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DVDEF

Windtalkers (Director's Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Windtalkers est une autre preuve qui démontre que la MGM aurait sérieusement intérêt à revoir ses stratégies de production, mais surtout de mise en marché de films en sol nord-américain. On le sait, la compagnie ne roule pas sur l'or depuis plusieurs années. En fait, la MGM doit une bonne partie de sa survie à deux éléments : la franchise des James Bond et le marché de la vente en DVD. Ainsi donc, il serait à l'avantage du studio de choisir ses long-métrages avec un peu plus de prudence compte tenu qu'ils accumulent les échecs depuis quelques années. Mais surtout, à force de repousser incessamment les dates de sortie de leurs films, la MGM ruine à tous les coups la mise en marché de leurs produits. Par exemple, avant que leur date de parution ne soit retardée, la reprise de Rollerball ou Original Sin avaient bénéficié de campagne publicitaire tout à fait honorable. Mais en repoussant les sorties de plusieurs mois et en négligeant par la suite la publicité de chaque film (tout indique que la MGM, qui avait déjà investie des millions de dollars en publicité quelques mois auparavant, refusait de gaspiller d'autres millions pour recommencer la campagne publicitaire à zéro), le studio faillait à susciter l'intérêt des spectateurs envers leur produit. Avec ces délais de plusieurs mois, les spectateurs avaient carrément oublié le film ou ils n'étaient tout simplement plus intéressé par celui-ci.

Malheureusement, le cas de Windtalkers est assez similaire. Retardé d'une sortie prévue en novembre 2001 pour une parution en période estivale, les distributeurs du film ont justifié ce délais de plusieurs mois en affirmant que les spectateurs nord-américains ne seraient pas prêt à voir un film de guerre après les évènements du 11 septembre. Sottise, beaucoup de films de guerre ont été distribués après cette date et chacun ont généré des revenus supérieur à Windtalkers. Il semblerait que la véritable raison justifiant ce délais fut que la MGM, trop gourmande, a misé sur la période estivale des blockbusters pour amasser le plus de profits possible au guichet. Le problème, c'est qu'ils ont à nouveau négligé la publicité préliminaire au lancement du film, tout en choisissant une date de sortie déjà assez achalandée (en même temps que Bourne Identity et Scooby-Doo). Le résultat : Windtalkers représente l'un des échecs les plus coûteux de l'année 2002, avec son budget de 100 millions US et ses recettes d'à peine 40 millions US…

Évidemment, le fait que, dans l'ensemble, Windtalkers soit un film boîteux a sûrement contribué à sa piètre performance au guichet. Pourtant, la liste des artisans ayant contribué à la production du film laissait présager beaucoup mieux. Le seul nom de John Woo à titre de réalisateur suffisait à assurer au film une certaine crédibilité. Or, si le film est un échec, ce n'est pas tant de la faute de Woo, qui assure à nouveau une mise en scène complexe, dynamique et assurée, mais bel et bien d'un scénario risible prétexte à aligner les scènes de combats. Quel dommage, considérant que les scénaristes avaient entre les mains un sujet en or. L'histoire raconte l'implication dans la seconde guerre mondiale de soldats navajos, qui utilisaient leur langage pour faire la transmission codée d'informations stratégiques américaines lors du conflit opposant les Américains aux Japonais. Or, cette facette tout à fait fascinante de la guerre était pratiquement inconnue de tous et méritait un traitement plus rigoureux et complexe. Dans le film, le rôle des Navajos est réduit à celui de simples chiens de poches. Les tensions raciales qui existaient entre ceux-ci et les soldats blancs ne sont que très grossièrement abordées, tandis que leurs accomplissements restent quelque peu vagues et flous. Les scénaristes se sont contentés de dresser un portrait simpliste et caricatural des personnages, dont le potentiel psychologique était pourtant prometteur. Apparemment, sachant que John Woo allait être aux commandes du film, ils ont préférés capitaliser sur le talent du réalisateur à filmer des scènes d'action en injectant dans le scénario le plus grand nombre de celles-ci. Et en ce sens, le résultat final est à tout le moins spectaculaire puisque les scènes de combat sont filmées avec une maestria étonnante. Si les chorégraphies guerrières sont moins éclatées que dans les œuvres antérieures du réalisateur (l'aspect historique du film nécessitant plus de rigueur et de réalisme), le résultat est néanmoins fidèle à la signature de Woo, particulièrement la scène se déroulant dans le village de paysans.

