Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Monkeybone (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
En 1993, un petit conte macabre produit par le prolifique Tim Burton allait révolutionner le monde du cinéma d'animation. The Nighmare before Christmas créa un véritable précédent, un défi de taille que peu de cinéastes se risquèrent à répéter par la suite. Car bien plus qu'un simple film d'animation, ce film se voulait à contre courant des dessins animés produits par la Walt Disney, studio d'où était d'ailleurs issus les créateurs du film, Tim Burton et le réalisateur Henry Selick. Non seulement les thèmes familiaux et moraux traditionnels avaient été remplacés par une thématique morbide et grotesque, mais l'animation en dessins animés avait fait place à une technique élaborée mettant en vedette de magnifiques marionnettes, animées en " stop motion " (animation image par image). Ce brio technique laissait présager un avenir prometteur pour le réalisateur Henry Selick. Après le demi-succès de James and the Giant Peach, l'homme nous revient cette fois avec Monkeybone, un film en apparence morbide et irrévérencieux, scénarisé par l'auteur de Batman...
Monkeybone, c'est le nom d'un petit singe bête, vulgaire et méchant, véritable alter ego de son créateur, le dessinateur Stu Miley (Brendan Fraser). Au départ créé pour exorciser les démons intérieurs de son auteur, le personnage de Monkeybone devient vite un phénomène social et commercial échappant au contrôle de son propre créateur, complètement dépassé par cette soudaine reconnaissance du public. Mais avant même qu'il ne puisse gérer son succès, le pauvre homme est victime d'un accident et tombe dans un profond coma… qui le transporte directement dans une sorte de monde parallèle où co-habitent les comateux en attente de leur sort avec leur démons intérieurs. Sur place, le pauvre Stu (stu… stupide ?) rencontrera Monkeybone lui-même, bien déterminé à lui rendre la vie (ou la mort) difficile...
Cette idée de voir un auteur confronté à son monde imaginaire ou à ses personnages de fiction n'est pas nouvelle dans le cinéma. Il y a quelques années, le très moyen Cool World jouait sensiblement sur le même registre que Monkeybone. L'intérêt du film ne réside donc pas dans ce concept éculé, mais plutôt dans la facture visuelle signée Henry Selick, qui allie l'animation au cinéma traditionnel, ainsi que la présence à la scénarisation de Sam Hamm, celui-là même qui nous avais pondu l'excellent Batman de Tim Burton. Cependant, dès les premières minutes du film la déception, voir consternation, s'installe. Le réalisateur apparaît vite incapable d'insuffler une quelconque énergie à son film. Les scènes sont filmées platement, et les acteurs semblent désespérément laissés à eux-mêmes. Même le scénario ne répond que rarement aux attentes, souffrant d'un flagrant manque d'inspiration. Pour une comédie à l'humour irrévérencieux, les gags se font rare et paraissent somme toute banals. En se forçant, on peut tout de même déceler quelques qualités honorables à l'œuvre, par exemple une direction artistique imaginative et spectaculaire, des costumes colorés et originaux, ainsi que quelques séquences d'animation franchement impressionnante. Les vingt dernières minutes donnent également quelques moments absolument désopilants, grâce en particulier à la participation de Chris Kattan (vu dans Saturday night live). Mais ces quelques malheureux points forts ne suffisent pas à nous faire oublier le dérapage complet que représente cette dispendieuse entreprise de 70 Millions de dollars US, qui ne remporta qu'un maigre 5 Millions au guichet...



Image
Présenté dans son format original de 1.85:1 et ce, d'après un transfert anamorphique, la qualité d'image de Monkeybone n'est malheureusement pas à la hauteur des attentes. La définition générale laisse un peu à désirer et laisse paraître une image un tantinet terne, manquant de finesse. Le point fort de ce transfert réside sans conteste dans le rendu des couleurs, absolument superbe. La colorimétrie est étendue et riche, mais justement saturée. Difficile d'en dire autant du naturel des teintes de peau puisque la plupart des personnages du films sont morts… mais on peut néanmoins prétendre que celles-ci paraissent adéquates et convaincantes.
En s'attardant aux nombreuses parties sombres dans le film, on remarque des dégradés manquant occasionnellement de finesse. Les noirs manquent également de profondeur à quelques reprises et laissent entrevoir un fourmillement qui agace. Dans un film conventionnel, ces quelques défauts auraient facilement pu passer inaperçus, mais dans un film se déroulant en majorité à faible luminosité, ces défauts, quoique légers, finissent par distraire. Une infime sur-définition des contours est aussi perceptible à quelques reprises.



