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DVDEF

Jeepers Creepers

Critique
Synopsis/présentation
Ce n'est plus un secret pour personne, depuis le succès retentissant de la série Scream, le drame d'horreur a connu un essor de popularité tel que le marché en est presque devenu sur-saturé. Autant le style parodique mais efficace de la trilogie de Wes Craven a-t-il su apporter un souffle nouveau à ce genre éculé, autant la série de films d'horreur qui prirent l'affiche conséquemment à ce succès n'étaient que des copies risibles ou des cafouillis vulgaires remplis de clichés. En fait, pour un Scream réussis, c'est une dizaine de I Know What You Did Last Summer et autres Valentine que nous devions subire. Tous des films à desseins strictement commerciaux, réalisés par des tâcherons et écris par une armée de scénaristes en manque d'imagination. Cependant, il arrive parfois (très rarement en fait…) qu'un film réussisse à se démarquer du lot, soit par une mise en scène particulièrement soignée ou inventive, soit par un scénario solide et imaginatif. Sans être un film complètement réussis, Jeepers Creepers a un peu de ces deux qualités rarissimes.
L'histoire de Jeepers Creepers débute sur une route de campagne déserte. On y fait la rencontre de Trish (Gina Philips) et de son frère Darry (Justin Long), deux étudiants en route vers le domicile familial le temps d'un congé bien mérité. Alors qu'ils roulent paisiblement, les deux jeunes sont témoins d'un événement étrange : sur le bord de la route, près d'une vieille maison, un individu jette ce qui semble être un cadavre dans le fond d'un énorme tuyau d'égout…
Vous dévoilez d'avantage l'intrigue serait gâcher votre plaisir, car les rebondissements qui surviennent dans les premières quarante minutes du film sont parmi les plus efficace qu'ils nous aient étés donnés de voir depuis longtemps dans un tel film. Le réalisateur ne perd pas beaucoup de temps à situer son histoire. Dès les premières minutes, il parvient admirablement bien à créer un climat de tension qui ne fera que prendre de l'ampleur au fur et à mesure que le film avance. Toute l'horreur, tout le suspense de la première moitié du film repose sur une peur tangible de l'inconnu, du non-visible. Comme les personnages, nous ignorons tout des desseins et de l'apparence du meurtrier, et c'est précisément pour ces raisons que le réalisateur parvient à nous tenir en haleine. C'est d'ailleurs avec une grande minutie que le réalisateur Victor Salva (réalisateur de Powder) nous dévoile les détails entourant son antagoniste.
Le seul hic, c'est qu'une fois l'identité et l'apparence du méchant dévoilées, environ à mi-chemin dans le film, la tension s'en trouve réduit. En effet, à cet instant précis le film passe du suspense au film d'horreur plus graphique où les meurtres sont montrés sans aucune subtilité à la caméra. Quel dommage, car la peur de l'inconnu est en réalité beaucoup plus effrayante que la vision d'un monstre décapitant des gens. À partir de ce point également, le comportement des deux héros devient carrément stupide. Ils commencent à commettre des actes d'une logique incohérente. Et finalement, le point milieu du film nous introduit également à un nouveau personnage absurde qui n'est prétexte qu'à dévoiler certains éléments de l'intrigue. Mais malgré tous ces défauts, qui heureusement sont absents de la première moitié, on ne peut que féliciter l'efficacité de la mise en scène de Salva. Celle-ci est toujours attentive aux réactions des personnages et laisse rarement un détail au hasard. En dépit des changements au rythme du scénario, la réalisation conserve une belle unité et joue admirablement bien sur la thématique du regard.
En effet, le regard, la vision est un élément récurent dans le film, et le réalisateur à mis beaucoup de soin à travailler cet aspect. Que ce soit le petit jeu d'identification de plaques d'immatriculation des deux héros, la chanson-titre du film qui fait référence aux yeux ou encore les nombreux plans fixes s'attardant au regard des protagonistes. Tous ces éléments nous conduisent tout droit à une conclusion surprenante et, il faut le dire, courageuse dans une industrie où le happy end est coutume. Une conclusion intelligente qui justifie toute cette attention au regard, une conclusion qui risque de vous glacer le sang de par sa puissance évocatrice. Quel dommage que le milieu du film soit aussi décevant, car nous voilà en présence d'un film qui a le mérite d'aller plus loin que des simples séquences de meurtres gratuits, un film d'horreur qui aborde une thématique et qui la maintient intelligemment du début à la fin.


Image
Jeepers Creepers nous est offert dans un transfert anamorphique conservant le format original du film de 1.85:1. Une version plein écran du film est aussi offerte, sur laquelle nous ne nous attarderons pas.
Pour bien apprécier les qualités indéniables de ce transfert, il est important de prendre en considération les intentions initiales du réalisateur. Dans le but de bien appuyer le climat du film, plusieurs techniques ont été utilisées pour styliser l'image : couleurs dé-saturées, grain omniprésent, éclairages rasants et sombres. Ainsi, bien que la définition générale soit adéquate, celle-ci n'est jamais optimale du à la présence d'un grain de pellicule parfois évident. La colorimétrie est difficile à évaluer compte tenu qu'elle a été volontairement dé-saturée, mais nous pouvons affirmer avec certitude que celle-ci est constante et qu'aucun débordement ou débalancement chromatique n'est visible. La brillance sans fluctuation et apparemment bien balancée, tandis que les contrastes sont justes. Les parties sombres, malgré la présence du grain, conservent une certaine finesse dans les dégradés, tandis que les noirs sont solides et purs.
Une certaine sur-définition des contours est parfois visible, tandis que quelques égratignures et points blancs peuvent être remarqués au cours des premières minutes du film. Nous n'avons remarqué aucun défaut de compression quel qu'il soit.



