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DVDEF

Moulin Rouge! (2-disc Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Le réalisateur australien Baz Luhrmann signe avec Moulin Rouge le troisième volet de son Red Curtain Trilogy; les deux premières productions du réalisateur, Strictly Ballroom et Romeo+Juliet, constituant les premiers opus. Moulin Rouge fut un succès mitigé pour la Fox, la production du film a couté 52 millions (US) tandis que les revenus au guichet se sont chiffrés aux États-Unis à un peu moins de 60 millions.
Le personnage central du film est Christian (Ewan McGregor) un jeune écrivain qui a quitté son Angleterre natale pour tenter sa chance à Paris. Son souhait ? Écrire sur la liberté, l'amour et la vérité. Christian fait la rencontre de Bohémiens qui voudraient bien monter un spectacle au Moulin-Rouge. Cette troupe aime le travail du jeune écrivain et organise une rencontre entre celui-ci et la vedette du Moulin Rouge; Satine. Immédiatement, les deux personnages sont attirés l'un vers l'autre. Il faudra toutefois composer avec le Duc (Richard Roxburgh) qui en échange des faveurs de Satine investira dans la production d'un nouveau spectacle. Mais le temps presse car Satine est atteinte de la tuberculose et sa vie est en en péril.
Moulin Rouge brille par une mise en scène flamboyante, surfaite, diront avec justesse certains. Les éclairages, les costumes, les décors sont riches et très travaillés. Un montage nerveux succédant plan après plan (au point où la surutilisation du procédé devient agaçant) et un jeu de caméra dynamique contribue à créer une atmosphère par moment presque hallucinatoire.
Pour mieux montrer la frénésie des soirées du Moulins Rouge, le réalisateur a repris à son compte le procédé des plans en accéléré déjà utilisé par Coppola dans son Dracula. L'intégration des pièces musicales pop (années soixante-dix et quatre-vingt) est somme toute assez efficace ; les performances de Roxanne et Like a Virgin sont particulièrement réussies.
Là où ce film a quelques problèmes c'est du côté du scénario et plus précisément dans le traitement des personnages. Les rôles mis en scènes sont quasi caricaturaux. Ils manquent de profondeur et sont monolithiques : il n'y a pas de surprise. Le caractère manichéen des conflits les rendent presque ridicules.
Pour ce qui est des acteurs, McGregor offre quelques performances intéressantes. Mais, Nicole Kidman nous laisse un peu froid, compte tenu de l'envergure que devait avoir le rôle de Satine.
Les auteurs(scénariste et réalisateur) n'e font pas preuve de subtilité pour résoudre le conflit entre le bien et le mal, c'est carrément une allégorie chrétienne que Baz Luhrmann nous sert. Le nom du héros (Christian) rappelle celui du Christ tandis que celui de Satine évoque étrangement celui de Satan. Non pas que le personnage de Nicole Kidman soit méchant mais ces motivations sont répréhensibles. Satine est plutôt une représentation de Marie-Madeleine. L'histoire rappelle la passion du Christ. Le héros arrive là où les valeurs se sont perdues et prêche l'amour pur. Un bel exemple de ceci est lorsque Christian rencontre pour la première fois Satine en privé et lui chante Your Song, Christian amène littéralement Satine au ciel... Le personnage a ses apôtres, formé par le quatuor de bohèmes qui désirent monter une pièce. Comme Jésus il est rejeté de sa communauté, ce n'est pas sans hasard que lorsqu'il est expulsé du Moulin Rouge ses bras sont vaguement en croix. Mais Christian retrouvera (comprendre ressuscitera) la force pour revenir au Moulin Rouge et sauver l'âme de celle qu'il aime... Malgré ce scénario un peu simpliste (dont les nombreux emprunts à Titanic sont évidents) il reste que Moulin Rouge est un exercice visuel bien réussi, très accrocheur, ce qui explique probablement le succès du film. Si Baz Luhrmann peut porter autant de soin à ses scénarios qu'aux qualités visuelles de ses films on peut sûrement espèrer une oeuvre d'envergure du cinéaste.



