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Harry Potter and the Goblet of Fire (Special Edition - WS)

Critique
Synopsis/présentation
Les films de la série Harry Potter se suivent et se ressemblent malheureusement beaucoup. En fait, c’est ce qu’on retient à la première écoute de ce « Goblet of Fire », quatrième opus de la série. Et pourtant ! Le troisième épisode, « The Prizoner of Askaban », réalisé par Alfonso Cuaron (de loin le meilleur volet de la série à ce jour) nous laissait présager un avenir beaucoup plus stimulant pour la série, mais ce dernier film à ce jour déçoit quelque peu. Avant la sortie du film, on nous annonçait que « Harry Potter and the Goblet of Fire » était le film le plus sombre de la série. Il en allait de sois, direz-vous, puisque le quatrième tome littéraire était effectivement le plus sombre et le plus violent des quatre premier livre. Pourtant, en comparant les deux derniers films, on remarque que la réalisation de Cuaron pour « The Prisoner of Azkaban » était beaucoup plus sombre et sinistre que cette adaptation que nous oserions qualifier de puérile de « Goblet of Fire ».

Dans « Harry Potter and the Goblet of Fire », Harry en est à sa quatrième année à l’école de sorcellerie de Poudlard. Maintenant âgé de 14 ans, le jeune sorcier se retrouve bien malgré lui impliqué dans un tournoi international de magiciens dont l’issue est souvent mortelle pour les participants. Le hic, c’est que Harry ne s’est pas inscrit au tournois, dont l’âge minimum requis pour participer est 17 ans… Le directeur Dumbledore flaire une magouille, et laisse ainsi Harry concourir en espérant ainsi piéger les malfrats qui se cachent derrière ce complot.

Tandis que le cinéaste Alfonso Cuaron n’a pas hésité à apporter sa touche pour créer un « Harry Potter and the Prisoner of Azkaban » nettement plus inspiré et inspirant que les deux premiers opus de la série (réalisés par le tâcheron Chris Columbus), le réalisateur anglais Mike Newell y va d’une mise en scène franchement anonyme pour ce « Goblet of Fire ». On croirait, à voir le film, que Newell a été dépassé par l’ampleur du projet. Il a consacré toutes ses énergies à créer des scènes d’actions très réussies par leur intensité et leur frénétisme, mais semble avoir négligé tout le reste. Ainsi, les enjeux dramatiques du film, à savoir la réflexion sur la popularité et la célébrité, la critique de la presse sensationnaliste ou la dénonciation de l’individualisme sont presque évacués du film. Pourtant, ces enjeux constituent le cœur du récit, l’essence du cheminement de Harry. Et ces thématiques ont été évacués au profit d’un enchaînement quasi-frénétique de scènes dont la cohérence est douteuse. À trop vouloir rester fidèle aux événements du film, le film ressemble d’avantage à un assemblage de moments qu’à une synthèse. Les auteurs auraient mieux fait de couper quelques événements tout en laissant d’autres moments vivrent pleinement plutôt que de succéder les scènes de façon aussi frénétiques, sans aucun soucis pour la cohérence, le rythme ou l’ambiance. À cet effet, les 15 premières minutes en sont un parfait exemple.

Qui plus est, tandis que le troisième film laissait planer une ambiance oppressante et un sentiment de manace omniprésent sur Harry, ce quatrième opus parvient difficilement à nous convaincre de la gravité des événements. La menace du retour de Voldemort, qui représente la trame derrière les événements du film, aurait dû être omniprésente et grandissante. Or, il n’y a aucun « build-up », aucune montée dramatique ou de tension provoquée par le retour pourtant si redoutée de ce personnage mythique. Heureusement, la confrontation entre Harry et Voldemort, en finale, est assez réussie par sa morbidité. En fait, si plusieurs ont qualifié ce quatrième film comme étant le plus sombre de la série, ils faisaient forcément référence à cette séquence, de laquelle résulte la première mort de la série. Ou peut-être faisaient-ils référence à l’intensité très réussis des scènes d’action. Mais sinon, en terme d’ambiance, de suspense ou même de thématiques, le troisième film était nettement plus sombre que celui-ci, malgré qu’il n’y ait eu aucun mort.

Pour le reste, les acteurs sont assez fidèles à eux-mêmes. Quoique, on croirait que Newell ait également négligé la direction de ses comédiens. Les jeunes comédiens jouent gros et avec insistance. Remarquez également comment certains acteurs semblent ne pas savoir quoi faire quand viens le temps d’interagir avec des effets spéciaux. De toute évidence, il manquait de directive sur le plateau…

Malgré tout ces défauts, « Harry Potter and the Goblet of Fire » n’est pas un mauvais film pour autant. On se laisse aisément absorber par l’intrigue, les décors sont tout aussi impressionnants qu’à l’accoutumé, et la photographie est très soignée. Il s’agit d’une adaptation très potable du roman, mais malheureusement, sans plus.


