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DVDEF

Osmosis Jones

Critique
Synopsis/présentation
Ceux qui connaissent les frères Farrelly savent que leur humour ne versent pas dans la subtilité et la finesse, bien au contraire. Dès leur premier long-métrage, Dumb & Dumber, les deux frangins ont su se distinguer de la masse en proposant un humour scatologique des plus grossiers. Après le succès mitigé de leur deuxième essai, Kingpin (que certains considèrent leur meilleur film), les frères Farrelly connurent un succès retentissant avec leur projet suivant, le sleeper There's Something About Mary. Depuis ce temps, il semblerait que les deux frères ont acquis une certaine notoriété à Hollywood puisqu'ils ne se contentent plus d'écrire et réaliser leur propre film, ils produisent également de nombreux projets qui ne misent strictement que sur leur deux noms pour attirer les foules aux guichets. Malheureusement, malgré les moyens mis à leur disposition, les frères Farrelly n'ont jamais su se renouveler et ne font qu'étirer depuis la recette déjà éprouvée qui fit leur succès. Par contre, à l'été 2001, les deux hommes se sont amusés à brouiller les cartes en s'associant à un projet hors du commun, le film hybride Osmosis Jones. S'agit-il d'un changement de direction pour les deux auteurs ?
Osmosis Jones est un curieux alliage de film traditionnel et de dessins animés. L'intrigue est on ne peut plus simpliste, mais desservie de façon fort efficace par cette présentation originale. L'histoire s'attarde aux tribulations de Frank (Bill Murray, égal à lui-même), un père de famille monoparental maladroit qui ne se soucie guère de sa santé. Ce que Frank ignore, c'est que son corps humain abrite une véritable citée où cohabitent globules, anticorps et bactéries. Un jour, la vie des habitants de cette citée sera menacée par l'arrivée d'un virus mortel (voix de Laurence Fishburne) dont l'ambition est de tuer Frank dans un délais record. Il sera du devoir d'un globule blanc policier nommé Osmosis Jones (voix de Chris Rock) de traquer le virus et de l'éliminer avant que Frank ne succombe à la maladie que le virus propage.
Au-delà de son intrigue policière classique, ce curieux long-métrage se révèle être une savoureuse métaphore du fonctionnement du corps humain. Chose rare pour un film des frères Farrelly (ils n'ont d'ailleurs pas écrit le scénario…), Osmosis Jones bénéficie en outre d'un scénario ingénieux et inventif, dans lequel ont été parsemés quelques jeux de mots à caractère biologique particulièrement jouissifs. La manière dont le corps humain est comparé à une grande ville séparée en divers quartiers vaut amplement le coup d'œil. Le récit policier nous amène à visiter ces divers régions d'anatomie, du cerveau jusqu'à l'ongle incarné, telle une satire du film noir. Il serait dommage de passer à côté d'un tel divertissement, sous prétexte que l'humour y est parfois grossier. Il y a bien quelques passages à l'humour plus douteux (particulièrement une scène de vomissement et une se déroulant dans un bouton d'acné…), mais elles sont surtout prétextes à symboliser le fonctionnement du corps humain. Or, pour les enfants, cette façon loufoque de présenter l'anatomie représente un excellent moyen de les initier aux mérites d'une vie active et d'une alimentation saine (bonjour la morale!). Ces deux valeurs sont solidement ancrées au cœur même du récit. Malheureusement, même les meilleures intentions ne font pas d'Osmosis Jones un film parfait. Notons en particulier la pur fonctionnalité de la réalisation des scènes filmées, qui détonnent réellement à comparer aux séquences animées se déroulant dans le corps humain. Le montage est cependant fort bien rythmé et permet de passer outre ce manque de fluidité entre les deux mondes.


Image
Le film nous est ici présenté en format original (2.20:1), et ce dans un transfert anamorphique de bonne qualité. L'image présente une netteté sans faille jamais ternie par un quelconque manque de piqué, la définition est excellente, les détails et les textures sont affichés avec précision et finesse. Les couleurs, particulièrement lors des séquences animées, sont d'une richesse et pureté à toute épreuve. Celles-ci sont constantes et adéquatement saturées, et on n'y remarque aucun débordement. Les séquences filmées, moins flamboyante au niveau de la colorimétrie, présentent néanmoins des teintes naturelles et justement saturées. La luminosité est correctement balancée sans qu'aucune fluctuation ne soit à déplorer. Le contraste est par contre un peu plus problématique, alors que ceux-ci nous sont apparus trop accentués dans plusieurs séquences, ce qui bloque rapidement les parties plus denses. Néanmoins, les zones ombragées sont dégradées avec subtilité. Les noirs, quant à eux, sont profonds et ne souffrent d'aucun fourmillement. L'interpositif employé pour créer ce transfert est exempt de quelconque anomalie ou artéfacts. Il n'y a nul défaut de compression, par contre une sur-définition des contours particulièrement prononcée risque d'en distraire plus d'un.