Image
Moulin Rouge! est présenté en format original (2.35:1) d'après un transfert anamorphique et numérique. Compte tenu des difficultés de transfert reliées à la complexité des images Fox nous offre un très bon produit.
La définition générale est excellente. L'image est nette, précise, et ne manque jamais de piqué. Le niveau de détail est étonnamment riche, il est évident qu'on a travaillé avec un interpositif de très bonne qualité en plus d'appliquer au minimum tout filtrage électronique (communément appelé en anglais Digital Noise Reduction). Il est diffcile dans le cas de ce film de parler d'une colorimétrie juste ou naturelle tant la photographie est stylisée. Disons plutôt que les palettes de couleurs sont solidement rendues; que ce soit pour les scènes désaturées ou celles aux couleurs vives et chatoyantes comme au Moulin Rouge. Il n'y aucune fluctuation de la brillance générale tandis que que le niveau de contraste est bien balancé. On n'observe aucun débordement des couleurs ou sur-saturation excessive. Les parties sombres sont parfaitement dégradées et offrent un bon niveau de détails. Les noirs sont généralement purs et profonds.
Il n'y a pratiquement aucune sur définition des contours ce qui confère à l'image un aspect très filmique. Les seuls véritables défauts de l'image sont dû aux techniques cinématograhiques employées. On a fait une importante utilisation de plan multi-image (composite shot). Cette technique tend à produire parfois du grain, des halos et des noirs inconsistants. Tout ces traits sont en de rares occasions perceptibles mais jamais réellement agaçants.


Son
Comme pour de plus en plus d'éditions chez ce studio deux éditions sont offertes en Zone 1 (Amérique du Nord); l'une canadienne qui offre en plus des mixages anglais (Dolby Digital 5.1/DTS) une bande-son française (Dolby Digital 2.0 Surround) et l'autre américaine à laquelle on a substitué l'espagnol au français.
C'est à Roger Savage (chef opérateur du son) que l'on doit la réalisation de ce mixage. Savage avait déjà produit les mixages des deux autres films de Luhrmann (Strictly Ballroom et Romeo+Juliet). Le résultat final est spectaculaire et c`est solidement qu'est reproduit ce travail de mixage. Les bandes-son anglaises (Dolby Digital 5.1/DTS) sont d'un dynamisme impressionnant, voir prenant lors de certaines séquences musicales. Essentiellement confiné aux enceintes avant le son est ample et profite d'une bonne profondeur. L'image stéréophonique est crédible et bien articulée. L'usage des canaux d'ambiophonie est plutôt timide; quelques effets sonores, des sons d'ambiances et une certaine présence de la trame-sonore. Les différents éléments sonores de ce mixage sont bien intégrés, malgré la cacophonie organisée de certaines scènes les dialogues restent intelligibles et nets. Les basses sont joliement rendues avec notamment une utilisation intelligente du canal .1 (LFE).
La quasi totalité des chansons ont été enregistrées en studio puis synchronisées au film. L'avantage est une fidélité exemplaire, toutefois la crédibilité de l'espace sonore est compromise ce qui ne plaira pas à tous (et contribue à accentuer l'aspect très travaillé du film). Par exemple Ewan Mcgregor à 29'30, alors qu'il chante Your Song, se tourne vers Satine. Normalement il y aurait du avoir un changement de timbre de voix, ce qui n'est pas le cas.
Des deux bandes-son anglaises c'est la DTS qui a notre faveur, mais par une faible marge. Le son est plus riche, plein et les basses sont mieux définies. Dommage que cette bande DTS n'ait pas été plein débit...
L'édition évaluée est celle américaine, il nous est donc impossible de nous prononcer sur la qualité du mixage français 2.0 Surround. Cependant nous avons peine à nous imaginer écouter ce film en surround, seul un mixage multicanal 5.1 rendra grâce à ce mixage (qu'il soit anglais ou français). Malheureusement comme c'est toujours le cas chez Fox il n'y a pas option de sous-titrage en français ni de bande-son 5.1 pour l'édition canadienne...Décevant.
Prenez note qu'une bande-son destinée aux non-voyants est aussi incluse.


Suppléments/menus
C'est une autre édition double disque que nous offre la 20th Century Fox. Si la majorité des suppléments se retrouvent sur le deuxième disque quelques éléments sont aussi inclus sur le premier.

