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DVDEF

Shadow of the Vampire

Critique
Synopsis/présentation
Premier film de l'histoire du cinéma à composer avec le thème des vampires, Nosferatu: eine Symphonie des Grauens, 1922, constitue une des rares oeuvres du cinéma muet d'horreur à n'avoir point été affectée par le passage du temps. Encore aujourd'hui considérée comme étant LA meilleure adaptation du récit de Bram Stroker, Dracula, Nosferatu a su préserver un terrifiant pouvoir de fascination auprès des cinéphiles et amateurs du genre. Réalisé quelques années après la conclusion de la première guerre mondiale, Nosferatu demeure une oeuvre patente de la brillance du cinéma expressionniste allemand, aux côtés des films de Fritz Lang (Metropolis, 1926; M, 1931) et Robert Wiene (Das Kabinett des Doktor Caligari, 1919), et dont l'attrait stylistique influença de nombreux réalisateurs contemporains. Le créateur de cette oeuvre muette, F. W. Murnau, de même que son imposant acteur principal, Max Schreck (interprétant l'hideux Comte Orlock), sont d'ailleurs décrits comme les pères d'une époque ayant façonnée les bases du septième art.
De cette prémisse, le réalisateur E. Elias Merhige (Begotten, 1989) en fit l'arrière-plan de son film, Shadow of the Vampire. Cependant, Merhige ne s'arrêta pas à recréer l'atmosphère entourant la production de Nosferatu comme pour l'excellent téléfilm RKO 281 (portant sur Citizen Kane d'Orson Wells). Le réalisateur décida plutôt d'introduire un nouvel enjeux au tournage du film de Murnau, celle de la réelle identité de Max Schreck... Merhige recruta deux acteurs talentueux afin de camper les rôles de Murnau et Schreck: John Malkovich et Willem Dafoe. De là, Shadow of the Vampire nous propulse tout droit dans l'univers chaotique du tournage de Nosferatu, là où deux hommes en quête de pouvoir feront tout pour réaliser leur insatiable désir. D'un côté, Murnau, le réalisateur égocentrique au caractère flamboyant, dont l'oeuvre cinématographique passe avant tout, et de l'autre, Schreck, le vrai vampire sous les faux-traits d'un acteur, a qui Murnau promit le cou de l'actrice principale, Greta Schröder, en échange de sa participation au tournage.
Shadow of the Vampire se veut ainsi un drame d'horreur misant sur le contexte historique du classique cinématographique. Dafoe offre ici une solide prestation, les maquillages le rendant absolument méconnaissable. Ces points furent d'ailleurs remarquées par la critique, qui valurent au film de nombreuses nominations à différents événements (Oscars, Golden Globes, Screen Actor Guild Awards et Stockholm Film Festival).
Shadow of the Vampire ne parvient peut-être pas à maintenir le spectateur en haleine, mais éblouira indubitablement par son atmosphère lugubre, une mise en scène soignée (décors, costumes) et jeu d'acteurs solide.
Voilà donc une belle occasion de découvrir (ou redécouvrir) un chef-d'oeuvre de l'expressionnisme allemand. Shadow of the Vampire questionne adroitement le spectateur en lui proposant de choisir le plus vilain des deux anti-héros, soit l'un obsédé par son oeuvre ou l'autre, par son appétit sanguinaire.


Image
La présente édition DVD de Shadow of the Vampire propose le visionnement du film en format original de 2.35:1 et d'après un transfert anamorphique. Comparable aux éditions précédentes de Universal, Shadow of the Vampire offre une image de qualité.
Précisons que ce transfert représentait un défi: de nombreuses scènes peu éclairées et de pénombre, des séquences noir et blanc (recréées ou extraites de Nosferatu), une palette de couleurs subtils. On a visiblement fait un travail soigné chez Universal; les couleurs sont subtilement rendues, les parties sombres sont bien détaillés et les noirs purs. La définition générale va de bonne à passable, point ne pouvant toutefois pas être relié au transfert. C'est plutôt un grain volontairement utilisé pour des raisons de style qui explique cette caractéristique.
Ce transfert est exempt d'artéfacts (à l'exception des scènes empruntées au film original) et on ne note aucune sur-définition des contours.