Son
À l'inverse du transfert vidéo, les bandes-son offertes sur Monkeybone sont d'une qualité fort satisfaisante, en particulier les bandes-son anglaise DTS 5.1 et Dolby digital 5.1. Actives et dynamiques, ces deux bandes-sonores font une utilisation soutenue de tous les canaux disponibles. Les effets d'ambiophonie sont d'ailleurs utilisés avec une efficacité remarquable, en particulier dans les séquences se déroulant dans le monde parallèle. La trame-sonore paraît quelque peu sous-utilisée, mais à en juger par la qualité musicale de celle-ci, il ne s'agit pas particulièrement d'un défaut… Au milieu de tout ce cirque visuel et sonore, les dialogues n'ont pas été négligés et sont parfaitement audibles et intelligibles. L'utilisation du canal .1 (LFE) n'a pas été négligée, les extrêmes graves sont la plupart du temps profondes et mordantes.
De toute évidence, la bande-son DTS sort gagnante au jeu des comparaisons. Celle-ci nous apparaît mieux définie et plus détaillée que sa contre-partie Dolby Digital 5.1. En plus de ces deux bandes-son, cette édition nous offre également des bande-son anglaise et française en format Dolby Surround 2.0, donc de moindre impact que les bandes-sonores principales. La présence de ce doublage français apparaît comme une surprise, puisque le film n'avait pas bénéficié d'une traduction lors de sa (courte) sortie en salles au printemps 2001. À noter que des sous-titres sont aussi offerts en anglais (cc) et en espagnols.



Suppléments/menus
À la suite du flop monumental du film lors de sa (courte) sortie en salles, on se serait attendu à une édition DVD qui passe tout autant inaperçue. Pourtant, les studios Fox ont déployé un effort considérable pour nous offrir une édition spéciale somme toute bien garnie, sans doute pour attirer une clientèle plus large vers l'achat du titre.
Le supplément le plus intéressant de cette édition est sans conteste la piste de commentaires audio animée par le réalisateur Henry Selick. Malgré la déconfiture totale du film au box-office et un nombre incalculable de critiques acerbes, le réalisateur s'avère quelque peu enthousiaste par rapport au film ainsi que de ses collaborateurs. Ses interventions demeurent généralement anecdotiques, mais la sincérité des commentaires et la variété des informations données soutiennent l'intérêt du début à la fin.
Suivent ensuite une série de scènes coupées ou en version sallongées, ainsi qu'une fin alternative. D'un intérêt plutôt moyen, le principal intérêt de ces scènes réside dans la piste de commentaires audio qui accompagne la majorité de ces scènes, dans laquelle le réalisateur explique les raisons de leur retrait.
Suit ensuite une section entièrement dédiée à la conception des principaux effets spéciaux du film. Ici encore une piste de commentaires audio agrémente la présentation de ces courtes vignettes, expliquant vaguement le procédé utilisé pour créer l'effet visuel en question. Vu la complexité et l'inventivité de la facture visuelle du film, ce supplément s'avère plutôt intéressant, on aurait seulement aimé une information plus approfondie pour accompagner ces vignettes.
Une galerie d'images plutôt élaborée nous offre un survol de plusieurs dessins et schémas représentant tous les personnages principaux ainsi que les décors du film. Cette galerie est judicieusement répartie à travers diverses catégories, permettant une navigation facile et agréable, ce qui est un atout important dans ce genre de supplément.
Une horde de bande-annonces complète cette édition spéciale, au travers desquelles il est intéressant de comparer les diverses tentatives de la Fox de vendre le produit à un auditoire étrangement non-ciblé.




Conclusion
Il faut l'admettre, Monkeybone n'est pas un produit tout à fait recommandable, et ce malgré une facture visuelle impressionnante et un lot de bonnes intentions. Le film aura de la difficulté à trouver son auditoire cible, et pour cause : il est trop sombre pour les enfants, trop enfantin pour les adultes, et pas assez irrévérencieux pour les adolescents. Même cette édition DVD ne fera pas l'unanimité : la grande qualité des bandes-son et la multitude de suppléments ont peine à faire oublier la déception causée par l'image plutôt moyenne. Une location vaut certainement la peine, pour l'achat vous en déciderez...


Qualité vidéo:
3,3/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
3,2/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-07-18

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Monkeybone

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
100 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, scènes coupées, vignettes explicatives, galerie d'images et bandes-annonces

Date de parution:
2001-07-10

Si vous avez aimé...