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DVDEF

Wild Bunch, The (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
The Wild Bunch marquera un tournant indéniable dans l’histoire du cinéma et imposera une vision et une représentation de la violence à l’écran qui imprégne depuis toute l’industrie cinématapgraphique.
Sam Peckinpah à véritablement bati sa légende avec ce film sans concessions qui repose autant sur ses personnages que sur l’action mais qui à eu le courage de traiter d’une façon « réaliste » de la rudesse des conditions de vie et de l’amoralité qui régnait dans l’ouest américain.

Au même moment ou Sergio Leone en Italie renouvellait aussi le genre dans la même direction mais sous un angle plus picaresque, sarcastique et volontiers parodique, Peckinpah va lui se débarasser des conventions du western américain pour offrir un western nouveaun, plus « sérieux » que son homologue transalpin mais au style surement aussi explosif et novateur.
En effet, Peckinpah va dynamiter toutes les conventions extrémement rigide qui régissait alors le genre Western qui était en train de tomber en désuétude à Hollywood pour n’avoir su évoluer au fil des années, ne surprenant plus ses spectateurs en leur resservant sempiternellement les même histoires et morales (malgré d’évidents chefs d’œuvres dans les productions de l’époque).
Ainsi The Wild Bunch ne présente aucun véritable héros, aucun redresseur de torts ou sheriff, en fait il dresse même un portrait de la loi au FarWest absolument déprimant et comme à son habitude, penche ouvertement pour les personnages qui dans un western conventionnel auraient été « les méchants ».
Comme chez Leone c’est en démythifiant la légende l’Ouest que Peckinpah va véritablement changer les choses. Comme chez le cinéaste italien, les deux côtés (la loi et les hors la loi) sont renvoyés dos à dos, les uns ne valant pas mieux que les autres. Et dans le cas précis de The Wild Bunch, la bande de malfrats seront même les seuls à faire preuve d’un certain sens moral. Certes ce sacrifice final viendra après bien des atrocités et une absence de remords qui colle parfaitement au style de vie qu’ils ont choisis.

Mais la loi ou l’authorité sous quelque forme que ce soit, les chasseurs de prime engagés par le responsable de la sécurité des chemins de fer ou le soit disant général mexicain, ne semblent avoir choisi le camp à priori juste de la loi et de l’autorité « officielle « que pour pouvoir en abuser a tout bout de champ, perdant souvent leur humanité et la compassion des spectateurs la ou les ou les supposés malfrats montrerons un visage différent.
Mais Peckinpah est intelligent et subtil et ainsi il ne se contente pas de montrer une simple opposition mais au contraire place tous ses personnages sur le même niveau moral quel que soit leur camp.
Ainsi contrairement à de nombreux westerns ou malgré des moyens limités la justice finit par triompher, ici elle ne fera que ramasser les cadavres des renégats, étant elle-même menée par un ancien malfrat obligé de pourchasser ses anciens camarades sous la menace d’un retour en prison.
Et curieusement le personnage de Thornton superbement campé par Robert Ryan, semble avoir perdu le peu d’humanité qui lui restait en passant de l’autre côté de la loi (certes sous la menace) alors que c’est justement le parcours inverse qui se passe habituellement dans un western américain.

Peckinpah use intelligemment de symboles forts et marquants, telle la métaphore qui ouvre le film et en démontre si justement la façon de fonctionner. Cette image d’un groupe d’enfants qui a placé au sein d’une arène une paire de scorpions au sein d’un essaim de fourmis qui vont donc s’affronter. Les enfants mettrons fin au combat en asphyxiant les participants grace à des brindilles en feu.
Cette image qui compose une partie du générique et revient comme un leitmotiv tout au long de la magistrale première partie du film fonctionne comme une métaphore parfaite de la façon dont Peckinpah voit et nous présente l’ouest américain. Mais également comme un annonce de la scéne finale et de ses enjeux.
Et le fait que ce soit le regard des enfants qui nous frappe autant n’est pas justement innocent. Les actions das adultes sont constamment soumises au regard des enfants et on peut le penser à leur jugement. Mais ces actions la plupart du temps répréhensibles font justement perdre leur innocence ces enfants.
La spécificité justement de Pike et sa bande est d’avoir su conserver, à l’état certes très réduit, une certaine forme d’innocence qui va poindre au fur et à mesure du film jusqu'à exploser ua grand jour sous la forme de ce geste final, désespéré et romantique, qui mettra certes fin à leurs jours mais leur permettra également de retrouver leur dignité.

