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DVDEF

Dog Day Afternoon (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Sidney Lumet et Al Pacino avait déja travaillé ensemble deux années avant de tourner Dog day Afternoon pour arriver au formidable Serpico.
Ces deux projets sont finalement très proches dans l’esprit et leurs qualités intrinsèques, ayant bénéficié à chaque du meilleur de ces deux artistes hors pair.
Comme Serpico, Dog day afternoon s’inspire d’une histoire vraie ayant crée un scandale, permettant un véritable commentaire social, offrant des personnages poignants le tout dans une ambiance la plus naturaliste possible.
Il d’ailleurs étonnant de voir à quel point la carrière de Lumet est versatile puisque pour Network en 1976 il va au contraire choisir la satire la plus noire et des évènement fictifs et irréalistes.
Dog Day Afternoon nous propose de suivre l’histoire linéaire et tout simple d’un couple d’amis qui s’attaquent à une banque. Il est difficile de trouver un canevas plus basique et c’est bien grace à l’élément humain que Lumet va réussir à captiver son spectateur de bout en bout.
Pacino et Cazale composent des apprentis gangsters tout àa fait crédibles, des personnages sur la corde raide mais qui contrairement à de nombreux autres truands d’opérette décrit dans d’autres œuvres sont avant des être humains déchirés qui tentent le tout pour le tout.
Sonny et Sal sont donc deux ames en peine qui ont des raisons bien différentes de cambrioler cette banque (ou du moins de le tenter), deux amis que leur situation telle qu’il la vive les pousse à se rebeller contre la société et à tenter le tout pour le tout.

Si Sonny à des motivations claires, une intelligence certaine qui lui permer de calculer certains problémes éventuels (il a, qui plus est, déjà travaillé dans un établissement bancaire), Sal est quand à lui beaucoup plus mystérieux et son absence de motivation apparente combinée à sa grande nervosité en font un personnage attachant mais sous haute pression.
Sonny a réussi grace à son charisme, son sens de la parole et son énergie à tout rompre à motiver Sal, comme il réussira a garder plus ou moins sous contrôle une situation au cours de laquelle beaucoup auraient explosés et terminé le tout dans un bain de sang (comme lui dira d’ailleurs l’agent du FBI sur un ton assez admiratif et sincère, ce qui n’a pas l’air d’être trop son habitude).

Sal quand à lui semble accompagner Sonny par habitude, il donne l’impression d’être au bout du rouleau, d’avoir été complêtement traumatisé par le temps qu’il a passé en prison. Et c’est bien la tout le dilemme de Sal qui sans avoir de motifs apparent, ni même de besoin d’argent se lance dans une entreprise criminelle risquée qui risque fort de reconduire en prison. Apparamment Sonny a promis à Sal (de façon à l’embarquer dans l’aventure avec lui) qu’ils iraient jusqu’au bout et qu’en cas de soucis ils se tueraient plutôt que de retourner en prison alors qu’il est évident qu’il n’a jamais eu aucune intention de se suicider.

Ce qui lie le plus les deux hommes semble de façon évidente la malchance et la précipitation. En effet il semble assez incroyable d’attaquer une banque dont les fonds viennent d’être vidés et quelques minutes plus tard alors qu’il n’y avait pas d’incident à proprement (pas d’alarme déclenchée) de voir la Police les encercler ainsi que les médias le tout avec un déploiement de moyens qui semble totalement disproportionnés au regard du problème à résoudre.
Si au début du film l’amateurisme de Sonny prête à sourire, au fur et a mesure que le film progresse on se rend compte qu’il n’a certes pas trop les pieds sur terre (nous ne tenons pas à vous révéler la raison première du braquage tellement le moment est savoureux, incongru et d’autant plus surprenant qu’il est véridique) mais qu’il est intelligent, connaît parfaitement le milieu banquaire et semble finalement relativement bien préparé a ce qu’il fait.
Mais c’est surtout son esprit d’adaptation qui s’avère surprenant et le fait que son crime est autant pour l’argent que finalement pour cri d’alarme et de révolte contre la société. Sonny est assez intelligent pour ne pas se laisser avoir par le policier qui tente plusieurs fois de lui faire jeter l’éponge.
Au contraire plus la situation devient complexe, plus Sonny est étonnant dans ses réactions et son calme. Il réussit dés sa première et périlleuse sortie de la banque à gagner immédiatement les faveurs du public et des médias en se lançant dans une simpliste mais efficace vindicte à l’égard des forces de l’ordre qui quelques mois auparavant avaient brutalement massacré les malfrats et innocent dans la fameuse affaire d’Attica. Attica sera le cri qui permettra à Sonny d’être réellement protégé, lui qui n’avait prévu qu’un cambriolage rapide et se retrouve entourés d’hommes armés et coincé dans une situation rocambolesque.

