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DVDEF

Frighteners, The (Director's Cut)

Critique
Synopsis/présentation
Peter Jackson est passé du statut de réalisateur indépendant de petits films d’horreur fauchés et rigolos à celui de maitre de l’entertainement a grand spectacle et cette transition s’est faite par le biais de deux films : Heavenly Creatures (1994) et The Frighteners (1996) non sans s’être fait remarquer partout a travers le monde avec son faux documentaire Forgotten Silver (1995).

Déjà Heavenly Creatures annonçait une autre facette de Peter Jackson, plus fine, plus sensible et lui permettait de s’exprimer de superbe façon à partir d’un fait divers réel pour un film mélangaeant le réel et l’imaginaire avec maestria. Ses principes de mise en scène souvent décriés et nous l’avouons parfois contestables (caméra sans cesse en mouvement parfois sans grande justification mais c’est son style) prennent ici réllement forme et il ne cessera d’expérimenter dans ce domaine (et ce même malgré les contraintes technique d’un projet aussi colossal que Lord of the Rings), on aime ou on aime pas !!
Mais la ou Heavenly Creatures était un tout petit film indépendant néo-zélandais difficilement classifiable, The Frighteners sera lui un projet au financement hollywoodien et pourvu d’une star (Michael J Fox) et de moyens largement supérieurs (même si ils ne sont rien comparés à la superproduction que sera Lord of the Rings).
Jackson se distingue de nombreux cinéastes prometteurs passés au stade hollywoodien de leur carrière en réussissant à garder la main mise sur ses projets et par exemple en convaincant les producteurs de tourner en nouvelle-zélande alors que rien ne le justifiait vraiment dans son scénario.

Il a réussi cet exploit car il est totalement maitre de ses projets et par conséquent sa maitrise de la question financière (indissociable de la « faisibilité des projets) lui à permis de faire valoir à la Universal les économies substantielles que le studio pourrait réaliser en laissant le cinéaste tourner dans son pays natal avec ses propres techniciens et amis. Le cinéaste à ensuite réussit a imposer le même tour de force sur Lord of the Rings, projet qui n’aurait jamais vu le jour ou du moins sous une forme certainement beaucoup moins ample sans sa maitrise des couts exceptionnelle (les trois films, hors budget promotionnel ont coutés a peine plus que les plus grosses machines hollywoodiennes, résultat incroyable s’il en est !!).

The Frighteners restera ainsi un projet totalement aux mains de son créateur qui pourra en faire plus ou moins ce qu’il en souhaite du moment ou il ne désarçonne pas trop le public américain.
Résultat des courses, si le film lorgne indéniablement vers le grand public, il n’en reste pas moins qu’il n’a que très peu à voir avec le tout venants des comédies horrifiques hollywoodiennes.
Sa capacité a passer du rire, de la franche comédie à des scènes vraiment terrifiantes est surprenante et témoin d’une sensibilité autre et surtout d’un cinéaste qui sait prendre le temps d’écrire ses scénarios et de les batir selon une mécanique parfaitement huilée.
Jackson rend hommage à la culture hollywoodienne en citant de nombreux films (Ghostbusters, Full metal jacket pour les plus directes) tout en les intégrant directement à son histoire, ne se contentant pas de la référence pour la référence.
Son savoir faire technique et visuel lui vient clairement de sa passion pour le cinéma hollywwodien à grand spectacle et malgré la distance qu’il souhaite mettre en lui et le rouleau compresseur des studios, il n’en renie pas pour autant ses influences et signe une œuvre vraiment protéiforme avec The Frighteners.

A force de trop vouloir intégrer d’éléments dans une histoire assez neutre, Jackson est contraint d’en traiter certains de façon expéditive et relativement conventionnelle (l’histoire d’amour) et à en « oublier » certains alors qu’ils auraient pu permettre d’épaissir la psychologie du héros. Jackson est ainsi clairement dans la partie grand public de son projet en ne s’intéressant que modérément aux motivations et aux traumatismes de son héros, qui n’en est pas pour autant un stéréotype ou un pantin mais plus un patchwork de différents héros traditionnels.

