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DVDEF

All the President's Men (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Alan J Pakula est un cinéaste qui à nos yeux compte surtout pour ses trois films sur la paranoia et le complot, Klute (1971), The Parallax view (1974), et All the President’s men (1976) mais aussi pour son excellente adaption du roman éponyme Sophie’s Choice (1982).
Son œuvre la plus aboutie et la plus impressionnante malgré les années qui passe reste néanmoins ce All the President’s men qui après ce revisionnage nous apparaît comme un film totalement maitrisé, qui délivre à la fois du divertissement (l’enquête), un message (le point de vue sur le journalisme) mais est également une dénonciation politique violente (qui met à jour les magouilles) et un film sur le souvenir historique (de ce qui reste quand même un fait extrémement marquant de l’histoire américaine et mondiale).
Si Pakula est le charpentier de cette entreprise, on ne peut que louer le travail et le courage de son producteur qui n’est autre que Robert Redford qui à choisi le projet et l’a porté a bout de bras jusqu'à finir par lui-même incarner un des héros malgré les risques que représentait une telle entreprise pour un des acteurs hollywwodiens alors les plus en vue (qui n’avait donc absolument pas besoin d’une telle aventure pour sa « carrière ».
Ce sont d’ailleurs les maitres mots qui résument le mieux l’esprit du film, courage et détermination.
All the President’s men est donc l’histoire de deux hommes qui grace à leur pugnacité et leur inflexibilité on réussit à parvenir à l’inimaginable, en tant que journalistes de réussir a faire démissionner un président magouilleur.
Grace à leur travail et leur persévérance Bernstein et Woodward (les vrais journalistes et leurs alter egos de fiction) ont révélé au grand public l’existence d’une manipulation financière totalement inadmissible de le part d’un élu mais surtout le fait que tout le systéme de pouvoir américain ou presque était corrompu.
Le parrallèle entre le film et l’histoire vraie devient vraiment fascinant lorsque l’on réalise que comme les journalistes a travers le Washington Post, tous les artisans et artistes ayant participés au film ont réussi le même exploit de révéler à un public encore plus large, la mission premiere que devrait avoir chaque journaliste, le pouvoir que peut avoir la presse si elle en à le courage et par la même l’influence que peut avoir cette fameuse liberté de la presse si précieuse à nos sociétés libres sur le cours de l’histoire (qu’elle soit politique ou sociale).

La grande réussite de Pakula et Redford dans leur façon d’envisager l’œuvre est de ne pas avoir suivi la forme du livre de Bernstein et Woodward mais d’intelligemment avoir su en garder l’essence tout en faisant un spectacle totalement cinématographique et signifiant.
Cette tache était d’autant plus difficile qu’ayant centré leur scénario sur les journalistes et leur enquête et non pas sur le scandale qu’il dénoncent, Pakula et Redford devait affronter le redoutable problème d’arriver à captiver les spectateurs en montrant principalement une salle de rédaction ou deux homme passent la plupart de leur temps au téléphone.

Et force est de reconnaître qu’il ont totalement réussis leur coup en tournant un film au suspense constant, au sentiment de tension et de dynamisme permanent alors même qu’il montre un travail minutieux, répétitif et lénifiant. C’est précisément dans ce paradoxe que tout réside puisque qu’en prenant le contrepied de ce qu’il montre le cinéaste réussit à exprimer l’importance de ce type de travail sans jamais sacrifier au fond de son sujet.
Pakula nous montre que Bernstein et Woodward font un travail de fourmi souvent rébarbatif, mais grace à son sens de la mise en scène, son point de vue de réalisateur, et l’appui de son producteur/acteur totalement dévoué à l’entreprise, il parvient à le faire de façon distrayante pour le spectateur mais en se gardant de céder à quelque facilités stylistiques.
Bien au contraire, le film est d’une rigueur visuelle qui frole souvent l’ascetisme mais se permet de temps à autre des images fortes et signifiantes servant totalement l’œuvre (le plan sur les deux journalistes à la Bibliotheque du congrés, les scènes avec Deep Throat dans le garage).
Pakula utilise toutes les ressources cinématographiques pour raconter son histoire et exprimer ce qu’il y souhaite. Ainsi la superbe photographie du génial Gordon Willis est l’artisan majeur de la sensation de malaise et de paranoia primordial pour ce projet.
Un certain schématisme ou manichéisme qui empreint le film (élément logique directement « imposé » par l’histoire et les risque qu’elle présente pour une production cinématographique) , les gentils journalistes contres les méchants fonctionnaires véreux est parfaitement relayée par la lumière blanche, dure et froide mais pure qui eclaire la salle de conférence du Washington Post et l’aspect au contraire très sombre, jouant vraiment sur l’absence de lumière et les « tenébres ».
De même l’utilisation assez rare de l’excellente musique de David Shire ne vient jamais surcharger le sens déjà relayé par l’image et plonge dans une ambiance propice plus qu’elle ne souligne.
La mise en scène de Pakula même est une mosaique des différentes possibilités offertes par le cinéma sans pour autant que cet aspect sois mis en avant de par la nature éminement peu visuelle du sujet et de l’histoire qu’il filme. En combinant son point de vue visuel très élaboré et expressif (les profondeurs de champ énormes dans la salle de rédaction, le plan sur la bibliothéque) avec un montage murement réfléchi il réussit a raconter autant que l’histoire proprement dite, a placer le spectateur devant des questions ou des états de fait qu’il serait difficile de transcrire par la parole sans un long discours.