Image
Ce quatrième opus des aventures de Harry Potter est présenté au format respecté de 2.35:1 et ce, bien entendu, d’après un transfert 16:9. Étonnamment, la qualité de ce transfert est inférieure à ceux des trois premier films de la série. Dommage…

La définition générale de l’image est correcte, mais sans plus. Les détails sont présentés avec précision, mais étrangement, les textures sont à l’occasion très grossières. Ce manque de finesse n’est pas constant, mais récurrent. En particulier, les séquences plus sombres sont plus problématiques. Le rendu des couleurs laisse lui aussi à désirer. En particulier, la restitution présente des fluctuations étranges dans le cercle chromatique. Dans un même séquence, on peut observer des fluctuations chromatiques dans les tons de peau. Le défaut n’est pas particulièrement évident mais un œil averti risque d’être agacé. Sinon, les couleurs ont belle apparence. Elles sont riches, bien saturées, et ne présentent aucun signe de fourmillement.

Heureusement, le niveau des noirs est parfaitement bien ajusté, c’est à dire aux alentours des 7.5 IRE, et ne fluctue jamais. Il en résulte une image très bien contrastée, ainsi que des noirs profonds. Ces derniers sont également très nets, c’est à dire exempts de toute trace de fourmillement. Les parties denses, elles, sont d’une apparence plutôt moyenne. Les dégradés y bloquent souvent beaucoup trop rapidement.

Vous remarquerez peut-être également la présence de sur-accentuation des contours, un défaut de moins en moins fréquent dans les transferts de DVD. Dans le cas présent, la sur-accentuation crée de subtils halos sur certains contrastes, ce qui agace. La partie numérique du transfert est imparfaite elle aussi. Il n’est pas rare de voir apparaître des macroblocs ça et là dans l’image.



Son
Cette édition propose un choix de deux bandes-son Dolby Digital 5.1 : l’une est en français, l’autre en anglais. Des sous-titres anglais, français et espagnols sont également disponibles.

Voici le parfait exemple d’une bande-son qui manque cruellement de finesse. Les artisans de ce mixage ont mis le paquet pour nous étourdir (avec succès, il faut le dire) pendant les séquences à grand déploiement et les scènes d’action, tout en négligeant carrément les moments plus tranquilles.

Ceci dit, le mixage fait preuve d’une dynamique à couper le souffle. Attention toutefois de ne pas confondre dynamique et variation de volume (ou de niveau), ce que ce mixage aime bien faire pour nous rendre sourd… Le champ sonore se déploie à travers toutes les enceintes et ce, avec une profondeur honorable, surtout pendant les scènes d’action. Le positionnement des éléments sonores est précis et sans bavure, la séparation des canaux se fait avec toute la fluidité voulue. Évidemment, pendant les scènes à grand déploiement, les enceintes arrières sont sollicités avec agressivité pour reproduire des transitions sonores étourdissantes en plus d’effets localisés tapageurs. Le résultat est spectaculaire, comme par exemple cette scène où Harry affronte un dragon. Le hic, c’est que pendant les séquences plus tranquilles, le champ sonore devient trop hermétique. Le manque de profondeur est flagrant, tandis que les canaux arrière se font beaucoup trop discrets. Pratiquement aucun effet d’ambiance n’y sont intégrés. L’immersion en est ainsi gâchée.

Les dialogues sont toujours bien intégrés, ils sont en permanence naturels et intelligibles. La trame-sonore est intégré sans grande subtilité et avec une efficacité relative. La profondeur y est, mais la trame-sonore est trop souvent reléguée aux enceintes avants. Les basses sont parfaitement bien gérées et confèrent tout le mordant voulu à l’ensemble. Le canal .1 (LFE) est bien exploité et livre des fréquences vrombissantes à souhait qui donnent beaucoup d’impact aux effets sonores.


Suppléments/menus
Pour cette édition double-disque, les suppléments ont tous été regroupés sur le deuxième disque.

À l’instar des trois précédents volets de la série offerts en DVD, on peut naviguer parmi les suppléments via un menu animé et en français. Les éléments offerts s’adressent, comme à l’accoutumé, aux enfants aussi bien qu’à un auditoire un peu plus âgé. Ainsi donc, une portion des suppléments consiste en des jeux interactifs destinés aux plus jeunes. Ces jeux, d’un intérêt inégal, sont agrémentés d’une voix hors champ doublée en français, une bonne chose.