On y trouve en premier lieu deux pistes de commentaires audio. La première est animée par le réalisateur, le directrice artistique (Catherine Martin) et le directeur photo (Don McAlpine). Baz Luhrmann est plutôt en retrait et laisse beaucoup de place à ses co-animateurs. Ce sont des propos très techniques qui nous sont offerts, et parfois assez pointus et informatifs, ce qui nous a agréablement surpris. Seul regret; le ton un peu austère des participants.

La deuxième piste de commentaires audio nous offre les propos du réalisateur mais cette fois accompagné du scénariste (Craig Pierce). Le ton est un peu plus enjoué que la précédente piste. Les deux hommes discutent de la recherche faite en vue de cette production, des personnages, des changements faits en cours de réalisation et bien sûr de la musique. A ceux qui doutent encore de tout le travail effectué pour s`assurer que le spectateur s'identifie au film, garantissant du coup le succès commercial de l'oeuvre, nous vous suggurons vivement l'écoute de cette piste.

Via la section Special Features on peut aussi choisir de visionner le film en mode Behind The Red Curtain. Lors de certaines séquences apparaîtra l'îcone d'une fée. Une fois sélectionné vous pourrez voir un court segment qui traite d'un des enjeux du film: effets spéciaux, les décors, la poésie du héros, la séquence d'ouverture. Il s'agit bien sur de courts segments dont la durée varie toujours sous les six minutes, une fois l'écoute terminée le visionnement du film reprend. Une suggestion: optez plutôt pour cette option en écoutant la piste de commentaires audio animée par le réalisateur, la directrice artistique (Catherine Martin) et le directeur photo (Don McAlpine). Vous aurez alors un très bon aperçu de tous les aspects techniques entourant cette production.

On retrouve finalement une section THX Optimode. Un rappel: le THX Optimode permet de faire un calibrage rapide et sommaire de son équipement audio-visuel.

Le deuxième disque a été divisé en huit sections, chancune dévellopant une thématique précise.

The Making of Moulin Rouge est la première de ces sections. En un peu moins de 26 minutes on résume le sysnopsis du film tout en parlant de la production du film. On peut entendre les propos des principaux artisans et acteurs. La pertinence de l'information donnée varie; si les commentaires de Pierce sont parfois d'intêret, les interventions des acteurs (trices) ne sont pas toujours informatives. Comme le film ce documentaire (promotionnel) défile à un rhytme effréné ce qui laisse peu de répit pour assimiler la masse d'information que l'on veut donner.

The Stars nous présente sous forme de cinq vignettes les principaux acteurs (trices) du film; Kidman, McGregor, Leguizamo, Roxburgh et Jim Broadbent. Chaque vignettes (2 à 5 minutes) nous présente des propos de l'acteur en plus d'extrait du film. Valabe mais sans plus.

The Story is About aborde le scénario du film, cette section se divise en trois parties. La première nous présente des entrevues avec le réalisateur et son scénariste, la deuxième partie permet d'entendre Pierce parler des premiers balbutiement du scénario tandis que la trosième partie nous permet de visionner sous forme de notes les différentes scénarisations (4 au total) d'une des premières séquences du film. Malheuresement cette section est trop courte pour bien saisir le travail de scénarisation de Moulin Rouge.

The Cutting Room se sub-divise en trois parties. On peut d'abord entendre Jill Bilcock (monteuse) et le réalisateur discuter du montage et de la structure du film. Les commentaires plutôt complaisants et prétentieux de la monteuse agaçent quelques peu. Suit ensuite six montages différents de scènes clé du film, un commentaire audio de la monteuse aurait sûrement été approprié. Il y a finalement trois essais de prévisualisations, cette technique permet notammment de réduire les frais lorsque des scènes doivent être reprises.

The Dance est sûrement un des suppléments les plus intéressants de cette édition et se subdivise ici en deux parties. On peut voir les quatre séquences de danse du fim soit en version allongée (Hindi, Coup d'État, Can Can, Tango) ou, pour trois d'entre elles (Coup d'État, Can Can, Tango) en version multicam. Le multicam permet de voir ce que chacune des caméras a capté sur pellicule avant que tout montage soit fait. On peut, à la volée, sur-dimentionner l'angle de caméra préféré. Bien fait d'autant plus qu'on peut saisir jusqu'à quel point le montage (trop agressif) joue un rôle dans ce film.
La partie Choregraphy inlu pour sa part une entrevue avec le chorégraphe et treize minutes de sessions de pratiques ou l'on peut voir les danseurs pratiquer les chorégraphies.

