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DVDEF

Hoodwinked (WS)

Critique
Synopsis/présentation
Kanbar entertainment est un nouvel arrivant dans le monde impitoyable des longs métrages en synthèse 3D, et signe son arrivée avec un film très original. Sept ans après Jin-Roh, un chef d'oeuvre d'animation japonaise écrit par Mamoru Oshii (Ghost in the Shell, Avalon), Hoodwinked est une nouvelle adaptation animée de l'histoire du petit chaperon rouge, nettement moins sombre et beaucoup plus drôle que son illustre prédecessur.

Les premières minutes du film nous montrent l'arrivée de Red (Anne Hathaway, actuellement à l'affiche dans The Devil Wears Prada) qui se fait accueillir par le loup (Patrick Warburton, qu'on a pu voir dans la géniale et trop méconnue série The Tick) déguisé en Mère-Grand (Glenn close), laquelle est ficelée dans le garde-robe. Au moment où le bûcheron arrive (en passant par la fenêtre), la scène s'arrête pour laisser place au titre, qui nous révèle que la police est arrivée sur les lieux pour interroger tout le monde. Malgré l'insistance du chef de la police pour coffrer tout le monde, l'enquêteur Flippers (David Odgen Stiers) insiste pour entendre les versions de tout le monde. Des quatre témoignages qui s'ensuivent (Red, le loup, la grand-mère et le bûcheron), on apprend beaucoup sur des personnages que l'on croyait connaître depuis l'enfance. On apprend aussi le plan machiavélique du bandit qui vole tous les livres de recettes des gens de la forêt, ou l'économie semble avant tout basée sur les délices qui sont les spécialités de chacun.

Le tout est absolument hilarant, chaque histoire étant truffée de gags s'adressant aussi bien aux plus jeunes qu'aux adultes. L'incursion du monde moderne dans l'univers du conte de fées se fait dès le début du film (des hélicoptères survolent la maison de mère-grand cernée par les voitures de police), afin de nous faire comprendre bien vite que l'adaptation a pris beaucoup de libertés par rapport à l'original. Evidemment, comme il est de coutume dans ce genre de film, des clins d'oeil à la culture populaire sont présents à chaque minute du film. Une séquence rappelle ainsi un parc d'attractions, et une autre fait furieusement penser aux jeux de sports de glisse sur console. Les quatre témoignages se complètent parfaitement, chacun venant nous faire comprendre un peu mieux ce qui a pu vraiment se passer, et amenant son lot de surprises. Les angles de caméra variés, et même certains changements au niveau du décor, participent à différentier les points de vue, tout en dégageant un ensemble cohérent. Après cela, la seconde moitié du film reprend une narration plus classique, mais tout aussi iconoclaste, qui mène à un final certes prévisible mais néanmoins fort sympathique.

Si au niveau du dessin des personnages et de la qualité du rendu final 3D, on est loin des superproductions de Pixar (certains des hommes de main du méchant sont encore plus laids que les figurants de Shrek), Hoodwnked se rattrape largement sur le plan de l'originalité. Les dialogues décalés aux répliques volant parfois bas, sont très loin des mièvreries politiquement correctes qui sont le lot de tellement de films pour enfants fabriqués à Hollywood. On sent avant tout en voyant cette oeuvre que ses auteurs se sont fait plaisir, et ont décidé de communiquer ce plaisir à leurs spectateurs. Mission accomplie, ce film est unr vraie réussite.


Image
L'image est proposée au format respecté de 1.78:1, d'après un transfert 16:9.

Comme d'habitude sur un film de synthèse, nous avons ici à faire à un transfert numérique direct. Evidemment, aucun défaut qui aurait pu être lié à un passage sur pellicule (poussière, rayure) n'est présent. La définition est excellente, les détails et textures sont rendus avec une grande netteté. Si la qualité de l'animation et du rendu n'est pas tout à fait aussi bonne que ce qu'on peut admirer dans les films de Pixar, l'image est tout de même très propre, et le rendu des fourrures des animaux est très satisfaisant.
Les niveaux vidéo, luminance (niveau des noirs) et contraste sont parfaitement réglés, et ne varient aucunement durant le film. Les couleurs sont riches, saturées mais sans excès, et aucun débordement n'est à déplorer. Si les choix artistiques (et notamment le traitement des ombres) sont parfois inhabituels, l'ensemble reste très joli, loin des délires pastel de l'épouvantable Shark Tale.

Au niveau numérique, tout serait parfait s'il n'y avait pas de surdéfinition des contours, qui sans être follement exagérée est tout de même visible de temps à autre. La compression est quand à elle irréprochable, aucun parasite de type fourmillement ou macrobloc ne vient gêner le visionnement.


