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DVDEF

Donnie Darko

Critique
Synopsis/présentation
Il y a de ces moments dans la vie où on préférerait être resté au lit. C’est sans l’ombre d’un doute ce qui est venu en tête de Donnie Darko un beau jour d'octobre 1988. Cette nuit-là, un immense lapin hideux l’a réveillé pour lui annoncer une chose toute simple : il ne reste qu’un mois avant la fin du monde.
Cette annonciation représente la prémisse du tout premier film du jeune réalisateur Richard Kelly. À 27 ans à peine, le cinéaste a décidé de faire son entrée dans le monde du cinéma américain en prenant un grand pari. En effet, sa première oeuvre est un film complexe qui développe simultanément plusieurs thématiques.
Donnie Darko nous transporte en plein coeur de l’univers étrange d’un adolescent perturbé. Les troubles psychologiques dont souffre Donnie (interprété par Jake Gyllenhaal) prennent une toute autre dimension lorsqu’il apprend que ses jours, ainsi que ceux de tous ceux qui l’entourent, sont comptés. Son retour à la maison ne fait qu’empirer les choses. Il retrouve sa chambre détruite par un moteur d’avion de ligne dont personne ne peut expliquer la provenance. L’adolescent est à partir de ce moment initié, par le biais de l’étrange lapin qui hante ses rêves, à une panoplie de phénomènes extra-sensoriels. Avec l’aide de son professeur de science (Noah Wyle, le docteur Carter de E.R.), de son enseignante de littérature (Drew Barrymore), de sa petite amie (Jena Malone) et de sa famille, Donnie tentera de comprendre si ce qui lui arrive est bien réel. Il fera alors tout ce qui est en son pouvoir pour changer sa destinée et repousser l’apocalypse.
Le voyage dans le temps représente le premier thème abordé par Richard Kelly. Le lapin mystérieux s’adressant à Donnie Darko prétend en effet venir du futur. Grâce à la lecture d’un livre traitant de ce phénomène, l’adolescent comprendra un peu mieux ce qui lui arrive. Tout au long du récit, il observera autour de lui les différents concepts associés au voyage temporel. Cette thématique est au coeur du premier niveau de lecture et constitue l’aspect science-fiction et fantastique du film.
Le voyage dans le temps n’apporte cependant pas uniquement que des questionnements au niveau de la science. L’aventure vécue par Donnie Darko permet au réalisateur de traiter d’un sujet beaucoup plus complexe : le déterminisme. Le film pose en effet une question classique de la philosophie : « notre avenir est-il déterminé à l’avance? ». Le réalisateur ne tente toutefois pas de répondre totalement à la question, mais nous fait plutôt réfléchir sur le sujet.
La question du déterminisme nous amène finalement à la troisième thématique abordée par Kelly : la religion. En effet, difficile de séparer philosophie et croyances. C’est grâce à cet ultime thème qu’on devient en mesure de comprendre l’intention de communication du réalisateur. Tout au long du film, Donnie Darko se questionne sur sa foi et sur l’existence de Dieu. Il est de plus inquiet de ce qui lui arrivera au moment du jugement dernier.
Au delà de ces interrogations, on retrouve une multitude d’éléments symboliques. Il y a tout d’abord le lapin qui agit à titre d’ange annonciateur. Le personnage de Patrick Swayze, un animateur anti-violence, nous rappelle quant à lui les prêcheurs catholiques. Les autres personnes gravitant autour de Donnie agissent comme de véritables apôtres : ils écoutent beaucoup mais agissent peu. Certains écoliers, de par leur habillement et leur façon d'être, rappellent les anges et les démons reliés à la fin du monde. Finalement, la trame narrative dans son ensemble nous offre une belle réflexion sur notre foi en nous transportant à la veille de l’apocalypse. Le film constitue ainsi une grande réflexion sur le dogme catholique.
En ajoutant à ces trois thèmes l’histoire d’amour de Donnie et Gretchen, la vie familiale de l’adolescent et ses visites chez le psychiatre, on obtient une immense fresque. Richard Kelly a véritablement joué le tout pour le tout en décidant d’intégrer autant de facettes à son oeuvre. Il aurait été facile d’oublier des éléments et rendre difficile la compréhension du film. Il arrive ainsi quelques instants pendant lesquels on ne sait pas trop où le réalisateur veut en venir. À ces moments, on passe près de décrocher. Heureusement, les ficelles de l’histoire sont bien tirées. Plus le temps avance, plus le tout devient clair. Jusqu’à la toute fin le récit nous intrigue et la conclusion est le véritable point d’orgue de l’oeuvre.
La réussite du film tient également à la vérité des personnages. En effet, tous ceux qui gravitent autour de Donnie Darko sont très proches de la réalité. Le père de l’adolescent, joué avec brio par Holmes Osborne, est un homme compréhensif et plutôt effacé. Sa mère (Mary McDonnell) est aimante mais vit avec difficulté ce qui arrive à son fils. La psychiatre (Katharine Ross) et la petite amie de Donnie sont criantes de vérité. Ces personnages, interprétés avec succès par des acteurs moins connus, ne tombent pas du tout dans la caricature. Jake Gyllenhaal réussit quant à lui à nous émerveiller en jeune garçon étrange et non-conformiste.
Seule ombre au tableau de la distribution, la performance de certains acteurs plus expérimentés. En effet, Noah Wyle et Drew Barrymore détonnent avec le ton du film. Ils rendent malheureusement leurs personnages moins intéressants et perturbent le flot du récit.
Il est finalement important de constater à quel point l’univers du film nous rappelle le monde rempli de contrastes de Edward Scissorhands. À la façon de Tim Burton, Richard Kelly utilise l’image pour expliquer les états d’âmes ainsi que le contexte social des personnages. Ceux qui croient en Donnie Darko et qui craignent d’une certaine façon l’apocalypse sont teintés de noir tandis que les autres sont vibrants de couleurs. Les éléments visuels sont ainsi utilisés à travers le film et assistent à la compréhension de la trame narrative.
Une fois qu’on a bien saisi le monde plutôt étrange de Donnie Darko, on ne peut qu’être impressionné de ce récit venant d’un si jeune réalisateur. Et avec une deuxième écoute, on ne fait que désirer encore plus que Richard Kelly continue dans sa lignée et nous offre d’autres oeuvres aussi intriguantes.


