Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Stalag 17 (Special Collector's Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Billy Wilder est un immense cinéaste qui mérite toutes les éloges pour avoir su œuvrer au sein même des studios hollywoodiens mais dans le même temps proposer une œuvre personnelle, reflexive et engagée tout divertissant le grand public.
Cette capacité à allier deux qualités a priori assez antinomiques est celle qui ressort de façon évidente lorsque l’on se penche sur l’œuvre de Wilder.
Et Stalag 17 en est une éclatante démonstration puisque Wilder y réussit un mélange assez improbable sur le papier (surtout en 1953) de film de prison, de franche comédie à la limite du burlesque parfois (les deux prisonniers rappelant par moments Laurel et Hardy), d’humour très noir et acide (le cynisme malheureusement juste de Sefton), d’œuvre profondément ambiguë malgré sa facture ouvertement grand public et pour finir d’œuvre engagée en étant la première à aborder la question des prisonniers de guerre (et dont le succés engagera une vague de films sur ce sujet).

Wilder comme à son habitude ne choisit jamais la facilité et décide d’adapter une piéce de théatre à succés qu’il fera presque totalement réecrire. Cette pièce à été justement crée par deux anciens prisonniers et c’est bien cela qui à attiré le cinéaste friand d’une authenticité quasi essentielle à sa méthode de travail si particulière.
Il décidera donc dans sa mise en images de rester le plus fidèle possible aux conditions réelles des camps de prisonniers allemands au grand désarroi des producteurs du films qui s’inquiétaient devant ces décors sales, cette boue omniprésente et cette absence totale d’un quelconque « glamour » chez les acteurs comme les costumes ou les décors.
Wilder ne cherche à aucun moment la glorification des soldats américains, travers dans lequel tomberons trop souvent les films à venir sur le sujet des prisonniers de guerre.
C’est bien d’ailleurs cela qui frappe au premier abord puisqu’aucun véritable « héros » ne se distingue et ce même au fur et à mesure que le film progresse puisque même dans son dernier tiers le personnage central (Sefton incarné par Holden) est bien loin de l’héroique soldat sans peur et sans reproche qu’aurait sans aucun doute souhaité le studio.
Au contraire fidèle à son attitude, il plonge son film dans un humour hybride souvent extrémement noir, à la limite du cynisme sans jamais y tomber (jamais Wilder ne cautionne ouvertement les attitudes les plus apparamment immorales de Sefton), contrebalancé par de nombreuses parties totalement burlesques (Animal and Shapiro) ou les deux acteurs s’en donnent a cœur joie.

Cette partie comique totalement débridée est peut être celle qui est la moins équilibrée du film et donne parfois une impression d’un certain manque de maitrise de la part de Wilder, bien qu’au final cette sensation ne soit pas tenace. Heureusement d’ailleurs ces deux soldats farceurs dont l’humour paraît souvent irréaliste dans une telle situation, semblent plus animés par une énergie du desespoir que par une attitude de dur à cuire qui ne cherche qu’a humilier leurs geoliers.

Ainsi la scène ou un bal est organisé entre les prisonniers vire au tragi-comique, un type de situation que Wilder adore et construit à la perfection. La drolerie visuelle de la situation de Animal (il est amoureux de Greta Garbo et lorsque Chapiro se déguise en blonde platine, sous l’effet de l’alcool il croit vraiment danser avec elle et non son camarade) est rapidement contrebalancée par l’absurdité et finalement la tristesse de la situation de cette homme certes frustre mais certainement pas insensible ou uniquement brutal.
De même, Sefton, un personnage difficile car garant à la fois d’une attitude décompléxée mais porteur d’un cynisme et d’une ambiguité morale qui l’empêche d’être sympathique à aucun moment, va se révéler beaucoup plus fin et droit qu’il n’y paraît au premier abord. Holden a clairement pris un risque en incarnant un anti-héros aux valeurs si peu recommendables et il nous offre un performance absolument remarquable de bout en bout.
Sefton profite clairement de la situtation sans vergogne, mettant a profit son talent de magouilleur, son sens de l’organisation et du risque calculé pour tenter d’avoir le séjour le moins désagréable possible dans ce camp de prisonniers. Son souci est qu’il le fait au mépris de tout esprit de groupe, en utilisant sans verguogne la veulerie des geoliers mais à son profit personnel tout en narguant ses collégues. Il se moque éperduement des jalousies qu’il peut déclencher en permanence chez ses camarades et son insolence extréme est d’ailleurs signifiée dés le début du film ou il ose prendre des paris sur les chances de réussite d’une évasion.