Toute cette morale complexe et ces personnages souvent odieux et ignobles mais pourtant attachants par certains aspects (le général mexicain) sont magnifiés par une mise en scène et particulièrement un montage d’une maitrise et d’une classe éblouissante.
Certes pour de nombreux jeunes spectateurs les orgies de violences surdécoupées et filmées au ralenti ne leur semblerons rien avoir de vraiment original ou de parlant tant ces figures de style sont devenues banales de par leur surutilisation suite au succés phénoménal que connut The wild bunch, mais il leur suffira de les regarder plus attentivement pour se rendre compte qu’elle diffère de bien des ersatz auquels elles ont données naissance.
En effet, chez Peckinpah, les acènes d’actions expriment autant sur la psychologie des personnages et de subtilités qu’elle donnent a voir de coups de feu et de sang qui gicle. Ainsi la dernière scène du film, comme la première d’ailleurs, est une tuerie sauvage et sanglante qui cloturera l’évolution morale des personnages comme l’histoire même du film. La première partie du film en pose donc les bases a travers la scène d’action qui la conclut et la dernière partie de l’œuvre y répondra en écho mais sous un angle moral bien différent qui montre bien le parcours qu’on effectués les héros.

Le montage virtuose de Peckinpah est l’instrument qui lui permet d’exprimer autant à travers des scènes pourtant déjà chargées d’informations, en s’arrêtant sur des regards, des gestes bien précis, en en croisant ou superposant d’autres il s’exprime de façon purement cinématographique.
Cet art et cette maitrise totale de l’élément le plus spécifique du 7 ème art font de Peckinpah un cinéaste important, et son univers si particulier (qu’il saura imposer tout au long de sa carrière malgré ses hauts et ses bas) font de lui un auteur passionnant.

The wild bunch est la pépite noire qui permettra en 1968 au grand public de réaliser que quelque chose avait définitivement changé au pays de l’oncle Sam, justement à contre-pied de la révolution intellectuelle et morale qui embrasait la plupart des pays civilisés.
Ce regard désenchanté, ouvertement triste mais pas misérabiliste est l’une des plus grandes qualités de Peckinpah et de cette œuvre qui réussit a fait jaillir des personnages à priori les plus abjects, les sentiments les plus nobles (sans jamais lourdement s’appesentir dessus, il n’en a pas besoin) sans jamais oublier pour autant d’immédiatement tempérer ce changement à priori positif par une dose massive d’absurdité, condition sinéquanone de notre qualité d’être humains. Cela permet à Peckinpah de ne jamais devenir pédant, au contraire la lucidité triste qui se dégage de son œuvre lui permet d’œuvrer en tant que moraliste ambiguë, position courageuse mais si difficile à tenir, qui lui à d’ailleurs valu d’être souvent admiré ou conspué pour de mauvaises raisons.

Il y aurait bien d'autres éléments à soulever et analyser sur cette oeuvre et ce cinéaste, et si cela vous intéresse nous vous conseillons vivement les nombreux ouvrages sur le cinéaste et étude de The wild bunch et ce quel que soit leur position par rapport à l'oeuvre. Notre point de vue à de façon évidente évité les réserves sur ce film tant son revisionnage nous a enthousiasmés mais nous tenons a signaler que malgré notre enthousiasme à son égard nous sommes bien conscients que le cinéaste comme son oeuvre sont aussi ambigus et sujets à caution que ne le sont les personnages. Il est ainsi tout à fait possible d'avoir une vision négative de ce film si tant est que l'on n'ait su en apprécier les éléments que nous avons mis en avant, ce qui est le propre des oeuvres équivoques et donc profondément humaines.

Ainsi la seule chose qui soit certaine avec cette œuvre est qu’elle importante dans l’histoire du cinéma et qu’elle a permis l’émergence d’un grand styliste et d’un artiste a fleur de peau.



Image
L’image est présentée au format respecté de 2.35:1 d’aprés un transfert 16:9.

La définition générale est d’un excellent niveau même si sur quelques scènes elle s’avère moins impressionante. L’interpositif est extrémement et seuls quelques très rares points et poussières sont visibles pour un œil attentif. Le grain est limité au maximum et permet un rendu très cinéma de l’ensemble.
Les couleurs sont parfaitement rendues, justes, naturelles, constantes et parfaitement saturées.
Le contraste est impeccablement géré et évite toutes les brillances.
Les scènes sombres sont superbement rendues grace à des noirs vraiment purs et profonds.
La partie numérique est fort heureusement exempte de tous reproches et tous les défauts artificiels (fourmillements, surdéfinition) de la précédente édition du film ont enfin été éliminés.

Voici donc un superbe transfert qui rend enfin parfaitement justice à ce grand film.


Son
Les deux bandes-son offertes sur cette édition sont en Anglais (Dolby Digital 5.1) et Français (Dolby 2.0 Surround).

La dynamique du mixage anglais est d’un excellent niveau, offrant sans doute le meilleur que l’on puisse tirer du matériau d’origine.
Sa présence et sa spatialité sont excellentes et offre une nouvelle dimension au rendu sonore de cette œuvre.
La musique est impeccablement rendue sans aucune limitation dans le haut comme le bas du spectre. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont utilisées de façon mesurée et limitée mais toujours efficace et intelligente, notamment sur les scènes d’action ou les coups de feu sont bien localisés. Les enceintes arrières servent principalement le rendu musical et les effets d’ambiance.
Les dialogues restent en permanence intelligibles mais à plusieurs reprises nous avons pu noter du bruit de fond et surtout des distortions des voix qui peuvent s’avèrer parfois gênantes. Cela se produit a volume normal et devient carrément intolérable si l’on tente de pousser le volume plus que de raison alors que le reste de la bande-son se tient elle très bien, ce qui est vraimenty curieux et dommage.
Les basses fréquences sont elle très bien utilisées et d’une profondeur souvent surprenantes, venant solidement appuyer les scènes d’action et le rendu musical.

