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DVDEF

Vanilla Sky

Critique
Synopsis/présentation
Lors de sa sortie en salles au cours du mois de décembre 2001, Vanilla Sky fut loin de faire l'unanimité, tant auprès du public que des critiques. Bien entendu, le nom de Tom Cruise au générique n'est pas étranger au 100 millions de dollar rapporté par ce film, mais le bouche-à-oreille négatif aura suffit pour faire de Vanilla Sky un succès commercial mitigé. Paniqués devant la très décevante réception du public, Tom Cruise et le réalisateur Cameron Crowe, ont exercé leur tournée promotionnelle mondiale en suppliant les spectateurs d'accorder une seconde chance au film en se donnant la peine de le visionner une deuxième fois. C'était peut-être là surestimer la valeur de leur film, car peu importe le nombre de visionnement les défauts de Vanilla Sky persistent.
Pour ceux qui l'ignoraient, Vanilla Sky n'est pas une œuvre originale mais bien une copie quasi-conforme d'un petit film espagnol réalisé par Alejandro Amenabar (The Others) et intitulé Abre Los Ojos (Ouvre les yeux). L'histoire y est calquée en tout point, ceux ayant vu l'original ne doivent donc s'attendre à aucune surprise. Il s'agit des mésaventures d'un jeune play-boy séduisant mais ingrat et insouciant (Tom Cruise), dont la vie aisée prendra une tournure dramatique et horrifique suite à un accident qui le laissera défiguré. Accusé d'un meurtre qu'il jure n'avoir jamais commis, il devra reconstituer les pièces de son existence trouble pour arriver à déceler la vérité…
Vanilla Sky est un film hybride à cheval entre le suspence, la science-fiction et le drame psychologique. Peut-être est-ce justement dû à cet amalgame hétérogène que le film failli à trouver un rythme et une identité. À trop vouloir donner à son film une signature qui lui est propre, le scénariste et réalisateur Cameron Crowe a surtout alourdi l'oeuvre. Les références à la culture pop, une thématique chère à Crowe, marquent la réalisation du début à la fin tandis que la trame-sonore nous bombarde de succès musicaux commerciaux très actuels. Tous savent que Cameron Crowe est un amateur invétéré de musique populaire. Or, à trop vouloir bercer son œuvre de chansons connues pour mieux appuyer ses thèmes, Crowe a involontairement sacrifié le ton et l'ambiance. L'ambiance du film, et parfois même le rythme, est brisé par l'apparition d'une pièce musicale qui n'a pas nécessairement sa place. À l'inverse, le film d'Amenabar ne comptait que sur une trame-sonore minimaliste qui conférait à Abre los ojos un climat sombre et mystérieux. À ce niveau, le film de Cameron Crowe est beaucoup trop éclaté. Quant aux nombreuses références à la culture pop, elles sont certainement bien cernées mais ont-elles réellement leur place dans ce film ? Elles alourdissent le contenu de l'oeuvre, qui ne sait plus trop quel message passer. À tout près de 120 minutes, le film d'Amenabar paraissait déjà un peu longuet (un montage plus serré aurait été de mise). Avec 20 minutes supplémentaires, Vanilla Sky est un film beaucoup trop long (voir laborieux) qui aurait gagné à être épuré. Comment expliquer que Cameron Crowe ait eu besoin de tout ce temps supplémentaire pour raconter la même histoire, avec sensiblement les mêmes dialogues ?!? La complaisance est peut-être la réponse à cette question…
Plusieurs ont reproché à Cameron Crowe de s'être adonné à un exercice exagérément complexe dans le seul but de surprendre le plus possible le spectateur lors de la finale. Pourtant, s'il est un reproche que nous puissions faire à Crowe, c'est surtout d'avoir calqué son scénario, ses dialogues et même sa réalisation sur l'œuvre d'Amenabar sans y apporter un angle différent.
Ce qui fait de Vanilla Sky un film raté n'est pas une confusion, mais bel et bien la futilité de l'exercice qui n'est qu'une copie conforme d'un petit film réussis et dont les seuls éléments originaux ne font qu'alourdir la thématique de l'œuvre. À apprécier pour le jeu des comédiens (exception faite de Penélope Cruz, totalement superficielle) mais surtout pour la somptueuse photographie de John Toll.



Image
Vanilla Sky nous est ici offert en format original de 1.85:1 d'après un transfert anamorphosé d'excellente qualité qui rend pleinement justice à la superbe photographie.
Dans l'ensemble, la définition est optimale. On nous offre une image nette et un excellent niveau de détails. La colorimétrie, qui alterne allégrement entre les couleurs chaudes et froides, propose dans un cas comme dans l'autre des couleurs riches et pures. La saturation est tout à fait à point et nous ne déplorons aucun débordement. Impossible cependant de se prononcer sur la justesse des couleurs, un filtrage très marqué caractérisant la photographie.
S'il est un défaut à déplorer de ce transfert, et aussi minime soit-il, ce sont les contrastes qui nous sont apparus sur-accentués à quelques moments. Inéviablement les parties sombres tendent à très légèrement bloquer qui sont, autrement, plutôt bien dégradées. Quant au noirs, ils affichent une profondeur et une pureté irréprochable.
Bien entendu, l'interpositif utilisé pour ce transfert est impeccable et ne souffre d'aucun défaut quel qu'il soit. Le transfert est également exempt de tout défaut de compression et, pour une fois, il n'y a aucune sur-définition des contours.