Pour Jackson, sur The Frighteners c’est l’action qui prime avant tout, il doit démontrer qu’il est capable de faire mieux et plus impressionnant qu’un film hollywodien classique et le tout pour moins cher. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y parvient haut la main en réalisant un film « montagne russe » ou l’action et les rebondissements sont incessants, le tout sur un rythme effréné.
Heureusement il sait parfois ralentir sa machine et prendre le temps de s’attarder sur certains détails pour laisser le spectateur souffler avant la prochaine accélération.
La ou le film est le plus curieux c’est dans sa structure clairement découpée en deux parties, une premiére d’exposition, sympathique et clairement orientée comédie (présentation de F Bannister, du contexte clairvoyant et de ses « accolytes ») qui se tend dés les premièes apparitions de « la faucheuse » pour ensuite se transformer dans une seconde partie résolumment plus nerveuse et effrayante. Cette deuxième moitié ouvertement orientée horreur reste toujours dans l’humour plus noir et dérangeant avec le personnage déjanté de l’inspecteur du FBI (sorte de double extréme et satirique du personnage de l’agent Mulder de la série XFILES).
Dans la première partie la mort est vue sous un angle comique alors qu’elle devient beaucoup plus concrête et directement dangereuse dans la seconde avec la présence du couple de tueurs fous qui sait être vraiment impressionnant et Jackson aborde leurs meurtres de façon beaucoup plus directe et impressionnante que n’importe réalisateur aux ordre du studio ne l’aurait fait.

Peter Jackson a réussi son pari sur ce film grace à son incroyable maitrise des effets spéciaux et de leur utilisation, alors même qu’a l’époque les effets digitaux n’en étaient qu’a leurs balbutiements. Son univers à la fois réaliste et fantastique reste en permanence « crédible » grace à la qualité et l’intelligence des effets spéciaux qui réussisent a être souvent vraiment impressionnants (toutes les apparitions de la faucheuse ou les passages a l’intérieur de la maison hantée).
Les effets spéciaux réussis appuyés par une bande-son qui lors d’une première écoute ne pourrait s’apparenter qu’a un déluge sonore ininterrompu mais s’avère en fait d’une maitrise et d’une finesse largement supérieure à la moyenne. Effectivement Jackson cherche à étonner, impressionner ou effrayer ses spectateurs (notamment grace à une utilisation redoutable du canal d’infra grave) mais cela ne se fait jamais au détriment du « réalisme » sonore et toujours en corrélation directe avec ce qui se passe à l’écran.
Ainsi il évité l’éceuil de nombreux hollywoodiens qui suramplifient de nombreux sons sans raisons précises juste dans le but d’en mettre plein les oreilles de leurs spectateurs.

Danny Elfmann frappe à nouveau un grand coup avec une musique superbe, alternant idéalement fantaisie et noirceur et comme dans le cas de sa collaboration avec Burton, il a su travailler en intelligence avec Jackson et proposer une partition très typique de son style mais également subtilement adaptée aux exigences de l’œuvre.


Le seul « défaut » apparent du film semble être un certain manque d’émotion immédiate que l’on sent Jackson tenter d’intégrer à plusieurs reprises sans y parvenir de façon convaincante. Le trop plein du film et son rythme étant peu compatible avec la subtilité et le temps nécessaire à faire naitre l’émotion, nous ne regrettons rien des choix fait par Jackson, d’autant plus qu’il aura su montrer dans Lord of the Rings que l’émotion est au fond pour lui aussi importante que l’action.

Voici donc une œuvre passionnante, un film d’action intelligent et maitrisé qui vous secouera dans tous les sens avec la plus grande efficacité, sans pour autant vous laisser l’impression de vacuité et de bétise de nombreux blockbusters hollywoodiens et aura permis à Jackson de décider les investisseurs sur sa personne pour l’un des projets les plus colossaux qu’ait connu le cinéma, la trilogie Lord of the rings.

