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DVDEF

Charlie's Angels (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Suite au succès commercial et même critique du film The Fugitive en 1993, plusieurs tentatives ont été faites pour transposer de vieilles séries télévisées au grand écran.
La plupart de ces tentatives s'avérèrent désastreuses, The Avengers et The Saint en sont les exemples les plus marquants. Malgré ces échecs retentissants, certains producteurs persistent à vouloir adapter de vieux classiques au goût du jour, souvent à leurs risquent et périls. Le public cible d'autrefois a vieilli et ses goûts ne sont plus les mêmes. Quant au jeune public qui n'a jamais connu ces vieilles séries, il risque fort bien de faire la sourde oreille devant l'appel d'une nouvelle transposition. Il faut savoir faire le tri. Récupérer les éléments impérissables et les adapter au goût du jour, une tactique que les artisans de Charlie's angels ont compris et étonnamment bien maîtrisée, sans pour autant en faire un film totalement réussis.
L'histoire de Charlie's angels est très sommaire. Les trois "anges" se font assigner une mission qui les charge de retrouver un brillant concepteur de logiciels, apparemment kidnappé par un magnat des communications. Évidemment, le scénario est bondé de revirements de toutes sortes, tous aussi peu convaincants les uns que les autres (en fait, l'intrigue prend tellement de tournures différentes qu'elle peut facilement paraître plus compliquée qu'elle ne l'est réellement). Qui plus est, les scénaristes se sont adonnés à un pillage navrant de tous les succès du genre. Pourtant, le film nous accroche et nous laisse rarement tomber. La mise en scène est énergique à souhait, sans nécessairement tomber dans les plans de caméras tape-à-l'œil. Les acteurs également s'en donnent à cœur joie dans ce délire d'énergie, chacun offrant une performance enjouée et bon enfant. Les scènes d'actions sont aussi menées avec une maestria étonnante, en particulier grâce au chorégraphe chinois Cheung-Yan Yuen (qui a travaillé notamment sur Once Upon a Time in China).
Le montage est trépidant, le rythme ne s'essouffle jamais. Cependant, tout le monde ne pourra pas fermer les yeux sur les (trop ?) nombreux emprunts fait aux dépens de classiques du genre. Car bien que le film ne se prenne en aucun cas sérieusement, il ne s'agit pas pour autant d'une parodie, et les clins d'œils peuvent finir par agacer, autant au niveau du scénario que de la réalisation. De plus, bien que les trois actrices principales font preuves d'une belle intensité, elles font toutefois preuve d'un grand manque de crédibilité, en particulier Drew Barrymore, dans les nombreuses scènes d'arts martiaux. Après tout, n'est pas Michelle Yeoh (Crouching tiger, Hidden Dragon) qui veut…


Image
Présenté en format original d'après un transfert anamorphique, l'image de Charlie's angels est splendide. Le transfert affiche une netteté et une définition à toute épreuve. Il en va de soit dans un film aussi récent, l'image est exempte d'anomalies ou d'artéfacts quelconques.
À noter la richesse des couleurs, éclatées à souhait. Celles-ci sont toujours bien contrastées, sans débordement, quoique qu'à quelques reprises les teintes de peau en souffrent légèrement et perdent de leur naturalité. Les noirs sont solides et profonds, les parties sombres sont toujours bien dégradées. Le seul défaut mineur survient dans quelques scènes où la luminosité est excessive, alors qu'on dénote un léger effet de tremblement (shimmering). Un défaut bien mineur qui n'enlève que très peu aux grandes qualités de ce transfert.



Son
On s'y attendait avec un tel film, la bande-son Dolby Digital 5.1 (anglaise, doit-on le préciser…) est synonyme de dynamisme et d'agressivité. Tous les artifices offerts par le médium sont exploités, des effets d'ambiophonies omniprésents et une utilisation soutenue d'effets canaux à canaux. Étonnamment, malgré un usage fréquent, voir abusif, les basses fréquences ne sont que rarement utilisées à leur paroxysme... On s'en doute, la subtilité et la finesse ne sont pas de mises dans un tel film, cependant la spatialité est juste et les dialogues restent étonnamment clairs et intelligibles.
Des bandes-son anglaise et française Dolby Digital 2.0 sont aussi offertes. On s'en doute, leur spatialité et surtout leur dynamisme en est réduite, alors que la bande-son française souffre en plus d'un manque de naturalité propre aux traductions. Des sous-titres anglais (cc) et français sont aussi disponibles.