Également, les amateurs de l'œuvre du célèbre réalisateur chinois seront rassurés de découvrir dans le film les thématiques si chèrement élaborées par Woo dans ses œuvres précédentes. Ici encore, le cinéaste aborde la dualité dans le comportement des hommes, plus précisément la complémentarité de deux individus diamétralement opposés, mais qui finissent par représenter le reflet l'un de l'autre. Et comme dans toute œuvre de Woo, de The Killer à M:I 2, c'est dans l'adversité que les deux protagonistes (ou antagonistes !) se réuniront au point de se confondre l'un avec l'autre. Woo nous prouve finalement que sous leur masque (en l'occurrence, leur uniforme de guerre !), les hommes se meuvent pour les mêmes passions, les mêmes idéologies. Tel est le principal enjeu du récit. Mais au-delà de cet enjeu, les scénaristes ont au moins eu le mérite de soulever une question d'ordre morale tout à fait d'actualité. Comme le personnage de Nicolas Cage a pour mission de protéger le code navajo et non le décodeur, ce dernier devra ultimement sacrifier son protégé si celui-ci était menacé d'être capturé par l'ennemi. Mais un homme peut-il être sacrifié sans pitié pour de simples enjeux militaires ? Le film y répond maladroitement, mais à tout le moins a-t-il le mérite de soulever la question. Windtalkers est peut-être un film raté en considérant ses ambitions, mais il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'une œuvre d'auteur qui réussis à s'élever au-dessus de la moyenne des films du genre. Plus encore aujourd'hui, puisque cette nouvelle édition DVD de Windtalkers présente le film dans un nouveau montage comprenant plus de vingt minutes de métrage additionnel. De dire que le film est désormais meilleur serait peut-être exagéré, mais sans aucun doute est-il plus réussis. Les scènes d'action ont toutes été rallongées de quelques minutes supplémentaires, ce qui leur donne encore plus d'impact. Le film en est d'ailleurs plus violent, avis aux cœurs sensibles. Woo a également tenu à rajouter au film plusieurs dialogues, ce qui tend à enrichir les personnages et leur relation les uns avec les autres. Ces quelques scènes ne corrigent pas toutes les erreurs du film, mais elles en éliminent plusieurs, ce qui en font des atouts considérables.


Image
Cette nouvelle version de Windtalkers nous présente le film au format respecté de 2.40:1. Bien entendu, il s'agit d'un transfert 16:9 (dit anamorphosé).

Curieusement, la qualité d'image n'est pas tout à fait à la hauteur du transfert offert avec la première édition de ce film. Pourtant, la MGM a mis les bouchées doubles pour offrir un produit supérieur, et ce à bien des niveaux. Mais hélas, l'excellente qualité d'image offerte pour l'édition régulière n'est pas au rendez-vous. Mais cela ne veut pas dire pour autant que la qualité de ce transfert est mauvaise, bien au contraire ! Disons-le d'amblée, le principal défaut de ce transfert est une sur-définition des contours parfois envahissante. À un tel point, en fait, qu'il en résulte parfois des halos très prononcés qui agacent sérieusement. Sinon, la définition dans son ensemble est remarquable. Les détails et textures sont reproduits avec précision, dans leur moindre subtilité. Le rendu des couleurs est quant à lui irréprochable. La colorimétrie est riche, pure et d'apparence naturelle. La saturation est impeccable. Le rendu est constant et il n'y a aucun débordement à déplorer. Les teintes de peau sont naturelles et sans dominantes. Les contrastes ainsi que la brillance sont bien gérés, et ce, sans fluctuation inconrôlée. Les noirs sont purs et profonds. Les parties sombrent offrent des dégradés tout à fait satisfaisants; subtils et fluides.

On notera la présence d'un léger grain en certaines occasions. Il y a une séquence où le grain est plus évident mais il s'agit d'un passage ayant recours à des images d'archives (la scène où le cuirasser attaque).