The Music porte comme son nom l'indique sur la musique de Moulin Rouge et se décompose en quatre segments. Le premier segment est essentiellement une entrevue avec Craig Armstrong, compositeur de le musique du film. Ces propos sont articulé, l'homme sait exactement ce qu'il fait et se livre avec une belle franchise. Une entrevue d'un peu moins de quatre minutes avec FatBoy Slim est le deuxième segment de cette section. FatBoy Slim explique très sommairement l'approche qu'il a choisit, là encore nous avons affaire à un artisan qui connait son métier. Il aurait sûrement été plus informatif d'entendre le personnage s'exprimer un peu plus longtemps.
The Lady marmalade Phenomenon permet de visionner deux prestations de la chanson; l'une filmé lors des MTC Awards et l'autre étant le vidéoclip. Finalement il y a le vidéo What Come May.

La section Design se décompose en six segments et porte sur la facture visuelle de Moulin Rouge. On retrouve deux entrevues: l'une avec Catherine Martin (direction artistique) et l'autre avec Angus Strathie (costumes). La durée de ces entrevues varient de 6 à 8 minutes. Évidemment en si peu de temps on s'en tient à des généralités. Il y a aussi deux galeries d'images où l'on peut voir respectivement des photographies/dessins des décors et des costumes, notons la très belle présentation de ces galeries.
Belle initiative que ce segment nommé Graphic Design. En accèdant a ce supplément, une vue panoramique des éléments graphiques créés pour le film défile sous vos yeux.
Le dernier segment se nomme Smoke and Mirrors. On nous montre la création de la séquence d'ouverture du film en plus de nous expliquer comment fut fait The Green Fairy. Smoke and Mirrors est le supplément à voir de cette section.

Finalement complète ce disque la section Marketing. International Sizzle Reel est un montage de quelques minutes où l'on peut voir toute la couverture médiatique faite au film (extraits télévisés, coupures de presse, etc.). Complaisant.
Plus intéressant il y a trois galeries d'images: Poster Gallery, Photo gallery et The Little Red Book. Des trois il faut absolument voir The Little Red Book. Cette galerie regroupe des photgraphies prisent par des photographes de renom sur le plateau. Soulignons encore une fois la superbe présentation des galeries d'images. En conclusion on retrouve les bandes-annonces du film et une publicité destinée à promouvoir la trame-sonore du film.

Prenez note que de nombreux oeufs de Pâques sont dissimulés via les différents menus. Nous avons dressé une liste de ces différents oeufs de Pâques.




Conclusion
Nous vous laissons porter vos jugements sur la valeur de ce film mais en ce qui a trait aux aspects techniques de cette édition la 20th Century Fox offre de la grande qualité. Le transfert vidéo est quasi de référence tandis que les bandes-son (Dolby Digital 5.1/DTS) sont toutes deux satifaisantes.
Les suppléments posent à notre avis un problème. Nous commençons à être sérieusement agacés par ces éditions qui offrent une mutitude de vignettes de quelques minutes. C'est excatement ce qu'est Moulin Rouge, où mise à part le documentaire sur la réalisation, la presque totalité des segments ont une durée variant entre 1 et 7 minutes. Pourquoi ne pas construire plutôt un seul et solide documentaire qui aborderait thématiquement les enjeux de la production? C'est pourtant ce que Fox avait fait pour Cleopatra, un documentaire formel, mais souligné par plusieurs comme étant un des plus efficaces.


Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
4,1/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
4,1/5
Auteur: Mathieu Daoust

Date de publication: 2001-12-17

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40X81, Récepteur Pioneer Elite VSX-07 TX, Lecteur DVD Pioneer Elite DV-37, enceintes Paradigm, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Moulin Rouge!

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
127 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Oui

Bande(s)-son:
Anglaise DTS
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Segments sur la réalisation, pistes de commentaires audio (2), notes biographiques, biographies, galerie d'images, bandes-annonces, vidéo, scènes allongées (et/ou multi-angle)

Date de parution:
2001-12-18

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