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DVDEF

War Of The Worlds, The (Special Collector’s Edition)

Critique
Synopsis/présentation
L’adaptation du roman de Wells a tenté beaucoup de cinéastes mais curieusement ces nombreux projets n’ont pas aboutis et il a fallu attendre les années 50 pour que Georges Pal s’intéresse au projet et parviennent enfin à le monter.
Et pourtant cette histoire de science-fiction connaissait depuis sa publication un succés phénoménal et l’adaptation radiophonique d’Orson Welles en 1938 l’avait fait connaître au grand public américain de la façon la plus marquante qui soit (en provoquant une vraie panique partout a travers les Etats Unis).

Heureusement donc Georges Pal est un passionné de science-fiction qui prend ce projet et cette histoire très au sérieux et réussit à lui conserver toute sa puissance malgré les importantes modifications qui seront apportées à l’histoire de Wells pour sa version cinématographique.

Byron Haskins, le réalisateur choisi par Georges Pal était lui aussi un passionné de science-fiction qui savait ou se placer entre sérieux et second degré vis à vis de ce genre qui à l’époque prétait souvent à sourire par sa naiveté et ses histoires totalement abracadabrantes.

Dans leur The war of the worlds, Haskins et Pal ont su justement proposer un contexte réaliste et ne pas tout baser sur les monsters mais principalement sur les reactions des humains face à une telle invasion. Ce sont les vaisseaux des martiens qui représentent la vraie menace et non pas les martiens eux même qui nous sont présentés comme des êtres fragiles et disgracieux mais ni féroce, ni effrayants.
Il n’ont donc pas trahis l’esprit du roman de Wells, ni de son adaptation par Orson Welles (brillante américanisation et modernisation du roman qui à sans doute servi de base au script de Barré Lyndon), ou le réalisme et la crédibilité sont les maitres mots qui en font tout le prix.

Certes quelques éléments du scénario sont très cinématographiques au sens ou les coincidences sont trop grandes pour être totalement crédibles (le premier météorite qui tombe juste à côté de la partie de pêche du plus grand spécialiste de géologie et d’astrophysique des Etats-Unis) mais les réactions des personnages sont elles généralement crédibles et logiques.

Et c’est grace à ce traitement sérieux que le film reste angoissant car il met l’homme face à un de ses dernières peur primale « réaliste », a savoir l’invasion de sa planête (dont il a su dominer toutes les autres formes de vie) par des entités extra terrestre technologiquement largement supérieures qui les rendent invincibles. Bien évidemment et dans la logique paranoiaque des Etats-Unis dans les années 50 (mais aussi dans le roman de Wells), ces extra terrestres sont forcément uniquement belliqueux et les plus destructeurs possibles. C’est d’ailleurs ce type de lecture du film qui a permis a plusieurs historiens de voir dans les martiens du film, un métaphore du bloc communiste et des dangers potentiels qu’il représentaient aux yeux de politiques manipulateurs comme le sénateur Mc Carthy. Cependant, le film reste clairement de la Science-Fiction au sens ou la fragilité et la puissance gigantesque des envahisseurs ne sont pas compatibles avec l’image que véhiculait alors les médias des communistes.

L’impuissance de l’armée américaine et même de l’impact d’une bombe atomique, alors considérée comme la puissance ultime, est l’un des éléments principaux de l’angoisse (même distanciée) que provoque toujours ce film. En effet, l’impossibilité de riposter ou même de resister sous quelque forme que ce soit est un fait extrément dérangeant pour n’importe quel être humain qui doit justement la survie de son espéce (par rapport a d’autres plus puissantes physiquement) a son intelligence et à sa technologie.
Dans le film, les êtres humains sont incapables de se défendre et cêdent bêtement à la panique, anéantissant ainsi toute chance d’organisation qui aurait permis de regrouper les forces vitales et de mettre sur pied un plan de « riposte », ainsi le Dr Clayton représente la voie de la sagesse comparée à la sauvagerie bestiale et aveugle de la foule.

Nous regretterons seulement que le formidable épilogue du film qui aurait pu permettre d’ouvrir sur une leçon de vie et de philosophie sont en fait naivement rattachée à la religion et à cette notion ridicule de sauvetage divin.
Certes la religiosité imprègne intelligemment le film (le sacrifice du prêtre, l’église comme dernier refuge de l’humanité proche de l’annihilation), mais la toute fin du film est elle la démonstration de la toute puissance de la religion à cette époque puisqu’une cause totalement naturelle (faisant partie des fondements de la vie) est associée a une aide divine alors qu’elle n’est du qu’au hasard.

