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DVDEF

Searchers, The (50th Anniversary 2-Disc Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
John Ford est reconnu comme l’un des grands maitres du cinéma américain et si nous ne goutons pas toujours l’univers de ses films et leurs morales très américaine, force est de reconnaître que ce The Searchers est une œuvre immense et passionnante de bout en bout.
John Wayne, l’acteur autant que son personnage récurrent est associé étroitement à l’œuvre de Ford et ce film marque pour lui un tournant au sens ou dans ce film le héros qu’il interprête est beaucoup plus noir et complexe que d’habitude.
Ce changement assez radical d’image pour une icône aussi importante que celle qu’étaient devenue Wayne et dans une moindre mesure Ford fit que l’absence quasi-totale de manichéisme de The searchers perturba la critique de l’époque qui reçu souvent le film de façon violente, butant sur le racisme apparent du héros (en fait un anti-héros).
Ainsi Ford démarre son film sur un plan devenu un véritable emblême de son cinéma, à la fois visuellement sublime mais aussi très lourd de sens, en disant beaucoup malgré son économie de moyen impressionnante. Cette introduction « classique » présente un Ethan Edwards (John Wayne) comme un oncle prodigue qui revient vers l’idyllique famille de son frêre. Mais dés les premières minutes on sent bien que les problèmes sont sous jacents et l’apparente « perfection » de la situation va révéler bien des secrets.
Ford surprend en ne s’appesantissant jamais sur ces révélations mais au contraire en restant le plus discret possible dessus, ne déviant jamais de sa narration principale limpide. Il laisse donc le soin au spectateur de répérer puis spéculer sur les petits détails qui pullulent au sein de son film.
Le non dit et non directement montré devient ainsi presque le cœur du film de façon étonnamement maitrisée qui fait de The searchers une œuvre d’une finesse et d’une subtilité rare au sous-texte aussi fort que la puissance de ses images et des situations paroxystiques.
Le style visuel simple mais concis de Ford fait une utilisation incroyable du monumental décor naturel de Monument Valley qui devient un personnage à part entière du film.
L’aridité et l’aspect justement monumental du décor fait écho au caractère de Ethan de façon remarquable, de même que Ford réutilsera a plusieurs reprise son plan d’ouverture pour signifier les évolutions de son histoire.
L’aspect obsessionel de son héros va ainsi contaminer toute la mise en scène du film qui régulièrement reprendra les mêmes figures pour arriver a une unité rare entre forme et fond surtout avec une telle discrétion.
Le racisme exacerbé de Ethan en font le personnage le plus ambiguë et complexe de Ford qui pour une fois n’offre pas une figure héroique « monolithique » sous les traits de Wayne et prend le risque d’afficher clairement un anti-héros, comme si il tentait de s’adapter au temps modernes et le début de crise de confiance que traversait alors les Etats-Unis.
Ford utilise de plus une arme efficace qu’il manie de fort belle façon (même si d’autres cinéastes nous on parut encore plus talentueux dans ce domaine), l’humour. En effet, il joue un jeu périlleux d’équilibre permanent entre tension et humour qui la désamorce. Jeu dangereux pour le rythme et l’attention du spectateur sur lequel tant de cinéastes se sont « cassés les dents » , mais auquel Ford se montre vraiment doué.
Il a toujours employé des personnages comiques mais dans ce film, il nous semble qu’il parvient à un équilibre qui lui avait toujours fait défaut dans ce domaine (une fois de plus ce n’est qu’un avis personnel !).

The searchers est donc un chef d’œuvre du genre western et un grand film tout court d’une puissance visuelle, émotionelle rare et d’une complexité psychologique surprenante pour une œuvre du grand John Ford. Un film limpide, très facile à apprécier au premier degré, qui révèle bien plus au fil des visionnages.




Image
L’image est proposée au format respecté de 1.75 :1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale est d’un excellent niveau pour un film de cette époque, lui rendant ainsi toute sa splendeur visuelle.
L’interpositif présente quelque très légères traces de points ou parasites et le grain à été réduit au maximum pour le plus grand plaisir du spectateur qui a ainsi l’impression de rédécouvrir le film comme au jours de sa sortie au cinéma.
Les couleurs très saturées et spécifiques du film sont bien rendues mais nous nous devons de signaler les différences de tonalité par rapport à l’ancienne édition, sans pour autant pouvoir juger si l’un ou l’autre est plus proche des intentions originales de Ford. Elles sont donc justes, constantes et parfaitement saturées.
Le contraste est parfaitement géré et évite absolument toutes les brillances.
Les scènes sombres sont remarquablement rendues grace à des noirs étonnament purs et profonds pour un film de cette époque.
La partie numérique enfin est exempte de tous reproches, ne générant aucun défaut artificiel.

