Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Shallow Hal

Critique
Synopsis/présentation
Shallow Hal, le dernier film né de l'imaginaire débridé des frères Farrelly, constitue en quelque sorte l'aboutissement d'une thématique amorcée avec leur premier long-métrage, Dumb & Dumber. L'humour grossier des frères Farrelly a toujours misé sur des handicapes physiques, pathologiques ou simplement la laideur pour faire rire. Il y avait bien sûr le joueur de quille à la main sectionnée dans Kingpin, le schizophrène de Me, Myself and Irene,ainsi que tous les personnages feignant la maladie ou un handicape pour gagner le cœur d'une femme dans There's Something About Mary. Les deux scénaristes/réalisateurs mettent en scène des anti-héros qui entraînent la sympathie des spectateurs. Les gags résultant de ces films ne sont donc pas tant grossier que carrément pathétique. Une sorte d'humour qui provoque le rire, certes, mais qui provoque un rire gênée. Qu'on se souvienne du joueur de quille dans Kingpin qui perd le tournoie final aux profit d'un vil joueur adverse, ou bien des deux imbéciles de Dumb & Dumber qui tombent amoureux d'une ravissante femme qu'ils n'auront jamais. Si, jusqu'à maintenant, les frères Farrelly ne se contentaient que d'engendrer la compassion des spectateurs pour nous faire rire, depuis leurs deux derniers long-métrages (Osmosis Jones et maintenant Shallow Hal) les deux frangins tentent d'intégrer à leur récit un discours moralisateur nouveau, engendré par cette même compassion. Dans Shallow Hal donc, c'est un véritable plaidoyer contre les critères de beauté de la société moderne qui nous est offert.
L'histoire du film gravite autour de Hal Larson (Jack Black), un macho qui n'en a que pour les belles femmes minces et à la poitrine généreuse. La personnalité, Hal n'en a que faire jusqu'au jour où il aboutira coincé dans un ascenseur avec une sorte de gourou qui lui fera réaliser qu'il y a plus que les attributs physiques. Dès lors, Hal ne verra chez la gente féminine que la beauté intérieur, indépendamment du physique. Hal tombera ainsi amoureux de Rosemary (Gwyneth Paltrow), une femme obèse qu'il verra, grâce à ses grandes qualités, comme la femme la plus magnifique qui soit.
Ce film clâme, avec plus ou moins de succès, les vertus de la beauté intérieure et toute la superficialité des standards de beauté actuels. En nous faisant compatir avec le sort de Rosemary, les cinéastes jouent avec nos émotions pour nous faire adhérer à leur morale. Le résultat final n'est pas tout à fait convaincant. Le problème, c'est que les frères Farrelly dénoncent des canons de beauté mais tout en ne montrant au cours du film que des magnifiques jeunes femmes répondant exactement à ceux-ci..Comment prendre au sérieux ce film alors qu'il tire profit de ce qu'il dénonce ? Dans les salles de cinéma où le film était projeté, il était fréquent, lors des dernières moments, d'entendre des spectateurs s'esclaffer de dégoût lorsque Hal embrassait Rosemary. Était-ce là la réaction escomptée par les deux cinéastes ?
Le discours du film est également hermétique en ce sens que seules les femmes les moins aguichantes semblent avoir de la personnalité, alors que les belles femmes dont dénuées de tout charisme. Quoi qu'il en soit, comédie ou pas, Shallow Hal est un des rares film hollywoodien à traiter ouvertement d'un tel sujet, ce qui mérite d'être souligné. Si plusieurs gags du film tombent carrément à plat, plusieurs autres sont absolument hilarant. Le hic, c'est qu'à près de deux heures, le film est beaucoup trop long et les gags peu nombreux, ce qui résulte en un rythme qui s'essouffle rapidement. Finalement, mentionnons la prestation tout a fait surprenante de Gwyneth Paltrow, qui arrive à traduire de façon fort convaincante la gêne et la détresse de son personnage. Quant à Jack Black, voici certainement son rôle le plus sobre à ce jour! Il fait preuve d'une belle retenue, surtout en deuxième partie du film, qui est la bienvenue dans les circonstances.


Image
Le film nous est ici présenté en format original de 1.85:1 d'après un transfert anamorphosé. Après nous avoir offert des transferts exceptionels avec Planet of the Apes et plus récemment From Hell, Fox nous livre cette fois un transfert vidéo plutôt en-deçà de nos espérances. Dommage, on se serait attendu à plus.
Tout d'abord, la définition dans son ensemble est décevante. L'image manque définitivement de mordant et de piqué. Les détails et les textures n'ont pas la précision voulus, produisant une image à la limite légèrement floue. Par contre, impossible de reprocher quoi que ce soit à la colorimétrie, pratiquement sans failles. Les couleurs sont riches et pures, sans toutefois être sur-saturées. Les teintes de peau sont irréprochables, leur apparence est naturelle en tout temps, malgré l'utilisation de nombreux maquillages. La brillance et le contraste semblent tout deux bien balancés et ne souffrent d'aucune fluctuation. Les noirs sont d'une profondeur et pureté acceptable, mais non excellente. Quant aux parties sombres, leur rendu est bon mais pas optimal; les dégradés bloquent en quelques occasions. De plus, la présence subtile mais apparente de sur-définition des contours.
Tous ces défauts sont peut-être bien mineurs, mais lorsque additionnés les uns aux autres, il en résulte un transfert qui se situe en deçà des standards de qualité du marché actuel.



