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DVDEF

V for Vendetta (WS)

Critique
Synopsis/présentation
Depuis plusieurs années, le monde de la bande dessinée a connu un véritable coup d’envoi lorsque les Spiderman et X-Men ont été adaptés pour le grand écran et ont, par la suite, engendrés des recettes faramineuses (402 millions $ US et 157 millions $US respectivement). Ainsi, les studios ont cru bons que toutes les bandes dessinées devaient faire le saut au cinéma. Nous avons alors eu droit, entre autres, aux League of Extraordinary Gentlemen, Fantastic Four, Batman Begins, aux suites des deux films mentionnés plus haut, et plus récemment à Superman Returns. Bien que ces adaptations ne soient pas une idée qui date d’hier, il semble qu’il s’agisse d’un excellent moyen pour les maisons de productions de faire de l’argent. Mais voilà, ces studios ont oublié l’essentiel : faire de « bonnes » adaptations. Si on peut classer les X-Men, Batman et Spiderman dans cette catégorie, il en va tout autrement des Extraordinary Gentlemen et des Fantastic Four, déceptions amères en salles. C’est pourquoi lorsque l’on a parlé à Alan Moore, créateur du roman graphique V For Vendetta, qu’une transposition à l’écran de son œuvre était envisageable, il n’a pas manifesté de réel intérêt à un point tel que son nom n’apparaît pas au générique. Les producteurs et scénaristes Andy et Larry Wachowski (la trilogie The Matrix) ont néanmoins adapté l’histoire de cette bande dessinée, malgré le reniement du créateur originel, ce qui pouvait laisser prévoir le pire.

La nuit du 5 novembre, alors qu’elle rôde dans les rues de Londres après la mise en place du couvre-feu, Ivey (Natalie Portman) est intimidée par des agents de l’ordre. Un inconnu masqué, surnommé V (Hugo Weaving), la sauvera des griffes de ses ravisseurs. La jeune femme sera alors entraînée par le justicier et sera témoin de l’explosion d’un édifice gouvernemental, provoquée par V. Voulant à tout prix cacher à la population l’origine de cet acte terroriste, le gouvernement tentera de trouver une excuse pour diffuser sur les réseaux de télévisions. Mais le valeureux V, prendra le contrôle des ondes pendant quelques minutes, le temps de divulguer aux gens ses motivations et de leur faire un appel : dans un an, jour pour jour, tous devront se joindre à lui, dans les rues de Londres afin de renverser le gouvernement actuel. Ce dernier fera alors tout pour tenter de capturer le terroriste alors que ce dernier se verra, en raison de diverses circonstances, de se terrer dans son abri aux côtés de Ivey, cette dernière commençant à douter des profondes motivations de son sauveur.

Bien sûr, plusieurs se verront impossible de passer à côté de l’inévitable jeu de la comparaison. Certes, quelques différences entre l’œuvre originale et le film sont notables ainsi que certaines explications concernant des éléments demeurés plutôt mystérieux dans la version filmique, notamment l’origine des roses que V laisse à ses victimes qui était expliquée dans la bande dessinée. Mais sinon, l’œuvre de McTeigue est fidèle au matériel source et se suffie à elle seule. Nul besoin de connaître l’univers de la bd de Moore pour pouvoir apprécier pleinement le divertissement ici offert. Car, il s’agit en effet de spectacle. Bien qu’on aborde de sérieuses et fragiles questions politiques et sociales et critique un système totalitaire s’apparentant dangereusement au régime fasciste (impossible de ne pas penser à Hilter en regardant l’acteur John Hurt dans le rôle du chancelier), V For Vendetta n’a pas l’étoffe d’un Manchurian Candidate ou encore d’un Brazil. Cependant, tout l’aspect sociopolitique qu’il aborde en fait de lui un divertissement au-dessus de la moyenne justement par les réflexions qu’il réussie à imposer au spectateur. Un monde où les homosexuels sont arrêtés et tués dans des camps de concentration, où l’information télévisée est contrôlée par le gouvernement et où toute résistance est violemment stoppée par des agents du gouvernement.

Le réalisateur John McTeigue, qui en est à sa première réalisation ici (il a travaillé comme assistant-réalisateur pour les frères Wachowski), propose une réalisation très stylisée où chaque image se veut hyper léchée et où certains plans ne manquent pas de rappeler la signature des frères Wachowski (voir le combat final). Pour une première production, toute aussi ambitieuse, il faut dire que le pari était risqué et que le cinéaste s’applique admirablement bien de sa tâche. Les deux frères réussissent aussi a bien transposé la psychologie des deux personnages principaux. V est un personnage complexe, charismatique et au passé très lourd, aux autipodes du superhéros typique que l'on connaît grâce à la plupart des bandes dessinées de superhéros. Tout comme Ivey qui, beaucoup plus fragile, se verra grandir et à apprivoiser ses démons et ses faiblesses au contact du terroriste. Ainsi, on ne peut qu’applaudir devant le choix judicieux des comédiens. Hugo Weaving, uniquement grâce à sa voix, apporte tout le charisme et l’ambiguïté voulus à un personnage aux motivations revendicatives. Natalie Portman est tout aussi excellente dans le rôle d’Ivey, un personnage qui gagne beaucoup en profondeur et en complexité dans la deuxième partie du film.

