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DVDEF

Glengarry Glen Ross

Critique
Synopsis/présentation
James Foley est un réalisateur peu connu du grand public.

Il débuta sa carrière en 1984 avec Reckless, un petit film qui reflète bien son époque mais ne présente aucunes qualités particulières. Son oeuvre suivante, At Close Range (1986) est beaucoup plus intéressante. Elle présente une relation père-fils perverse et complexe et Christopher Walken y offre à nouveau une composition extraordianaire. Who's that Girl (1987) est une comédie à la mode et sans intérêt avec Madonna. Il réalise ensuite After Dark My Sweet (1990), d'après une nouvelle de Jim Thompson (un des plus grands écrivains de polars) et passe complètement à côté de son sujet.

Heureusement en 1992 il signe le film qui nous intéresse aujourd'hui.
Il retombera dans la banalité et la mièvrerie avec Two Bits (1995), pourtant avec Al Pacino. Il rate à nouveau l'adapatation d'un bon sujet avec The Chamber (1996), très bien interprété par Gene Hackman. Avec Fear (1996), il semble réussir un bon film et ruine le tout avec une duexième moitié qui vire au ridicule. Il s' essaye au film d'action hollywoodien avec The Corruptor (1999) et signe un produit totalement banal et sans surprises.

Il s'avère donc que James Foley est loin d'être un bon réalisateur et pourtant il continue à tourner de façon régulière. On peut cependant lui prêter un excellent sens de la direction d'acteurs et un bon choix de ses sujets (à défaut de pouvoir leur appliquer un bon traitement). Glengarry Glen Ross (1992) est au départ un pièce à succès de D. Mamet, adapté par lui-même pour le grand écran. On y suit quatre vendeurs en immobilier au moment où leur firme décide de se débarasser des moins performants au moyen d'un concours inhumain. La mise en scène de Foley sait se faire suffisamment discrète pour ne pas effacer le sujet, mais ne sombre pas pour autant dans l'illustration. La photographie subtile et précise de Juan Ruiz Anchia exprime beaucoup de nuances à la fois dans le caractère des personnages et les situations (plus ou moins de contrastes selon la tension des scènes). C'est le jeu des acteurs qui emporte le film vers une intensité peu commune pour un film finalement très théatral.

Jack Lemmon tient là un de ses meilleurs rôles (dans une magnifique carrière qui en compte pourtant beaucoup) et il confère à son personnage le côté pathétique et pitoyable nécessaire à sa crédibilité, sans pour autant chercher à le rendre agréable ou sympathique. La pluie que J. Foley choisit de lui faire tomber dessus chaque fois qu'il est à l'extérieur en rajoute juste ce qu'il faut dans cette direction. Kevin Spacey est formidable de veulerie et de lâcheté et compose un 'petit chef' parfait (qui ne fait que suivre les ordres). Alan Arkin, peut-être le seul vendeur agréable et un tant soit peu droit du film, offre à son personnage son visage (et son corps) fatigué et dépassé devant tant d'agressivité, et qui doute en se retrouvant au bord de l'illégalité. Ed Harris est une nouvelle fois parfait de colère et d'inidignation et finalement de méchanceté vis à vis de ses collègues. Al Pacino est grandiose dans le rôle de Roma le vendeur vedette, numéro 1 à la grande gueule, réussissant à embobiner n'importe qui (l'excellent Jonathan Pryce dans la peau d'un loser comme on en voit peu), et pour qui seul le résultat compte. Enfin Alec Baldwin compose à la perfection un 'golden boy' aux dents très très longues, venu littéralement insulter ses troupes, non pour les remotiver mais pour leur signifier leur renvoi immédiat en cas de non conclusion de leurs affaires. Dans un rôle qui fut d'ailleurs créé par Mamet pour son scénario de façon à rendre plus tangible l'énorme pression qui pèse sur les commerciaux. Les situations et la façon de travailler décrites dans ce film sont à peine caricaturées et donnent une bonne idée de ce à quoi on peut obliger certaines personnes dans le cadre légal de leur travail. La tension présente tout au long du film est bien représentative de celle inhérente à ce type de profession. Mamet ayant lui-même été dans cette branche, il put ainsi écrire une pièce puis un scénario absolument remarquables, qui dénoncent efficacement les travers du libéralisme forcené et la situation de quasi servitude qui en découle pour les moins doués.

De plus, il réussit à maintenir l'interêt du spectateur malgré un sujet et un traitement très verbal s'y prêtant peu. Le langage très grossier utilisé par les vendeurs entre eux est bien significatif de l'état de compétition absolue instaurée par la direction et contraste bien avec leur extrême politesse dès qu'ils sont en contact avec leur clientèle.

Un film fort et passionnant qui nous fait découvrir un milieu (et son âpreté) peu connu, tout en rappelant des valeurs morales essntielles. Une oeuvre à voir par tous pour sa construction exemplaire et ses acteurs tous fabuleux. A déconseiller peut-être aux plus jeunes pour le langage quasi ordurier proféré en permanence par les personnages.


