Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Where the Sidewalk Ends

Critique
Synopsis/présentation
Where the sidewalk ends est une oeuvre surprenante à plus d’un égard et offre en concentré ce que le film noir à fait de mieux même si le film n’est pas à proprement parler un des plus purs représentants du genre, s’orientant autant vers le portrait psychologique que l’histoire d’amour.

Preminger avait dés le départ mis toutes les chances de son côté en filmant un scénario de Ben Hecht (le créateur de Scarface), un grand scénariste avec lequel il avait déjà travaillé sur l’excellent Whirlpool.
Hecht signe donc un scénario qui est l’adaptation d’un roman (Night Cry de William Stuart) et y amène brillamment toute la matière qui fait la différence entre un livre et un script de cinéma. Fidèle à son style, il se concentre sur le personnage principal du Sergent Mark Dixon, héros complexe et fascinant dont il va nos faire suivre les différentes évolutions psychologiques sans que jamais nous puissions à l’avance savoir quelles seront ses réactions. On est bien les loin des héros formatés qui ne surprennent pas, ici Dixon est un personnage ambiguë dont les méthodes et la mentalité sont éminement contestables, d’autant plus qu’il est un représentant de la loi. Mais il n’est pas pour autant une brute désagréable, malgré les allures qu’il aime bien se donner. Peronnellement nous voyons en son personnage une sorte d’ancêtre de l’inspecteur Harry, et qui à la différence du personnage de Glenn Ford de The big heat (de Fritz Lang) ne devient pas agressif et violent à l’égard des voyous qu’il est censé combattre par réaction à un événement mais au contraire par conviction profonde.
La psychologie de Dixon est beaucoup plus complexe qu’il y paraît au premier abord et une fois de plus dans un « film noir » c’est en quelque sorte la fatalité, ici par le truchement du jusqu’au boutisme que le héros bascule dans la tragédie alors que jusque la il s’était maintenu sur la corde raide.
Le scénario insiste d’ailleurs justement de façon subtile et cohérente sur le fait que Dixon est un paria au sein même de sa profession du fait de la façon dont il aborde son métier et ses méthodes.
Ce rapprochement entre le policier et ceux qu’il combat paraît un peu trop évident au début du film puis prend une tournure tout à fait passionnante plus tard dans le récit jusqu'à devenir le fond même de l’œuvre.

La grosse différence avec le film noir dans ce qu’il a de plus classique est que l’héroine est l’adorable et sublime Gene Tierney. Elle apporte une douceur et une ingénuité non seulement crédible mais qui plus est primordiale pour le déroulement du film.

Les deux acteurs voit leur duo gagnant de Laura se reformer pour une œuvre bien différente mais ou leurs sensibilités respectives font merveilles dans d’autres registres.
Quand à la mise en scène d’Otto Preminger elle est toujours aussi magistrale par sa classe et sa subtilité qui fait que l’on ne se rend presque jamais compte de ses nombreuses subtilités lors d’un premier visionnage et que comme ses autres œuvres, ce film se révèle au fur et à mesure des rédécouvertes.



Image
L’image est offerte au format respecté de 1.33:1 d’aprés un transfert 4:3.

La définition générale est absolument remarquable surtout pour un film du début des années 50. L’interpositif est extrèmement propre, ne présentant que des traces très légères de points et traits quasiment invisibles pour un œil non exercé. Le rendu est donc à la fois vélouté et précis offrant un rendu très cinéma à l’ensemble.
Le contraste est remarquablement géré et evite absolument toutes brillances.
Les passages sombres sont parfaitement rendus grace à des noirs d’une profondeur et d’une pureté rare. Le rendu de l’échelle des gris est exceptionnel et rend totalement honneur à la sublime photographie de Joseph LaShelle.
Enfin, comme il est maintenant devenu logique, la partie numérique de ce transfert est totalement exemplaire.

Voici donc un transfert superbe qui offre un rendu d’une clarté, d’une netteté vraiment appréciables qui permettent de redécouvrir littéralement ce petit chef d’œuvre qui méritait bien un tel traitement.



Son
Les deux bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby 2.0 stéréo) et Anglais (Dolby 1.0 mono).
La dynamique de la bande-son stéréo est d’un niveau tout a fait honnête pour une œuvre de cette époque. Il en est de même pour sa présence et sa spatialité qui n’ont heureusement pas été artificiellement gonflé, mais profitent tout de même vraiment du format stéréophonique.
La musique est bien rendue malgré les limitations logiques dans le haut comme le bas du spectre. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et les traces de parasites ou distortions sont limitées autant que faire se peut.
Si les vrais basses fréquences sont bien évidemment absentes, le rendu du grave est pas contre assez étonnant de profondeur et offrent a plus d’une reprise un rendu surprenant de qualité à certaines scènes.

La bande-son monophonique est quand elle un peu plus étouffée dans son rendu qui sonne plus brut et entaché de plus de défauts parasitaires.

Les sous-titres sont offerts en Anglais et Espagnol seulement...

Une bande-son de qualité tout à fait appréciable, même si elle n’atteint pas le niveau de la présentation vidéo de cette édition.



Suppléments/menus
Voici encore une édition qui aurait pu paraitre accompagné simplement d’une bande-annonce mais la Fox a jugé bon de faire appel à un spécialiste du film Noir, Eddie Muller. Ce dernier connait son sujet sur le bout des doigts et montre une admiration pour le film doublé d’un sens critique exemplaire et sait parfaitement comment découper et agencer son exercice entre anecdotes, analyses et commentaire historique, le tout avec une voix et un ton des plus agréables malgré quelques blancs et une trop grande références a ses propres romans noir.

Cet excellent commentaire est accompagné d’une galerie de photos et d’un trailer de bonne qualité technique et intelligemment conçu.

Nous regretterons des menus aux visuels assez hideux qui sont loin de rendre justice au film et l'absence de sous-titres en français.



Conclusion
Une édition aux qualités audio et vidéo de haute volée, qui plus est accompagnées d’un commentaire audio remarquable. Etant donné cela, le prix de vente, la qualité et l’importance du film, nous vous recommandons très chaudement cette édition.

Otto Preminger nous offre une fois de plus un film d’une classe et d’une élégance visuelle impressionnante, alors même que justement sa mise en scène est très discrête et le sujet du film l’entraine vers certaines scènes beaucoup plus crues mais toujours aussi maitrisées. L’interprétation est magistrale et le scénario intéressant et psychologiquement fin et travaillé et cela aboutit a un film noir des plus passionnants que nous vous conseillons vivement de découvrir ou redécouvrir.



Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
3,7/5

Suppléments:
3,6/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2005-12-26

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Where the Sidewalk Ends

Année de sortie:
1950

Pays:

Genre:

Durée:
94 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 stéréo
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Commentaire audio, galerie de photos et bande-annonce

Date de parution:
2005-12-06

Si vous avez aimé...