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DVDEF

Some Like it Hot (Collector's Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Nous ne reviendrons pas sur la carrière de l'immense Billy Wilder (cf critique Sunset Boulevard) mais vous signalerons quans même que Some Like It Hot (1959) en constitue l'un de ses sommets à la fois au niveau artistique et financier. Il en est à nouveau le scénariste en compagnie de son inséparable et génial acolyte, I.A.L Diamond, en compagnie duquel il rédigea ses meilleurs scripts (The Apartment, 1960; One Two Three, 1961; Kiss Me Stupid, 1964; The Fortune Cookie, 1966; The Private Life of Sherlock Holmes, 1966; Avanti!, 1972; Fedora, 1978).

On y suit à Chicago en 1929, l'histoire rocambolesque de deux musiciens, Joe (Tony Curtis) et Jerry (Jack Lemmon), qui vont par hasard assister à un règlement de compte au sein de la pègre. Pour leur échapper, il se verrons contraint de se déguiser en femmes pour pouvoir intégrer un orchestre féminin qui part a Miami en tournée. Dans cette orchestre de Jazz il y à la sensuelle et ingénue Sugar (Marylin Monroe) qui tournera la tête des deux hommes jusqu'a ce que l'histoire de Jerry prenne un tournant pour le moins inhabituel.

Billy Wilder à bien pris soin de rassembler tous les éléments nécéssaires afin de réaliser l'une des comédies les plus proches de la perfection qui soient, un véritable modèle du genre.
Les situations comiques, les quiproquos, la profusion de gags hilarants et les déguisements incroyables des héros font que le film est si foisonnant que chaque nouvelle vision permet de trouver de nouvelles raisons de l'apprécier.

Il fonctionne ainsi sur plusieurs niveaux comiques, le burlesque (les costumes, les mimiques et les attitudes de T.Curtis Et Jack Lemmon), les répliques chocs (les dialogues au couteau et les répliques cinglantes), les situations loufoques (Curtis en Millionaire à lunettes, Lemmon dansant le cha-cha), le réferentiel (St Valentine's Day massacre, George Raft), la dérision (Marilyn caricature de vamp, Curtis caricature du séducteur).

Wilder à également l'occasion de développer quasiment toutes les variations possibles sur le thème de l'ambiguité sexeuelle et des rapports homme-femme avec une finesse et une acuité sans pareille. Il faudra attendre deux autres grands films sur ce sujet eminament perilleux pour retrouver une telle qualité dans son traitement et curieusement lors de la même année 1982: Victor, Victoria de Blake Edwards et Tootsie de Sidney Pollack. Cependant le rapport à l'ambivalence sexuelle était largement plus facile à traiter en 1982 qu'en 1959 du fait de la libération des moeurs qui eut lieu entre temps. Ainsi l'homosexualité latente (ou la bisexualité vu leur attirance commune pour Marilyn Monroe) des deux héros qui partagent tout, vivent ensemble et prennent leur décision conjointement est plus qu'évidente mais Wilder arrive trés bien réussi à la suggérer sans la mettre en avant afin éviter les éventuels problèmes avec la censure.

L'humour fait passer toutes les pilules et ainsi on ne perçoit jamais le côté grivois ou sulfureux (pour l'époque) de l'hilarante relation qui se noue entre Jerry/Daphné et le milliardiare éperduement amoureux d'elle/lui, Osgood Fielding 3 (Joe.E Brown) et qui donne lieu à une réplique finale absolument tordante et parmis les plus célèbres de l'histoire du cinéma. Pourtant, il est évident dés le début de leur relation que Jerry prend gout à être courtisé par cet homme et Lemmon nous offre sa meilleure scène lorsqu'il rentre du bal et ou encore enivré de sa soirée à danser avec Osgood, il explique à Joe combien il est heureux tout en jouant frénétiquement des maracas. Ce dernier doit même lui remettre les idées en places en lui rappelant qu'il est un homme.

Malgré le côté dramatique du règlement de compte initial, Wilder et Diamond ne laisseront jamais le tragique prendre le pas sur la comédie alors que dans leurs futures collaboration, le mélange sera plus évident et deviendra même le moteur de certains film (The Fortune Cookie).

La mise en scène de Wilder s'avère diabolique de précision et d'agencement, cela lui permettant de maintenir le public en haleine tout au long du film concernant le sort des héros tout en restant d'une légèreté incroyable. Ainsi il s'amuse avec nous en faisant expliquer par Sugar à Joe combien elle est incapable de résister aux charmes que les saxophonistes exercent sur elles alors que lui même en est un. Ainsi le spectateur se posera en permanence la question concernant leur relation et ce malgré le fait qu'elle ait fini par dénigrer les saxophonistes males en dépit de son attirance.

