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DVDEF

Gunfight at the OK Corral

Critique
Synopsis/présentation
John Sturges est un solide artisan du cinéma hollywoodien classique. Il lui manque cependant une vision personnelle et un peu plus de caractère pour rendre son oeuvre inoubliable pour les cinéphiles. Certaines de ses oeuvres ont été de francs succès commerciaux (The Magnificent Seven, 1960 ; The Great Escape, 1963) dont les qualités sont évidentes. Cependant, il apparaît plus comme un artisan, un faiseur doué que comme un cinéaste à part entière. Seul un film, Bad Day at Black Rock (1955) sort du lot et s'avère toujours aussi intense, juste et passionnante cinquante ans plus tard.

Gunfight at the OK Corral (1957) est un film typique de John Sturges et par là même du système hollywoodien classique de l'époque. On y suit l'histoire mythique de l'amitié entre le Marshall Wyatt Earp (Burt Lancaster) et le Hors la loi Doc Holliday (Kirk Douglas). Les deux hommes, qu'en théorie tout oppose, se sauveront mutuellement la vie et finiront par s'apprécier jusqu'à devenir de vrais amis prêts à risquer leur vie l'un pour l'autre. Le titre du film trouvant sa justification dans un affrontement final opposant W. Earp, ses frères et Doc Holliday contre une famille bien décidée à les éliminer malgré leur réputation.

Le plus de ce film sur les nombreux autres traitant de cette célèbre histoire est de l'envisager sous l'angle de la psychologie des deux héros plus que sous celui de l'action. Le scénario s'attache donc dans un premier temps à présenter les deux hommmes et leur environnement proche, puis les confronte. Les deux hommes ne sont toutefois pas traités à égalité, Doc Holliday étant présenté sous un angle beaucoup plus intéressant que Wyatt Earp. Celui-ci est décrit comme un héros mythique et plutôt manichéen dans la grande tradition de l'Ouest. Cependant, par certains moments, l'interprétation qu'en donne Burt Lancaster peut laisser penser qu'en fait il s'agit d'une satire du Marshall incorruptible, tant il a l'air ridicule ou mal à l'aise à cause de son côté guindé et infatigable défenseur de la loi (sa relation avec la joueuse professionnelle, ou la façon dont certains personnages se moquent de son côté guindé). D'un autre côté, Doc Holliday est un personnage beaucoup mieux construit, sympathique et désagréable à la fois, intelligent mais buté et somme toute beaucoup plus crédible et humain que son ami. Ce sentiment est renforcé par la fabuleuse interprétation de Kirk Douglas toute en gouaillerie, charme et force de caractère. L'alchimie entre les deux acteurs est le ciment du film et lui communique le côté vivant qui lui aurait autrement fait défaut. Le personnage de Doc Holliday est le véritable héros et moteur du film, même si les grands enjeux de l'oeuvre semble plus reposer sur le personnage de Wyatt Earp.

Il est certain que les autres personnages et le gros de l'intrigue sont conçus pour mettre les deux héros en valeur. De ce fait, un certain déséquilibre s'installe dès que Doc Holliday est absent de l'écran, pénalisant ainsi une certaine partie du film, celui-ci n'en étant pas le héros principal. Les moyens sont présents et la reconstitution de l'Ouest est belle et conforme au mythe à défaut d'être réaliste. La réalisation de J. Sturges est efficace et seules quelques intrigues annexes peu utiles (la romance de W. Earp avec la joueuse) viennent ralentir un film relativement rythmé pour une oeuvre essentiellement basée sur les dialogues.

L'utilisation abusive de la musique assez datée et vieillote de Dimitri Tiomkin pourra agacer certains spectateurs, renforçant inutilement le côté mythique de l'oeuvre alors que celle-ci contourne justement cet aspect. La photographie est par contre très réussie, insistant sur les couleurs terre de l'Ouest et ajoutant ainsi au film une touche de réalisme contrecarrant efficacement la tendance légendaire du scénario.
Un film que l'on peut considérer comme un classique du Western. Il pourra surprendre les spectateurs habitués à d'autres versions plus musclées de cette célèbre légende. Il impose en tout cas le tandem Douglas/Lancaster comme l'un des plus efficaces qui soient, de ceux capables de transformer un film moyen et prévisible en une oeuvre intéressante à défaut d'être inoubliable.



