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DVDEF

People VS Larry Flynt, The (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Milos Forman revint en pleine forme en 1996 avec The People VS Larry Flynt, qui fait suite à l'échec (public et semi échec artistique) de Valmont (1989), qui marqua pour lui une période de six années d'inactivité artistique. Le sujet qui le fit revenir à la réalisation (pour notre plus grand bonheur) est dans la droite ligne de sa thématique habituelle.

On suit dans ce film la folle vie de Larry Flynt (Woody Harrelson), fondateur du magazine pornographique Hustler, qui eu régulièrement affaire à la justice américaine au cours de sa carrière. Il s'agit d'un personnage réel (toujours vivant), dont le franc parler, le mauvais goût affiché et le contenu de son magazine déchainèrent la colère de certains conservateurs qui s'empressèrent de le poursuivre en justice. Sa popularité deviendra d'ailleurs telle qu'il se fera d'ailleurs tirer dessus à la sortie d'un de ses procès par un assaillant toujours non identifié. Il en restera paralysé des membres inférieurs et sombrera pendant un temps, en compagnie de sa femme Althéa (Courtney Love), dans la déchéance due à ses nombreux médicaments. Une fois débarrassé de cette dépendance, il n'en combattra que plus violemment les veléités de censure de ses opposants. Il deviendra effectivement le champion de la liberté d'expression aux Etats-Unis, à l'aide de son avocat Alan Isaacman (Edward Norton).

M. Forman trouve ici un sujet en or pour illustrer son dégout de toute forme de censure et d'atteinte à la liberté. Il a passé une bonne partie de sa vie à fuir la dictature et courir après la liberté quelle qu'elle soit et cela l'a profondément marqué. Son cinéma fut un moyen pour lui d'exprimer sa profonde aversion à l'égard des biens pensants, de la norme érigée en tant que principe. Toutes ses oeuvres s'attachent à défendre des personnages différents et originaux face à la masse bêlante, effrayée par tant d'audace et de différence. The People VS Larry Flynt poursuit la même dénonciation des censeurs et fait la part belle à la liberté d'expression si chère au peuple américain (et qu'il essaye d'entraver si souvent). D'ailleurs le titre est bien représentatif, en convoquant The People et non une personne précise, faisant de son héros le défenseur de la liberté face à un état tout entier. On retrouve d'ailleurs tout l'humour et le goût de la provocation de M. Forman à travers le personnage de Larry Flynt.

Celui-ci est clairement le héros et le défenseur des droits de l'individu, mais dans le même temps, il est un homme vulgaire, à la moralité douteuse et pour tout dire assez désagréable. Les deux excellents scénaristes (Scott Alexander et Larry Karaszewski) ont d'ailleurs sans doute atténué le côté désagréable du personnage au vu du documentaire sur le vrai Larry Flynt. Cela limite peut-être la portée de l'oeuvre, ou du moins change la direction qu'aurait pu prendre le film. M. Forman ne nous demande pas d'aimer son personnage ou son travail, mais de le laisser s'exprimer en paix, aussi choquantes que soient ses opinions ou sa vie. Il nous compose alors un show vulgaire et criard, bien dans le ton des années 70, où Woody Harrelson, Courtney Love et Edward Norton font merveille (ainsi que les autres acteurs). Il arrive à nous intéresser à ses héros car il croit en leur combat et sans aucun doute, respecte vraiment leur courage et leur ténacité devant l'adversité incessante du soi-disant bon goût. Il a eu l'intelligence de traiter le sujet par l'humour et d'en faire clairement un spectacle à l'américaine, permettant ainsi à son message de toucher, faire réfléchir le grand public tout en le divertissant. Il fut malheureusement victime de ces mêmes censeurs stupides qu'il entend dénoncer, ceux y ayant soi-disant vu une apologie de la pornographie alors qu'elle n'en est que la toile de fond. L'ironie de la situation est que ce film fut victime des mêmes problèmes d'incompréhension ou d'intolérance que son personnage, donnant ainsi d'autant plus de force et de poids à son message. Il est également à signaler que contrairement aux dires de ses détracteurs, le film fait preuve d'une rare pudeur alors que son sujet lui aurait autorisé des débordements autrement plus choquants.

Une oeuvre passionnante de bout en bout, réussissant le tour de force de faire rire tout en faisant réfléchir. Cela est du aux talents conjugués de M. Forman, de ses scénaristes, de ses acteurs et de tous ses techniciens. Les questions soulevées par le film feront sans doute l'objet de débats enflammés tant un consensus est difficilement atteignable sur de telles questions. Beaucoup d'oeuvres provoquent ce genre de réactions gratuitement, par provocation, alors pour une fois que le fond suit la forme, ne boudez pas votre plaisir !



Image
L'Image est offerte au format respecté de 2.35:1 d'après un transfert 16:9.

La définition générale est de très bon niveau, n'atteignant pas des résolutions aussi poussées que les productions les plus récentes, et ainsi conserve un aspect très cinéma de moins en moins présent sur nombre de gros films actuels. L'interpositif est vierge de tous défauts. La finesse de l'image permet de redécouvrir un grand nombre de détails et ainsi d'admirer le travail à nouveau remarquable de M. Forman et ses décorateurs. Les couleurs de la superbe photo de P. Rousselot sont impeccablement restituées, d'une justesse et d'une constance remaquables. Le contraste est lui aussi parfaitement géré, bloquant ainsi toutes brillances intempestives. Les parties sombres sont fort bien rendues grâce à des noirs profonds et intenses et des dégradés subtils.