Son
Cette édition propose deux bandes-son, toutes deux au format Dolby Digital 5.1, à savoir la version originale et le doublage québécois. Ce dernier a beau être servi par des acteurs connus, il souffre d'une adaptation indigente qui fait que les dialogues bien moins percutants que dans la version originale, qui est elle aussi interprétée par des acteurs de grande classe (Anne Hathaway est parfaite dans le rôel de Red). Des sous-titres anglais pour malentendants et espagnols sont aussi proposés. C'est sur la version originale que se base cette critique.

Cette bande-son offre une présence et une dynamique très intéressantes. L'espace sonore est bien immersif, l'ensemble des canaux étant mis à contribution afin de créer une image sonore très homogène. Les canaux d'ambiophonie, notamment, sont mis à contribution de façon soutenue et judicieuse, aussi bien pour les ambiances que les effets. Les transitions latérales et d'avant en arrière sont fluides et réalistes, servies par une séparation des canaux tout à fait adéquate.

L'intégration des éléments sonores est impeccable. Les dialogues sont toujours parfaitement clairs et intelligibles. La trame sonore, faite de chansons originale pour la plupart enlevées et amusantes, fait preuve de profondeur et d'une belle fidélité. Les effets sonores sont explosifs à souhait, profitant de l'excellente dynamique offerte par le format, et les basses sont soutenues par un usage expressif du canal d'infra-graves (LFE ou .1).


Suppléments/menus
Les suppléments proposés sur le disque sont : un commentaire audio avec les réalisateurs du film, un ensemble de scènes coupées, une vidéo musicale, un documentaire How to make an Animated Film et la bande-annonce du film.

Le commentaire, dit par Cory Edwards, Todd Edwards et Tony Leech, les trois scénaristes-réalisateurs du film, est à la fois informatif et divertissant. Les trois compères ont manifestement eu du plaisir à enregistrer ce commentaire, qui prend la forme d'une discussion animée, bien plus sympathique à écouter qu'un texte convenu lu lors de séances d'enregistrement séparées.

Les scènes coupées et étendues, au nombre de cinq (pour une durée totale de 9:35), sont pour la plupart des montages différents de scènes présentes dans le film. La plupart sont finalisées, mais une d'entre elles est présentée sous forme d'animatique (montage de cases de scénarimage avec dialogues). Une option permet de bénéficier d'un intéressant commentaire de Cory Edwards sur ces séquences allongées, et porquoi ce qui a été coupé l'a été.

Le documentaire, How to Make an Animated Film (12:50) n'est pas, contrairement à ce que son nom semble indiquer, un mode d'emploi général, mais raconte plutôt le processus de création de Hoodwinked!, de la création de l'histoire à l'animation 3D en passant par le scénarimage et l'enregistrement des voix. Le processus étant proche quel que soit le film d'animation, le titre n'est après tout pas si mal trouvé que cela.

Un vidéoclip animé de la chanson Critters Have Feelings, mettant en scène, entre autres, des versions simplifiées de certains personnages du film (des économies ont du êtres faites sur les temps de rendu) (3:37) et la bande-annonce du film, que nous déconseillons de voir avant le film (2:30) sont aussi disponibles sur le disque.



Conclusion
Hoodwinked (La véritable histoire du petit chaperon rouge) est une excellente surprise, qui aurait mérité un plus grand succès en salles. Cette édition DVD est tout à fait à la hauteur. Techniquement d'un très bon niveau, elle est en plus servie par des suppléments de belle facture, dont le but n'est pas uniquement (comme c'est trop souvent le cas) de rallonger la liste au dos de la jaquette. L'ensemble séduira aussi bien les jeunes que les moins jeunes, et s'avère donc tout à fait recommandable.


Qualité vidéo:
4,4/5

Qualité audio:
4,4/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
4,2/5

Note finale:
4,3/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2006-08-04

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Panasonic PT-L500U, écran 110'' 2.35:1 Stewart Grayhawk, Lecteur DVD LG DV7832NXC (sortie composantes 1080i), HTPC (Athlon64 3000+, Radeon 9600 pro, connectique DVI, M-Audio Revolution 7.1, WinDVD, Media Portal), Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8), câbles Acoustic Research

Le film

Titre original:
Hoodwinked

Année de sortie:
2005

Pays:

Genre:

Durée:
81 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Alliance Atlantis

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)
Espagnol

Suppéments:
Commentaire audio, scènes coupées, documentaire, vidéo musicale, bande annonce

Date de parution:
2006-05-02

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