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DVDEF

Swordfish

Critique
Synopsis/présentation
Au moment de la parution en salles du film Swordfish, à l'été 2001, peu de gens auraient pu prédire que le sujet purement fictif exploré par ce film allait soudainement devenir criant d'actualité. En effet, depuis les terribles attentats perpétrés contre les États-Unis le 11 septembre 2001, Swordfish est la nouvelle preuve que la réalité dépasse souvent la fiction. À l'origine, cette œuvre se voulait être une sorte de parodie du cinéma hollywoodien et des excès patriotiques américains. Mais aujourd'hui, le film acquiert soudain une lucidité quasi-malsaine qui porte à tout sauf à rire.
Swordfish raconte les tribulations de Stanley (Hugh Jackman), un pirate de l'informatique tout juste sortie de prison pour qui le seul contact avec un ordinateur quel qu'il soit pourrait le ramener directement derrière les barreaux. Mais voilà que le célèbre criminel, qui n'aspire à rien d'autre qu'à mener une vie paisible, se retrouve convoité par un mystérieux et charismatique mégalomane (John Travolta) qui désire obtenir les services du pirate pour infiltrer une banque et y voler la somme d'un compte gouvernemental ultra-secret.
Ne cherchez pas dans ce cour résumé un lien quelconque avec les attentats terroristes du 11 septembre dernier, car vous n'en trouverez aucun. Ce n'est que dans les dernières minutes du récit, lorsque l'objectif résultant du vol de banque est découvert, que le scénario s'apparente dangereusement à la récente actualité. Or, vous en raconter d'avantage n'aurait que vendu le seul véritable revirement du film. Si l'occasion s'offre à vous de voir ce film, vous remarquerez à quel point le patriotisme quelque fois excessif des américains prends des allures troublantes de vérité lors de la conclusion. Cela reste parodique, mais on ne peut faire autrement que se pencher sur cette obsession des dirigeants américains à vouloir s'isoler du reste du monde tout en voulant prouver leur supériorité à la communauté internationale. Dérangeant… Dommage seulement que ce portrait lucide n'ait pas été au service d'un meilleur film. Pourtant prometteur lors des premières minutes, le film s'enlise rapidement par la suite au gré d'une intrigue insipide et de dialogues tout simplement ridicules. Pourtant censé traiter de piratage informatique, c'est un film d'action archi-conventionnel qui nous est offert. Les rebondissements ne sont prétextes qu'à des scènes d'actions, on se soucie guère d'une quelconque crédibilité. De plus, le film baigne dans un tel climat de misogynie (toutes les femmes sont des garces) et de violence malsaine qui a tôt fait de nous répugner. Notons comme points positifs une mise en scène efficace, une photographie soignée et des acteurs énergiques et convaincants (exceptée le jeu infecte de Halle Berry, absolument ridicule dans un rôle qui l'est tout autant).



Image
Le film est ici présenté en format original de 2.35:1 d'après un transfert anamorphique d'excellente qualité. L'image est toujours nette et bien définie, les moindres détails sont présentés avec une précision exemplaire. Il est ardu de se prononcer sur la naturalité de la colorimétrie puisque plusieurs filtres ont été utilisés pour intentionnellement altérer la photographie. Vous remarquerez de fortes dominantes de bleus et de verts dans plusieurs séquences sombres, tandis que les scènes extérieures affichent une forte dominante orangée. Malgré ces altérations volontaires, les couleurs nous sont apparues justement saturées, constantes et ne souffrant d'aucun débordement. Contrastes et brillances sont constants du début à la fin, on ne dénote aucune variation maladroite. Les noirs sont quant à eux très profonds, sans jamais bloquer dans les régions les plus sombres..
L'interpositif utilisé pour ce transfert est de première qualité et ne souffre d'aucun parasite ou anomalie. Il y a une très légère sur-définition des contours mais sans toutefois vraiment gêner. Nous n'avons remarqué aucun défaut de compression sur ce transfert.


Son
Les bandes-son anglaise et française disponibles sur cette édition sont toutes deux offertes en format Dolby Digital 5.1. Curieusement, on se serait attendu à un dynamisme plus excessif. Ces bandes-sonores offrent bel et bien un dynamisme mordant et agressif durant les scènes d'action majeures (le chapitre 2 est particulièrement saisissant grâce à des effets canaux à canaux étourdissants), mais le reste du temps, le son se déploi surtout des enceintes avant. De façon générale donc, les effets d'ambiophonies sont employés avec parcimonie, tantôt pour créer l'ambiance, tantôt pour donner un certain impact à la trame-sonore, qui est intégrée avec souplesse. La spatialité souffre quelque peu de cet usage restreint des enceintes arrières, un peu plus d'amplitude aurait donné plus de vie à l'environnement sonore. Les dialogues sont adéquatement intégrés à l'ensemble, ceux-ci sont toujours nets et parfaitement intelligibles. Les basses sont quant à elles profondes et denses lorsque le film l'exige, et le canal .1 (LFE) appui correctement les séquences d'action les plus mouvementés, sans toutefois qu'il y ait extravagance.
À noter que des sous-titres anglais, français et espagnols sont également disponibles sur cette édition.



Suppléments/menus
Quelques suppléments ont été réunis pour cette édition de Swordfish, dont le plus intéressant est vraisemblablement la piste de commentaires audio animée par le réalisateur Dominic Sena. Ce dernier se révèle vif et articulé, le ton est captivant du début à la fin. Il partage avec éloquence les difficultés scénaristiques rencontrées, et explique clairement ses intentions. Il est visiblement enthousiaste face à son œuvre et fière de son équipe de production, qu'il ne cesse de couvrir d'éloges. En ce sens, certains propos semblent avoir une connotation un tantinet complaisante, mais ses propos sont suffisamment intéressant pour compenser cette fausse note.
Deux documentaires sont également disponibles sur cette édition. Le premier n'est encore qu'un de ces documentaires promotionnels produits par la chaîne HBO. Comme à l'accoutumée, ce segment de quinze minutes se contente de nous présenter des entrevues sans intérêts avec les principaux artisans du film. L'information n'est qu'abordée superficièllement, clairement l'unique dessein de ce document est de nous vendre les mérites du film. Le deuxième documentaire, intitulé The Effects In Focus (8 min), s'attarde quant à lui à la conception de la spectaculaire séquence finale du film, dans laquelle un autobus est transporté par hélicoptère au-dessus du centre-ville de Los Angeles ! Le contenu est cette fois nettement plus technique, quoi que l'information n'est certes pas aussi approfondie que nous l'aurions souhaité.
Suivent non pas une mais bien deux fins alternatives du film. D'un intérêt mitigé, ces deux séquences ne présentent finalement que très peu de différences avec la finale retenue. Des commentaires audio optionnels sont également disponibles sur ces deux conclusions, alors que le réalisateur explique clairement les raisons qui l'ont poussées à choisir une fin plutôt qu'une autre.
La bande-annonce et une section DVD-ROM complètent ces suppléments.




Conclusion
Après un succès des plus mitigé lors de sa sortie en salles, peut-être le film trouvera-t-il ses adeptes sur les tablettes des magasins et des vidéoclubs. Une chose est certaine, si le film peut laisser perplexe, la qualité du son et de l'image présente des qualités indéniables. Les quelques suppléments, loin d'être exceptionnels, ajoutent néanmoins à la valeur globale de ce produit de très honnête qualité.



Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
3,7/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-10-28

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Swordfish

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
99 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, 2 documentaires, 2 fins alternatives et bande-annonce

Date de parution:
2001-10-30

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