Son
Trois bandes-son ont été incluses sur cette édition, soit une anglaise Dolby Digital 5.1, ainsi qu'une française et une espagnole, toutes deux en format Dolby Surround 2.0.
Le mixage anglais offre un certain dynamisme et une spatialité adéquate, sans plus. Le champ-sonore se déploie surtout des enceintes avants, les canaux d'ambiophonies ne sont que partiellement mis à contribution. L'environnement sonore qui en résulte est assez bien défini grâce à une bonne séparation des canaux avants mais manque légèrement d'amplitude et de profondeur. Quelques effets d'ambiophonies localisés sont perceptibles dans les scènes d'action, mais leur utilisation n'est pas assez soutenue pour réellement apporter un dynamisme à l'ensemble. La trame-sonore a été intégrée avec efficacité et fidélité surtout aux enceintes avants. Un déploiement à travers tout l'espace sonore aurait appuyé avec plus d'impact les scènes de suspence. Les dialogues sont intégrés avec naturalité et sont parfaitement intelligibles du début à la fin. Les basses, quant à elles, sont suffisamment puissantes et profondes pour soutenir les scènes d'action et le climat sombre et glauque entretenu par la trame-sonore. Le canal .1 (LFE) n'est utilisé qu'avec parcimonie.
La bande-son française Dolby Surround 2.0 ressemble quelque peu au mixage anglais, seules les basses manquent d'impact et de profondeur. Des sous-titres anglais, français et espagnols sont également offerts.



Suppléments/menus
C'est une édition spéciale des plus étonnantes que nous offre MGM. Étonnante non seulement quant à la quantité de suppléments offerts (après tout, le film fut loin d'être un véritable succès au box-office), mais aussi et surtout par la qualité de ceux-ci. En particulier, le documentaire produit spécialement pour cette édition DVD en est un qui se démarque particulièrement de tous les futiles segments promotionnels généralement offerts pour des films récents. Intitulé Behind the Peepers, ce documentaire de 60 minutes s'attaque de façon concise et détaillée à la production du film. Les propos recueillis par les différents intervenants sont intéressants et pertinents, ils ne sont jamais teintés de prétention ou de complaisance. Le montage de ce documentaire évite sagement de faire la promotion du film, et se contente de présenter du matériel éloquent et informatif, tels des scènes filmées en coulisses, des scénarimages et autres dessins conceptuels, ainsi que quelques auditions. Le documentaire est séparé en six chapitres, chacun d'eux s'attardant à un aspect différent. Franchement, que voilà un supplément produit avec professionnalisme. Un exemple que devrait suivre plusieurs studios...
Une piste de commentaires audio est également disponible, celle-ci animée par le réalisateur Victor Salva. Visiblement préparé, Salva évite les redondances en prenant soin de ne pas traiter des mêmes points que le documentaire. Ses propos alternent la simple anecdote de tournage ou avec des détails techniques concernant la réalisation du film. Il explique entre autre ses objectifs et ses idées, en appuyant ses dires par des éléments de sa mise en scène. Son ton est articulé, vif et les temps morts sont rares. Une excellente piste.
Une série de 10 scènes coupées, totalisant près de 17 minutes, est aussi offerte. Seule les séquences d'introduction et de conclusions alternatives mérites qu'on s'y attarde vraiment. La première qui approfondie la relation entre les deux héros, et la dernière simplement pour comparer avec la fin originale (et hautement supérieure) présente dans le film.
Finalement, en plus de la bande-annonce originale, vous retrouverez un montage de 9 minutes présentant une série de photographies. Le montage est bien fait, et la musique qui l'appuie donne un ton lugubre et pertinent à ce supplément.




Conclusion
Jeepers Creepers n'est peut-être qu'un film à moitié réussis, mais ses qualités en font un drame d'horreur s'élevant aisément au-dessus de la moyenne. Les amateurs du genre apprécieront sûrement, ne serait-ce que pour ses premières quarante minutes, absolument jouissives pour le genre. Ceux qui auront aimé apprécieront du même coup les efforts déployés dans la production des suppléments, intelligemment produits. La qualité d'image et du son n'est pas parfaite mais est adéquate au ton que le film dégage.


Qualité vidéo:
3,7/5

Qualité audio:
3,3/5

Suppléments:
3,9/5

Rapport qualité/prix:
3,7/5

Note finale:
3,7/5
Auteur:

Date de publication: 2001-12-28

Système utilisé pour cette critique:

Le film

Titre original:
Jeepers Creepers

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
90 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-14 (double face, simple couche/double couche)

Format d'image:
1.85:1 et 1.33:1 (cadre ouvert)

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais (CC)
Français
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaire, scènes coupées, galerie d'images et bandes-annonces

Date de parution:
2002-01-08

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