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DVDEF

Midnight Cowboy (Collector's Edition)

Critique
Synopsis/présentation
John Schlesinger est un cinéaste finalement peu connu mis à part pour deux oeuvres américaines, Midnight Cowboy (1969) et Marathon Man (1976).
Force est de reconnaître que ces deux œuvres très différentes dans leur style offre un même regard sur le monde et la même humanité dans le regard du cinéaste, ainsi que la présence de l’excellent Dustin Hoffman.

Midnight Cowboy doit il est certain une partie de sa réputation (ou plutôt devrions nous dire devait) à son contenu hautement transgressif en 1969 et l’aura de scandale qui entoura sa classification comme film X. Le fait qu’il ait reçu la triple consécration aux oscars en 1969 (Meilleur Film, Meilleur Réalisateur et Meilleur Scénario) sans que personne ne puisse s’y attendre (ah qu’il est loin le temps des surprises dans ce domaine) à fait de cette œuvre éminement singulière une sorte de classique instantané qui prouve que si le talent est présent, ni le public, ni les critiques ne seront embarassés devant un film « choquant ». Soit dit en passant, de nombreux et frileux producteurs massacrant à longueur d’année des projets passionnants en les édulcorant autant que possible afin de toucher le public le plus lagre possible ferait bien de se souvenir de cette formidable expérience que connut cette œuvre et ses créateurs. Malgré le refus de toute concession, d’un sujet difficile, d’un traitement inhabituel et une dureté de ton généralement incompatible avec un tel succés, Midnight Cowboy connut un succés énorme et surtout continue de fasciner de nouveaux spectateurs grace à la double casquette qu’il détient maintenant, à savoir celle d’un classique ayant gagné des oscars mais aussi celle d’un film « culte » à la réalisation psychédélique et au contenu et au constat final très dur.

Schlesinger souhaitait vraiment adapter le roman éponyme sans en diminuer l’impact, et du pour cela se battre de toutes ses forces contre un systéme de production forcément effrayé (même si le budget était tout à fait raisonnable) devant la mise en avant de losers vivant dans un univers que la morale bien pensante ne peux que rejeter en bloc et le fait que de la vie de ces anti-héros puisse se dégager une émotion intense, que la dureté et la froideur de la société américaine soit mise en valeur et que comme il sera de coutume dans les années (à juste titre), le rêve américain y soit déboulonné de façon fort efficace.
Ainsi le personnage de Joe Buck (John Voigt) est une métaphore marquante de la naiveté du peuple américain qui croit dur comme fer au rêve premier de sa nation, le fait que tout soit possible pour peu que l’on en soit suffisamment persuadé. Cette naiveté posséde une fraicheur bien sur totalement réjouissante qui à permis à Joe Buck de survivre dans son Texas natal, de faire partie intégrante de la société. Mais lorsque ce dernier se retrouve confronté au cynisme et au côté impitoyable de New York, il va déchanter, mais moins rapidement que ce que l’on aurait pu penser, cette foi si profonde en ses capacités et en la réalité des rêves qu’il s’était forgé faisant rempart contre une prise de conscience plus rapide qui lui aurait peut être permis de retourner à la sécurité de son état natal avant de toucher le fond.
A l’opposé, Ritso (Dustin Hoffman) est un New yorkais handicapé qui du fait de ses problèmes physiques et malgré son cynisme affiché est en marge de la société depuis toujours. Dés son enfance entre la pauvreté et les difformités il est évident que Ritso à souffert et n’a eu pour se protéger que sa débrouillardise et sa méfiance vis-à-vis de tout congénère.
Ainsi ses deux personnages que tout oppose vont malgré tout se rencontrer, dans un premier temps à la défaveur du naif Joe Buck mais ensuite les rapports de force finirons par progressivement s’annuler et l’on découvrira que Joe peut se montrer méchant gratuitement et que Ritso peut faire preuve d’espoir, de compassion et d’une naiveté qui sont au final bien humaines.

Bien sur, présenté comme cela le scénario peut sembler bien banal et cousu de fil blanc, catalogué mélodrame hollywoodien tire larmes et pourtant grace à la sensibilité du Schlesinger, au réalisme et à la noirceur des situations décrites et à une mise en scène expérimentale et psychédélique (totalement en phase avec son époque) le film est totalement différent de ce que l’on pourrait en imaginer.