Son
Trois bandes-son sont offertes avec cette édition : deux anglaises (Dolby Digital 5.1 / 2.0 Surround) ainsi qu'un doublage français (Dolby Surround 2.0).
Le mixage anglais Dolby Digital 5.1 est marqué d'un dynamisme impressionnant doublé d'une solide présence. Les éléments sonores profitent d'un mixage pleinement maîtrisée et minutieux, créant ainsi un environnement crédible. Le champ-sonore se déploie agréablement de toutes les enceintes, principalement de l'avant, et plus subtilement des canaux d'ambiophonie. Ceux-ci sont mis a contribution intelligemment; tantôt créer une ambiance subtile, tantôt pour certains effets sonores localisés. On dénote également quelques transitions de canaux bien amenées et parfaitement bien exécutées. La trame-sonore est solidement intégré tandis que les chansons sont rendus avec forces et fidélités. Les basses sont solides et profondes, soutenant parfaitement l'action du film. Quant aux extrêmes-basses, elles sont utlisées de façon adéquate, sans excès.
Devant la très grande qualité de ce mixage, il n'est que plus désolant de devoir se contenter d'un doublage français Dolby 2.0 Surround. Bien évidemment, cette bande-son est d'une spatialité réduite, un dynamisme restreint et d'une profondeur limitée. Quel dommage que Paramount s'entête à n'offrir que des bandes-son françaises de ce format...
À noter que seuls des sous-titres anglais sont offerts avec ce titre.



Suppléments/menus
Bien que ce titre ne porte pas la mention édition spéciale un certain lot de supplément est offert. Le plus intéressant d'entre tous est certainement la piste de commentaires audio animée par le réalisateur et scénariste Cameron Crowe, accompagné par sa femme, la compositeur Nancy Wilson. Première particularité de cette piste : Nancy Wilson est équipée d'une guitare acoustique et accompagne les propos de son marie musicalement plutôt que verbalement ! Il s'agit certainement d'une première, et le résultat, bien qu'inégale, offre une dynamique qui n'est pas commune à ce type de supplément. À noter également qu'en cours de route, Cameron Crowe contact Tom Cruise par téléphone et discute avec lui du film pendant une dizaine de minutes… Amusant ! Quant au contenu de la piste en tant que tel, Crowe s'avère être un homme intelligent et articulé qui n'a aucun mal à trouver un sujet de discussion. Il explique ses intentions, ses surprises et déceptions. Franchement, il s'agit de l'une des piste les plus agréable qu'il nous ait été donné d'entendre depuis longtemps, ne serait-ce que pour le ton léger et amical.
Chose étrange, les deux courts documentaires offerts avec cette édition ne sont pas accessibles via le sous-menu des suppléments, mais bien via le menu principal. Quoi qu'il en soit, vous en apprendrez très peu sur le film avec ces documentaires. En fait, dans un cas comme dans l'autre, il s'agit plus d'un montage de scènes croquées sur le vif par Cameron Crowe et Tom Cruise avec l'aide de leur caméra vidéo personnelle que de réels documentaires. Le premier, intitulé Prelude to a Dream, est également agrémenté d'une piste de commentaires audio animé par le réalisateur dans laquelle il tente de justifier son film par tous les moyens… Plutôt agaçant. Le seul intérêt de ce segment provient du fait qu'il traduit fort bien l'ambiance qui régnait sur le plateau. Le deuxième segment, nommé Hitting it Hard, nous montre quant à lui la tournée promotionnelle mondiale qui a précédée la sortie du film. Aucun commentaire n'accompagne ce montage une peu brouillon dont le seul mérite, encore une fois, est de nous montrer de l'intérieur l'ambiance et la frénésie qui accompagne de telles tournées. Amusant, sans plus. Via le sous-menu supplément, vous trouverez diverses rubriques. La première, intitulé Music, vous offre deux choix. Il y a d'abord une entrevue banale et complaisante de 2 minute accordée par Paul McCartney à l'émission Entertainment Tonight. Voilà bien une entrevue dont on aurait pût se passer. Vous trouverez ensuite un vidéoclip pour la chanson Afrika Shox, interprétée par Leftfield/Afrika Bambaataa. Quelle déception de voir que le vidéo de Vanilla Sky de Paul McCartney n'ait pas été aussi inclu.
Le deuxième rubrique se nomme Photo Galleries et se compose, cela va de soit, de diverses galeries de photographies prises sur le plateau par le photographe Neal Preston. Le choix de photos est vaste et de qualité. Aspect intéressant, on nous offre l'option d'entendre une introduction audio animée par le photographe avant de nous aventurer dans ces multiples galeries. À noter que dans cette section se cache un œuf de pâques des plus savoureux, visitez ce lien pour découvrir son emplacement.
Finalement, la section Trailers vous offre une bande-annonce inédite jamais diffusée en salles ainsi que la bande-annonce originale.




Conclusion
Vanilla Sky est un film long et ambitieux (voir prétentieux ?) qui ne plaira définitivement pas à tous. Le concept est original et intrigant, mais le résultat n'arrive certainement pas à la hauteur des attentes. À ce niveau, l'œuvre originale (Abre Los Ojos) était d'avantage réussie. Toutefois, en ce qui concerne les aspects purement techniques de cette édition, les consommateurs qui se procureront ce titre en auront certainement pour leur argent. La qualité d'image est excellente, tandis que le mixage sonore est presque exemplaire. Les suppléments manquent de rigueur, mais à tout le moins réussissent-ils à divertir, ce qui est déjà bien.



Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
4,3/5

Suppléments:
2,8/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2002-05-22

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Vanilla Sky

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
135 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaires, entrevue, vidéoclip, galeries de photographies et bandes-annonces.

Date de parution:
2002-05-21

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