Son
Tout comme pour de nombreux titres du catalogue Universal, Shadow of the Vampire offre des bandes sonore DTS 5.1 / DD 5.1.
Le mixage est agréable d'écoute et bien adapté à l'atmosphère ténébreuse du film. Un certain dynamisme est de mise mais jamais au prix d'une agressivité compromettant l'esprit de l'oeuvre. L'usage des canaux arrières sert principalement à mieux appuyer la trame-sonore du film, quoique certains effets directionnels et d'ambiance se font entendre (la scène de la chauve-souris constitue l'exemple parfait). L'usage du canal d'extrême graves (.1, LFE) est sélectif et ne sert qu'a appuyer quelques séquences-clé du film. Les dialogues sont en tout temps précis et naturels.
Les différences entres les bandes Dolby Digital 5.1 et DTS sont marginales, à peine note-t-on des basses mieux définies en format DTS.
Universal a pris la bonne habitude d'inclure au sein de plus en plus de titres une bande-sonore française Dolby Digital 5.1, comme c'est d'ailleurs le cas avec cette édition. Bien que cette bande sonore française 5.1 ne soit le meilleur exemple de puissance et de mixage multicanal, il va s'en dire que cette bande surpasse tout ce qui aurait pu être proposé en format Surround.



Suppléments/menus
Les suppléments de cette édition de Shadow of the Vampire, bien que nombreux, demeurent malheureusement sommaires ou rapidement blasants.
En premier lieu: la piste de commentaires de E. Elias Merhige. Le réalisateur donne une quantité impressionante d'informations sur le production du film et son rapport à l'oeuvre originale. Bien qu'intéressante et rarement ponctuée de silences, cette piste de commentaires paraîtra pour plusieurs fastidieuse, tant le ton du réalisateur est monotone.
À cette piste de commentaires s'ajoute un segment intitulé A Behind-the-Scenes Look at the Making of the Film, d'une durée d'à peine cinq minutes. Sur un ton résolument promotionel, ce supplément regroupe des extraits filmés lors de la réalisation du film, de courtes entrevues avec les acteurs principaux et collaborateurs, ainsi que, bien évidemment, des extraits du film.
Suit la possibilité de visionner divers extraits d'entrevues avec Willem Dafoe, E. Elias Merhige et Nicolas Cage (producteur du film). D'une durée variant de trois à sept minutes, ces trois entrevues se composent par thème (du type "parlez-nous de vos expériences pendant le tournage") plutôt que par questions détaillées. Les entrevues sont lentes et d'un intérêt mitigé. De plus, il aurait été plus intéressant de mieux sélectionner les questions posées. Par exemple, on se doute bien que personne n'ira de commentaires négatifs à une question tel "Comment était-ce de travailler avec telle personne...".
Shadow of the Vampire inclut également d'autres suppléments dignes de mention, tels que deux montages-photos, dont le premier détaille les diverses étapes menant à la métamorphose de Dafoe en Comte Orlock/Max Schreck. Le second collage regroupe, quant à lui, diverses photographies de production. Les deux montages sont accompagnés d'un segment musical de la trame-sonore.
Concluent la section des suppléments, la bande-annonce originale du film (format 4:3), celle de Begotten (probablement la publicité la plus hétéroclite jamais faite pour un essai cinématographique), celle de Gods and Monster et celle de Red Violin. S'ajoutent à cette liste, des notes de production plutôt intéressante, ainsi que la filmographie/biographie de Dafoe, Malkovich et Merhige.




Conclusion
"Roll Camera, Iris In, and Action" (F.W. Murnau).
Shadow of the Vampire constitue indiscutablement la meilleure façon de découvrir ou redécouvrir un des plus importantant films d'horreur de tout les temps, Nosferatu. Porté par un scénario tordu le film atteint pleinement ces buts; une reconstitution historique et divertissement. L'édition évaluée ici est celle disponible aux Etats-Unis, au Canada Lionsgate (distribué via Columbia/Tristar) offre ce titre. Outre le boîtier les deux édtions sont sur le plan technique tout a fait identique.
"And Cut, and Print It"...


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Alexandre Caron

Date de publication: 2001-05-22

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40F80, Récepteur certifié THX-Ultra, THX-EX, Dolby Digital 6.1, DTS-ES Discrete Denon AVR-4802, Lecteur DVD-Audio / DVD-Video Toshiba SD-4700, enceintes PSB et central Paradigm Reference, câbles Monster Cable (calibre 12).

Le film

Titre original:
Shadow of the Vampire

Année de sortie:
2000

Pays:

Genre:

Durée:
93 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise DTS
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Segment, Entrevue avec Willem Dafoe, entrevue avec Elias Merhige, entrevue avec Nicolas Cage, Galerie photo, bande-annonce

Date de parution:
2001-05-29

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