Suppléments/menus
Grand nombre de suppléments nous sont offerts sur cette édition, dont pas moins de 6 documentaires dont la durée varie de 2 minutes à 7 minutes.
Le premier segment s'intitule Getting G'd up (env. 6 min.) et est entièrement consacré à l'énergie et à l'enthousiasme contagieux du réalisateur Joseph McGinty Nichol sur le plateau de tournage. Bien que son contenu soit plutôt amusant, celui-ci s'avère quelque peu complaisant et vise surtout à nous vendre les mérites d'une jeune recrue dans le monde du cinéma d'action hollywoodien.
Suit ensuite le segment le plus intéressant de tous, intitulé The Master and the Angels (7 min. 30 sec.). Plus informatif, cette partie nous montre l'élaboration des scènes d'arts martiaux ainsi que l'entraînement des actrices sous la supervision du maître asiatique Cheung-Yan Yuen. Informatif et bien fait.
Le troisième documentaire s'intitule Welcome to Angel World (5 min.) et traite brièvement de la confection des décors et de l'univers des personnages. Le sujet est intéressant et bien abordé, mais avec une durée aussi courte l'information reste toujours superficielle.
Vous retrouverez ensuite le segment Angelic Attire : Dressing Cameron, Drew and Lucy (3 min 30). Vous l'aurez deviné, on s'attarde ici aux costumes portés par les actrices pendant le film. Une belle curiosité.
Un autre document fort intéressant et nommé Angelic Effects (7 min) se concentre pour sa part à la multitude d'effets spéciaux retrouvés dans le film. Heureusement, on ne s'attarde pas ici uniquement qu'aux effets numériques, mais aussi à divers éléments de mise en scène, comme l'impressionnant plan-séquence d'ouverture. Un sept minutes savamment employé.
Le sixième et dernier segment s'intitule Wired Angels et nous présente dans sa totalité la première scène de combat du film mais sans les effets spéciaux finaux. Il nous est donc possible de voir tout le travail de câblage utilisé pour faire croire aux talents martiaux des actrices. Très intéressant.

Un autre supplément digne d'intérêt est retrouvé sous la forme d'une piste de commentaires audio animée par le réalisateur Joseph McGinty Nichol et le directeur de la photographie Russell Carpenter. On nous le démontrait dans le documentaire qui lui est dédié, Joseph McGinty Nichol est un homme dynamique et enthousiaste, et ces qualités transparaissent dans ses commentaires. Le ton n'est jamais monocorde. Les sujets discutés avec son directeur photo sont parfois anecdotiques, parfois techniques, mais toujours intéressants. Une excellente piste.
Suivent ensuite une série de suppléments d'intérêt plutôt moyen. D'abord, trois scènes coupées au montage sont offertes. Celles-ci, introduite intelligemment par le réalisateur, n'apporte strictement rien à l'histoire, mais elles contiennent néanmoins quelques gags amusants. Un beau complément, sans plus. Suit ensuite le supplément le plus décevant de tous. On nous offre une série de bloopers, dont quelques uns sont franchement amusants. Le hic, c'est qu'il s'agit ici exactement des mêmes bloopers présentés dans le générique de fin du film. Il n'y a absolument rien de différent, excepté qu'on ait enlevé les crédits.... Suivent finalement les usuelles bandes-annonces (ainsi que quelques unes d'autres films), les filmographies, et deux vidéoclips. Le premier, de belle facture, du groupe Destiny's child (independent women part 1) et l'autre, sans intérêt, de Appolo four forty (Charlie's angels 2000).




Conclusion
Avec cette édition, Columbia/Tristar nous offre un produit qui répond parfaitement aux normes du marché, de plus en plus exigeant. Les qualités techniques du disque sont splendides, et les suppléments sont nombreux et généralement de belle facture. Cependant, à en juger par le nombre de documentaires offerts sur cette édition, un plus long documentaire plus étoffé (séparé en chapitres même) aurait facilement pu être produit. Mais on a préféré prôner la quantité et l'interactivité. À tout le moins aurait-on pu permettre de visualiser les documentaires bout à bout pour éviter de jouer avec notre télécommande toutes les cinq minutes. Mais exception faite de cette petite parenthèse, il s'agit là d'une excellente version qui devrait plaire à coup sûr.



Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,6/5

Rapport qualité/prix:
4,2/5

Note finale:
4,2/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-04-08

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Charlie's Angels

Année de sortie:
2000

Pays:

Genre:

Durée:
99 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Documentaires, Piste de commentaires audio, scènes coupées, vidéoclips, bloopers, bandes-annonces

Date de parution:
2001-03-27

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