Sal quand à lui est dés le début présente par Sonny comme un tueur de sang froid qui n’hésitera pas à massacrer tous les otages. Et pourtant une fois de plus avec Sal si son allure et ses manières timorées, presque timides lui donne une allure presque innoffensive (on saura plus tard qu’il est très croyant à la limite de la bigoterie), son regard et ses brusques montées d’adrénaline tout juste controlées par Sonny font vraiment peur. Et c’est grace à cette peur que Sal peut inspirer que le plan de Sonny fonctionnera, sans la détermination de Sal et sans le contrôle qu’il exerce sur lui rien n’aurait été possible.

Dans se deuxième partie le film prend un ton plus sombre consécutif de la prise en main de l’affaire par le FBI et ses méthodes certes efficaces mais nettement plus sournoises que celles employés par le policier Moretti du début.

La relation entre Sonny, Sal et leurs otages prend souvent des tournants innatendus et le maintenant si célèbre Syndrome de Stockholm (ou les otages sympathisent avec leurs ravisseurs et en dressent souvent des portraits faussés) est clairement à l’œuvre. Pourtant il est certain que l’amateurisme et l’humanité dégagé par les deux hommes est pour beaucoup dans la situation. Ainsi malgré la présence policière et toute l’action que cela suppose, le cœur du film reste les relations humaines.

La mise en scène de Lumet est au diapason du scénario et grace à un style affirmé mais visuellement assez neutre il réussit a convoyer une impression de naturel et de réalisme assez incroyable, sans pour autant adopter un style documentaire. Bien au contraire nous sommes bel et bien en présence d’une œuvre cinématographique ou chaque plan est pensé et très souvent aussi signifiant en tant que tel que ce qu’il montre. Lumet utilise à merveille le décor de la banque ou la majeure partie de l’action se situe. Malgré le fait que le film fut entièrement tourné en décors naturel, on sent en permanence la maitrise finale du cinéaste sur son matériau sans pour autant que celle-ci ne soit jamais étouffante. En étant rigoureux tout en s’accordant le fait de suivre ses comédiens dans leurs envolées (mention spéciale à Charles Durning en plein effervescence), en alternant à la perfection les moments tendus et les moments en creux, Lumet signe une œuvre passionnante qui réussit l’exploit de garder totale l’attention du spectateur tout en lui offrant un spectacle qui ne peut que le conduire à s’interroger sur bien des questions sociales et morales, tout en lui offrant un point de vue bien défini qui à parfaitement analysé son époque et ses maux, le tout à travers un fait divers réel et peu modifié pour les besoins de l’adaptation.



Image
L’image est présentée au format respecté de 1.85:1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale est de bon niveau, dans la ligne de ce que l’on est en droit d’attendre d’une œuvre des années 70 duement retravaillée.
L’interpositif est propre, ne laissant apparaître que quelques points et traits répartis sur toute la durée et par conséquent jamais gênants. Le grain est relativement limité et bien logique étant donné l’époque et les conditions de tournage, le tout offrant un rendu cinéma des plus appréciables.
Les couleurs sont dans l’ensemble bien rendues malgré un aspect général un peu « passé » et certains ton de peau tirant trop vers l’orange. Elles sont généralement naturelles, constantes et correctement saturées. Le contraste est correctement géré, évitant toutes brillances.
Les parties sombres sont bien rendues grace à des noirs profonds mais qui viennent parfois à manquer de pureté (offrant ainsi des zones manquant de détails) sans toutefois que cela ne devienne vraiment visible.
La partie numérique est de bon niveau même si l’on peut parfois apercevoir des traces de surdéfinition et voir quelques stores vénitiens trembler.

