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DVDEF

Carnivàle (The Complete Second Season)

Critique
Synopsis/présentation
Après de nombreux mois d'attente, voici enfin en DVD la seconde (et hélas dernière) saison de Carnivàle. Malgré l'engouement suscité auprès des fans, les difficultés rencontrées par HBO pour vendre cette série à des diffuseurs étrangers, associé au coûts prohibitifs de production (on parle de 4 millions de dollars par épisode) ont poussé HBO à mettre fin prématurément à cette série à la fin de la deuxième saison. Le concept imaginé par Daniel Knauf se déroulait en trois parties, chaque partie se déroulant sur deux saisons. Son entêtement à ne pas revenir sur ce concept et à ne rien sacrifier au niveau des coûts de production (la série aurait été reconduite si les coûts avaient baissé) ont entraîné la mort de la série, malgré une mobilisation incroyable des fans.

Même si cette oeuvre reste inachevée, il nous reste cependant deux saisons absoluments magiques. Le reste de cette critique s'adresse aux spectateurs ayant déjà vu la première saison. Si ce n'est pas le cas, courez la louer ou mieux l'acheter, c'est un indispensable pour tout fan de séries qui se respecte.

Cette seconde saison reçoit le spectateur d'une façon quelque peu semblable à la précédente. Samson nous livre quelques informations importantes sur les Êtres d'Obscurité et de Lumière qui précèdent Justin (Clancy Brown, le chef gardien de The Shawshank Redemption) et Ben (Nick Stahl, le salaud jaune de Sin City). L'action reprend ensuite après le cliffhanger de la première saison, avec Jonesy (Tim DeKay) pris dans l'incendie du car d'Apollonia (Diane Salinger), à laquelle celle-ci a mis le feu afin de mettre fin aux jours de sa fille Sofie. Dans le même temps, un historien Templier découvre presque accidentellement quelque chose de nouveau sur Justin. On le savait deja Créature d'Obscurité, mais on apprend en plus qu'il est l'Huissier de la Destruction (the Usher of Destruction), un prophète bien particulier dont la venue est attendue avec crainte depuis des temps immémoriaux. Ce premier épisode est aussi l'occasion de rappeler, dans une séquence onirique très impressionnante, ce qui attend le monde si Justin ne parvient pas à maner à bien sa mission.

Des les premiers épisodes de cette nouvelle saison, on se rend compte que quelque chose de nouveau se developpe chez deux personnages féminins du Carnivàle. Ruthie (Adrienne Barbeau), qui a ete ressucitee par Ben en prenant la vie de Lodz (Patrich Bauchau), se met à avoir des visions inquiétantes. Sofie, traumatisee (on le serait à moins) par la tentative de sa mère, essaie manifestement d'échapper a son destin en refusant de lire les cartes.

Un nouveau personnage apparaît, l'inquiétant Varlyn Stroud, l'"archange" de Justin, un meurtrier repris de justice que Justin envoie à la recherche de Scudder. La première partie de la saison est donc une course entre Stroud et Ben, les deux cherchant a rejoindre Scudder en premier. Les buts de Management, dont l'identité nous est enfin revelée, restent toujours obscurs jusqu'a un moment clé de la série, où Ben va changer de statut dans la guerre opposant le bien et le mal, passant enfin de Prince Consort à Prophète.

Malgré la mort prematurée de la série, le fait que l'on assiste a la fin d'une des époques de celle-ci fait que de nombreuses questions laissées en suspens par la première saison, et d'autres posees pendant la seconde, trouvent une réponse. Parmi celles-ci, la plus importante est liée à la raison pour laquelle il n'y a pas deux mais trois lames du tarot divinatoire sur le dernier plan du magnifique generique d'ouverture. Ces lames sont la XX, le Jugement, en plus des XVIII, la Lune et de XVIIII, le Soleil. Ces trois cartes forment la dernière séquence du tarot de Marseille, qui mène à l'ultime XXI, Le Monde. Les trois personnages et les trois cartes qui les representent sont une belle expression d'un des aspects symboliques du chiffre 3 (le bien, le mal, et quelque chose qui doit transcender nos deux héros, bien que malheureusement cet arc ait été tué par l'annulation de la série).