Peter Jackson peut agacer, ou du moins l’immense battage médiatique primaire fait autour de lui ou de ses œuvres mais il n’en reste pas moins à l’heure l’un des très rares cinéastes à gros budgets capables de divertir intelligemment et de transmettre au public sa passion du cinéma spectacle, à l’instar de ce qu’a pu faire James Cameron (dont nous espérons un jour le retour derrière une caméra). Afin de vous persuader de la véracité de notre affirmation qui peut paraître péremptoire, nous vous conseillons de regarder les suppléments magistraux présents sur cette édition afin de réaliser l’énergie et la naiveté qui animent toujours ce cinéaste généreux qui réalise ses réves d’enfant à travers sa carrière, et notamment son King Kong sorti récemment sur les écrans, autre spectacle cinématographique total qui puise intelligemment dans la légende du 7éme art tout en gardant un rapport direct avec les sensations qui l'ont fait naitre.





Image
L’image est proposée au format respecté de 2.35 :1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale est de très bonne qualité, même si elle n’atteint pas le niveau de celle des meilleures éditions de films récents et s’avère parfois légément moins précise sur certaines scènes. L’interpositif est très propre et seuls quelques traits et points sont éventuellement visibles pour une œil entrainé.
Le rendu des couleurs est lui aussi de haut niveau, rendant parfaitement hommage à la photographie très colorée et subtile de John Blick et Allen Bollinger. Elles sont donc natuelles, constantes et parfaitement saturées en toutes circonstances.
Le contraste est également parfaitement géré et évite toutes brillances.
Les scènes sombres sont remarquablement rendues grace à des noirs vraiment purs et profonds, alors qu’au vu de la dernière partie du film, cela était loin d’être une formalité.
La partie numérique est elle curieusement un peu plus sujette à caution, sans toutefois qu’aucun défaut gênant ne lui soit imputable. Ainsi, de la surdéfinition est visible sur les scènes en extérieur à fort contraste mais redevient quasi invisible sur les scènes en intérieur.

Voici donc un remarquable transfert d’une œuvre qui date des débuts de l’utilisation massive des effets numériques (dont Jackson et le studio Weta sont depuis devenu des maitres) et le rendu que cette édition en propose est remarquable.


Son
La seule bande-son disponible sur cette édition est en Anglais (Dolby Digital 5.1).

Sa dynamique est absolument remarquable et il en est de même pour sa présence et spatialisation qui pourraient en remontrer à bien des bandes-son récentes.
La superbe musique de Danny Elfmann (une fois de plus !!) est rendue à la perfection sans aucune limitation de le haut comme dans le bas du spectre et une ampleur vraiment impressionnante. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
L’utilisation des enceintes arrière est absolument formidable, digne d’une vraie démonstration. Leur usage est quasi constant alternant les passages agressifs avec d’autres vraiment subtils pour des effets d’ambiance réllement impressionnants qui collent à la perfection avec le genre du film.
Les dialogues sont en permance parfaitement intelligibles et aucune trace de parasites ou distortion n’est audible et ce même à volume très élevé (comme il est recommandé sur ce film) et malgré l’impressionnant déluge sonore (mais jamais assourdissant) qui s’en dégage parfois.
La gestion des basses fréquences et de l’infragrave est particulièrement impressionnante et offre un rendu absolument phénoménal dans ce domaine, risquant de provoquer la colére de vos voisins. Il s’agit la d’un signe distinctif des films de Peter Jackson toujours pafaitement maitrisés dans ce domaine usant avec grande maitrise de ce domaine sans jamais toutefois en abuser à tout va pour tenter d’impressioner sans raisons.

Les sous titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Voici donc une bande son largment à la hauteur de l’image qui permet d’offrir un spectacle audiovisuel totale, exploitant au mieux et intelligemment les possibilités offertes par le multicanal alors qu’elle date pourtant de 1996, ce qui rend la performance d’autant plus impressionnante.





Suppléments/menus
Une section incroyablement complête et d’un intérêt constant qui est clairement la matrice de la réussite totale qu’étaient les scetions des versions longues des trois parties de la saga du Seigneur des anneaux.

