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DVDEF

Curse of Frankenstein, The

Critique
Synopsis/présentation
La Hammer fut, grace à The Curse of Frankenstein (1957) et Terence Fisher (cf critique de The Hound of the Baskervilles), le précurseur de tout le cinéma fantastique qui irrigue nos écrans à l'heure actuelle. Ce fut le premier film à introduire la couleur dans ce genre, ce qui renforça énormément son impact auprès du public. De plus, le choix de T. Fisher et J. Sangster de réadapter le grand classique de la littérature fantastique de Mary Shelley (Frankenstein, 1818) leur permit d'utiliser toutes les ressources offertes par la couleur pour rendre le gothique de cette époque.

James Whale avait adapté le roman en faisant du monstre le centre de l'histoire de telle sorte que dans l'esprit du public, Frankenstein n'était plus le baron mais sa créature (alors meme que dans le générique un point d'interrogation remplace le nom de Boris Karloff).

Le scénario de The Curse of Frankenstein, axé autour du Baron Frankenstein, évite ainsi à la Hammer de devoir rivaliser avec la prestation de Boris Karloff et le fabuleux maquillage de Jack Pierce. Le film y est même grand gagnant, se démarquant ainsi de son prestigieux ainé et offrant par là meme, le rôle de sa carrière au génial acteur qu'est Peter Cushing. Il est littéralement habité par le personnage et il fallait vraiment un acteur de sa trempe (aussi charismatique et magnétique) pour arriver à détourner le public du monstre (censé etre la vraie attraction de ce type de film). Christopher Lee y compose une créature radicalement différente de la précédente et y parvient, en utilisant son corps dégingandé de façon à la fois impressionnante et attendrissante (la scène où il s'éveille et celle où le baron le dresse comme un animal domestique). Il nous donne réellement l'impression de voir une créature rapiécée par sa démarche et ses gestes. Ce qui nous horrifie et nous révulse n'est donc plus seulement le monstre ou ses actes, mais bel et bien le cheminement moral et ethique de Victor Frankenstein. Celui-ci est freiné dans ses ambitions tant que son mentor et ami Paul (brillamment interpreté par Robert Urquhart) collabore à ses travaux dans le but d'améliorer les techniques opératoires pour le bien de l'humanité. Ce dernier, effrayé par l'ambition de son jeune protégé (et sa détermination sans failles) commence par le quitter puis par considération pour la fiancée de celui-ci, Elizabeth (Hazel Court, un peu insignifiante comme à son habitude), revient au chateau des Frankenstein pour tenter de stopper les expérimentations de Victor. A son retour, il constate que ce dernier est totalement obsédé par ses travaux et n'a pas hésité à commettre les plus basses exactions pour arriver à ses fins (meurtres répétés).

Les questions morales abordées dans ce film sont radicalement différentes de celles du premier (époque oblige), ainsi les allusions à la religion et le coté blasphématoire de Victor ont disparu. L'horreur dégagée par les agissements du Baron et par sa créature (le maquillage de C. Lee bien que rudimentaire, est fort efficace du fait de la couleur et des gros plans) a du etre aussi puissante pour les spectateurs que celle distillée par B. Karloff.

La mise en scène aérée de Fisher lui permet (malgré des décors limités en nombre et en taille) de donner une sensation d'espace qui, conjuguée avec la fluidité et la mobilité de sa caméra, offrent au public de nouvelles sensations. Les décors gothiques et les couleurs flamboyantes permettent, associées à un laboratoire et des accessoires moins stylisés que par le passé, de donner une sensation de réalisme servant admirablement le coté angoissant de l'histoire. La musique très descriptive de James Bernard participe également pour beaucoup à l'ambiance du film. Certes, il reste plus classique (et relativement proche du roman) dans sa mise en scène et ses thèmes que les futures et folles suites que lui donnera la Hammer (cf critique de The Revenge of Frankenstein ou Frankenstein must be Destroyed), mais son coté matrice et précurseur en font une oeuvre passionnante, indémodable, qui se bonifie après chaque visionnage.