Si l'intrigue avance vite au niveau du combat entre les créatures de lumière et d'obscurité, les intrigues secondaires avec les êtres humains normaux sont aussi très intéressantes. L'étonnante famille Dreyfuss (le spectacle de danseuses / bordel du Carnivàle) particulièrement, va connaître de nombreux rebondissements. L'histoire entre Iris et le journaliste Tommy Dolan va connaître une conclusion pour le moins étonnante. La vie sentimentale des personnages du Carnivàle va prendre des virages importants mais pas totalement imprévisibles, et les intrigues politiques se multiplient, aussi bien dans l'entourage de Ben que dans celui de Justin.

Si l'on ne peut que se lamenter que la série ait été interrompue prématurément, bien que cette annulation soit très explicable, ces deux saisons sont tout de même des bijoux qu'il serait bien dommage de ne pas avoir vu. On ne peut qu'espérer très fort que Daniel Knauf se décidera enfin à terminer son histoire sur un autre format (romans, ou mieux bande dessinée), ce serait le plus beau cadeau qu'il pourrait faire à ses fans.


Image
L'image est proposée au format respecté de 1.78:1, d'après un transfert 16:9. Comme beaucoup de séries récentes, Carnivàle a été tournée en 35mm et post-produite en vidéo numérique haute définition.

Comme pour la saison précédente, l'image offre une définition d'un très haut niveau, avec des détails et des textures superbement rendus, même si l'image semble plus douce dans certains épisodes. La palette de couleurs s'enrichit un petit peu lors de cette saison, et est ici impeccablement rendue, sans aucun débordement. Le magnifique travail d'étalonnage qui caractérise cette série haut de gamme est parfaitement respecté par cette édition. Les niveaux vidéo, brillance (niveau des noirs) et contraste (écart entre les noirs et les blancs) sont impeccablement réglés, et constants, ce qui est crucial car de nombreuses scènes se déroulent la nuit ou dans des environnements sombres, alors que d'autres se déroulent sous un soleil de plomb. Dans tous les cas, aucun écrêtement du signal, n'est à déplorer.

Le travail de post-production est encore plus spectaculaire que lors de la saison précédente. Les scènes oniriques sont à couper le souffle, tout comme les décors de New Canaan, la vallée ou Justin installe ses milliers de disciples.

En ce qui concerne la partie purement numérique du transfert proprement dit, la même recette gagnante que pour la saison précédente a été adoptée. Les douze épisodes sont regroupés deux par deux sur des DVD-9 (double couche), ce qui a permis d'utiliser des taux d'encodage (bitrate) très élevés, souvent au-delà des 8 Mb/s. Le résutat est que malgré la difficulté posée par ces images où les nuages de poussière sont omniprésents, les artefacts de compression sont presque absents. Les bandes de Mach (discontinuités dans les dégradés) que l'on aurait pu craindre dans les brouillards et nuages de poussière sont rares. Du grand art, servi par des décisions techniques éclairées.


Son
Les bandes-son proposées sur ette édition sont la version originale anglaise au formats Dolby Digital 5.1 et 2.0 Surround, et les version française et espagnole au format Dolby 2.0 Surround. Des sous-titres anglais, français et espagnols sont proposés. C'est la version originale 5.1 qui est le sujet de cette critique.

Cette bande-son offre une qualité comparable à celle de la saison précédente. La dynamique est assez surprenante, la spatialité très bonne, et le champ sonore très immersif. L'utilisation judicieuse et récurrente des canaux d'ambiophonie est pour beaucoup dans cette réussite. La séparation des canaux est elle aussi très satisfaisante.

L'intégration des éléments composant cette bande-son est très bien faite, le mixage faisant preuve de plus de subtilité que de souci d'impressionner par des effets faciles. Les dialogues sont toujours parfaitement intelligibles, et la découverte de l'argot des carnies et autres damnés de la terre de cette époque se poursuit. Les effets sonores sont parfois particulièrement impressionnants, la séquence à Trinity risque même de surprendre les voisins. Les effets d'ambiance participent grandement à l'immersion du spectateur dans cette époque particulière et cette histoire très étrange. La trame sonore fait preuve de profondeur et de fidélité, comme on est en droit de s'y attendre.

