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DVDEF

Memoirs of a Geisha (WS)

Critique
Synopsis/présentation
Ayant pris l’affiche dans la controverse, « Memoirs of a Geisha » est arrivé sur nos écrans avec, à son actif, de beaux coups de marketing. D’abord, Steven Spielberg qui a avait été approché pour adapter le roman de Arthur Golden, mais qui a manifestement refusé pour effectuer la réalisation de « Munich » (en agissant tout de même à titre de producteur ici). Ensuite, Rob Marshall, poulain de Miramax, qui voulait réaliser une production de DreamWorks. C’est plus tard, après plusieurs disputes et grâce à un marché entre les deux studios que Marshall a pu se charger de la réalisation. Mais surtout, ce qui a fait frémir les spectateurs était l’embauche d’actrices chinoises pour interpréter des personnages japonais. D’ailleurs, le film a été banni en Chine pour cette raison. Donc, juste assez de controverse pour attiser les attentes. Mais comme bien d’autres films avant lui, « Memoirs of a Geisha » a un passé qui a fait « beaucoup trop de bruit pour rien ».

Le film remonte à l’entre deux guerres, au Japon, et raconte l’histoire de Chiyo (Suzuka Ogoh) et de sa sœur vendues par leur père alors qu’elles sont très jeunes. Elles seront séparées, Chiyo vendue à une maison de geishas et sa sœur condamnée à travailler comme prostituée. Destinée à devenir une geisha, la jeune Chiyo ne sera déterminée à tout faire pour en obtenir le statut que lorsqu’elle croisera le chemin d’un homme d’affaires (Ken Watanabe) qui semble lui porter une attention particulière et dont elle tombera amoureuse. C’est alors que, avec l’aide de Mameha (Michelle Yeoh), la jeune femme, maintenant appelée Sayuri, deviendra une des plus importantes geishas, éclipsant Hatsumomo (Gong Li) et Pumpkin (Youki Kudoh), deux geishas vivant sous le même toit qu’elle. C’est Zhang Ziyi (Crouching Tiger, Hidden Dragon, 2046) qui incarne Chiyo/Sayuri, cette geisha qui fera tout pour conquérir le cœur de celui qu’elle aime.

Le principal problème de « Memoirs of a Geisha » est d’être interprété d’après le point de vue américain. Autant dans le roman, écrit par Arthur Golden que par le scénario adapté par Robin Swicord. Si Golden optait pour un traitement plutôt intérieur, avec les pensées et les tourments du personnage de Chiyo, Swicord laisse tout tomber cet aspect au profit d’une histoire d’amour simplette et très fleur bleue. Pourtant, on aborde plusieurs thèmes très intéressants, comme la rivalité féminine avec le personnage de Hatsumomo et le sacrifice personnel qu’exige le statut de geisha. Mais malheureusement, toutes ces idées ne sont que bien trop peu effleurées.

Ceux qui croyaient en découvrir davantage sur le mystère entourant la culture japonaise risquent d’être très déçus et seraient mieux de passer leur chemin. En effet, tout le mythe autour de l’idée de geisha n’est qu’un prétexte à cette histoire d’amour impossible entre Sayuri et « The Chairman » joué par Ken Watanabe. Si leur première rencontre est marquante et charmante, le désir de les voir se retrouver diminue à mesure que le film avance. On ramène constamment leur histoire d’amour en premier plan, mais son évolution ainsi que sa crédibilité nous empêche de vraiment y croire. Un exemple parfait est cette habile mise en scène de la part de Sayuri pour rendre jaloux l’homme auquel elle est promise. Le personnage de Watanabe est témoin de la scène et s’enfuie. Mais voilà, en un instant, on oublie tout et on nous sert une finale des plus cucul, qui soit dit en passant, est tout à fait différente dans le roman de Golden.