Son
Cette nouvelle édition propose deux bandes-son de format Dolby Digital 5.1. L'une est en anglais et l'autre en français. Attention ! Le boîtier ainsi que le menu audio de ce titre DVD font état d'une bande-son française mixée en Dolby 2.0 Surround. Mais après vérification, il s'agit bel et bien d'un mixage Dolby Digital 5.1. À noter que des sous-titres anglais, français, espagnols et portugais sont également disponibles.

L'édition régulière de Windtalkers proposait une bande-son française mixée en Dolby Surround seulement. Il va sans dire que ce mixage français multi-canal représente une nette amélioration. Quant au mixage anglais, tout indique qu'il s'agit du même mixage offert avec cette nouvelle édition que pour l'édition régulière. En soit, ce n'est pas une mauvaise nouvelle puisque ce mixage en était un de très bonne facture. Cette bande-son à donc une belle présence, quoique pas autant que nous l'aurions imaginé. Le dynamisme est percutant, mais le champ-sonore se déploie majoritairement des enceintes avants, les canaux arrières étant peut-être trop peu sollicités. Un usage plus soutenu des canaux d'ambiophonie, ne serait-ce que pour créer une ambiance plus immersive, aurait été souhaitable. Il est cependant important de souligner que dans les scènes de combats en corps à corps, le mixage bascule dans l'agressivité et les effets chocs. C'est dans ces occasions que le mixage nous offre ses meilleurs moments. Les canaux arrières sont soudainement très actifs, marqués de transitions sonores rapides et précises, ce qui nous plonge droit au cœur de l'action. La risible trame-sonore composée par James Horner est intégrée avec fidélité, cependant nous est parfois apparue trop envahissante et aurait dû être plus en retrait. Quant aux dialogues, ils sont toujours nets et intelligibles, malgré la confusion sonore organisée qui règne parfois. Les basses, profondes et bien étalées, appuient solidement l'action : explosions, vrombissements, coups de feu, etc. De plus, une utilisation intelligente du canal .1 (LFE) donne beaucoup de mordant au mixage.


Suppléments/menus
À l'époque de la parution de l'édition standard de Windtalkers, nous avions supposé que la MGM avait délibérément évité d'inclure quelque supplément que ce soit avec l'édition suite à la piètre performance du film au guichet. Nous n'avions pas tort car les ventes DVD de la première édition DVD ont été décevantes.
As-t'on voulu suivre l'exemple européen où en France on a produit une édition spéciale de ce film. Une chose est certaine, MGM n'a pas lésiné avec les moyens et offre maintenant une édition trois disques de ce titre. Les ventes seront-t'elles au rendez-vous? Cela reste à voir...

En plus du film, qui offre pas moins de vingt minutes de scènes additionnelles au montage, le premier disque de cette édition nous propose non pas une, mais bien trois pistes de commentaires audio. La première piste est animée par le réalisateur John Woo et le producteur et collaborateur de longue date du réalisateur, Terrence Chang. Dans cette piste, les deux cinéastes nous expliquent en long et en large leur rôle respectifs dans la production du film ainsi que leur appréciation de l'œuvre et du sujet. Nous aurions apprécié un commentaire au contenu plus technique mais les propos des deux hommes demeurent fascinant du début à la fin. Seul petit bémol, l'accent chinois des animateurs est parfois très difficile à saisir…

La deuxième piste est animée par les acteurs Nicolas Cage et Christian Slater. D'amblée, les deux hommes admettent leur réticence à animer de telles pistes et précisent avoir accepter de le faire uniquement par amitié pour John Woo. Et bien peut-être auraient-ils dû s'abstenir. Malgré leurs meilleures intentions, Cage et Slater sombrent rapidement dans les exclamations personnelles du type "j'aime cette scène" ou "cet acteur est fantastique". Plutôt ennuyant, d'autant plus que les silences sont longs et nombreux. Seuls quelques instants, durant lesquels les comédiens expliquent leur relation avec John Woo, méritent une attention particulière.

La troisième piste est quant à elle animée par le comédien navajo Roger Willie et le consultant Albert Smith. Peut-être la plus fascinante des trois pistes, celle-ci s'attarde uniquement aux enjeux historiques et humains du récit. Les animateurs décrivent avec passion la culture navajo et le rôle qu'ont joués les décodeurs navajo pendant la guerre. Parfois, ils vont même jusqu'à philosopher sur la nature humaine et la guerre. Certainement l'une des pistes de commentaires les plus rafraîchissante depuis longtemps.