Son
Vous retrouverez trois bandes-son différentes avec cette édition : une anglaise (Dolby Digital 5.1), une française (Dolby 2.0 Surround) et une espagnole (Dolby 2.0 Surround).
La bande-son anglaise Dolby Digitale 5.1 est typique de la plupart des mixages produits pour ce type de comédie. Il s'agit donc là d'une bande-son fonctionnelle, entièrement au service du film, qui ne s'encombre pas d'effets assourdissants et déplacés. Cela ne veut pas dire pour autant dire que la spatialité ou le dynamisme ont été négligé, bien au contraire ! Le champ sonore se déploie majoritairement des canaux avants, comme il se doit pour un tel film. Les éléments-sonores ont été intégrés intelligemment au mixage, sans prédominance d'un élément. Les enceintes arrières ne sont utlisées qu'avec parcimonie pour créer l'ambiance ou pour mieux appuyer la musique, qui par ailleurs est rendu avec fidélité. Les dialogues sont toujours naturels et intelligibles. Quant aux basses, leur utilisation est minime et ne fait qu'appuyer délicatement la trame-sonore et quelques effets localisés. Le canal d'extrême basse (.1 LFE) ne manifeste pratiquement jamais sa présence.
Si la qualité même du doublage français, disponible uniquement en format Dolby Surround 2.0, n'a que très peu à envier au mixage anglais (mis à part une spatialisation moins subtile), la qualité même du doublage laisse grandement à désirer. La synchronisation est tout juste acceptable, même les voix sont grossièrement intégrées et manquent cruellement de naturalité. Voilà un doublage bâclé.



Suppléments/menus
Cette édition offre un lot assez impressionnant de suppléments, mais malheureusement leur qualité laisse, dans l'ensemble, un peu à désirer.
Vous retrouverez tout d'abord une piste de commentaires audio animée par les scénaristes et réalisateurs Bobby et Peter Farrelly. Manifestement, les deux frères avaient très peu à dire lors de l'enregistrement de cette piste puisque ces derniers gaspillent la majeure partie du temps mis à leur disposition pour raconter des anecdotes superficielles et sans intérêt. Ils s'amusent en outre à identifier la plupart des figurants apparaissant à l'écran et complimentent de temps à autres la performance des acteurs. Ennuyeux à souhait.
Guère plus intéressant sont deux documentaires promotionnels produits par deux chaînes de télévision spécialisés, HBO et Comedy Central. D'une durée respective de 15 et 22 minutes, ces deux documentaires sont pratiquement similaires dans leurs forme et contenu. Strictement promotionnel ils ne font qu'évoquer sommairement les grandes lignes de l'intrigue tout en vantant les mérite humoristiques du film. Vous n'apprendrez absolument rien sur la production du film, tout au plus les entrevues présentes dans l'un et l'autre de ces documentaires sont-elles distrayantes, sans plus.
Beaucoup plus intéressant est le segment intitulé Seeing Through The Layers (12 mins.), un court documentaire portant exclusivement sur la création des costumes et des maquillages. Ici, l'information est présentée de façon concise et détaillée, on ne perd pas de temps à faire la promotion du film ou des effets spéciaux. Les scènes filmées en coulisse montrant les acteurs au travail avec leur maquillage vaut certainement le coup d'œil. Beaucoup plus superficiel est le très court segment In At The Deep End (3 mins.), un bref montage faisant une démonstration rapide de la mise sur pied d'une cascade dans le film. L'information y est abordée trop rapidement et trop en surface pour réellement nous apprendre quoi que ce soit.
Vous retrouverez ensuite une série de onze scènes inédites, toutes présentées avec option de commentaires audio des réalisateurs. Quelques unes de ces scènes, sans qu'elles n'apportent quoi que ce soit de vital au récit, offrent néanmoins quelques gags plutôt amusant. Finalement, on retrouve quelques bandes-annonces, une publicité pour la trame-sonore du film, ainsi que le vidéoclip de la chanson Wall In Your Heart, de Shelby Lynne.




Conclusion
Shallow Hal est certainement le film le plus ambitieux des frères Farrelly à ce jour puisqu'il tente de se faire porteur d'un message moral et humain, caractéristique peu communes à ce type de comédie. Mais le film ne constitue pas pour autant une réussite. Les deux réalisateurs semblent incapable de doser leur humour, qui verse beaucoup trop dans le gag grossier et vulgaire, un humour qui ne se prête pas toujours à la moralité que le film prêche. Quant à ses mérites strictement techniques, cette édition DVD nous laisse tout autant sur notre appétit. La qualité sonore est honorable, mais la qualité d'image n'atteint pas tout à fait les standards de qualité auxquels nous sommes habitué. Les suppléments, bien que nombreux, nous sont semblés dans l'ensemble un peu superficiels. Dans l'ensemble, il s'agit donc d'une édition acceptable, sans plus.



Qualité vidéo:
3,0/5

Qualité audio:
3,6/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,3/5

Note finale:
3,3/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2002-06-25

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Shallow Hal

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
113 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaires, scènes coupées, vidéoclip et bandes-annonces.

Date de parution:
2002-07-02

Si vous avez aimé...