Les fréquences basses du spectre sont bien entedu de la partie, sans exagération aucune. Le canal d'infra-basses (LFE ou .1) est mis à contribution lorsque nécessaire pour appuyer les effets sonores les plus explosifs (et dans un cas il ne s'agit pas de n'importe quelle explosion...).


Suppléments/menus
Les suppléments proposés dans ce coffret sont trois commentaires audio ainsi que des documentaires sur le dernier disque.

Les trois commentaires audio sont proposés sur des épisodes clés de la saison, à savoir le sixième, The Road to Damascus, le neuvième, Lincoln Highway, UT et le douzième et dernier, New Canaan, CA. Chaque commentaire comprend quatre intervenants, à savoir Daniel Knauf et Howard Klein (respectivement créateur et producteur exécutif de la série), le réalisateur de chacun des épisodes (Tucker Gates, Rodrigo Garcia puis Scott Winant) et un des acteurs principaux de la série. Pour le sixième épisode, il s'agir de Clea DuVall (Sofie)qui réagit avec humour lors d'une séquence particulièrement chaude la mettant en vedette. Cet épisode est un des plus complexes de la série, chacun des personnages et l'histoire dans son ensemble prenant là un véritable tournant. Pour le neuvième épisode, l'acteur en vedette est Nick Stahl (Ben). On apprend entre autres quelle partie de l'histoire chacun des deux acteurs principaux considérait comme étant secondaire. Enfin, le commentaire du dernier épisode est lancé et animé par Clancy Brown (Brother Justin) qui vole littéralement la vedette aux autres, qui ont pourtant beaucoup de choses à dire lors de cet épisode.

Le premier segment proposé sur le dernier disque, Discussion with cast and creators - Courtesy of the Museum of Television and Radio (29:51), un panel mettant en scène les créateurs et acteurs de la série, serait passionnant s'il n'était pas ruiné par un artifice pitoyable de réalisation. Chaque plan est encadré dans une carte à jouer, les transitions se faisant par un panoramique rapide d'une carte à l'autre sur un fond de cartes en vrac. Absolument insupportable.

Le second, Magic and Myth (26:32) explore la mythologie propre à la série et les références religieuses, culturelles et symboliques qui la parsèment et en sont le fondement. Ce documentaire, basé principalement sur des interventions des créateurs de la série, est nettement plus intéressant et regardable que le précédent.

Le dernier choix offert par le menu des suppléments du dernier disques, Creating the scene donne accès à quatre mini-documentaires détaillant chacun la création d'une séquence en particulier. Ces segments, d'une durée comprise entre 3 et 5 mn, ont été originellement créés pour le site web de HBO. Les versions en ligne de ceux-ci, accompagnés d'une interactivité très bien pensée, ont valu quelques prix à leurs créateurs. Même sans la partie interactive, ces segments (3 concernant l'épisode 1 et le dernier l'épisode 6) valent largement le détour.



Conclusion
Ce second coffret de Carnivàle offre une qualité technique comparable à celle du précédent, c'est à dire excellente, un emballage tout aussi beau, et l'histoire elle-même offre autant de rebondissements en trois épisodes que lors de la première saison au complet. Autant dire que ceux qui ont apprécié la première saison peuvent acheter ce coffret en toute confiance. Cette série inachevée rejoindra sur les étagères des collectionneurs des noms aussi prestigieux que Firefly ou Dead Like Me, sans avoir à rougir de la comparaison avec celles-ci, loin de là.


Qualité vidéo:
4,5/5

Qualité audio:
4,5/5

Suppléments:
3,8/5

Rapport qualité/prix:
4,3/5

Note finale:
4,4/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2006-10-02

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Panasonic PT-L500U, écran 110'' 2.35:1 Stewart Grayhawk, Lecteur DVD LG DV7832NXC (sortie composantes 1080i), HTPC (Athlon64 3000+, Radeon 9600 pro, connectique DVI, M-Audio Revolution 7.1, WinDVD, Media Portal), Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8), câbles Acoustic Research

Le film

Titre original:
Carnivale

Année de sortie:
2005

Pays:

Genre:

Durée:
720 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
HBO

Produit:
DVD

Nombre de disque:
6 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 stéréo
Française Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Commentaires audio, documentaires

Date de parution:
2006-07-18

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