Le premier disque contient également une courte introduction vidéo de John Woo. Le réalisateur explique les raisons qui l'ont poussé à refaire le montage de son film et décrit les principaux changements apportés au montage original. Intéressant. Les deux bandes-annonces originales diffusées en salles sont aussi offertes avec ce disque.

Le deuxième disque offre quant à lui trois documentaires. Le premier, intitulé The Code Talkers - A Secret Code of Honor (23 min), s'attarde aux faits historiques relatés par ce film. Ce segment offre des entrevues particulièrement fascinantes avec de réels décodeurs navajo, vétérans de la deuxième guerre mondiale. Ces entrevues ajoutent beaucoup d'authenticité au récit. Ce documentaire s'avère être un complément des plus stimulants au film. Le deuxième documentaire s'intitule American Heroes: A Tribute to the Navajo Code Talkers (9 min). Celui-ci rend hommage à quelques vétérans navajos de la guerre en exposant leurs actes de bravoure. Un peu pompeux, mais néanmoins intéressant. Le dernier segment de ce deuxième disque est nommé The Music of Windtalers (5 min) et s'attaque à la composition de la musique du film. Franchement, considérant la piètre partition musicale du film, il est à questionner l'intérêt de produire un tel documentaire. Quoi qu'il en soit, pour les intéressés, James Horner y explique son processus de création.

Finalement, le troisième disque est entièrement dédié aux aspects techniques du film. Le premier supplément s'intitule Battle Sequence Multi-View. Cette option vous permet de voir quatre scènes d'action via trois fenêtres différentes visibles simultanément. Le touche "angle" de votre télécommande vous permet de sélectionner quelle fenêtre vous désirez voir en grand format tandis que les deux autres sont en vignette. L'une des fenêtre présente la scène telle que vue dans le film, une autre offre la même scène mais filmée en coulisse, et la dernière propose les scénarimages originaux. Que voilà un supplément des plus fascinant qui permet de voir plusieurs points de vue d'une même scène.

Suit Fly-on-the-Set Scene, un supplément vous donnant un accès privilégié des coulisses du tournage pendant la préparation de quatre scènes d'action. Vous y verrez l'équipe de production préparer le plateau et guider les comédiens, vous verrez ces dernier répèter la scène, et vous serez témoin du travail de John Woo se préparant au tournage. À ne pas manquer.

Actor's Boot Camp (15 min) est un segment nous donnant un aperçu de l'entraînement qu'ont subis les acteurs en guise de préparation. Le montage est sobre et donne une vision beaucoup moins glorieuse du métier de comédien. Très pertinent.

Il y a finalement une galerie d'images contenant une trentaine de photos prises en coulisse ainsi qu'une brève et simpliste biographie de John Woo.

Notons qu'il y a option de sous-titrage en français pour les suppléments.



Conclusion
Si dans l'ensemble cette nouvelle édition spéciale de Windtalkers supplante l'édition régulière, il est important de nuancer… Pour commencer, la qualité d'image est bonne mais n'est pas tout à fait à la hauteur du transfert offert aves la première édition. Le mixage sonore est le même, c'est à dire de bonne qualité, mais l'inclusion d'un nouveau mixage DTS aurait fait plusieurs heureux. Et si les suppléments sont nombreux et pour la plupart intéressants, les deuxième et troisième disques de l'édition aurait facilement pu être réunis sur un seul et même disque. Mais évidemment, une édition à trois disques est plus alléchante qu'une édition deux disques… Pour les amateurs du film ou pour les fans de John Woo, cette édition en vaut certainement la peine, ne serait-ce que pour le nouveau montage du film qui inclus plus de vingt minutes de nouvelles scènes. Pour les autres, cette nouvelle édition représente un investissement plus avantageux que l'édition régulière, à condition seulement que vous ne possédiez pas déjà cette dernière.


Qualité vidéo:
3,7/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2003-06-01

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Windtalkers

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
153 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
3 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol
Portugais

Suppéments:
3 pistes de commentaires audio, introduction de John Woo, 4 documentaires, séquences multi-angle des scènes de combats, 4 visites des coulisses, galerie d'images, biographie de John Woo et bandes-annonces.

Date de parution:
2003-05-20

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