On peut également douter du choix, pas toujours convaincant, de laisser les acteurs s’exprimer dans la langue de Shakespeare. Si certaines actrices se débrouillent bien, d’autres ont beaucoup plus de difficulté. C’est notamment le cas de Zhang Ziyi. L’actrice a déjà connu des rôles plus mémorables et son accent anglais joue un peu sur sa performance. Reste sa bouille de femme-enfant sur laquelle le réalisateur semble beaucoup se reposer pour attirer la sympathie du spectateur. Les autres acteurs sont aux prises avec des personnages unidimensionnels, donc ils font ce qu’ils peuvent. Seule Gong Li vient apporter une touche de nuance et d’humanité à son personnage manipulateur et ambitieux.

En revanche, la réalisation de Marshall est assez convaincante. Le cinéaste a un flair visuel évident (rappelons-nous « Chicago »). Chaque plan est calculé et profite d’une délicieuse direction photo de Dion Beebe. Les paysages et les décors sont à couper le souffle. Pensons à cette superbe scène où Sayuri effectue son premier grand numéro. La même chose peut être dite de la conception des costumes effectuée par Colleen Atwood (récompensée aux derniers Oscars). Quelques deux cents cinquante kimonos auraient été confectionnés pour le film. Certaines langues affirment que les couleurs et les imprimés présentés sur les kimonos du film ne seraient pas authentiques, mais on ne peut nier la qualité et la beauté des habits ici présentés. Mentionnons également la musique signé par le maître John Williams qui a réussit à faire ressortir l’essence même du film.

Certains trouveront leur compte avec « Memoirs of a Geisha », d’autres non. Il s’agit d’une banale histoire d’amour comme on en a vu des milliers, présentée dans un contexte différent, tout simplement. Il s’agit par contre d’un film dont on doit saluer les prouesses techniques comme cela a d’ailleurs été le cas aux derniers Oscars (Meilleure direction artistique, Meilleure direction photo, Meilleurs costumes).



Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.40:1 d’après un transfert 16:9.

Puisqu’il s’agit d’une œuvre très récente, nous avons droit à un excellent traitement de l’image. L’image est d’une netteté exemplaire, dû à un interpositif visiblement dans un très bon état. Le rendu des détails et des textures est aussi fabuleux, notamment pour les multiples costumes. Chaque morceau de tissu paraît hallucinant et les paysages sont magnifiques. Il en va évident de même pour le rendu des couleurs qui profite d’une pleine saturation laissant voir une palette de couleurs, vibrante et d’une rare beauté. Il faut voir ce qu’on a réussi à faire avec cette fameuse scène où Sayuri se donne en spectacle pour la première fois. Sinon, les tons de peaux demeurent naturels et les contrastes sont toujours parfaitement gérés. Les parties sombres font preuve, la plupart du temps, d’excellents dégradés. Les noirs sont bien purs et intenses. Bref, un excellent transfert qui rend amplement justice à la superbe facture visuelle de son œuvre.



Son
Cette édition offre deux bandes sons, soit anglaise et française, au format Dolby Digital 5.1. La bande son anglaise a été celle utilisée pour cette critique.

C’est aussi un excellent traitement pour le mixage ici présenté. La bande son démontre une excellente présence et un dynamisme tout à fait acceptable, si l’on se fit au genre cinématographique. Le film étant surtout axé sur les dialogues, les effets d’ambiophonie se font plutôt rares et la bande son ne profite pas toujours pleinement du mixage 5.1, le déploiement du champ sonore se limitant surtout aux canaux avant. Les enceintes arrière sont donc employées surtout pour mieux appuyer les ambiances. Par contre, la superbe trame sonore de John Williams s’intègre de façon subtile au mixage en demeurant assez présente dans le film. Bien entendu, les dialogues sont toujours constamment et parfaitement intelligibles. Les basses sont adéquatement employées à quelques reprises de même que pour les extrêmes graves (canal .1 LFE).

Des sous-titres anglais et français sont disponibles.



Suppléments/menus
Les suppléments nous sont offerts sur deux disques. Sur le premier disque, nous retrouvons deux pistes de commentaires audio. La première réunie le réalisateur Rob Marshall et le co-producteur John DeLuca et la deuxième, différents membres de l’équipe de production (la costumière Colleen Atwood et le monteur Pietro Scalia, notamment). La première piste se veut très intéressante, permettant aux deux intervenants de parler aisément de l’œuvre, tout en restant assez contemplatif. Curieusement, la deuxième piste de commentaire se veut beaucoup moins intéressante que l’on aurait pu le croire. Les intervenants restent très souvent en surface tout en prenant soin de rappeler à quel point leur travail a été dur et si bien effectué.