La bande-son française en Dolby Surround est quand à elle anecdotique au vu des qualités de son homologuer anglaise multicanal et du rendu bien plat et étouffé qu’elle offre.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Une bande-son de qualité malheureusement entachée de soucis importants au niveau des dialogues (distortions et bruit de fond) alors que curieusement tous les autres éléments sont de qualité irréprochable. Heureusement la différence par rapport à l’ancienne édition est parfaitement audible mais les défauts mentionnés ont juste été atténués mais restent toujours audibles. Il est curieux que la Warner n’ait pas procédé à une remasterisation complête et en profondeur qui aurait très certainement corrigé le problème.



Suppléments/menus
Une section trés complête et passionnante de bout en bout qui fait totalement honneur au film.

Sur le premier disque est offert un commentaire audio de Nick Redman, Paul Seydor, Garner Simmons et David Weddle qui est de haute volée. Les 4 hommes connaissent leur sujet sur le bout des doigts et réussissent la performance d’arriver à proposer un ensemble homogène abordant aussi bien l’analyse du style et des thématiques, les références historiques, les anecdotes de tournage, les intentions du cinéaste ainsi que des jugements personnels. Enfin, leur habitude de travailler ensemble est palpable puisque ils réussisent a toujours se compléter dans leurs interventions sans jamais se gêner ou répêter la même information, le tout sur un ton enjoué et parfaitement compréhensible.
La galerie de bandes-annonce comprend Ride the High Country, The Ballad of Cable Hogue, The Getaway et Pat Garrett and Billy the Kid ce qui permet de faire un tour d’horizon de l’univers du cinéaste. Par contre la bande-annonce de la collection James Dean semble bien déplacée ici.

Sur le second se trouve un programme très complet et varié de segments sur le film ou le cinéaste.
Le premier est intitulé "The Wild Bunch: An Album in Montage" et dure 33 minutes. Ce documentaire d’époque (1968) est absolument indispensable à tous les amateurs du film puisqu’il montre vraiment le processus créatif et offre un ton vraiment différent de la plupart des documentaires actuels. On y découvre le cinéaste au travail, des interviews des acteurs ainsi que des nombreuse vidéos du plateau de tournage absolument passionnantes, le tout commenté brillamment, immanquable !!
Vient ensuite “Sam Peckinpah’s West: Legacy of a Hollywood Renegade”, un documentaire de 88 minutes qui retrace la carrière du cinéaste en insistant particulièrement sur ses westerns et sa vision si particulière du genre qu’il imposa à Hollywood, alors même qu’il tombait en désuétude. Constitué d’un ensemble d’interviews d’acteurs, cinéastes et critique, il offre un portrait passionnant qui permet de mieux cerner l’univers du cinéaste et de mieux replacer The wild bunch au sein de son œuvre.
Puis nous est proposé un extrait de 23 minutes de “A Simple Adventure: Sam Peckinpah, Mexico and The Wild Bunch”, un documentaire sur les traces du film ou les participants au commentaire audios accompagnés de la fille de Peckinpah reviennet sur les lieux du tournage.
L’intérêt de ce segment est plus anecdoatique mais offre tout de même des infos intéressantes.
Pour finir nous sont montrés pour la première fois des scénes non intégrées dans le film accompagnées juste de musique qui il faut bien le reconnaître ont certes valeur de document mais s’avèrent peu intéressantes en tant que telles.

Voici donc un ensemble passionnant et complet qui aborde tous les sujets que l’on souhaitait voir traités avec professionalisme et passion.





Conclusion
Une superbe édition aux qualités audio et vidéo de haute volée, même si le son présente des défauts sur les dialogues, certes peu gênants mais qui à notre avis aurait pu être facilement éliminés. Les suppléments font plus qu’être à la hauteur et rendent pour une fois parfaitement justice à l’œuvre.
Voici donc une édition réussi dont vous conseillons vivement l’achat.
The wild bunch est un film unique, une vision désenchantée mais étrangement romantique de l’ouest américain et des renégats qui en ont fait l’histoire. Sam Peckinpah était un artiste singulier qui à véritablement révolutionné le cinéma avec ce film qui offre un regard différent sur les fondement de l’amérique. Son style cinématographique puissant et signifiant, son utilisation de la symbolique, son sens du rythme si particulier et sa vision de la vie s’entrechoquent dans cette œuvre magistrale.



Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
4,3/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2006-02-13

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Wild Bunch, The

Année de sortie:
1969

Pays:

Genre:

Durée:
145 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, galerie de bandes-annonces, segments, documentaires et scènes rejetées

Date de parution:
2006-01-10

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