Un film indispensable qu'il est conseillé de voir ou revoir sans a priori sur son sujet ou son style, en gardant l'esprit assez ouvert pour se laisser entrainer dans les tréfonds de l'ame noire du Baron Victor Frankenstein.



Image
La transfert anamorphosé proposée par la Warner est en 1.78:1 et semble souffir du meme problème que celle de Horror of Dracula (cf critique), à savoir que le haut et le bas de l'image semblent rognés (il ne s'agit vraisemblablement pas de son format original).

L'age du film transparait malheureusement, aucune restauration n'a été faite. La définition générale est très fluctuante et malgré un interpositif propre, s'avère plutot légèrement floue dans son ensemble. Les gros plans sont eux d'excellente qualité et ce n'est que lorsque le champ est plus large que la netteté s'avère déficiente. Le niveau de détail est par contre très bon, mettant bien en valeur le travail des décorateurs. Les couleurs sont elles de bonne tenue meme si elles ont un aspect un peu passé de temps à autre (rien de grave cependant). Les contrastes et la luminosité sont trop poussés et occasionnent l'image délavée mentionnée précédemment. A noter qu'un réglage sur votre moniteur permet de nettement diminuer le problème, et meme de le rendre largement acceptable. Les parties sombres (une fois les corrections effectuées) sont bien rendues et offrent un niveau de details fort correct.

Aucun défaut n'est à déplorer du coté numérique du transfert. Cela permet ainsi à ce transfert, malgré ses faiblesses, d'etre très regardable et certainement bien meilleure que les précédentes disponibles.

Il est à nouveau regrettable que cette oeuvre n'ait pas subi un traitement digne de son importance.


Son
Les bandes-son sont disponibles en Anglais (DD 1.0 mono) et Français (DD 1.0 mono).

La bande-son anglaise propose une dynamique acceptable et une présence fort correcte (pour un petit budget de 1957). Les bruitages sont très bien intégrés (et très importants pour l'ambiance du film) et la musique omniprésente ne couvre jamais le reste de la bande-son. Les dialogues sont quant à eux bien rendus sans sifflantes ou saturation (à condition de rester à un volume sonore raisonnable).

Le doublage français est beaucoup plus sourd et moins précis. De plus, le doublage comme souvent dénature totalement le superbe travail de Peter Cushing et fait perdre à son personnage une grande partie de son énergie.

Des sous-titres sont disponibles en Anglais, Français, Espagnol et Portugais.


Suppléments/menus
Une section à nouveau bien vide pour un film aussi important pour le cinéma fantastique. A l'instar de l'édition de Horror of Dracula, les suppléments sont réduits à leur plus simple expression.

La bande annonce est cependant de bonne qualité technique et d'un intéret artistique certain (ne révélant pas toute l'intrigue a contrario de celles des productions récentes). Le petit texte descriptif (fixe) sur la série des Frankenstein de la Hammer intitulé : Hammer Creates a Monster n'est qu'un récapitulatif de tous les films de la série des Frankenstein. Son intéret est donc limité, ces informations étant disponibles dans n'importe quel article traitant de la célèbre firme anglaise.

Il est certain que le film qui a ouvert la voie au cinéma fantastique que nous connaissons, aurait mérité un traitement supérieur en termes de suppléments. Christopher Lee est toujours vivant et nous avait délecté avec son introduction de The Hound of the Baskervilles (cf critique). Pourquoi la Warner n'a-t-elle pas fait le meme effort que la MGM pour cette oeuvre fondatrice de tout un genre ?



Conclusion
Une édition correcte au niveau technique qui rend bien justice au travail de T. Fisher et son équipe (un bémol tout de meme pour l'image). Les suppléments ne sont malheureusement pas à la hauteur de la valeur du film. Les plus grandes recommandations sont décernées à cette oeuvre surprenante et toujours aussi efficace après toutes ces années.


Qualité vidéo:
2,8/5

Qualité audio:
2,8/5

Suppléments:
1,0/5

Rapport qualité/prix:
3,4/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2002-10-28

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Curse of Frankenstein, The

Année de sortie:
1957

Pays:

Genre:

Durée:
83 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol
Portugais

Suppéments:
Bande-annonce

Date de parution:
2002-10-01

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