Image
L'image est offerte au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9.

Après un générique assez catastrophique, la définition générale fait un bond en avant et s'avère tout à fait satifaisante à défaut d'être remarquable. L'interpositif est plutôt propre dans son ensemble, malgré quelques moments très abîmés par des rayures et des points. La finesse des détails est un peu en retrait par rapport à certaines restaurations récentes mais est plus qu'acceptable au final. La sensation de profondeur relative au tournage en Vistavision est bien rendue par ce transfert. Les couleurs sont également bien traitées même si elles paraissent parfois manquer de saturation. Cependant, leur rendu global est excellent, donnant véritablement une seconde jeunesse au film. Le contraste est bien géré, permettant ainsi un bon rendu des hautes lumières qui jalonnent celui-ci. De même, toutes les brillances sont annihilées. Le niveau de noir est tout à fait satisfaisant contribuant fortement à la sensation de profondeur se dégageant de cette copie.

La partie numérique est correcte laissant cependant un grain relativement important apparaître à plusieurs reprises au cours du film. Le générique est à ce titre incroyablement râté (grain, pompage).

Une copie de bonne qualité dont certains défauts ne devraient plus être présents sur un DVD édité en 2003. Il serait impensable de demander une restauration de qualité équivalente à celle de Sunset Boulevard, mais une constance accrue permettant d'assurer un niveau minimum de qualité ou du moins à éviter certains défauts inadmissibles en 2003.


Son
La seule bande-son disponible sur cette édition est en Anglais (DD 1.0 mono).

La dynamique est tout juste correcte, ne permettant pas aux coups de feu (par exemple) d'avoir l'attaque nécessaire à leur bon rendu. Cependant, la présence générale est d'un niveau appréciable, offrant par moments une spatialité agréable (scènes de saloon). La musique redondante de Dimitri Tiomkin est bien rendue, souffrant par moments d'un manque d'ampleur par ailleurs relativment peu gênant. Heureusement, les dialogues qui constituent la part la plus importante du film, sont très bien rendus, sans aucunes scories. Il faut simplement prendre garde à ne pas trop monter le niveau sonore sous peine d'entendre rapidement des distortions dans le haut du spectre. Les basses fréquences sont anecdotiques et manquent souvent de la profondeur nécessaire à la bonne restituion des affrontements du titre.

Les sous-titres sont disponibles uniquement en Anglais. L'absence de sous-titres français décoit grandement.

Cette bande-son est passable en l'état mais aurait mérité un traitement numérique plus poussé qui lui aurait ainsi mieux rendu justice.


Suppléments/menus
La présence d'une bande-annonce n'aurait pas été superflue, ne serait-ce que pour rappeler qu'une titre DVD est en théorie plus qu'une simple VHS...



Conclusion
Une édition techniquement réussie, même si le travail de restauration audio comme vidéo aurait largement pu être plus poussé. L'absence totale de suppléments est compensée par un prix de vente et la qualité intrinsèque de l'oeuvre. Un Western qui envisage un des plus célèbres épisodes de l'histoire du Far-West du côté des personnages plus que de celui de l'action. John Sturges est un solide artisan qui, sans révolutionner le genre, signe un film techniquement impeccable bien que son rythme soit un peu lent. Les deux acteurs vedettes portent littéralement le film sur leurs épaules. Sans l'alchimie évidente entre eux, il ne fait nul doute que le film aurait rejoint les rangs déja nombreux des banals Westerns de série, notamment à cause d'un manichéisme un peu trop forcé. Pour ce film, le personnage de Doc Holliday est clairement le personnage central et Kirk Douglas a su y insuffler toute son énergie et respecter l'ambiguité du personnage.



Qualité vidéo:
3,0/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
3,4/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-04-23

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Gunfight at the OK Corral

Année de sortie:
1957

Pays:

Genre:

Durée:
122 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Aucun

Date de parution:
2003-04-22

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