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DVDEF

Brothers Grimm, The

Critique
Synopsis/présentation
Terry Gilliam est un cinéaste à part, bourré de contradictions internes qui font que malgré toute sa haine et sa crainte du systéme opressif des studios hollywoodiens (on se souvient de sa bataille dantesque sur Brazil et des soucis rencontrés sur quasiment tout ses films), il revient toujours vers les grands studios et cette fois-ci en l’occurrence vers un production des frêres Weinstein, peu connus pour laisser de la latitude a leur cinéastes sous contrat.
Gilliam est un artiste profondément original qui posséde un style très caractéristique et un univers qui lui est propre et il apparaît presque évident que ce Brothers Grimm était décidémment un film pour lui.

On y retrouve son gout immodéré pour l’imaginaire, pour la manipulation, une univers fait de faux-semblants mélé de merveilleux, une humour noir et absurde au possible, des personnages truculents et hauts en couleur et enfin un univers baroque propre aux délires visuels.
Cependant Gilliam n’étant pas un cinéaste parfait, il s’est pris à son propre piège sur ce film et nous offre une œuvre foisonnante, pleine de promesses qu’il peine cependant à concrétiser.
A nos yeux, il est clair que les soucis rencontrés avec le studio et que les Weinstein aient imposés un film PG 13 à clairement limité les ambitions et les moyens (non financiers du cinéaste). Mais il ne faut pas non plus se voiler la face et ne pas voir que Gilliam n’a de façon évidente pas trop su sur quel pied danser et par conséquent nous offre une œuvre bancale qui hésite entre franche comédie outrancière et traitement plus sérieux et profond.
Le principal souci du film vient clairement de son montage qui à été pris en main au final par le studio lui même, Gilliam à alors décidé de partir tourner son film suivant (Tideland, petit budget sur lequel il avait l’assurance de garder le contrôle) plutôt que de livrer une de ses batailles épiques dont il à le secret.

Ainsi la première partie du film est obscure dans sa narration et laisse apparaître de gros vide de narration et peine a installer un situation, alors qu’il s’agit habituellement d’un des talents de Gilliam que d’arriver, malgré le foisonnement et le cahos apparent de ses histoires, a offrir un spectateur un fil conducteur qui le mène tout au long du film, un fil d’ariane qui fait défaut dans The Brothers Grimm.
La seconde partie est plus cohérente au niveau du montage mais reste tout de même souvent confuse.
Ensuite, les effets spéciaux numériques ne semblent pas vraiment convenir au cinéaste (malgré l’utilisation intelligente mais limitée qu’il en avait fait sur Fear and loathing in Las Vegas pour illustrer les hallucinations de ses héros) et ainsi on a l’impression à plusieurs reprises de voir des effets non finalisés. Souvent l’on regrette son talent unique démontré sur tous ses autres films pour des effets souvent bricolés mais diablement efficaces et à nul autres pareils. D’ailleurs sur The Brothers Grimm, ce sont les effets « a l’ancienne » qui sont clairement les plus réussis, de même que la reconstitution des villages ou les mises en scène des frêres Grimm.
Les effets numériques ne s’intégrent que rarement à l’aspect visuel du film et sont souvent à nos yeux vraiment ratés.Certes les arbres qui se déplacent dans la forêt sont une excellente idée mais leur aspect numérique trop marqué en gache souvent l’effet. Le foulard et le loup garou numériques sont quand à eux totalement ratés, ce qui est surprenant sur une production d’une telle ampleur et surtout a une époque ou les effets digitaux ont fait d’énormes progrés. Nous ne pouvons qu’emettre l’hypothèse que comme tout nouvel outil, le numérique à ses spécificités et ses limites qui demandent un temps d’adaptation que Gilliam n’a pas eu. De même, leur virtualité est à l’opposé complet des effets habituels du cinéaste qui s’appuyait justement sur la tangibilité de ses trucages « a l’ancienne » pour les intégrer à ses histoires dont ils étaient alors un élément indissociable, osmose ici absente et cruellement visible.

Il faut cependant reconnaître au cinéaste quelques scènes truquées sublimes, notamment celle du miroir et de la destruction ( ?) de la sorcière, merveille d’inventivité à l’aspect visuel des plus réussis.