Un transfert qui n’a rien d’exceptionnel mais nous semble tirer le meilleur d’un matériau de départ en piteux état et qui plus est difficile à bien retranscrire en vidéo et dont nous sommes finalement vraiment satisfaits.



Son
Les deux bandes-son offertes sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby 1.0 mono) et Français (Dolby 1.0 mono).
La dynamique de la bande-son anglaise est logiquement limitée par son format et son époque mais s’avère d’un bon niveau une fois ces éléments pris en compte. Il en est de même pour sa présence et sa spatialité qui n’ont certes rien de révolutionnaires mais servent parfaitement le film.Il n’y pas de trame-sonore sur ce film et par conséquent les seules notes de musique que nous y entendons sont celles d’une chanson qui est bien rendue.
Les dialogues sont heureusement en tout moment parfaitement intelligibles et les traces de distortions ou parasites sont limitées au moment les plus agités du film (hélicoptères ..).
Les basses fréquences sont logiquement absentes et cela n’handicape en rien le rendu général.

La bande-son française offre quand à elle un rendu beaucoup plus étouffé qui la rend nettement inférieure.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Une bande-son qui comme l’image n’a rien d’exceptionnelle en soi mais sert le film au maximum de ses capacités et dans le respect des intentions d’origine ce qui est exactement ce que nous lui demandons.





Suppléments/menus
Un ensemble relativement bien fournie et de qualité appréciable, même si il n’atteint pas le niveau des suppléments de Network.

Le commentaire audio de Sidney Lumet est sur le premier disque et offre une très agréable, intelligente et informative plongée en profondeur dans le film. Lumet est un cinéaste passionnant qui à toujours une bonne raison pour chacune de ses actions et s’avère qui plus est un aussi bon conteur oral que visuel. Voici donc un commentaire que nous recommandons chaudement, humble, rythmé, toujours intéressant et offrant au final au spectateur une autre vision de l’œuvre.
Sur le second disque se trouve le nouveau documentaire en 4 parties intitulé « The making of Dog day afternoon ». “The Story”, “Casting the Controversy”, “Recreating the Facts”, “After the Filming” sont donc ces 4 segments qui bout a bout durent environ 55 minutes et reviennent de façon convaincante sur toutes les étapes de fabrication du film ainsi que sur les intentions du cinéaste. A quelques moments l’ensemble se laisse aller à de l’autocongratulation éhonté mais néanmoins totalement mérité donc pour une fois cela ne s’avère pas plus gênant que cela. Les interviews sont intéressantes, bien montées, les extraits de films bien choisis même si souvent trop longs. On aurait aimé l’intervention d’un critique de façon a amener un regard plus analytique et neutre, ainsi qu’a situer l’impact du film comme sa place dans l’histoire du cinéma.
Enfin est offerte un court segment d’époque, « Lumet : Filmmaker » (10 mins) qui offre un portrait relativement convaincant du cinéaste même si dans l’ensemble trop unaniment enthousiaste pour être totalement convaincant.
Pour terminer est disponible la traditionnelle bande-annonce qui cette fois-ci est de qualité et permet pour une fois de se faire une idée réaliste de l’œuvre.

Des suppléments donc d’excellente qualité dont seul le manque de recul critique et d’analyse peut préter le flanc a une quelconque critique et nous remercions la Warner d’avoir soigné ce film avec tout le respect qu’il méritait.





Conclusion
Une édition aux qualités audio et vidéos standards qui remplissent néanmoins parfaitement leur office, surtout si l’on prend en considération l’époque, le budget et les conditions de tournage du film. Les suppléments sont de qualité. Tout compte fait le prix de vente tout à fait raisonnable.

Dog Day Afternoon fait partie de ces « perles » que le cinéma américain des années 70 offrait régulièrement à cette époque. Un mélange totalement réussi de naturalisme, de tension, de commentaire social et de portrait humains finement travaillés font de cette œuvre un film rare qui supporte admirablement les années et réussit la gageure distraire autant qu’il fait réfléchir.



Qualité vidéo:
3,6/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
4,1/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2006-04-03

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Dog Day Afternoon

Année de sortie:
1975

Pays:

Genre:

Durée:
124 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Commentaire audio, documentaires

Date de parution:
2006-02-28

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