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DVDEF

Training Day

Critique
Synopsis/présentation
Training Day a été le premier film américain d'importance à paraître sur les écrans nord-américains après les attentats du 11 septembre 2001. À ce moment, le studio Warner craignait que le sujet du film, l'histoire d'un flic violent et corrompu, allait rebuter les spectateurs affectés et sensibilisés par les attentats. À partir de cet instant d'ailleurs, les studios ont tous jugés qu'il valait mieux bombarder les cinéphiles d'un cinéma plus moral, voir même patriotique. Le raisonnement était loin d'être insensé, pourtant les spectateurs ont préférés voir un film sombre à la moralité chancelante comme Training Day plutôt qu'un drame de guerre patriotique bourré d'action tel Behind Ennemy Lines. Comme quoi les habitudes des cinéphiles nord-américains sont presque inébranlables, et qu'un bon film reste un bon film, peu importe les circonstances.
Comme le titre l'indique, l'action de Training Day se déroule au cours d'une seule et même journée, de l'aube jusqu'à la nuit. Lors de cette journée d'entraînement pour le moins mouvementée, la recrue policiere Jake Hoyt (Ethan Hawke) devra prouver au vétéran détective Alonzo Harris (Denzel Washington), son superviseur et mentor pour la journée, qu'il a l'étoffe pour travailler dans son unité. Le jeune et noble Hoyt a de l'ambition, et de consacrer son existence à combattre les trafiquants de drogue dans les rues sombres et violentes de Los Angeles aux côtés d'Alonzo serait pour lui un honneur… du moins jusqu'à ce qu'il découvre la véritable nature de son mentor.
D'amblée, précisons que Training Day ne réinvente aucunement le thriller policier. Par contre, le film présente suffisamment de qualités pour en faire un divertissement largement au-dessus de la moyenne. Tout d'abord, le fait que l'intrigue ne se déroule qu'en une courte journée insuffle au film un rythme soutenu . Tel que le personnage de Hoyt le dit au début de sa journée : " J'ai déjà hâte à demain pour savoir si j'ai réussis le test ". En signalant ceci au spectateur, nous savons dès lors que l'histoire n'aura pas de lendemain. Donc, tant que la journée n'est pas terminée, les mésaventures du jeune héros ne prendrons pas fin. Le seul mouvement du soleil qui progresse au fur et à mesure que la journée avance devient donc le plus implacable des comptes à rebours nous conduisant tout droit, lentement mais sûrement, vers une conclusion qui nous est inconnue. Et l'intrigue profite très habilement de ce compte à rebours. Les éléments clés du récit nous sont révélés au compte goutte, de telle manière que le spectateur, dans son identification avec le personnage de Hoyt, ne connaîtra qu'en même temps que lui les véritables enjeux qui se cachent sous ce jour d'entraînement hors du commun. En fait, le scénario prend surtout la forme d'un casse-tête, alors que les pièces du puzzle, d'apparence incongrues au départ, finissent par prendre tout leur sens petit à petit. Malheureusement, le scénario n'est pas sans faille. À quelques reprises, les rebondissements sont le fruit d'un hasard qui agace. Plus particulièrement, la survie d'un personnage n'est liée qu'à un coup de chance particulièrement discutable. Néanmoins, le film réussis à nous tenir en haleine du début à la fin. Qui plus est, le scénariste et le réalisateur ont réussis à instaurer dans le film un duel psychologique intense entre les deux antagonistes. Le jeune Hoyt verra sans relâche son intégrité, sa moralité et son honneur remis en question. À la fin, cette journée n'aura pas tant été un entraînement physique que psychologique.
Training Day est le troisième film du réalisateur Antoine Fuqua après les décevants Bait et Replacement Killers. Sans aucun doute, il s'agit de son film le plus achevé et le plus inspiré à ce jour. Fuqua a le mérite d'avoir réalisé tout son film " on location " et non en studio. Il en résulte une ambiance, un climat d'angoisse des plus palpable, alors qu'il nous entraîne dans des ghettos violents et des ruelles sombres et exiguës. Sa réalisation est agréablement stylisée et inventive, cependant nous pourrions lui reprocher de réaliser son film avec comme seul objectif d'en faire une recherche esthétique. Fuqua devra apprendre à faire parler ses images, à communiquer des thématiques, des idées via sa mise en scène. Telle qu'elle, sa réalisation est vigoureuse et stylisée mais laisse une impression de vide. Quant aux acteurs, Fuqua a eut de la chance de pouvoir compter sur deux interprètes aussi solides que Washington et Hawke. Le premier brille par son intensité, sa force brutale. À l'opposé, le second étonne par son jeu tout en subtilité, tout en finesse. Étrangement, tous ont louangé le travail de Denzel Washington, au détriment de celui de Hawke. Pourtant, à en choisir un des deux, Ethan Hawke remporterait certainement la palme grâce à un jeu plus sensible et inspiré. Washington, à la longue, tombe dans la caricature et la grossièreté, ce qui fini par agacer.