Le scénario quant à lui offre des pistes passionnantes sur les deux frêres et leur appréhension différente du monde de l’imaginaire. Gilliam à pu ainsi développer les personnalités des frêres en jouant également sur le casting inversé (Damon jouant le frêre extraverti et rationaliste et Ledger le réservé et rêveur alors que la logique aurait voulu l’inverse) pour surprendre les attentes du public. Ainsi certains passages sont abordés sur un mode réaliste et se révèlent donc vraiment angoissants alors que les partie plus clairement fantastiques le sont moins. Cependant l’ensemble garde une tonalité noire très typique du cinéaste qui nous fait d’ailleurs nous étonner que le studio s’en soit satisfait pour un film classé PG13.
Les références aux contes les plus célèbres de frêres Grimm, sont intelligemment faites, en lisèire de l’intrigue, comme pour amener une ambiance et des souvenir commun a tous les spectateurs ou presque.
Le film est curieusement découpé en deux axes, la quête et l’aventure pour les deux frêres Grimm et le comique absurde et outrancier pour le commandant français Delatombe (Pryce) et son homme de main Cavaldi (Stormare).
Cette dychotomie évidente donne souvent l’impression que deux œuvres bien différentes cohabitent à l’intérieur d’un même film. Un film « sérieux » sur le merveilleux, son rapport au réel et l’évolution des frêres Grimm et un autre baroque et excessif au possible ou le sens de l’absurde du cinéaste est libéré sans aucune limites.
Ainsi Pryce et surtout Stormare s’en donnent a cœur joie en composant des personnages irréalistes, ne serait ce que dans leur jeu sur les accents extréme mais fort plaisant pour les amateurs du côté décalé de Gilliam (qui rappelle d’ailleurs les grands moments des Monty Python), qui contrastent avec les frêres Grimm qui eux sont plus consistants et construits.
Il est certain que le délire sonore et visuel ainsi qu’une certaine hystérie associée à leurs personnages déconcertera sans doute plus d’un spectateur et surprendra a coup sur lors du premier visionnage pour ceux qui y sont plus réceptifs.

Malgré tous les poins négatifs que nous soulevons, nous tenons à préciser que si il s’agit clairement de l’eouvre la plus ouvertement « commerciale » de Terry Gilliam et celle sur laquelle son style et ses obsessions apparaissent les plus délayées, il n’en reste pas moins un film extrémement distrayant, surprenant et qui nécessitera à coup sur plusieurs visionnages pour en apprécier pleinement le potentiel.
Il est amusant d’ailleurs de noter les similitudes de fond et de forme avec un autre film hybride pour son auteur, à savoir Sleepy Hollow de Tim Burton.
Les deux cinéastes sont des personnalités originales, des artistes au style visuel et aux thématiques très fortes qui sont à la fois attirés et repoussés par les grands studios et qui avec The Brothers Grimm ou Sleepy Hollow ont réalisés le film du compromis entre exigeances des studios, influences et références personnelles (même si Burton avait déjà réalisé cet exploit avec son formidable Batman Returns).
Si il est maintenant évident que Burton à choisi (avec succés comme en témoigne la réussite de Charlie and the Chocolate Factory) le chemin des grosses productions en réussissant a conserver son univers décalé et ses thématiques personnelles (malgré l’échec fade que fut son remake de Planet of the Apes), Gilliam lui est directement retourné vers une petite production qui lui permet de garder le contrôle et d’exprimer ce qu’il souhaite de la façon dont il le souhaite.

Nous vous conseillons donc vivement le visionnage de The Brothers Grimm qui malgré ses nombreux défauts reste grace au talent de son maitre d’œuvre une œuvre passionnante et nettement plus intéressante que la plupart des « gros films de studios » aseptisés. Gilliam est certes plus confus que sur d’autres de ses films mais son univers baroque et décalé, son intérêt indéniable pour les thématiques du film (la quête intérieure, les faux semblants …) et son talent de conteur d’histoires extraordinaires et fantastiques font toujours merveille, permettant d’oublier le montage du studio et les effets spéciaux.



Image
L’image est présentée au format respecté de 1.85:1 d’aprés un transfert 16:9.

La définition générale est de bonne qualité, comme on est en droit de l’attendre d’un production récente, même si moins précise que ce à quoi on aurait pu s’attendre. L’interpositif est lui aussi logiquement immaculé et le grain limité au minimum malgré de nombreuses scènes difficiles qui auraient pu en provoquer beaucoup.
Les couleurs sont généralement rendues à la perfection mais certaines scènes offrent des couleurs semblant manquer de profondeur et d’éclat. Elles sont donc dans l’ensemble justes, naturelles, constantes et la plupart du temps parfaitement saturées.
Le contraste est lui aussi impeccablement géré et évite toutes les brillances.
Les scènes sombres sont superbement rendues grace à des noirs d’une profondeur et d’une pureté étonnantes.
Par contre il est vraiment décevant de voir une partie numérique qui est loin d’être à la hauteur du reste du transfert. En effet, la surdéfinition est récurrente tout au long du film, ainsi que les défauts de compressions. Certains passages sombres montre des traces de halos lumineux assez curieux. Ces défauts artificiels sont incompréhensibles sachant toute l'expertise qui a été développée en numérisation.

Une transfert de bonne qualité (hormis certaines couleurs passées, mais il est difficile de juger s’il s’agit d’une volonté ou d’un défaut) malheureusement gaché par des défauts numériques inadmissibles, surtout sur l’œuvre d’un esthète aussi reconnu que Gilliam. Dans l’ensemble l’image reste tout à fait acceptable mais il nous apparaît en deça de ce qu’il aurait du être.



Son
Les deux bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1) et Français (Dolby Digital 5.1).