Nous retrouvons, sur le deuxième disque, la plupart des suppléments, soit 11 courts documentaires ainsi que deux galleries de photos. « Sayuri’s Journey : From the Novel to the Screen » (14 :25) se concentre surtout sur l’adaptation du roman de Golden. Plutôt intéressant, il nous permet d’avoir la perspective de l’auteur ainsi que de comprendre certains choix scénaristiques. « The Road to Japan » (5 :33) explore la recherche des décors au Japon. Même s’il est plutôt court, le segment fait très bien le tour de la question. « Geisha Bootcamp » (12 :03) montre l’entraînement des actrices à devenir geishas en seulement quelques mois. Un segment qui reste, malheureusement, très en surface. « Building the Hanamachi » (12 :21) est un documentaire très instructif sur la construction des décors en Californie. « The Look of a Geisha » (16 :18) est sans doute le plus intéressant de tous les segments. Même s’il aurait pu être plus approfondie, nous avons droit à plusieurs informations, notamment sur l’énigme geisha ainsi que sur le « look » choisi, fournies par les acteurs, l’équipe de production, mais surtout par une consultante experte en geisha. Bien sûr, on ne peut passer à côté de la trame sonore de John Williams avec « The Music of « Memoirs » » (9 :53). L’homme donne surtout ses commentaires par rapport au fait qu’il a choisit et demander à travailler sur le film tout en donnant quelques détails quant à son fabuleux travail. « A Geisha’s Dance » (8 :12) et « The World of a Geisha » (8 :29) sont deux documentaires destinés à clarifier encore une fois l’énigme geisha en plus de démontrer encore aussi toute la somme de travail investie par les acteurs et les créateurs pour réussir à faire naître une geisha à l’écran. « The Way of the Sumo » (5 :58) se concentre sur la scène de lutte Sumo où les personnages de Sayuri et de Mameha flirtent avec des hommes d’affaires. Le cinéaste Rob Marshall nous raconte comment il a recréé l’atmosphère et le réalisme de ces combats. « Director Rob Marshall’s Story » (10 :04) est l’inévitable regard sur le travail du réalisateur. Effectuées autant par les acteurs et les artisans que le cinéaste lui-même, les remarques lancées à son égard sont justes, mais néanmoins très subjectives. Le dernier segment, « A Day With Chef Nobu Matsuhisa » (9 :43) est un inutile documentaire présentant le Chef Nobu (il a fait une apparition dans le film) et ses restaurants. La pertinence de ce segment laisse à désirer malgré son intérêt plutôt quelconque. La section « Chef Nobu’s Recipes » peut être accédée seulement à partir d’un DVD-ROM.

Nous retrouvons aussi, sur le même disque, deux galeries de photos. Une est destinées aux prises sur le tournage (« Behind the Scenes ») et l’autre présente les dessins des costumes confectionnés pour le film (« Costume Illustrations »). Une section, donc, très satisfaisante qui fait précisément bien le tour de la production du film.




Conclusion
Déception est probablement le meilleur mot pour qualifier « Memoirs of a Geisha ». Un excellent exemple d’une très belle coquille vide : une histoire fleur bleue et américanisée au possible servie par des décors superbes, des costumes fantastiques ainsi qu’une élégante mise en scène du réalisateur Rob Marshall.

Si le film laisse à désirer, cette édition DVD reste, néanmoins, un excellent produit. Avec un transfert d’image absolument fabuleux, une solide bande son et de nombreux suppléments, tout a été mis en œuvre pour rendre justice aux prouesses techniques du film, car rappelons-le, ce sont ces seuls atouts.




Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
3,7/5

Suppléments:
3,8/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
3,9/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2006-05-03

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Toshiba 27A43C, Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Memoirs of a Geisha

Année de sortie:
2005

Pays:

Genre:

Durée:
145 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Sony Pictures Home Entertainment

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Commentaires du réalisateur et des artisans, documentaires, galeries de photos

Date de parution:
2006-03-28

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