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DVDEF

Pearl Harbor (Vista Series)

Critique
Synopsis/présentation
Michael Bay (1965) est l'étoile montante au firmament des réalisateurs de films à grand déploiement. Il n'a que quatre films à son actif et il peut être considéré comme un réalisateur à succès. De cette petite production cinématographique, un titre se démarque tout particulièrement : The Rock, mettant en vedette Sean Connery et Nicolas Cage. D'un point de vue strictement cinématographique, la suite de sa production est très conventionnelle.
Avec Pearl Harbor, Bay use à la corde les procédés cinématographiques qui ont fait sa marque de commerce dans ses autres films. Les séquences au ralenti sont du même genre que celles d'Armageddon. Son langage cinématographique est sans grande imagination et tributaire de nombreux emprunts.
Les symboles du patriotisme américain sont nombreux et pas subtils du tout. Fait plus gênant encore : Bay n'a rien à faire de ce moment d'histoire. Au lieu de construire son film à partir d'une solide recherche historique, il préfère mettre en évidence une romance tirée par les cheveux et une rivalité factice. De plus, les Japonais sont présentés comme des "méchants" unidimensionnels, hypocrites et cruels. Nous sommes loin du film Tora! Tora! Tora!.
Mais il y a pire : Randall Wallace, le scénariste de Pearl Harbor. Ce diplômé en théologie de l'université Duke profite de cet événement historique pour y glisser une morale puritaine totalement déplacée. La jeunesse américaine décrite dans le film est frivole et décadente, à l'image de cette jeune fille mineure qui ment sur son âge pour devenir infirmière et ainsi pouvoir s'offrir à tous les mâles de la US Navy: ce n'est pas par fatalité qu'une bombe japonaise la tue... Et ce n'est non plus pas par hasard si sa mort est montrée en plan rapproché et au ralenti : la jeune fille a subi un châtiment...
Cet "auteur" représente la base navale de Pearl Harbor comme une colonie de vacances où les jeunes Américains se vautrent dans le sexe, l'alcool et l'oisiveté. Wallace fait des Japonais les fossoyeurs des basses œuvres, il débarrassent l'Amérique des éléments indésirables. C'est sans scrupule et à proprement parlé honteux !
À la toute fin, des deux aviateurs amoureux de la même femme, seul celui qui est resté chaste survivra. Le personnage féminin est sauvé des bombes japonaises parce qu'il attend un enfant. La scène finale mettant en vedette le couple reconstitué regardant l'enfant est ridicule et n'a qu'une seule fonction : montrer qu'il a survécu à la deuxième guerre mondiale.
Sans les effets pyrotechniques et numériques, Pearl Harbor serait particulièrement insignifiant.



Image
Si ce film est discutable, la qualité du transfert ne l'est pas. Buena Vista nous offre un produit de très grande qualité. Sur tous les points, nous avons droit à un excellent travail de numérisation.
L'image est offerte au format de 2.35:1; le transfert est numérique et anamorphique. Cette image est d'une très haute définition et ne montre aucun défaut de compression. Ajoutons que le contraste est parfaitement équilibré.
Les couleurs sont particulièrement saturées et intenses. D'ailleurs, on a parfois l'impression que le directeur de la photographie en fait un peu trop en utilisant des filtres accentuant les couleurs chaudes. Cette utilisation peut être très intéressante, mais il ne faut pas en abuser car le procédé finit par nous agacer. Les teintes de la peau des personnages sont naturelles, sauf pendant les couchers de soleil, moment où les filtres colorants donnent une apparence jaunâtre à la peau. Mais ici, le transfert n'est pas en cause.
Cette édition est probablement l'une des belles réussites techniques dans le monde du DVD cette année. En plus, elle offre un excellent rapport qualité/prix.