Son
Il y a présence de trois bandes-son différentes sur cette édition : une anglaise (Dolby Digital 5.1), une française (Dolby Digital 5.1) et une espagnole (Dolby Surround 2.0).
Les mixages Dolby Digital 5.1 offerts sur cette édition présentent une excellente spatialité ainsi qu'un dynamisme des plus agressif. Le champ-sonore, en particulier lors des séquences animées, est déployé avec profondeur à travers tous les canaux disponibles. Les effets d'ambiophonies ainsi que les transitions de canaux sont d'ailleurs abondamment utilisés, parfois avec agressivité, pour donner tout l'impact voulu au rythme du film. La trame-sonore, en particulier les chansons " hip-hop ", est intégrée avec efficacité et fidélité à l'environnement sonore. Les dialogues sont adéquatement mixés ; ils ont une sonorité naturelle en plus d'être toujours parfaitement intelligibles. Les basses sont profondes et puissantes et ajoutent tout le mordant voulu aux scènes les plus spectaculaires. Le canal .1 (LFE) est aussi judicieusement mis à contribution, offrant même des fréquences allant en deçà des 25 Hz.
Le mixage francophone présente les mêmes caractéristiques que sa contrepartie anglaise, cependant on ne peut que déplorer la flagrant manque de naturalité des séquences filmées. Plusieurs sons ambiants ont aussi été sacrifiés lors du doublage. Cependant, la situation est quelque peu différente lors des scènes animées alors que ce défaut devient fort négligeable. Une bande-son espagnole est aussi offerte, ainsi que des sous-titres en anglais et en français.


Suppléments/menus
Bien qu'un nombre fort appréciable de suppléments soit offert sur cette édition, nous ne pouvons que déplorer le fait qu'aucun d'entre eux n'aborde la splendide technique d'animation du film, qui a su allier animation 2-D et 3-D à un monde réel. Le premier documentaire, intitulé Under The Microscope (14 minutes) et produit par la HBO, est typique des segments produits par cette chaîne. On se contente de présenter quelques entrevues, des extraits de film ainsi que quelques brèves scènes filmées en coulisse pour en faire un produit strictement promotionnel. Tous vantent les mérites du film et de l'histoire, mais aucun n'ose s'aventurer plus loin.
Investigating The Vocal Chords (5 minutes) est un court segment s'attardant aux sessions d'enregistrement des dialogues. Légèrement plus concis que le précédent documentaire, on y décrit sommairement et prestement le travail des acteurs qui ont à doubler les personnages. Le propos est intéressant, mais aurait bénéficié à être plus développé.
La piste de commentaires audio, animée par les réalisateurs de l'animation Piet Kroon et Tom Sito ainsi que le scénariste Marc Hyman et le producteur Zak Penn, failli lamentablement à la tâche. On pprend strictement rien sur la production du film. Les propos des intervenants sont confus, on hésite à aborder des sujets concrets. La plupart du temps, ils se contentent de décrire ce qu'il y a à l'écran ou encore ils mentionnent leurs éléments préférés dans le film. Seuls points positifs de cette piste : un ton quelque peu enjoué mais surtout l'énumération de tous les gags plus subtils du film.
Vous retrouverez ensuite deux scènes inédites totalisant près de 6 minutes. Ces scènes, qui se veulent en réalité des expansions de séquences présentes au montage final, sont d'un intérêt fort moyen et n'ajoutent rien au contenu du film.
La bande-annonce originale, ainsi qu'un curieux supplément nommé Frank's Gross Anatomy, complètent cette section. Ce dernier élément consiste en quelque sorte en un menu de sélections de chapitre original où vous pouvez choisir une scène du film par rapport à son emplacement dans le corps humain de Bill Murray.
À noter que Warner offre aussi un CD-Audio comprenant trois chansons (Disasterpiece de Sugar Ray, Satellite de P.O.D. et Ooh Ooh de Willa Ford) ainsi qu'une série d'extraits de plusieurs autres chansons.



Conclusion
Osmosis Jones est un savoureux et original petit film d'animation que tous les amateurs du genre devraient apprécier. Dommage que sa sortie en salles soit passer inaperçue, car ce film, par la fraîcheur de son sujet, surpasse facilement bon nombre de dessins animés parus sur les écrans depuis les dernières années. La présentation faite par Warner de ce film sur DVD est plus qu'adéquate et répond fort bien aux normes du marché actuel. L'image, quoi qu'imparfaite, est néanmoins de belle facture tandis que les mixages sonores sont dynamiques et entraînants. Les suppléments sont en nombre intéressant, dommage seulement que leur qualité laisse un peu à désirer.


Qualité vidéo:
3,6/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-11-25

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Osmosis Jones

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
95 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.20:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Piste de commentaires audio, 2 documentaires, scènes coupées et bande-annonce

Date de parution:
2001-11-13

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