V For Vendetta est donc un excellent divertissement. En plus d’être assez fidèle à l’univers de la bande dessinée, le film propose plusieurs réflexions très intéressantes sur des aspects sociopolitiques qui font écho à notre monde actuel, en plus de présenter la rencontre de deux personnages complexes et attachants.



Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2:40:1 d’après un transfert 16:9. À noter qu’une édition au format recadré de 1:33:1 est également disponible.

La définition générale de l’image est absolument excellente. Puisque nous avons ici une production récente, l’interpositif employé était dans un état impeccable proposant une image d’une netteté exemplaire et un niveau de détails et de textures plutôt riche permettant d’apprécier pleinement tout le travail effectué pour la mise en scène. On ne notera qu’un léger grain cinématographique présent à quelques endroits, ce qui ne déplaît pas nécessairement à l’œil du cinéphile averti. Sinon, le rendu des couleurs est superbe. Certaines parties du film se déroulant dans des endroits sombres (comme l’interrogatoire d’Ivey, par exemple) et d’autres en lieux plus lumineux (la scène dans le studio de télévision), nous avons la possibilité d’admirer un étalonnage de couleurs riches et superbes. Inutile de mentionner que ces dernières demeurent constantes et ne souffrent d’aucun problème de débordement ou de saturation. Les tons de peaux sont, eux aussi, judicieusement reproduits et demeurent naturels. Aucun problème de surbrillance non plus, le contraste étant correctement réglé. Puisque la bonne majorité du film se déroule surtout dans des endroits sombres, on se doit de saluer également l’excellente qualité des dégradés offrant souvent un niveau de détails plus que satisfaisant dans ces parties sombres. Ainsi, nous pouvons admirer des noirs purs et profonds.

On ne notera aucun problème en ce qui concerne la partie numérique pour un transfert plus qu’admirable.



Son
Cette édition offre deux bandes sons, anglaise et française, au format Dolby Digital 5.1. La bande son anglaise a été celle employée pour cette critique.

Davantage film d’ambiance que véritable film d’action, cette production a néanmoins droit à un mixage qui livre la marchandise, mais qui déçoit légèrement. Aucun problème avec le dynamisme, souvent très excitant, ni la présence, très convaincante. C’est plutôt en ce qui concerne le déploiement de l’environnement sonore qu’il y a une légère déception. On ne profite pas ici pleinement de tout le potentiel du 5.1. Les canaux avant sont constamment employés et tout le mixage semble passer par là. Même lors des scènes d’action, les enceintes arrière demeurent plutôt discrètes ou alors ne servent qu’à des fins d’ambiance dans les moments plus calmes. Quelques effets localisés sont perceptibles ici et là, mais les effets de canaux à canaux se font plutôt rares, alors que le film se portait à davantage de prouesses sonores. Nous n’avons qu’à penser ici à la scène de combat finale. Mais consolons-nous, le reste est impeccable. La trame sonore s’intègre subtilement au mixage et les dialogues demeurent parfaitement et constamment intelligibles. Les basses sont judicieusement et très souvent employées et les extrêmes graves grondent à plusieurs reprises et avec efficacité. Malgré cette légère déception quand au potentiel que possédait ce mixage, n’oublions pas qu’elle reste de très bonne qualité et qu’elle n’empêche pas le moindrement d’éprouver du plaisir lors du visionnement du film.

Des sous-titres anglais, français et espagnols sont disponibles.



Suppléments/menus
Warner s'est ici amusés à mettre sur le marché trois éditions : « panoramique », « plein écran » et une troisième de deux disques. À voir le nombre et le titre des suppléments présents sur l’édition spéciale, on peut s’interroger sur la pertinence de réunir les suppléments sur un deuxième disque et les présentés sur une édition spéciale qui vaut une dizaine de dollars de plus que l’édition simple. Évalués ici est l’édition simple dite panoramique.

Un seul supplément est présent ici (évidemment pour inciter à faire l’achat de l’édition deux disques). « Freedom! Forever!: Making V For Vendetta (15:53) » est un documentaire de type très promotionnel qui ne sert qu’à vendre les mérites des créateurs du film et de la bande dessinée sans véritablement offrir d’éléments pertinents au tournage du film. Il aurait été préférable dans ce cas, de la part du studio, de n’offrir aucun supplément.




Conclusion
En tant qu’adaptation de bande dessinée, V For Vendetta risque d’être amplement apprécié par les fans, étant relativement fidèle au matériel original. En tant que film, les cinéphiles risquent d’y trouver leur compte également. Il s’agit d’un thriller sociopolitique fort efficace avec son lot de réflexions et de questionnements pour le spectateur, qui réussit, en plus, à le divertir du début à la fin.

Si l’édition est techniquement sans faille ou presque, on ne reprocher à Warner cette mise en marché d’une édition spéciale dans le seul but de faire débourser au consommateur davantage de sous pour qu’il puisse avoir droit à des suppléments de qualité et de quantité discutable pour justifier la présence d’un deuxième disque à cette édition. Sinon, si, comme nous, vous avez appréciez la qualité de ce film, à vous de juger quelle édition correspond le plus à vos besoin, celle critiquée ici étant, d’un niveau technique, très satisfaisante.


Qualité vidéo:
4,4/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
1,5/5

Rapport qualité/prix:
3,2/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2006-08-28

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Toshiba 27A43C, Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
V for Vendetta

Année de sortie:
2006

Pays:

Genre:

Durée:
132 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Documentaire

Date de parution:
2006-08-01

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