'abord, ce résumé des suppléments par la section Commentaries. Cette partie se compose en premier lieu d'une piste de commentaires animé par le réalisateur Gary Fleder. Le cinéaste nous propose ici une piste fort intéressante sur un ton descriptif, analytique et aucunement monotone. Fleder parcourt ainsi les diverses étapes de la production, tout en y ajoutant quelques anecdotes de tournage. Les sujets traités dans cette piste de commentaires vont des détails techniques menant à la réalisation d'un film (montage, lieux de tournage, décors, éclairage, usage de l'ordinateur, etc.) au processus artistique (choix des acteurs, style personnel de réalisation, interaction entre les comédiens, etc.). Une piste à la fois enrichissante et divertissante.
En second lieu, la portion commentaries regroupe cinq pistes de commentaires audio des principaux acteurs (Michael Douglas, Sean Bean, Famke Janssen, Brittany Murphy et Oliver Platt), ceux-ci traitant chacun de deux scènes particulières du film. Ces cinq pistes, accessibles individuellement, demeurent cependant hétérogènes, certains acteurs préférant discuter de leur opinion sur le tournage en général, alors que d'autres s'attardent plus spécifiquement à leur performance. À titre comparatif, la piste du réalisateur demeure supérieure à celles des acteurs. Pourquoi ne pas avoir intégré en une seule piste les commentaires les plus pertinents de tous les acteurs?
La seconde section des suppléments, Cinema Master Class, se découpe en trois thêmes: la pré-production, la production et la post-production. La pré-production débute par un essai à l'écran (Screen Test) de l'actrice Brittany Murphy. Présenté par le réalisateur, ce segment d'environ 6 minutes 20 témoigne de la performance de l'actrice dans une scène donnée du film alors qu'elle donne la réplique à Michael Douglas positionné hors-champ. Storyboard to Scene Comparison suit, celle-ci offrant la version scénarimage de deux scènes (The Bank Heist et Potter's Field) en parralèle avec à la scène finale du film. Comme quoi, chaque plan doit être élaboré avec grande minutie et qu'aucun mouvement de caméra n'est laissé au hasard. Enfin, la sous-section pré-production offre une entrevue avec les producteurs Anne et Arnorld Kopelson (Producing Workshop with Kolepsons). Les deux producteurs discutent ici du métier de producteur, fonction souvent mal comprise du public. Sauriez-vous faire la différence entre producteur, producteur exécutif, producteur associé et producteur en ligne? Ce segment des plus enrichissants saura vous éclairer...
La section Production s'amorce avec les segments You Are There. Portant sur trois séquences du film (Hospital, Subway et Dock), ces courts documentaires présentent une vue en coulisse du plateau lors du tournage, alors que sont offerts en médaillon des extraits d'entrevues avec le réalisateur. Ces entrevues portent principalement sur l'atmosphère du film, la prévision du montage à venir et le contrôle des éléments externes, tels que la météo.
Second supplément de la section production, Screening Room Dailies offre neuf plans d'une même scène, tels que disponibles au monteur qui doit les recouper afin d'en faire une séquence efficace. Sans aucune narration, ce supplément permettra sûrement à l'amateur de mieux comprendre le long et délicat processus qu'est le montage.
Enfin, le troisième supplément portant sur la production consiste en une tournée des lieux de tournage avec le directeur artistique Nelson Coates. Ce segment se compose d'une visite du décor de l'appartement, du métro de Toronto (déguisé ici pour ressembler à celui de New-York) et le décor ayant servi au tournage du cimetière de Hart Island.
Finalement, le segment post-production du supplément Cinema Master Class, s'ouvre avec une entrevue avec le réalisateur (A Conversation with Director Gary Fleder) qui discute des diverses facettes du métier de cinéaste. Suit ensuite, le segment Thriller Themes, portant sur l'élaboration et l'enregistrement de la trame sonore du film signée Mark Isham. Et comme un thriller ne serait rien sans une trame enivrante, ce supplément rend un bel hommage au talent du compositeur. Enfin, la post-production offre un regard analytique sur la création d'une scène via l'animation par ordinateur (Inside a Scene: Trench Sequence).
Troisième section: les scènes retranchées au montage, au nombre de trois. Il s'agit des scènes Bridgeview Psychiatric Hospital Hallway (37), Conrad Bedroom-Angie E-mail Scene (91) et Warehouse Anteroom (244). Ces scènes apportent peu, et ne plairont probablement qu'aux plus fervents amateurs de Don't Say a Word.
Le quatrième section est un court documentaire publicitaire d'une durée d'environ huit minutes. À ranger dans la catégorie des suppléments inutiles et redondants...
Finalement, l'édition de Don't Say a Word offre une biographie / filmographie des acteurs et artisans du film (Vital Statistics), ainsi qu'une bande-annonce du film Wall Street. Bizarrement, aucune bande-annonce du présent film n'est offerte. Fox a donc préféré attirer votre intérêt vers d'autres titres apparentés, plutôt que de proposer la bande-annonce d'un film que vous avez déjà acheté...



Conclusion
Si les qualités cinmatographiques de Don't Say a Word déçoivent, les attraits techniques de la présente édition DVD ont tout pour étonner. D'une part, pour l'excellence de son rendu vidéo et audio, et d'autre part, pour la justesse des suppléments de la section Cinema Master Class, qui jette un regard neuf sur les étapes de production menant à la création d'un film. Sans contredit, un supplément à ne pas manquer, dans la même veine que le David O. Russell's Video Diary de Three Kings.



Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
3,8/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Alexandre Caron

Date de publication: 2002-02-12

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40F80, Récepteur certifié THX-Ultra, THX-EX, Dolby Digital 6.1, DTS-ES Discrete Denon AVR-4802, Lecteur DVD-Audio / DVD-Video Toshiba SD-4700, enceintes PSB et central Paradigm Reference, câbles Monster Cable (calibre 12).

Le film

Titre original:
Don't Say A Word

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
113 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS
Anglaise Dolby Digital 5.1
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Pistes de commentaires, Scènes retranchées au montage, Documentaires, Essais à l'écran, Galeries.

Date de parution:
2002-02-19

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