La dynamique est de bon niveau mais toutefois en dessous de ce que les meilleures bandes-son récentes proposent. Sa présence et sa spatialisation sont par contre d’excellent niveau même si à nouveau moins impressionnantes que sur d’autres producutions actuelles.
La musique est impeccablement rendue sans limitations audibles que ce soit dans le haut ou le bas du spectre. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont moins fréquemment utilisées que ce à quoi on aurait pu s’attendre mais toujours de façon intelligente et efficace, privilégiant la nuance à la puissance.
Les dialogues sont en permanence intelligibles (même si ceux du personnage de Peter Stormare semblent parfois a un volume trop élevé) et les traces de parasites ou distortions sont totalement absentes et ce même à fort volume.
Les basses fréquences sont quand à elle fort correctes mais encore une fois d’un niveau et d’une efficacité inférieure à ces des meilleures bandes-son actuelles.

Les sous titres sont disponibles en Anglais et Espagnol mais sont curieusement et tristement indisponibles en Français.

Voici donc une bande-son de qualité dont le seul défaut est de manquer de punch et d’épaisseur par rapport a ce qu’aurait « du » proposer un mixage réussi en DTS. Cependant cette lacune est largement compensée par le détail apporté au son par Gilliam qui proposé de nombreux effets très subtils et remarquablement spatialisés.




Suppléments/menus
Une section un peu légère par rapport à d’autres oeuvres de Gilliam mais qui malgré un tendance autopromotionnelle offre de segments intéressants.

Le commentaire audio de Gilliam est comme à son habitude de qualité. Il aborde quasiment tous les sujets liés au film, même si curieusement il passe sous silence la majeure partie des soucis qu’il à rencontrés avec ses producteurs, notamment au niveau du montage. Gilliam est clair dans ses propos et évite la description d’images si courantes dans d’autres exercices du genre et il est très constant dans son débit, évitant les longs blancs si pénibles.
Viennent ensuite douze scènes coupées commentées intelligemment par Gilliam qui permettent de voir combien il doit être difficile de décider de ce qui est intégré ou non dans un long métrage du fait de sa durée et des problèmes de rythme que poserait leur éventuelle intégration.
Puis est offert un documentaire intitulé «Bringing the fairytale to life »(16 min 30 s) qui lui ressemble trop au productions autocongratulatoires sans grand intérêt qui nous sont servies à longueur de DVD. Tous les intervenants ne tarissent pas d’éloges sur Gilliam et leurs collègues et curieusement Gilliam lui même à tendance à se prêter au jeu mais gageons qu’il s’agit du prix à payer pour obtenir de tels moyens. Heureusement nous pouvons apercevoir de nombreux moments sur le plateau qui sont plaisants.

Enfin est disponible un autre documentaire intitulé « The visual magic of the brothers grimm » (8 min 41s) qui voit Gilliam et le responsable des effets spéciaux discuter de façon banale leur travail (que nous jugeons presque intégralement ratés, nous parlons des CGI numériques, surtout par rapport aux autres films du cinéaste) pour un segment d’intérêt vraiment limité.
Voici donc un ensemble qui présente un intérêt indéniable dans son ensemble mais qui, grand studio oblige, passe trop souvent par l’autopromotion. C’est surtout lorsque l’on compare ces suppléments par rapport a ceux des éditions DVD d’autres œuvres du cinéaste que l’on ne peut qu’être déçus de ne pas trouver un vrai documentaire réalisé par une équipe indépendante (comme sur 12 Monkeys ou Lost in la mancha) ou même simplements des segments plus orientés vers le cinéaste et ses intentions.





Conclusion
Une édition aux qualités audios et vidéos solides mais qui présentent cependant des défauts d’encodage et numériques qui font sensiblement baisser ses notes. Il est étonnant de voir que des éditeurs laissent toujours passer de tes défauts sur des œuvres au budget aussi important. Les suppléments sont dans l’ensemble corrects malgré un aspect autocongratulatoire trop prononcé pour les apprécier pleinement.

Nous conseillons donc l’achat de cette édition malgré ses « défauts » à tous les amateurs du cinéma de Gilliam qui si il n’est pas à son meilleur sur cet œuvre, offre cependant une œuvre fort divertissante et ce malgré les soucis qu’il a rencontrés lors de sa création.
Si The brothers Grimm ne restera pas dans les mémoires comme le meilleur film de son cinéaste et que l’on ne peut que regretter l’œuvre qu’aurait pu délivrer le cinéaste si il avait eu les coudées franches, il est néanmoins un film intéressant (plusieurs scénes splendides, un sous textes passionnant même si trop peu exploité) malgré le fait qu’il ne soit pas totalement abouti. On peut sentir à de nombreuses reprises que Gilliam s’est vu mettre des « batons dans les roues » et comprendre en quoi le cinéaste a pu déclarer qu’il s’agissait d’un film du studio plus que d’une de ses propres oeuvres. Malgré cela le film vaut largement mieux que la grande majorité des produits aseptisés et sans ames dont hollywood nous inonde à longueur d’année, vivement son prochain film beaucoup plus personnel et maitrisé à priori : Tideland.



Qualité vidéo:
3,4/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,1/5

Note finale:
3,2/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2006-02-10

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Brothers Grimm, The

Année de sortie:
2005

Pays:

Genre:

Durée:
118 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Alliance Atlantis

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Commentaire audio, documentaires, scènes coupées

Date de parution:
2005-12-20

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