Les suppléments sont répartis sur les deux faces du disque.
Sur la face a du film est offerte une excellente introduction de Peter Jackson qui avec sa passion habituelle nous explique ce que fut ce film pour lui et ce qu’il à tenté de faire avec (2mn41s).
Ensuite Jackson nous offre un des commentaires audios passionnants et enjoués dont il à le secret et qui font de lui l’un des réalisateurs actuels les plus passionnants à écouter parler de ses œuvres. Son mélanges d’anecdotes de tournage, d’informations techniques, de ses notes d’intention et enfin d’un certain recul critique font que ce commentaire est un régal de tous les instants, et il s’agissait pourtant la de son premier essai dans le domaine.
Pour finir sur la première face est proposé un documentaire sur les storyboards du films commentés par Peter Jackson (45min36s) ou il explique en détail comme les visuels du films ont profondément évolués au cours de son élaboration et en quoi le film disponible sur le dvd est bien différent de son premier jet. Ce segment vient en complément idéal du commentaire, audio, évitant la redite et allant vraiment en profondeur dans la conception de l’œuvre.

Sur la face b du disque se trouve le véritable plat de résistance de cette édition qui était déjà exceptionnelle en la matière avant même d’y arriver.
Peter Jackson offre une autre présentation de cet ensemble qui se révèle pleine d’enthousiasme et ne peut qu’inciter au visionnage immédiat (2 min).
Le documentaire dure 3h et 43 minutes et est divisé en 49 chapitre et contient absolulement tout ce qui peut être dit et montré sur cette œuvre, du plus classique (scénario, lieux de tournages, effets spéciaux) au plus obscur (prises ratées, scènes perdues, répétitions …) et ce de façon remarquablement claire, cohérente et un sens du rythme primordial (sur une durée aussi longue) par un Peter Jackson toujours aussi passionné.

Voici donc une section magistrale qui confirme que Peter Jackson est le cinéaste qui à le mieux compris et exploité les formidables possibilités du format DVD en matière de suppléments, permettant au spectateur de vraiment rentrer dans les secrets de fabrication sans pour autant ne jamais casser la magie de l’œuvre. Et loin d’être un exercice de style dans la lignée des géniaux suppléments des éditions longues des 3 épisodes des Lord of the Rings, cette ensemble en est au contraire le précurseur qui montre que Jackson à cette conception des suppléments depuis un bon moment et ce pour notre plus grand bonheur.

Qui plus est l'emballage en relief est du plus bel effet et d’excellente qualité. Les menus sont eux aussi très réussis et cela achève de faire de cette édition un indispensable.




Conclusion
Voici une édition aux performances audio et vidéo exceptionnelles qui exploitent totalement les possibilités du support DVD dans ce domaine. Comme elles sont accompagnées par un ensemble de suppléments colossal et passionnant et que le film s’avère très attachant et réussi, nous vous conseillons très vivement l’achat de cette édition qui fera le bonheur des possesseur de systéme home-cinéma performant, des passionnés des coulisses de fabrication d’une œuvre comme aux amateurs de Peter Jackson.

The Frighteners est, comme il le dit lui même, un tournant dans l’œuvre de Peter Jackson, le premier ou il aura accés à un budget conséquent et le premier ou il se servira de l’outil numérique. Il est en même temps dans la droite ligne de ses travaux précédents, un mélange homogène d’humour, de frissons, de références discrètes, le tout mené tambour battant avec une mise en scène très aérienne et souvent à la limite de l’hystérie (mais pourtant maitrisée) qui pourra en agacer certains mais assure un spectacle permanent pour un film 100 % divertissement intélligent dont Jackson est maintenant devenu le spécialiste incontestable.



Qualité vidéo:
4,1/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
4,3/5

Rapport qualité/prix:
4,3/5

Note finale:
4,2/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2006-01-30

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Frighteners, The

Année de sortie:
1996

Pays:

Genre:

Durée:
123 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-18 (double face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Introductions, commentaire audio, storyboards commentaires, documentaires en tous genres ...

Date de parution:
2005-11-29

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