Et pourtant, c’est bien la parole qui est au centre, qui est le moteur du film puisque Pakula nous montre ses deux héros en train de discuter avec leurs témoins ou collegues et cette association de film à la fois verbal et visuel est trop rarement réussie (Mankiewicz nous apparaît le cinéaste le plus typique de cette tendance) pour ne pas être mis en avant.

Hoffman et Redford sont absolument formidables de bout en bout et leur investissement total dans le projet est vraiment palpable sans pour autant qu’il n’affecte jamais leur performance. Redford joue un Woodward réservé, presque effacé et peu héroique soit un personnage peu habituel pour lui alors que Hoffman joue un Bernstein à l’opposé extraverti, dynamique, presque hableur. Leur opposition de caractère qui à pourtant conduit à la réussite d’une enquète majeure est également l’un des points centraux du film qui montre bien comment deux hommes guidés par le même but peuvent arriver à s’entendre et se compléter malgré leurs différences fondamentales.
Enfin ce point nous amène directment au fait que All the president’s men est à la fois typique des contestataires et désenchantées années 70 en présentant un pays dirigé par un systéme totalement corrompu mais également une des rares œuvres positives de cette époque au sens ou les deux journalistes sont malgré tout la preuve vivante que le rêve américain est toujours possible et que chacun est succeptible de réussir si il en a le talent et s’en donne les moyens (utopie ?) .

Voici donc un film qui à certainement déclenché de nombreuses vocations de journalistes d’investigation et permis a un public allant au dela des frontières des Etats-Unis d’avoir une vision « réaliste » des disfonctionnement de l’appareil de pouvoir américain. Un film courageux et nécessaire qui dénonce autant qu’il distrait, une vraie œuvre populaire et artistique comme on en voit malheureusement trop peu souvent, l’un des grands films du contraste et du paradoxe, véritable métaphore des Etats-Unis.
Nous recommandons chaudement son visionnage a tout le monde tant il est non seulement un témoignage sur son époque (comme il est intelligemment montré dans les suppléments, un telle « affaire » serait impossible actuellement du fait de l’évolution de la technologie et des mœurs) mais également une œuvre engagée qui prend pleinement partie pour la liberté de la presse que nos temps troublés tendent a recontester de plus en plus souvent.


Image
L’image est proposée au format respecté de 1.85 :1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale est parfois variable mais dans l’ensemble de trés bon niveau pour une film de cette époque. L’interpositif présente parfois des signes d’age (traits et points) et quelques passages sont plus granuleux que souhaité mais l’ensemble se tient très bien.
Les couleurs sont bien rendues malgré un aspect général un peu passé qui nous semble plus imputable au style de l’époque qu’au transfert lui même. La photographie complexe de Gordon Willis est mise en valeur par des couleurs justes, constantes et parfaitement saturées.
Le contraste est lui aussi bien géré et ce malgré les scènes tres lumineuses dans les bureaux du Washington Post et toute brillance est evitée.
Les scènes sombres sont bien rendues grace à des noirs suffisamment profonds et purs.
La partie numérique est exempte de reproches même si à quelques rares moments on peut apercevoir un léger moirage.

Un transfert de belle qualité qui tire le meilleur possible du matériau d’origine et rend parfaitement honneur à l’œuvre malgré les légers défauts signalés.



Son
La seule bandes son offerte sur cette édition est en Anglais (Dolby 1.0 mono).