Un superbe transfert qui offre une restauration vraiment efficace en tous points. Seul le point des couleurs peut être sujet à discussion et si elles nous sont parfois parues tirer vers le rouge marron mais a nouveau, ceci est juste une impression et il tient aux spécialistes de comparer ce transfert avec l’original sur pellicule afin d’avoir une réponse valable.
Ce film mythique à enfin le traitement visuel que sa splendeur méritait et nous nous devons d’en féliciter la Warner.




Son
Les deux bandes son offertes sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby 1.0 mono) et Français (Dolby 1.0 mono).
La dynamique de la bande-son anglaise est d’un niveau remarquable pour une œuvre de cette époque. De même sa présence et sa spatialité ont été dépoussiérées par le remixage effectué par la Warner.
La musique est impeccablement rendue, malgré les limitations dans le haut et le bas du spectre dues au format monophonique. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et a moins de monter le volume largement au dela du raisonnable aucun parasite ou distortions ne viennent perturber le plaisir du spectateur.
Les basses fréquences sont logiquement absentes mais ne font jamais défaut du fait que cette bande-son à été pensée sans leur présence.

La bande-son monophonique française n’a pas connu les même honneurs de remixage que son homologue anglaise et cela s’entend vraiment à son désavantage.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnols.
Une bande-son impeccablement remixée et dans son format d’origine pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Le son est à la hauteur de l’image est nous n’en demandons pas plus, même si dans la logique des sorties actuelles il est curieux que la Warner n’ait pas offert une remixage multicanal.



Suppléments/menus
Une section à la hauteur de l’oeuvre qui la met en valeur et l’analyse de façon intelligente.
Sur le premier disque est proposée une introduction, un commentaire audio et une bande-annonce.
L’introduction du fils de John Wayne, Patrick Wayne est d’un initérêt total, alors même qu’il participa pourtant au film. Il s’agit d’un segment publicitaire et autosatisfait qui passe totalement à côté des finalités d’un tel exercice, vraiment décevant.
Le commentaire audio de Peter Bogdanovitch est lui d’un tout autre niveau même si curieusement le cinéaste /critique s’est parfois montré plus inspiré et loquace. Cependant il offre un mélange passionnant d’avis personnel, d’anecdotes et d’analyse pertinente du style de Ford qui n’est jamais diminué par son admiration sans bornes pour le cinéaste.
La bande-annonce est de qualité correcte même si elle dévoile trop de l’intrigue à notre gout.
Sur le second disque est offert trois documentaires et une bande-annonce.
Le premier intitulé « The Searchers: An Appreciation » (30 min 59s) offre les interventions de Martin Scorcese, Curtis Hanson et John Milius qui parlent avec passion de l’impact qu’a pu avoir le film sur eux sa sortie mais aussi analysent l’œuvre de façon passionnante.
Le second intitulé “A Turning of the Earth: John Ford, John Wayne, and The Searchers” (33min 08s) est excellent et se penche sur les conditions de production et de tournage a travers de nombreux extraits de plateau, le tout narré par la voix de John Milius.
Enfin le troisième intitulé « Behind the cameras » (21 min 48 s) propose 4 segments en un qui sont des documents promotionnels d’époque sans grand intérêt, principalement à cause du style grandiloquent.
Enfin est offert un teaser du futur film The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford qui ne montre que trés peu et dont on est en droit de demander les raisons de sa présence ici.

Voici donc un ensemble passionnant et qui permet de jeter un autre regard sur l’œuvre.





Conclusion
Une superbe édition aux qualités audio et vidéo enfin à la hauteur de l’oeuvre et dont les suppléments sont au diapason. Nous vous recommandons donc sans hésiter l’achat de cette édition.
The Searchers est à notre gout le chef d’œuvre de Ford (avec The Man Who Shot Liberty Valence) et ce film magnifique, complexe mais pourtant évident mérite bien sa réputation et enchantera tous les amateurs de western et ceux qui auraient la chance de le découvrir maintenant.



Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
4,1/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2006-09-04

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Searchers, The

Année de sortie:
1956

Pays:

Genre:

Durée:
119 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Commentaire audio, 3 documentaires, bande-annonce

Date de parution:
2006-06-20

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