Image
Le film nous est ici présenté en format original de 2.35:1 d'après un transfert anamorphosé. De façon générale, la qualité de ce transfert est absolument remarquable.
L'image affiche une netteté à toute épreuve, la définition y est optimale et laisse entrevoir un niveau de détail étonnant. Il va sans dire que l'interpositif utilisé pour ce transfert est de première qualité et qu'aucune tâche, égratignure ou points blancs quels qu'ils soient ne sont visibles.
La colorimétrie, malgré la complexité apportée par l'utilisation de filtres orangés et même verdâtres à une reprise, est étalée avec soins. Les couleurs sont riches, purs et parfaitement bien saturées. Aucun débordement ni aucune instabilité n'est à déplorer. Les tons de peau ont une apparence naturelle, et l'utilisation des filtres ne laisse transparaître aucun débalancement chromatique. La brillance et le contraste sont tout deux parfaitement bien ajustés, sans aucunes fluctuations. Les parties sombres sont dégradées avec beaucoup de détail. S'il fallait réellement pointer un défaut, aussi mineur soit-il, ce une très légère sur-définition des contours.



Son
Deux bandes-son nous sont offertes sur cette édition, c'est à dire une anglaise et l'autre française, toutes deux en format Dolby Digital 5.1.
Il n'y a pas à dire, non seulement cette édition vous en mettra plein la vue, mais elle vous en mettra aussi plein les oreilles ! En effet, le présent mixage est d'un dynamisme percutant. Le champ sonore se déploie agréablement de toutes les enceintes et forme un environnement cohérent, subtile et détaillé. Non seulement les canaux d'ambiophonies sont-ils mis à contribution pour créer l'ambiance, mais leur utilisation est judicieuse et soutenue tout au long du film pour ajouter de l'impact à l'ensemble à l'aide d'effets localisés. Plusieurs effets canaux à canaux sont audibles et surprennent par leur vivacité. La trame-sonore est judicieusement intégrée à l'environnement. Tantôt subtile et intrigante, tantôt puissante et appuyée, cette trame-sonore est toujours efficacement rendue et ce, avec grande fidélité. Les dialogues sont naturels et parfaitement intelligibles.
Quant au doublage français, ce dernier perd évidemment en naturalité, mais néanmoins les voix sont bien intégrés et étouffent très peu les effets d'ambiance. Les basses et les fréquences d'extrêmes graves (canal .1 (LFE)) ponctuent avec puissance et efficacité les mixages. Les basses sont profondes et omniprésentes, conférant à l'ensemble beaucoup d'impact.
À noter que des sous-titres anglais, français et espagnols sont aussi offerts sur cette édition.



Suppléments/menus
Quelques suppléments digne de mention nous sont proposés sur cette édition, à commencer par une bonne piste de commentaires audio animée par le réalisateur Antoine Fuqua, pour qui il s'agit de sa première expérience dans l'animation d'une piste de commentaires. De façon générale, ses propos sont forts intéressants et ne se limitent pas à de simples anecdotes de tournage ou à l'explication sommaire d'une technique de tournage. L'homme n'hésite pas à nous faire une lecture des thématiques du film, il aborde les enjeux moraux et explore un peu plus en profondeur la psychologie des personnages. Il établit également un parallèle entre son enfance vécue dans les ghettos et sa façon d'aborder le sujet plusieurs années plus tard. Bref, si ce n'était des nombreux et longs silences, cette piste aurait été encore meilleure, mais pour une première expérience de la part du réalisateur, le résultat est plutôt concluant.
Suit ensuite un court documentaire promotionnel de 15 minutes produit pour la chaîne HBO. Tels tous les autres documentaires produits pour cette chaîne spécialisée, ce segment ne fait que faire la promotion du film et de ses artisans, tout en prenant grand soin de nous raconter l'histoire. Très peu d'information techniques digne d'intérêts nous sont dévoilées. Le seul intérêt de ce documentaire réside en quelques brèves scènes filmées en coulisse ainsi qu'à quelques entrevues plus ou moins interessantes. intéressante.
Une série de scènes inédites est aussi disponible, totalisant environ 12 minutes. Ces scènes sont présentées de façon linéaire, un intertitre sépare chaque scènes. À noter que la qualité d'image de ces scènes est particulièrement médiocre, ce qui rend difficile l'écoute des séquences se déroulant la nuit. Quoi qu'il en soit, ces scènes sont d'un intérêt moyen mais ont le mérite d'ajouter un peu de substance à la psychologie des personnages. Une fin alternative est également offerte séparément de ce montage, bien qu'il s'agisse d'avantage d'un fin allongée plutôt qu'alternative.
Finalement, vous retrouverez deux vidéoclips pour les chansons #1 de Nelly et Got You de Pharoahe Monch, ainsi que la bande-annonce originale et quelques filmographies.




Conclusion
Training Day ne passera certainement pas à l'histoire, mais il s'agit incontestablement d'un très bon film policier s'élevant aisément au-dessus de la moyenne des productions du même genre qui nous sont offertes depuis quelques années par l'industrie hollywoodienne. Très certainement, le film vaut-il au moins une écoute, et quoi de mieux que cette édition DVD pour profiter pleinement des attraits visuels et sonores du film ! Le transfert vidéo est splendide, tandis que les mixages sonores sont d'une efficacité redoutable. Quant aux suppléments, ils sont peu nombreux et de qualité moyenne, mais leur présence devrait à tout le moins vous distraire pour quelques minutes!




Qualité vidéo:
4,3/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
2,8/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
3,9/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2002-02-26

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Training Day

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
122 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)
Français
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaire, scènes coupées, fin alternative, vidéoclips et bande-annonce.

Date de parution:
2002-03-19

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