Image
Donnie Darko est présenté en format original (2.35:1) d'après un transfert vidéo anamorphosé.
L'interpositif utilisé est d’une excellente qualité et ne dénote aucune trace d’égratignure et aucun grain.
Par contre la définition laisse à désirer, l'image manque de netteté. De plus, tout au long de la présentation les couleurs semblent très atténuées et peu naturelles. Les noirs quant à eux manquent nettement de profondeur et d'intensité. Ces problèmes ne viennent toutefois pas du transfert mais bien d’une technique employée par le directeur photo et le réalisateur. En effet, Donnie Darko a été filmé avec un type pellicule généralement utilisée pour des conditions d'éclairage où la lumière est plus faible. Si ce choix stylistique donnait force au film lors de sa projection en salle l'effet passe moins bien format DVD.
Heureusement, on n'observe peu de sur-définition des contours tandis qu'on ne dénote aucun problèmes de compression.


Son
L’édition de Donnie Darko offre deux bandes sonores anglaises (Dolby Digital 5.1 et Dolby 2.0 Surround) ainsi qu’une bande française Dolby 2.0 Surround.
L’environnement musical est composé à la fois de chansons des années 80 et de musique électronique. Cette dernière est une création de Michael Andrews, pour qui il s’agissait d’une première oeuvre au cinéma. La trame sonore contribue grandement à créer l'atmoshère particulière de ce film.
La bande-son anglaise Dolby Digital 5.1 est d’une qualité impressionnante, active et puissante. L’image stéréophonique est très articulée et avec une belle profondeur. Les enceintes arrières sont utilisées presque constemment: effets sonores, trame-sonore et transitions canaux à canaux. Ces d'effets d'ambiophonies sont actifs et présents mais très intelligemment intégrés, c'est à Chuck Michael qu'on doit ce ré-enregistrement. Les dialogues sont quant à eux précis et naturels, leur positionnement dans l’espace sonore est crédible. Les basses sont pour leurs part vigoureuses mais toujours bien étalées. L’utilisation du canal .1 (LFE) est très intelligente et sert à merveille le mixage, spécialement dans les séquences où on note la présence musique électronique.
La bande-son française Dolby Surround 2.0 est malheureusement décevante et ne rend pas justice au travail de l’équipe de production sonore. Les effets manque de dynamisme. Il s'agit là d'un problème inhérant au format Dolby Surround. Il aurait été préférable d'avoir une trame sonore française Dolby Digital 5.1. Les dialogues sont plus ou moins bien intégrés, un peu trop en appuie sur le champ sonore.