Wilder sut également imposer le noir et blanc comme l'une de ses volontés concernant cette oeuvre alors même que par contrat Marilyn ne devait que tourner des films en couleurs. La photographie du film est à ce titre absolument magnifique jouant régulièrement mais subtilement sur les clairs-obscurs, mettant vraiment en valeur les corps et les contorsions des acteurs.
Ainsi la scène ou Marilyn arrive en gare ou celle ou elle chante sa plus célèbre chanson (I Wanna be loved by you) sont d'une sensualité rare alors que finalement assez peu est montré. Cela est du autant a l'immense charme naturel de l'actrice mais également au regard que porte Wilder sur elle et comment il su magnifier sa séduction par sa mise en scène. Il joue également magnifiquement sur les gestuelles désopilantes de nos deux travestis arrivant à la gare et portant pour la première fois des talons.

Tony Curtis et Jack Lemmon sont tous deux a leur meilleur et exprime deux facettes différentes de l'homme se travestissant. Curtis sera crédible en femme mais restera toujours à l'écart du groupe de filles revenant dés qu'il le pourra vers les aspects les plus ridicules de la masculinité pour une sorte de pastiche des rôles de Cary Grant a travers son personnage de Junior. Il sera ainsi le représentant du male qui le reste malgré son déguisement alors que Lemmon lui deviendra totalement une femme et sera rapidement accepté en tant que tel par le groupe (l'hilarante soirée improvisée dans sa couchette). Il était pourtant dés le départ le plus réfractaire des deux à l'idée de se déguiser mais dés qu'il prendra gout à son rôle il ne reviendra quasiment plus jamais vers son côté masculin. Il est ainsi beaucoup plus crédible que Osgood tombe raide dingue d'elle la première fois qu'il la voit. De même lorsque Marilyn lui propose il acceptera sans refléchir alors que Curtis refusera. Daphné ira même jusqu'a discuter de sa poitrine et d'autres sujets totalement féminins avec Marilyn preuve que ce travestissement révèle sa nature profonde.

Ainsi malgré toutes ces scènes transgressives du bon gout de l'époque Wilder à réussi à éviter les problèmes avec la censure en emballant le tout dans un humour ravageur qui détourna les censeurs de cet aspect mais intelligemment insista aussi beaucoup sur la relation hétérosexuelle qui se noue entre Joe et Sugar et sur l'aspect obligatoire et non volontaire du travestissement des deux héros.

Un film qui pour une fois mérite totalement sa mirifique réputation de par sa modernité, sa complexité et sa finesse d'analyse. Il supporte aisément les revisionnages et surtout à traversé le temps sans perdre une once de son efficacité comique et critique. A voir impérativement comme l'une des plus grandes comédies jamais réalisée et comme l'un des meilleurs films qui soit toutes catégories confondues.


Image
L'image est proposée au format respecté de 1.66:1 d'aprés un transfert 16/9.

La définition générale est d'excellente qualité malgré quelques passages moins précis. L'interpositif est vraiment mais les marques du temps sont toujours visibles sous formes de points et traits néanmoins jamais gênants. Du grain est également visible de temps à autre et cela offre un rendu cinéma des plus appréciables.
Le contraste est bien géré et évite toutes les brillances.
Les scènes sombres sont trés agréablement rendues grace à des noirs assez profonds qui peuvent parfois manquer de pureté.
Le rendu de l'échelle des gris est de bon niveau même si nous avons pu voir beaucoup mieux dans ce domaine (notamment sur Sunset Boulevard du même Billy Wilder).
Fort heureusement les défauts numériques qui entachaient la précédente édition ont disparus et plus aucune trace de nuisances visuelles artficielles ne sont maintenant à déplorer.

Un transfert de trés belle qualité (même si il n'atteint pas le niveau des meilleurs) qui marque une nette amélioration par rapport à la précédente édition et propose enfin une édition de qualité visuelle digne de ce chef d'oeuvre.


Son
Les trois bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby 1.0 mono) et Français (Dolby 1.0 mono).
La dynamique de la bande-son multicanal est certes limitée mais supérieure à celle des options monophoniques. Sa présence et sa spatialité elles aussi sont supérieures mais tout de même limitées du fait du matériau d'origine.
La musique est agréablement et les limitations dans le haut comme le bas du spectre sont bien plus limitées pour la piste multicanal. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et les traces de parasites ou distortions ne se font entendre que si l'on pousse le volume sonore au dela du raisonnable pour la version multicanal. Les versions monophoniques elles sont beaucoup moins convaincantes dans ce domaine et si les voix restent audibles, le volume des parasites et distortions est souvent trés élevé pouvant perturber le plaisir du visionnage.
Logiquement le canal des basses fréquences est absent mais cela est logique vu que le mixage d'origine n'en contenait pas.
Le remixage à été intelligemment fait en respectant le matériau d'origine est s'avère donc trés majoritairement provenant de l'enceinte et offre quelques effets discrets.