Voight et Hoffman sont une paire formidable, crédibles, touchants de naturel (aussi bien la méchanceté que dans la « tendresse ») et qui incarnent à la perfection ces deux paumés, laissés pour compte du rêve américain. La conclusion du film qui montre les deux hommes véritablement laminés par la vie new-yorkaise (même leur squatt misérable leur est enlevé) est surprenante au sens ou le rêve américain est si fortement implanté qu’il fait naitre un espoir réellement indéfectible. Un espoir logiquement déçu qui leur fait croire que l’herbe sera plus verte ailleurs et que tous leurs problèmes seront réglés dés qu’ils seront arrivés à leur destination de rêve.
Seulement Joe Buck a déjà connu cette désillusion et il est évident que ce deuxième voyage le fera revenir a des ambitions beaucoup plus réaliste, abandonner ses rêves d’argent facile au soleil pour mener une vie plus « normale » mais qui n’en sera pas pour autant moins agréable.
Ritso lui met le peu de forces qu’il lui reste dans ce voyage qui est pour lui celui de la dernière chance pour lequel il à toujours les plus grandes ambitions qu’il n’aura jamais révélé qu’a Joe, son seul ami.

Le parcours donc tragique de ces deux hommes est très touchant puisque de prime il semblait presque impossible d’éprouver la même empathie vis-à-vis du crasseux et désagréable Ritso (personnage craspect mais toujours « réaliste », nous ne sommes pas dans une fable) et pourtant grace au fait justement que le réalisateur aime profondément ses personnages de paumés, cette identification affective s’effectue sans pour autant que toute la mise en scène ou le scénario soient dirigés vers cela, grace à la magie du cinéma.

Justement la force de la mise en scène pourtant très typique de son époque est de trouver une justification pour plus ou moins chacun des effets qu’elle emploie. La ou trop d’autres cinéaste de l’époque en proie aux délires psychédéliques les plus tordues n’ont pas su doser leurs expérimentations et ont accouchés d’œuvres qui font maintement plus sourires qu’elles n’impressionnent.
Ainsi Schlesinger déroute le spectateur (surtout en 1969 il est vrai, depuis une compléxité narrative largement supérieure à celle de ce film est plus habituelle, même si l’on revient à de plus en plus de linéarité simpliste) par le biais d’un montage audacieux et souvent très réussi, de prises de vues tordues et d’effets d’image dans l’image et de manipulation du noir et blanc.
Lors du premier visionnage de ce film nous avions été parfois dérangés par ce dispositif plutôt voyant mais efficace. Mais force est de constater que ces réticences premières ont été balayées par une impression certes de voir une œuvre datant de l’ époque psychédélique mais dont le réalisateur controlait son dispositif et savait ce qu’il en faisait.

Un mot enfin sur la formidable musique du film et notamment la chanson principale qui participent pour beaucoup au charme persistant de l’œuvre grace à une utilisation intelligente et sensible de l’aspect désenchanté mais positif de ce titre. Par ailleurs John Barry à fait un travail remarquable sur toute la musique non originale et offre ainsi une sensation d’unité supplémentaire au film.



Image
L’image est présentée au format respecté de 1.85:1 d’aprés un transfert 16:9.

La définition générale est de bonne qualité surtout lorsque l’on la compare à celle de la précédente édition. Elle est fluctuante tout au long du film passant d’excellente a correcte.
L’interpositif à été bien nettoyé et ne laisse apparaître que de rares points blancs et traits en quantité trop faible pour être un problème. Le grain assez important présent sur certaines scènes en extérieur n’est jamais vraiment gênant et pour le reste du métrage lui offre un rendu extrémement cinéma.
Le rendu des couleurs est dans l’ensemble de très bonne qualité même si des fluctuations par moments importantes viennent légèrement ternir le tableau. Elles sont par ailleurs naturelles, et dans l’ensemble bien saturées malgré les fluctuations mentionnées.
Le contraste est impeccablement géré et évite absolument toutes les brillances.
Les scènes sombres sont bien rendues grace à des noirs vraiment purs et profonds.
La partie numérique est de bonne qualité ne générant que très peu de surdéfinition discrète.

Voici donc un transfert tout à fait satisfaisant qui tire le meilleur d’un matériau de départ difficile étant donné l’aspect souvent expérimental de l’œuvre (mélande de 16 et 35 mm, image dans l’image) et la photographie particulière qui est la sienne. Certains défaut restent présents mais le bond en avant qualitatif par rapport à l’ancienne édition est énorme.



Son
Les quatres bandes-son offertes sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby 1.0 mono), Français (Dolby Digital 5.1) et Espagnol (Dolby 1.0 mono).
La dynamique de la bande-son multicanal anglaise est de bon niveau sans toutefois avoir été trop artificiellement amplifiée. Il en est de même pour sa présence et sa spatialité clairement accrues par la remasterisation mais dans des niveaux réalistes et respectueux du traitement original.

