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DVDEF

One Hour Photo

Critique
Synopsis/présentation
Ce film est le premier film "hollywoodien" de Mark Romanek, un réalisateur qui s'était illustré jusqu'à présent principalement dans le domaine des vidéo musicales (il a entre autres réalisé des clips pour Madonna et R.E.M). Et si on ne peut pas vraiment parler de coup d'essai (il a réalisé un long-métrage, Static dans le circuit indépendant), il s'agit là d'un coup pour le moins assuré. One Hour Photo a d'ailleurs été distribué sous le label Fox Searchlight, le label "expérimental" de la Fox.

Seymour Parrish, que tout le monde appelle Sy, est gérant du comptoir de développement de photos dans un supermarché américain tout ce qu'il y a de standard. C'est un homme solitaire, qui n'a rien d'autre dans sa vie que son travail, auquel il apporte un soin maniaque (son minilab doit être le mieux calibré du monde). Dès le début du film, Robin Williams parvient à rendre son personnage particulièrement inquiétant. On se rend tout de suite compte que derrière sa facade aimable, Sy Parrish est quelqu'un d'étrangement malsain. Comme il n'a aucune vie privée, il s'intéresse de très près à celle des clients qui lui confient leurs photos à développer. Il s'intéresse notamment à la famille Yorkin, qui lui confie ses photos depuis la naissance de leur fils Jake, 11 ans. Son obsession est telle qu'il tire pour lui-même un exemplaire de chacune des photos qu'ils lui ont confié, ce qui représente des centaines de photos qu'il affiche sur le mur de son salon... Son rêve est d'être considéré par les Yorkin comme un membre de la famille, l'"oncle Sy" comme il se plaît à l'imaginer... Lui qui manque cruellement de compagnie, qui n'a ni famille ni amis, voit en la famille Yorkin la famille idéale qu'il aurait aimé avoir pour l'entourer. Ils sont beaux, riches, ils ont l'air de vivre un bonheur parfait sur toutes les photos qu'il collectionne. Lorsque Sy se rend finalement compte que la famille Yorkin n'est pas aussi harmonieuse qu'il s'imaginait, et perd son emploi à cause entre autres des tirages surnuméraires qu'il a fait pour son compte, les choses dégénèrent. Maniaque relativement inoffensif au début, Sy devient alors un prédateur inquiétant, un redresseur de torts dérangé.

Porté par une réalisation impeccable et des acteurs au mieux de leur forme (Robin Williams est absolument extraordinaire et parvient à rendre son personnage parfaitement inquiétant), ce film prouve qu'il n'est nul besoin de découper des gens en petits morceaux dans des décors suintants avec des éclairages à la mode pour faire peur. Les décors sont plutôt trop propres que pas assez, contribuant ainsi à nous glisser dans la vision idéalisée que se fait Sy du monde dans lequel il évolue. La photographie du film, extraodinaire, ajoute encore au côté presque onirique de l'histoire. Ce film ressemble assez à un cauchemar. Les éléments pris séparément semblent presque normaux, mais l'ambiance qui se dégage du tout, qui n'est qu'un vague malaise au début, devient de plus en plus inquiétante, voire effrayante, durant la progression de l'histoire qui se termine par un climax au suspense incroyable. La question posée par le policier dès le début du film (pourquoi Sy en voulait-il autant à Will Yorkin) et son corollaire (qu'a-t-il fait à Will Yorkin) ne trouvent leur réponse que dans les dernières minutes de l'haletante conclusion.

Mark Romanek a reçu de nombreux prix pour cet excellent film, dont le prix spécial du jury au festival de Deauville. Robin Williams a été nominé plusieurs fois pour ce qui est sans doute une des très bonnes performance de sa carrière, en tout cas la plus surprenante.


Image
L'image est au format respecté de 1.85:1 et offerte d'après un transfert 16:9.

La définition est excellente, d'une belle netteté, l'interpositif utilisé étant manifestement de tout premier ordre. Les détails et les textures sont d'une finesse tout à fait satisfaisante, et rendent justice à l'impeccable direction artistique du film. Les seul problème liés au transfert du film proprement dit sont un très léger tremblement de l'image et le grain parfois visible, dû au type de pellicule employé sur certaines scènes tournées en lumière "naturelle", comme l'intérieur du supermarché qui n'est éclairé que par les néons du plafond. Ces problème sont toutefois mineurs, le tremblement étant la plupart du temps indiscernable, il ne nuit pas à l'attention que l'on porte au film, et le grain est naturel et loin d'être dérangeant.

Les couleurs sont impeccables, le très beau travail du directeur de la photographie Jeff Cronenweth (qui a notamment travaillé avec Darius Khondji sur Se7en et The Game de David Fincher) est fidèlement respecté. Les couleurs sont justes, souvent saturées (comme peut l'être une photo développée en minilab) sans perdre en naturalité. Aucun débordement n'est à déplorer, même dans les plans montrant l'intérieur du minilab, éclairés en rouge, qui sont habituellement une torture pour la vidéo. Le contraste est impeccablement ajusté tout au long du film. Les noirs sont bien profonds, et les zones sombres sont bien détaillées, avec des dégradés impeccables.
L'encodage numérique ne montre aucun défaut notable. Il y a bien quelques fourmillements, mais ils sont négligeables. Quand à la surdéfinition des contours, elle est plutôt discrète. Le transfert qui nous est proposé ici est d'un très bon niveau, les petits défauts énoncés plus haut s'effacent devant la qualité générale de l'image.