Le reste des suppléments consiste en des documentaires et quelques scènes coupées. Les documentaires sont sous-titrés en français (sauf lorsque ceux-ci présentent des extraits du film, qui sont doublés), tandis que les scènes coupées ont carrément été doublées par les mêmes comédiens qui ont doublé le film. Les jeux ainsi que les segments vidéos sont répartis sous quatre rubriques qui représentent quatre lieux dans l’histoire. À vous de naviguer pour les trouver.

Le premier segment vidéo est intitulé Harry vs. the Horntail (6:08). Ce segments explique la production de la séquences de l’affrontement entre Harry et le dragon. À l’aide d’entrevues et d’images filmées en coulisses, on explique comment la scène a été tournée puis comment les effets spéciaux y ont été ajoutés. Très instructif.

Meet the Champions (13:03) nous fait passer une journée dans la vie des trois comédiens qui interprètent les rôles des compétiteurs du tournoi. Les comédiens nous entraînent dans les coulisses du tournage de la production, y allant de commentaires personnels. Plutôt amusant, si ce n’est pour voir comment un comédien occupe son temps pendant une journée.

In Too Deep (9:48) et The Maze (6:48) expliquent la production des deux autres épreuves du tournoi dans lequel participe Harry. À l’instar du segment sur l’affrontement avec le dragon, ces deux documentaires sont pertinents et très intéressants.

He Who Must Not Be Named (11:08) est peut-être le segment le plus intéressant de tous. On y aborde le tournage du climax du film, soit la résurrection de Voldemort (interprété par Ralph Fiennes). Ce segment explique comment le personnage a vu le jour, des schémas conceptuels à l’interprétation qu’en a fait Fiennes. C’est d’ailleurs de voir Fiennes en coulisses pendant le tournage qui est le plus fascinant. De voir comment l’acteur a approché puis interprété le rôle est révélateur du métier de comédien.

S’ensuivent quelques scènes coupées, qui totalisent 10 minutes de métrage. Il est à noter que ces scènes ont été finalisées en post-production (mastering, conformité des couleurs, etc) et nous sont présentées en format 2.35:1 d’après un transfert 16:9 (le reste des suppléments sont au format 4:3, ce qui est bien dommage). Ces scènes sont plutôt superficielles et sons donc d’un intérêt tout au plus moyen.

Preparing for the Yule Ball (9:03) nous montre comment les jeunes comédiens ont approché la séquences de la danse. Rigolo, sans plus.

Conversations with the Cast (30 mins) est une conversation avec les trois jeunes acteurs du film. Tout d’abord, le journaliste Richard Curtis les questionne sur leur expérience sur le film, sur leur évolution, leur personnage, etc. Les questions sont, sauf exception, pertinentes et les réponses des jeunes vedettes sont pleines de bon sens. Intéressant. Plus tard, le petit groupe est rejoint par cinq personnes qui ont gagné un concours qui leur permettait de rencontrer les comédiens. Ils y vont à leur tour de questions un peu plus superficielles…

Finalement, Reflections on the Fourth Film (14:12) se veut pratiquement une visite des coulisses de la production. On y apprends strictement rien de pertinent sur la production du film, par contre on y ressent bien l’ambiance qui régnait sur le plateau.

La bande-annonce du film complète les suppléments.



Conclusion
Ce quatrième Harry Potter n’est peut-être pas aussi réussis que le précédent volet, mais il s’agit néanmoins d’un divertissement supérieur à la moyenne qui se laisse regarder avec plaisir, malgré la durée qui dépasse les 2h30. Techniquement, cette édition déçoit quelque peu en comparaison des trois précédentes. La qualité d’image est en deçà des standards du marché, et le mixage sonore manque de finition. Heureusement, les suppléments sont assez nombreux et, admettons-le, plus intéressants que nous ne l’aurions crue.


Qualité vidéo:
3,3/5

Qualité audio:
3,6/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2006-04-10

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur ACL 16:9 Sharp Aquos LC37DB5U, Lecteur DVD OPPO OPDV971H (Sortie DVI à HDMI avec conversion HD à 720p), Récepteur Sony STR- K75OP, enceintes Bose, câbles Monster Cable

Le film

Titre original:
Harry Potter and the Goblet of Fire

Année de sortie:
2005

Pays:

Genre:

Durée:
157 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Scènes coupées, documentaires et entrevues, jeux interactifs (voir critique)

Date de parution:
2006-03-07

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