Les deux bandes-son monophoniques sont vraiment en dessous en termes qualitatifs, surtout la françaises dont le souffle plus important et le doublage atroce la rendent pénible à l'écoute.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais et Français.

Une bande-son multicanal de qualité fort correcte mais qui est exactement la même que sur la précédente édition. Les bandes-son monophoniques sont plus anecdotiques et tout en regrettant l'absence d'un nouveau remixage complet nous ne pouvons que saluer l'adéquation image/son pour une présentation de qualité de ce grand classique.



Suppléments/menus
Une édition trés fournie pour une ensemble de qualité appréciable même si perfectible.
Le commentaire auduio présent sur le premier disque composé d'extraits d'interviews anciennes est un peu décevant ou la présence de nombreux intervenants rend l'ensemble parfois confus mais ce sont surtout les extraits d'interview de Lemmon et Curtis (les même que dans les autres documentaires) qui rendent l'ensemble moins intéressant que prévu. Il s'agit toutefois d'un commentaire qui mérite que l'on y prête l'oreille.
Sur le second disque sont proposés 4 documentaires, un video et photo montage ainsi qu'une galerie de matériel promotionnel.
Le premier segment intitulé The Making of "Some Like It Hot" (25m45s) revient de façon interessante sur la genèse du film, même si l'ensemble manque de profondeur. Cependant les interviews de Lemmon et Curtis présentes dans le commentaire ont ici toute leur place. On pourra regretter le manque de vue analytique de la mise en scène, des personnages ou du scénario.
Le second intitulé The Legacy of "Some Like It Hot" (20m21s) dans lequel de nombreux intervenants viennent vanter les mérites du film et démontrer à quel point il à eu une influence importante. A nouveau la confusion règne un peu et ce segment est léger en lui même. Il faut donc plus le voir comme une seconde partie au making of.
Le troisiéme intitulé "Nostalgic Look Back"(31m13s)est le plus intéressant du lot. Il s'agit d'une longue interview de Tony Curtis par Leonard Maltin dans laquelle les deux hommes proposent une ensemble d'anecdotes et de réflexions passionnantes qui permettent vraiment de jeter un autre regard sur le film.
Le quatriéme intitulé Memories from The Sweet Sue: The All Girl Band Featurette (12 mins.) s'avère beaucoup moins intéressant car les quatres actrices se contentent d'être auto-satisfaites et surtout dithyrambiques vis à vis de Marylin et des autres acteurs sans plus de réelles explications.

Vient ensuite une grande galerie de photos sur fond musical (21 mins.) et séparée par thèmes (chaque acteur puis Billy Wilder). Elle s'avère trop longue er surtout les photos présentées font souvent doublon avec celles présentes dans les deux interviews.

Puis est proposé une gallerie de matériels promotionnels de 24 documents qui offre un intérêt limité.

A noter enfin la présence d'un livret de 8 pages contenant des notes de productions plutôt anecdotiques et surtout de trés jolies cartes ou sont reproduites deux affiches et trois portraits stylisés des acteurs principaux.

Voici donc un ensemble qui marque incontestablement un progrés par rapport à l'ancienne édition mais qui reste néanmoins en dessous de ce que l'on serait en droit d'attendre au niveau analytique pour une collector's édition d'une oeuvre aussi importante que celle-ci.



Conclusion
Voici donc l'édition que nous attendions de ce grand classique même si l'ensemble reste à notre avis perfectible au regard de l'évolution constante des techniques de remasterisation.
Les parties audio et vidéo sont donc de bons niveaux et les suppléments presque totalement à la hauteur.
Au vu des améliorations indéniables dans plus domaines vis à vis de l'ancienne édition nous ne pouvons que vivement recommander l'achat de cette édition à tous les amateurs du film comme à ceux qui auront la chance de le découvrir dans d'aussi bonnes conditions.

Une oeuvre magique et mythique qui n'a pas pris une ride et qui pour une fois mérite amplement son énorme réputation. Billy Wilder y laisse littéralement éclater son génie comique à travers sa maitrise de la mise en scène, de l'écriture du scénario et des dialogues et de la direction d'acteurs. Tony Curtis, Jack Lemmon et Marylin Monroe y sont vraiment au sommet de leur forme et de leur carrière.

Le film est un festivals de gags visuels reposant sur le travestissement des deux héros mais possède également des dialogues parmis les plus lumineux et inoubliables qui soient et tout un festival de références hilarantes (George Raft). Son rythme est l'un de ses atouts majeurs, ne laissant jamais au spectateur le temps d'en sortir et suivant le tempo du jazz endiablé qui le cadence.



Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,6/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2006-08-21

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Some Like it Hot

Année de sortie:
1959

Pays:

Genre:

Durée:
122 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.66:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Piste de commentaires audio, segments, documentaire, galerie d'images

Date de parution:
2006-07-18

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