Sa dynamique est logiquement limitée du fait du sujet et de l’époque du film. Il en est de même pour sa présence et sa spatialité qui sont tout à fait conformes à nos attentes mais pourrons paraitrent limités a un public épris de performance audio.
La musique est bien rendue et les limitations dans le haut ou le bas du spectre ne se font pas sentir outre mesure. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et a moins de vraiment pousser le volume les parasites ou distortions sont inaudibles.
Logiquement les basses fréquences ne sont pas le point fort de cette édition mais elle savent se faire entendre lorsque nécessaire.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Voici une bande-son de qualité qui ne cherche pas a en faire trop mais qui comme dans le cas de l’image tire le meilleur du matériau d’origine pour le plus grand plaisir des amateurs du film et respect du mixage sonore étonnement travaillé.



Suppléments/menus
Une ensemble tout à fait honnête même si il insiste trop peu à notre gout sur l’aspect cinématographique de l’œuvre.

Sur le premier disque Robert Redford nous offre un excellent commentaire audio, exercice ou il débute mais s’avère doué. Il délivre un grand nombre d’informations passionnantes de façon claire et concise grace a un enthousiasme communicatif. Il insiste surtout sur son rôle de producteur du film et c’est tout à son honneur. En étant tatillon on pourra juste lui reprocher de parfois longs silences et une certaine tendance à encenser ses collaborateurs (mais pour une fois cela semble justifié).
Est egalement disponible sur ce même premier disque un gallerie de bandes-annonces de films de Alan J Pakula ("Klute," "All the President's Men," "Rollover," "Presumed Innocent," and "The Pelican Brief").
Sur le second disque sont proposés 3 nouveaux documentaires, un d’époque et une interview de Jason Robards.
"Telling the Truth About Lies: The Making of All the President's Men" (28 mins), "Woodward and Bernstein: Lighting the Fire" (17 mins), et "Out of the Shadows: The Man Who Was Deep Throat" (16 mins) sont donc trois segments qui traitent chacun de points spécifiques.
On pourra regretter une certaine tendance à l’autocongratulation mais la qualité du film et le fait que malgré les années passées il soit resté a juste titre la référence en terme d’oeuvre cinématographique sur le métier de journaliste justifient en partie ces “débordement” qui sont de plus loin d’atteindre les délires de certains suppléments.
Chaque intervenant est visiblement toujours aussi passionné par l’œuvre elle même ou le sujet sur lequel il vient s’exprimer. Les deux derniers segments se consacrent en grande partie a l’importante et abracadabrante histoire vraie dont s’inspire le film qui à clairement laissé des traces dans l’histoire des Etats Unis, du journalisme ainsi que dans l’incoscient collectif (Deep Throat, l’indicateur mystère est devenu une vrai figure emblématique).
Trois segment donc vraiment intéressants qui permettent d’en savoir beaucoup plus sur cette affaire et ainsi d’encore mieux appréhender le film même.

"Pressure and the Press: The Making of All the President's Men"qui dure 20 minutes est intéressant par les images et l’ambiance du plateau qu’il montre que par les informations qu’il délivre.
Enfin, l’interview de Jason Robards par Dinah est malheureusement quasiment sans intérêt tant l’intervieweuse pose des questions sans grand intérêt et étale a tout bout de champ son avis san intérêt sur le film à un Robards visiblement assez amusé par tout cela.

Une ensemble donc vraiment intéressant qui manque seulement d’une véritable section consacré a l’étude de la mise en scène, de l’efficacité du film ou de l’impact qu’il a pu avoir sur de nombreuses réalisations postérieures.




Conclusion
Une édition DVD aux qualités audio et vidéo de très bon niveau, malgré des défauts inhérents a l’age du film, appuyées par des suppléments intéressants et relativement complets. Nous vous recommandons cette édition au plus haut point, d’autant plus que son prix de vente est plus que raisonnable.

All the President’s men est une œuvre toujours aussi impressionnante et fascinante à suivre. Pakula y réussit la gageure de captiver de bout en bout l’attention des spectateurs avec une histoire dont tout le monde connaît le dénouement et surtout à créer du suspense et une tension remaquables à partir d’une enquête se déroulant majoritairement au téléphone. La rigueur du scénario (malgré un certain manichéisme), le jeu parfait des acteurs, la superbe et prégnante mise en scène et enfin le courage de l’entreprise font de ce film une œuvre importante, toujours aussi passionnante et puissante malgré les années. A voir impérativement, surtout pour les apprentis journalistes !!!




Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
3,7/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2006-03-10

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
All the President's Men

Année de sortie:
1976

Pays:

Genre:

Durée:
138 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Commentaire audio, documentaires, interview, galerie de bandes-annonces

Date de parution:
2006-02-21

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