Son
Le film est proposé en Anglais (Dolby Digital 5.1), Français et Espagnol (tous deux en Dolby 2.0 surround).

La bande-son principale (Dolby Digital 5.1) offre une belle dynamique, une présence parfois discrète mais toujours convaincante et une spatialité maîtrisée. Les effets d'ambiance comme les bruits de pas sont parfois effacés par la trame sonore, mais il s'agit là d'un choix artistique qui s'accorde bien au côté onirique de certaines séquences. La trame sonore, qui utilise souvent les canaux ambiophoniques, s'intègre particulièrement bien à ce mixage multicanal.

Les effets sonores, quand à eux, sont bien localisés, la séparation des canaux et les rares effets de transition sont d'un bon niveau. L'utilisation des canaux d'ambiophonie pour les effets sonores est adéquate.
Les dialogues sont bien intégrés et parfaitement intelligibles dans la version anglaise. Notons que ce n'est pas le cas dans la version française (Dolby 2.0 surround), où ils sont nettement en retrait, et donc moins intelligibles.
Les basses sont présentes sans excès, et font un usage adéquat du canal .1 (LFE). Cette bande-son multicanaux ne risque pas de servir de matériel de démonstration, mais la qualité est là et le tout concourt parfaitement bien à l'ambiance étrange et inquiétante du film.

Comme c'est l'habitude chez Fox il y a option de sous-titrage en anglais et espagnol uniquement.


Suppléments/menus
Cette édition ne comporte pas un grand nombre de suppléments, mais leur durée totale est plutôt conséquente. Les menus animés du disque sont particulièrement réussis, et leur aspect correspond tout à fait au sujet du film.

Le commentaire audio, un enregistrement combiné de Robin Williams et Mark Romanek (chacun ayant son côté de la bande stéréo utilisée), est passionnant. Mark Romanek nous donne une foule de détails sur l'aspect qu'il a voulu donner aux images, leur qualité presque onirique, détaillant par exemple le pourquoi des différentes dominantes qu'on peut voir tout au long du film. Robin Williams, qu'on entend nettement moins souvent que Romanek, approfondit certains traits de caractère de son personnage et nous donne aussi avec humour quelques détails sur sa préparation (il a par exemple appris à utiliser un minilab).
Le menu des suppléments permet d'accéder aussi à trois documentaires.
Cinemax Featurette (13'21) est un documentaire promotionnel, destiné plus à donner envie d'aller voir le film qu'à informer sur sa genèse.
Charlie Rose Show (35'58) est une entrevue de Robin Williams et Mark Romanek extraite de l'émission du même nom. Comme à son habitude, Robin Williams a le plus grand mal à garder son sérieux.
Anatomy of a scene (27'49) est un documentaire proposé par la chaîne Sundance Channel, et est de loin le plus intéressant des trois. Ce documentaire décortique la scène de la rencontre entre Sy et Will Yorkin, d'où se dégage, bien que les personnages n'échangent que des banalités, une ambiance inquiétante.
La bande-annonce du film, trois bandes-annonces TV promotionnels ainsi que la bande-annonce de The Dancer Upstairs de John Malkovich sont aussi proposés.

On aurait aimé avoir accès à des scènes retranchées, et notamment à l'ouverture originelle du film (une séquence où Sy explique le phénomène des yeux rouges), mais malheureusement aucun supplément de ce genre n'est disponible. Il n'y a pas non plus de galeries de dessins conceptuels, ce qui est là aussi dommage. Il aurait été intéressant d'en voir plus sur le design du supermarché par exemple. Heureusement la qualité du commentaire rattrape un peu ces lacunes.



Conclusion
Ce film étonnant est servi par une belle édition, dont la qualité d'image et de son rendent parfaitement justice à l'oeuvre. C'est au niveau des suppléments qu'on peut déplorer des lacunes (il aurait vraiment été intéressant de voir l'ouverture originelle du film). Mais malgré ces manques, il s'agit là d'une édition DVD de grande qualité et surtout d'un film superbement écrit, réalisé et interprété qu'il serait vraiment dommage de ne pas voir.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,6/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2003-02-18

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Panasonic CT-36D11E / Moniteur ViewSonic P95f, PC avec GeForce3 et Sonic CinePlayer, Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8).

Le film

Titre original:
One Hour Photo

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
96 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais (CC)
Espagnol

Suppéments:
Commentaire audio du réalisateur et de l'acteur principal, trois documentaires dont une entrevue promotionnelle, bandes-annonces, spots TV.

Date de parution:
2003-02-18

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