La musique est très bien rendue sans réelles limitations dans le haut ou le bas du spectre. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont très discrètes et intelligemment servent principalement la musique et quelques effets d’ambiance, respectant au maximum le mixage original tout en ouvrant l’ampleur de la bande-son de façon appréciable.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et les traces de parasites ou distortions sont limitées au maximum et quasi inaudibles à moins de pousser le son au dela des limites du raisonnable sur une telle œuvre.
Les basses fréquences sont dans l’ensemble discrétes, ce qui est logique au vu du mixage monophoniques original mais elles savent à plusieurs moments apporter un profondeur agréable et en permanence une assise formidable au rendu musical.

La bande-son multicanal françaises se défend bien mais est inférieure à son homologue anglais et souffre d’un doublage qui n’est pas à la hauteur.
La bande-son monophonique anglaise est logiquement en deça se son intelligent remixage multicanal mais offre une expérience sonore tout à fait digne d’intérêt, ce qui n’est malheureusement pas le cas de son homologue espagnole.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Un remixage multicanal qui offre donc un rendu audio surprenant de qualité qui permet d’apprécier ce film et son excellent musique dans des conditions idéales. Qui plus est, la bande-son monophonique est également incluse pour les puristes ce qui est un geste de plus en faveur du respect de l’œuvre et de la satisfaction des cinéphiles.




Suppléments/menus
Une section relativement complête mais malgré tout un peu décevante dans son ensemble.
Le commentaire audio du producteur, disponible sur le premier disque, manque clairement de passion et de charisme mais malgré les trop nombreux blancs apporte tout de même son lot d’anecdotes et informations passionnantes. Un segments dispensable mais qui mérite tout de même l’attention des amateurs de l’œuvre.
Sur le second disque, le premier documentaire de trente minutes est intitulé « After Midnight: Reflecting on the Classic 35 Years Later ». Il revient de façon concise mais malheureusement trop succinte sur la génèse et les réactions au film avec des interviews intéressantes mais trop souvent trop dythirambiques vis à vis des artistes pour être totalement honnête. Encore une fois, si nous pouvons comprendre des souvenirs émus des grandes qualités de chacun, les concours de superlatif s’apparentent le plus souvent a du remplissage par le vide plus qu’a des commentaires consctructifs comme nous en attendons.
Le second segment “Controversy and Acclaim”est une extension du segment précédent qui traite comme vous vous en doutez de la controverse autour du seul film classé X à avoir obtenu un Oscar.
Enfin “Celebrating Schlesinger” revient pendant dix minutes sur les qualités humaines et professionnelles de ce cinéaste pourtant assez méconnu (hormis justement Midnight Cowboy et Marathon Man) à nouveau de façon trop dythirambique pour ne pas se méfier.
Son également offertes les traditionnelles galerie de photos ainsi qu’une galerie de bandes-annonces (Easy Rider, Layer Cake, Raging Bull: Collector’s Edition, Snatch, Taxi Driver, The Good The Bad and the Ugly: Collector’s Edition, et The Great Escape)

Voici donc un ensemble trop ouvertement enthousiaste et manquant cruellement de recul critique pour être à la hauteur de l’œuvre ? Cependant malgré sa trop courte durée il n’en reste pas moins intéressant et permet de jeter un regard autre sur cette œuvre qui aurait clairement mérité un commentaire de la part de Schlesinger lui même.

A noter un ensemble visuellement réussi, de qualité supérieure accompagné de reproductions de qualités de 6 « capture » du film du plus bel effet.







Conclusion
Une édition aux qualités audios et vidéos certes encore perfectibles mais qui nous ont satisfait en l’état et marque un bond qualitatif énorme par rapport à l’ancienne édition disponible.
Les suppléments sont honnêtes mais pas à la hauteur d’une édition qui se voudrait définitive sur cette œuvre qui méritait un traitement analytique et critique plus poussé.
Bien évidemment nous recommandons vivement l’achat de cette édition de qualité à tous les amateurs de cette œuvre, du cinéma américain des 60’s / 70’s ou de Dustin Hoffman (qui y délivre une de ses meilleurs performances).

Midnight Cowboy est une œuvre unique, à la fois totalement ancrée dans son époque stylistiquement (avec tout ce que cela sous entend comme type de mise en scène à tendance « psychédélique) mais qui offre un regard sur la société américaine qui semble toujours aussi juste et surtout une humanité dans l’écriture, le traitement et le jeu des personnages qui s’avère intemporelle et touchante.

Une œuvre devenue un classique malgré elle mais qui avec le temps a perdu de son ura transgressive mais reste toujours un spectacle sensible et intelligent et est devenun une sorte de témoignage d’une partie de son époque.



Qualité vidéo:
3,6/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
3,1/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2006-05-08

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Midnight Cowboy

Année de sortie:
1969

Pays:

Genre:

Durée:
113 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby mono
Espagnole Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Commentaire audio, documentaires, galerie de photos

Date de parution:
2006-02-21

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