Wilder est un cinéaste profondément humain au sens ou au lieu de donner à ses camarades une attitude dédaigneuse de circonstance, il va les faire s’offusquer et finalelement devenir aussi immoraux que Sefton en acceptant de prendre part aux paris. Si cette scène rend Sefton « détestable » dés le début, elle ne met pas non plus ses camarades en odeur de sainteté et Wilder montre clairement que le loi du groupe est de loin la plus forte.
Sefton malgré tout son cynisme est celui qui est le plus proche d’une attitude « logique » dans une telle situation mais ses camarades vont de suite le cataloguer responsables de leurs problémes (une collaboration avec les geoliers allemands) alors même qu’ils n’ont aucune preuve.
A ce titre la scène ou il vont arbitrairement « corriger » Sefton est d’une violence surprenante (non graphique mais purement cinématographique) et à partir de cet acte clairement condamnable le film va basculer dans un autre registre, de comédie noire a suspense redoutable fortement teinté d’amertume.
Sefton est désagréable, détestable même mais c’est principalement le fait d’etre seul contre tous qui le fait hair de ses camarades qui dés lorsq agisse comme n’importe quel groupe en position de force, de façon totalement arbitraire et injuste.
Sefton avait pourtant totalement raison dans son attitude désenchantée et proche de l’absurde puisqu’il s’agit de la façon même dont les Allemands traitent leurs prisonniers, comme un groupe d’adolescents attardés qui pensent leurs petites manigances invisibles. Certes cette resistance est profondément nécessaire pour le moral des hommes mais elle confine parfois à la bétise et mène à des comportements abherrants.

Wilder n’est pas seulement un fin scénariste et un dialoguiste hors pair , il est également un metteur en scène au sens visuel très aiguisé et à la finesse de ton surprenante (alors que sa réputation auprés de nombreux critiques premiers degrés est justement de manque de subtilité). Ainsi la mise en scène du film aurait pu trahir l’origine théatrale du projet par un certain statisme alors qu’au contraire elle est etonnament dynamique pour une œuvre qui se passe la majeure partie du temsp dans une pièce unique, qui plus est fortement peupleé.
Et c’est grace à ce sens du mouvement et à la réecriture qu’il a effectué que Wilder nous offre un film vivant et en permanence captivant, notamment dans sa dernière partie ou le suspense prend le dessus et la tension devient totalement palpable.

Malgré un équilibre moins parfait que sur d’autres de ses films, Wilder nous offre ici un film passionnant de bout en bout, une comédie qui oscille entre francs éclats de rire et humour noir, un suspense palpitant et des questions morales ainsi qu’une dénonciation virulente de la fermeture de l’esprit de groupe dans ce qu’il a de plus bas (sans oublier d’en montrer également les bons côtés).
Contrairement à ce que fera la série Hogan’s Heroes qui découle en découle, Stalag 17 sait se moquer des Allemands, mais jamais ne les montre comme des idiots incompétents, bien au contraire puisqu’il seront maitres de la situation pendant la majeure partie du film.

Nous vous recommandons donc très vivement le visionnage de cette œuvre passionnante qui comblera à coup sur les amateurs du genre film de prison mais aussi les autres qui ne pourrons être que surpris par la modernité et la subtilité de ce film qui demande un certain recul pour en apprécier pleinement toutes les qualités.




Image
L’image est présentée au format respecté de 1.33:1 d’après un transfert 4:3.

La définition générale est d’excellente qualité, d’autant plus lorsque l’on prend en compte l’age du film. L’interpositif est étonnament propre et à part quelques rares points blancs et quelques scènes plus granuleuses, il s’agit la d’un sans faute au rendu très cinéma qui plus est.
Le contraste est impeccablement géré, évitant toutes les sur brillances.
Les scènes sombres sont superbement rendues grace à des noirs d’une profondeur et d’une pureté surprenantes. Le rendu de l’échelle des gris est d’un niveau impressionnant, rendant le maximum de nuance possibles.
La partie numérique enfin est, comme il se doit sur une remasterisation de qualité comme celle-ci, exempte de reproches puisqu’a moins de scruter l’écran à la recherche de la moindre imperfection ce transfert s’avère presque parfait sur ce plan la.