La partie numérique du transfert est au diapason du reste. Si l'on cherche vraiment à lui trouver un défaut, on pourra à la rigueur repérer un ou deux passages où une légère surdéfinition fait son apparition.


Son
Les bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby 2.0 Suround) et Espagnol (Dolby 2.0 Surround).

La dynamique de la bande-son anglaise est de bon niveau sans être spécialement élevé. La présence et la spatialité de cette bande-son sont standards, dans les canons de ce que l'on est en droit d'espérer pour un film axé sur les dialogues. La musique de Thomas Newman est parfaitement intégrée au reste de la bande-son et profite des qualités audiophiles de ce mixage. Les enceintes arrières sont peu utilisées mais toujours de façon mesurée et à bon escient. Elles viennent soutenir le film à certains moments cruciaux et c'est bien là tout ce que nous leur demandons. Les dialogues sont toujours intelligibles et il est impossible trouver des défauts à leur restitution. Ce type de films ne se portant pas à des débordements de décibels, l'utilisation des basses fréquences qui est faite sur cette bande-son est pleinement satisfaisante.

Les bandes-son française et espagnole sont en net retrait au niveau qualitatif, tout en restant d'un qualité fort appréciable pour des bandes-son doublées.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français, Espagnol, Portugais, Chinois et Thailandais.
Un bon travail a été effectué sur cette bande-son, permettant de présenter le film sous son meilleur jour.



Suppléments/menus
Il s'agit de la deuxième édition DVD de ce film. Cette édition spéciale de The People VS Larry Flint est présentée dans un emballage est assez original (fourreau en plastique imprimé formant la jacquette complète du DVD par transparence), son aspect criard et un peu vulgaire est bien dans l'esprit de l'oeuvre.

Une vraie section de suppléments bien étoffée et surtout de qualité.

Le premier commentaire audio est animé par les deux scénaristes Scott Alexander et Larry Karaszewski, que lient une plus qu'évidente complicité. Leur commentaires sont précieux car ils nous indiquent les divergences entre la vraie vie de Larry Flynt et celle de leur personnage, nous signalent à certains moments les options de scénarios écartées et surtout leurs vraies intentions. Les deux hommes ne vous laissent quasiment aucun répit et leur habitude de réflechir à deux s'entend aisément. Le deuxième commentaire est effectué par les trois acteurs principaux du film et ils nous exposent leurs anecdotes et leurs sentiments vis à vis de leurs personnages au fur et à mesure de leurs grandes scènes respectives. Les informations délivrées sont un peu moins intéressantes que celles de l'autre commentaire mais restent d'intérêt malgré tout.

Le premier documentaire est intitulé Free Speech or Porn (30 min) et par le biais d'entrevues et d'extraits bien choisis, nous narre de façon intéressante les divers problèmes rencontrés lors de la création et du tournage du film. Le second, Larry Flynt Exposed (29 min), nous présente la vraie vie de Larry Flynt, commentée par l'interessé lui-même. Celle-ci est encore plus incroyable que celle contée dans le film et ce documentaire s'avère donc indispensable de façon à bien saisir les tenants et aboutissants de ce personnage haut en couleurs et par là même, éclairer l'oeuvre et son contenu.

Sont ensuite proposées deux scènes coupées d'un intérêt moyen, avec ou sans commentaire audio. Est également disponible la critique du New York Times datant de la sortie du film en pages fixes ainsi que trois bandes-annonces (Charlie's Angels : Full Throttle, Auto-Focus et Larry Flynt).

Des suppléments bien construits, intelligents et qui pour une fois apportent vraiment un plus au visionnage de l'oeuvre qu'ils concernent, permettant de mieux en saisir certaines implications.




Conclusion
Une superbe édition sur tous les plans. Les parties image et son sont remarquablement traitées, les suppléments sont conséquents et très bien faits et qui plus est, l'emballage est original et tout à fait dans l'esprit du film. Un tarif de vente correct et toutes les qualités précitées font que cette édition obtient sans forcer nos recommendations.

Le film méritiait largement une édition comme celle-ci afin de le réevaluer et en saisir toutes les qualités. Milos Forman reste fidèle à ses thèmes de prédilection, tels que la liberté d'expression et le rejet par la société d'individus hors normes. Son style s'adapte parfaitement à l'époque décrite et se met tout entier au service de son sujet. Une fois de plus, ce grand réalisateur tire le meilleur de ses acteurs et développe son histoire de façon efficace et au bout du compte réussit à nous amuser, nous divertir, nous passionner, nous questionner tout en délivrant son message. Un film indispensable qui malgré un sujet scabreux et un héros vulgaire, évite tous débordements.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,4/5

Suppléments:
3,8/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-05-05

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
People VS Larry Flynt, The

Année de sortie:
1996

Pays:

Genre:

Durée:
129 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol
Portugais
Thailandais
Chinois

Suppéments:
2 commentaires audio, 2 documentaires, 2 scènes coupées commentées, bandes-annonces, gallerie de photos, critique du New York Times

Date de parution:
2003-05-06

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