Image
L'image est offerte au format respecté de 2.35:1 d'après un transfert anamrophosé. A noter qu'un version au format plein écran (Pan et Scan) est disponible avec le deuxième disque de cette édition.

Malgré la présence occasionel de grain l'interpositif utilisé est ptopre et sans problème majeur. Le nouveau transfert effectué par Artisan propose une image nette, précise et un excellent niveau de détails. Les couleurs sont absolument magnifiques et d'une richesse et tenue exemplaires. Le contraste est remarquablement bien géré et permet de restituer pleinement toutes les finesses de la superbe photographie du film. Les parties sombres du film sont très bien rendues notamment grâce à des noirs purs et profonds.

La partie numérique du transfert est marquée par une surdéfinition des contours visible dans les plans d'ensemble où elle vient (légèrement) perturber les superbes conditions de visionnement.


Son
Les bandes-son de cette édition sont disponibles en Anglais (DTS 5.1 surround), Anglais (DD 5.1 surround), Anglais (DD 2.0 Surround), Français (DD 2.0 Surround).

Les deux bandes-son multicanaux proposent une dynamique de haut niveau avec un léger avantage au DTS. Leur présence et leur spatialité sont également dignes des productions actuelles. Il faut cependant garder à l'esprit que le film ne se prête pas à des déferlements de décibels qui permettraient d'utiliser pleinement les capacités des deux formats. La séparation des canaux est excellente et la superbe musique de James Newton Howard est parfaitement reproduite (avec beaucoup de présence). Les enceintes arrières sont surtout utilisées pour des sons d'ambiance et pour la musique, et de façon plus efficace en DTS qu'en Dolby Digital. Les dialogues sont eux parfaitement restitués et le traitement de l'enceinte centrale par les deux formats est remarquable. Les basses fréquences sont très bien gérées et offrent une certaine assise au son.

Deux autres bandes-son sont disponibles au format Dolby 2.0 Surround. Elles sont de qualité satisfaisante, mais proposent une expérience bien moins réjouissante que leurs homologues en multicanaux. A noter que la bande-son en Français est un peu plus sourde et moins nette que l'anglaise.

Des sous-titres sont disponibles en Anglais et Espagnol.


Suppléments/menus
Une section très fournie mais d'un intérêt relativement limité. A noter qu'elle est répartie sur les deux disques de cette édition DVD.

Sur le premier dsique est présent un commentaire audio de James Foley qui est constitué en fait de reflexions sur plusieurs thèmes (sur la mise en scène, à propos du scénario, les répétitions), plutôt intéressantes mais trop courtes (25 minutes) et n'ayant rien à voir avec les images présentes à l'écran. Est également présent un hommage à Jack Lemmon beaucoup trop appuyé et dythirambique pour être valable (tous les intervenants sont béats d'admiration, 30 mins.).

Sur le deuxième disque est disponible un autre commentaire audio du même style que celui de J. Foley effectué par : Juan Ruiz Anchia (le directeur de la photo), Alec Baldwin, Alan Arkin et Jane Musky (la décoratrice). Leurs informations sont pertinentes et intéressantes mais trop courtes. Il y a également un documentaire intitulé ABC, Always be Closing (30 mins) qui présente un concept intéressant (confronter des témoignages de vrais vendeurs et de comédiens), mais de façon trop confuse pour être bien intelligible. Un autre vieux et curieux documentaire de 10 minutes intitulé J Roy New and Used Furniture sur les méthodes commerciales d'un entrepreneur. On peut douter de l'intérêt d'un tel supplément. Il y a aussi l'extrait d'une émission de télévision dont l'invité, Jack Lemmon, parle du film (10 mins.). Un clip de 2 minutes nous montre Kevin Spacey reprenant une de ses répliques du film lors d'une session de l'école de l'Actor's Studio. Sont également présents les biographies des acteurs et celles des membres de l'équipe technique, ainsi que d'intéressantes notes de production.

A noter que les splendides menus de transitions sont animés et bien dans l'esprit du film. Il manque à cette section supplément un vrai commentaire audio (où D. Mamet aurait été présent) et la bande-annonce du film.



Conclusion
Une belle édition DVD, d'une facture technique impeccable mais dont les suppléments auraient pu être plus concis. Un film âpre et cruel mais nécessaire, admirablement joué et écrit.


Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,5/5
Auteur:

Date de publication: 2002-12-07

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Glengarry Glen Ross

Année de sortie:
1992

Pays:

Genre:

Durée:
100 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Artisan

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1 et 1.33:1 (p&s)

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Commentaire audio (partiel) de James Foley, Commentaire audio (partiel)du directeur de la photo Juan Ruiz Anchia, d'Alan Arkin, d'Alec Baldwin, et de la décoractrice Jane Musky, documentaire ABC: Always be Closing, documentaire J.Roy New and Used Furniture, un documentaire hommage à Jack Lemmon, un extrait d'une émission TV ou Jack Lemmon est invité, un extrait d'une réunion de l'Actor's Studio avec Kevin Spacey, la biographie des acteurs, la biographie de l'équipe technique, des commentaires de la production

Date de parution:
2002-11-19

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