Son
Comme il se doit, les producteurs de cette édition DVD n'ont rien ménagé en ce qui a trait aux bandes sonores. Il y en a quatre et elles sont toutes d'excellente facture. Noter que les sous-titres anglais pendant les dialogues en japonais sont particulièrement difficiles à lire.
Commençons par la bande DTS anglaise. La première chose qui "saute" aux oreilles est le splendide niveau de détails qu'apporte le mixage : c'est impressionnant ! La séparation des canaux est excellente et crée un environnement sonore puissant et dynamique. Les effets .1 (LFE) sont puissants et vont en decà des 25 Khz.
La bande sonore Dolby Digital 5.1 anglaise est presqu'au même niveau que la DTS. Le mixage offre le même impact. Là où elle est un peu en retrait par rapport à la première est au niveau des détails. Une chose est sûre : chez tout cinéphile vivant en appartement, elle causera les mêmes désagréments aux voisins que la bande sonore DTS.
La bande sonore Dolby Digital 5.1 française n'a rien à envier à la bande anglaise du même format : ce qui s'applique à la bande anglaise demeure vrai pour cette dernière. Seul le doublage enlève un peu de naturel à l'ensemble, mais cela n'est jamais gênant.
Au chapitre du doublage québécois (et non en québécois), il est excellent. L'adaptation de Vincent Davy est réussie et convaincante. Les voix des comédiens-doubleurs ont une intonation riche et articulée. De plus, le jeu et le ton y sont fort justes : nous avons droit à beaucoup plus qu'une simple lecture. Voilà du très beau travail.
Cette édition DVD présente une nouveauté dans le domaine du cinéma maison : la présence d'une bande sonore DHS (Dolby Headphone System). Avec tout casque d'écoute, ce procédé permet de recréer un environnement sonore comparable au Dolby Digital 5.1. Notre test a été effectué avec un casque Beyer Dynamics DT 550. Il y avait matière à être sceptique : il n'est pas évident de recréer l'environnement fourni par cinq haut-parleurs avec seulement deux. Disons-le tout net : le test est concluant (à l'exception des basses qui ne profite pas des effets .1 (LFE)). Sur bien des points, le son est comparable à celui de l'environnement 5.1. Les effets stéréophoniques avant et arrière sont crédibles et intéressants. L'illusion est suffisamment convaincante pour être une alternative plus qu'acceptable lors des visionnements nocturnes peuvant déranger les autres occupants du logis (ou les voisins...). Voilà ce qui va ramener la paix dans les chaumières!
On ne peut que souhaiter une généralisation de ce format audio dans toutes les futures éditions DVD. Il ne faudrait pas non plus que les éditeurs oublient d'y inclure une version française.



Suppléments/menus
Les compléments de programme constituent un menu relativement copieux. Ils se composent de deux documentaires, du vidéoclip de la chanson There You'll Be, une section DVD-ROM et du matériel promotionnel. Mentionnons que tous les suppléments sont offerts dans la langue de Shakespeare et qu'aucune option de sous-titrage en français n'est disponible.
Le premier document audio-visuel est intitulé Journey to the Screen: The Making of Pearl Harbor. D'une durée de 47 minutes, il montre les coulisses du tournage et inclut des entrevues avec Micheal Bay et les principaux artisans de cette méga production. Naturellement, la scène qui est la plus décortiquée est celle de l'attaque japonaise.
Dans l'ensemble, nous avons droit à une grosse pub pour le film et pour son réalisateur. Les propos de Michael Bay et des acteurs sont superficiels et le ton général est grandiloquent, en particulier celui du narrateur en voix hors-champ. Le véritable intérêt de ce documentaire réside dans les séquences d'infographie et de combat dont on assiste au tournage. Ça "pète" de partout et c'est intéressant!
Ceci dit, une partie des spectateurs appréciera le caractère spectaculaire de ce supplément. Voilà qui est mieux que les segments First Look de HBO. Toutefois, l'ensemble s'avère mince pour les cinéphiles et sonne un peu faux.
Le deuxième document consiste en un documentaire de 45 minutes produit par History Channel. Unsung Heroes of Pearl Harbor jette un regard sur tous ces soldats américains qui ont fait face à l'ennemi en ce dimanche 7 décembre 1941. Ce produit a le mérite de rendre hommage à des hommes et à des femmes que l'histoire officielle avait oubliés. Ce documentaire fait le lien avec certains personnages du film, dont le cuistot afro-américain interprété par Cuba Gooding Jr. On ne retrouve pas de mise en contexte ou d'explication de l'attaque japonaise, mais plutôt des survivants qui témoignent de leur expérience. Le ton est hautement patriotique et l'émotion est à fleur de peau. La facture d'ensemble est dans la norme de ce que l'on peut voir à la chaîne Historia de la télé québécoise.
La section DVD-ROM donne une liste exhaustive de sites anglo-saxons parlant de Pearl Harbor et des liens vers Touchstone Films. Le tout se termine par la section promotionnelle avec le vidéoclip de Faith Hill et la bande-annonce du film.




Conclusion
Voici un film qui ne marquera pas l'histoire du cinéma. Le ton est moralisateur et la réalisation, très moyenne. Les véritables héros de cette histoire sont les travailleurs qui ont élaboré les effets spéciaux pour cette production. Une fois cette dimension du film évacuée, il ne reste pas grand chose. Cependant, cette super production est servie par une édition DVD techniquement superbe. Le son et l'image sont dignes de mention. Aux cinéphiles de juger si cette édition doit faire partie de leur DVDthèque.
Notons que le 15 mai 2002 paraîtra une autre édition de ce film dans la collection Vista Series (édition trois disques).



Qualité vidéo:
4,5/5

Qualité audio:
4,5/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Sylvain Lafrenière

Date de publication: 2001-12-03

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Toshiba 32 pouces, Récepteur Sony STR-DE945, Lecteur DVD Sony DVP-S360, enceintes Energy, câbles Cable Accoustic Research

Le film

Titre original:
Pearl Harbor

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
183 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Buena Vista

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Oui

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1
Anglaise DTS

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Deux documentaires, clip vidéo, bande-annonce et publicité

Date de parution:
2001-12-04

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