Suppléments/menus
Lorsqu’on offre une telle oeuvre en format DVD, les suppléments prennent une importance significative pour mieux comprendre les intentions du cinéaste. Fox Home Entertainment a bien compris cet enjeux et nous offre une édition somme toute intéressante.
On nous offre tout d’abord deux pistes de commentaires audio. La première, animée par le réalisateur Richard Kelly en compagnie de l’acteur Jake Gyllenhaal, évoque en détail la signification des différentes scènes du film. Les animateurs discutent également les enjeux techniques de la mise en scène. Ils sont clairs et savent aller droit au but. La seconde piste de commentaire a été enregistrée par Kelly avec les producteurs et les autres acteurs. Cette piste est beaucoup moins pertinente et informe peu. Il s’agit en effet plutôt d’une série d’anecdotes sur le tournage dont l'intérêt est mitigé.
Les suppléments audio-viuels débutent d’abord par une vingtaine de scènes inédites. Chacune est accompagnée d’une piste de commentaires audio optionnelle. Plusieurs d’entre elles sont très intéressantes et développent un peu plus les relations de Donnie avec les personnages secondaires. On en apprend également davantage sur les pensées religieuses de l’adolescent grâce à un intéressant dialogue entre lui et sa psychiatre. Selon les commentaires du réalisateur, la majorité des scènes ont été retirées pour écouter le film en vue de sa diffusion en salle. Sachant cela, il aurait semblé intéressant de pouvoir visionner une version allongée du film avec les scènes intégrées à nouveau via aiguillage automatique.
Cette édition offre également quelques suppléments tout à fait humoristiques. On peut en effet visionner la totalité du vidéo anti-violence présenté dans le film par le personnage de Patrick Swayze. Et même avec une piste de commentaires audio! On retrouve aussi des galeries d'images : une petite histoire anti-violence présentée dans la classe de Donnie, les couvertures des livres du prêcheur ainsi qu’un condensé de l’oeuvre scientifique concernant le voyage dans le temps...
Plus conventionnel, cette édition nous offre les filmographies des acteurs, des photographies, le vidéo-clip de la chanson thème et une publicité destinée à la promotion de la trame sonore. Il est finalement possible de visionner les bandes-annonces du film (cinéma et télé), toutes présentées en format original (non-anamorphosées) avec une bande sonore Dolby Surround 2.0.



Conclusion
La qualité d'image plutôt décevante de Donnie Darko ne doit surtout pas vous empêcher d’apprécier l’oeuvre de Richard Kelly. Le réalisateur est promis à un bel avenir et mérite notre attention s’il poursuit sur une telle lancée. Il est dommage que le film n’ait eu droit qu’à une distribution limitée suite aux événements du 11 septembre. Un bémol pour les suppléments: nous déplorons l’absence d’un solide documentaire sur la création du film.



Qualité vidéo:
3,0/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
3,8/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Steve Tremblay

Date de publication: 2002-02-28

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 16:9 Samsung HCL5515W, Récepteur Harman/Kardon AVR310, Lecteur DVD Panasonic RP91, enceintes Cerwin Vega, câbles Accoustic Research

Le film

Titre original:
Donnie Darko

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
112 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Deux pistes de commentaires, scènes inédites, vidéo anti-violence tiré du film, photos, extraits d'un livre, informations sur la trame sonore, bandes-annonces

Date de parution:
2002-03-19

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