Son
Les deux bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby 1.0 mono) et Français (Dolby 1.0 mono).

La dynamique est clairement limitée par l’age et le format du film mais reste tout à fait acceptable. Il en est de même pour leur présences et spatialités certes restreintes mais dans une bonne moyenne compte tenu des limitations évoquées.
La musique est correctement rendue même si les limitations dans le haut et le bas du spectre sont clairement audibles. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et les traces de parasites et distortions limitées au maximum et ne devenant qu’en poussant le volume au dela du raisonnable.
Les basses fréquences sont logiquement absentes et il est certain qu’une présence accrue dans ce domaine aurait permit de donner un peu plus d’assise lors des scènes les plus agitées.

La bande-son française est plus étouffée et restreinte que son homologue anglaise et offre un doublage qui ne rend pas honneur au film et à ses interprêtes.

Les sous-titres ne sont disponibles qu’en Anglais.

Une bande-son qui fait son travail et ce malgré les limitations d’origine et nous n’en demandons pas plus même si le résultat final est en dessous de celui de l’image.




Suppléments/menus
Une section assez complête qui manque comme à l’accoutumée d’une partie analytique mais s’avère relativement intéressante et dans l’ensemble digne d’intérêt.
Le commentaire audio des acteurs Richard Erdman et Gil Stratton accompagnés d’un des auteurs, Donald Bevan n’est pas le plus informatif qui soit mais les tros hommes s’entendent bien et transmettent leur bonne humeur. Ils ont tendance à ne se focaliser que sur leurs souvenirs et omettent toute tentative de recul critique, se contentant de nous servir des anecdotes souvent plaisantes parfois informatives. Il est dommage qu’un spécialiste de Billy Wilder n’ait pu les accompagner et nous proposer une analyse du style du cinéaste ainsi qu’un « comparatif » avec ses autres films.

Sur le même disque est offert un documentaire intitulé « Stalag 17’: From Reality to Screen » (21 mins) qui retrace les différentes étapes de production du film, de l’achat des droits de la pièce de théatre à la sortie du film. Les divers intervenants sont tous enthousiastes et délivrent des informations intéressantes, même si le cinéaste Nicholas Meyer l’est parfois trop (au mépris de toute objectivité). Un segment qui permet de mieux comprendre d’où vient le film et quelles étaients les intentions et les contraintes qu’a pu rencontrer Billy Wilder.
Le second documentaire est intitulé « The Real Heroes of Stalag XVII B » (24 mins) retrace la vraie vie des prisonniers du camp Stalag 17 et permet de se rendre compte que le fait d’être le premier film à parler de façon réaliste des prisonniers de guerre à un rôle central dans sa construction.

Pour finir est disponible une petite galerie de photos.
Seule la jacquette est vraiment de mauvais gout, non pas pour sa composition mais pour la couleur jaune du pire effet et totalement hors de propos qui donne un air de jaunisse a ce pauvre William Holden.

Un ensemble qui aurait donc pu être plus développé mais qui s’avère intéressant à défaut de passionnant et remplit plus qu’honnêtement son contrat.




Conclusion
Une édition aux qualités audio et vidéo tout à fait satisfaisante accompagnées par un ensemble de suppléments plus que corrects.

Billy Wilder est un immense cinéaste, un monste sacré d’Hollywood qui mérite amplement sa réputation et si Stalag 17 n’est pas le plus abouti ou le plus magistral de ses films, il reste une œuvre courageuse, engagée, fidéle au principe d’ambiguité et de mélange radical des genres qui font tout le prix de l’art de Wilder.




Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,6/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
3,4/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2006-04-07

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Stalag 17

Année de sortie:
1953

Pays:

Genre:

Durée:
120 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Commentaire audio, documentaires, galerie de photos

Date de parution:
2006-03-21

Si vous avez aimé...