Les effets spéciaux du film restent toujours aussi impressionnants (même si la qualité de l’image en rend les trucages vraiment très visible, surtout les cables soutenant les vaisseaux martiens) et notamment grace au formidable design des vaisseaux d’Albert Nozaki. De même, la bande-sonore est vraiment très travaillée et combine habilement effets réalistes et assourdissants mais aussi créations sonores angoissantes pour tout ce qui concerne les martiens.
Si cela est moins évident maintenant, les effets spéciaux visuels et sonores étaient à l’époque vraiment révolutionnaires et ont totalement térassés les spectateurs qui ont du coup fait un triomphe à ce film dont même les producteurs et réalisateurs étaient loin de se douter.

Un film devenu un classique du cinéma qui malgré ses défauts (une certaine incohérence) et limitations (l’histoire d’amour assez dispensable et des personnages peu définis) reste toujours aussi efficace et prenant grace à son intelligence et au sérieux accordé a cette hypothèses qui quoi qu’il se passe restera toujours inquiétante.
Nous n’avons pas encore visionné la récente nouvelle adaptation du roman par Steven Spielberg et nous ne pouvons donc pas faire une comparaison entre les deux surtout au niveau du traitement des personnages qui sera sans doute révélatrice de l’évolution des mœurs et de la société américaine.




Image
L’image est présentée au format respecté de 1.33 :1 d’après un transfert 4:3.

La définition générale est de qualité vraiment surprenante pour un film de 1953 et s’avère largement plus précise que sur des éditions de films récents. L’interpositif est d’une propreté elle aussi remarquable puisque quasiment aucun point ou trait n’est visible et que le grain est limité au maximum, c’est à dire quasi invisible. Le rendu des couleurs est lui encore plus réussi et la photographie flamboyante de George Barnes en est vraiment sublimée. Les couleurs sont justes, constantes et parfaitement saturées en toutes circonstances. Le contraste est lui aussi impeccablement géré et évite toutes brillances. Le rendu des scènes sombres est surprenant de qualité également grace à des noirs vraiment purs et profonds. Enfin comme nous sommes heureux de le constater de plus en plus régulièrement, aucun défaut numérique n’est décelable.

Un transfert de toute beauté dont la remasterisation est totalement réussie et convaincante. La seule ombre à ce tableau idyllique est que le nettoyage de l’image a été tellement efficace que les effets spéciaux sont maintenant totalement visibles et les cables soutenant les vaisseaux martiens (qui brillent comme jamais) sont présents en permanence. Il s’agit la d’un souci qui va devenir de plus en plus récurrent sur les films « anciens » avec l’apparition du DVD haute définition mais qui en soi n’est pas réllement un problème pour les amoureux du cinéma, même si il demande un certain temps d’adaptation.



Son
Les trois bandes-son proposées sur cette edition sont respectivement en Anglais (Dolby 2.0 surround), Anglais (Dolby 1.0 mono) et Français (Dolby 1.0 mono). La dynamique de la bande-son en Dolby Surround est d’un niveau tout à fait correct. Sa présence et sa spatialité sont elles aussi tout à fait honorables et ne cherchent jamais à dépasser le cadre d’un remixage intelligent, ne dénaturant jamais le travail monophonique original. La musique est impeccablement rendue, les limitations obligatoires dans le bas comme le haut du spectre étant limitées au maximum bien que toujours présentes. Elle est par ailleus parfaitement intégrée au reste de la bande-son. Les enceintes arrières sont utilisées avec parcimonie mais efficacité dans un mixage intelligent qui cherche avant tout à donner une vraie ambiance sonore sans trahir le travail des ingénieurs du son de l’époque. Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et aucunes traces notables de distortion ou de parasites ne sont notables, excepté à volume très élevé ce qui n’est pas forcément conseillé sur ce film. Les basses-fréquences sont logiquement le parent pauvre de cette bande-son mais néanmoins elle viennent solidement appuyer les scènes de destruction et offrir une assise très agréable à l’ensemble.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais seulement.

La bande-son monophonique anglaise est de bonne qualité mais le remixage réussi en Dolby Surround fait qu’elle peine à lui tenir tête. Par contre la bande-son en Français présente un niveau inférieur, une dynamique tassée, un rendu plus creux et souffre d’un doublage vraiment raté.

Une bande-son remixée en Dolby Surround et qui s’avère agréable et réussie et offre des conditions d’écoute appréciables sur une telle œuvre. Fort heureusement la Paramount offre aussi la piste monophonique d’origine pour les puristes.






Suppléments/menus
Un ensemble complet qui s’avère relativement intéressant mais comme cela est souvent le cas avec des “classiques” du cinema, se limite un peu trop à une glorification du film sans vrai recul sur l’oeuvre.

Le premier commentaire audio est effectué par les deux acteurs principaux Gene Barry et Ann Robinson (dont ce film constitue le sommet de leurs carrières respectives). Ils ont visiblement grand plaisir à revenir ensemble sur le tournage du film et offrent de nombreuses anecdotes sympathiques. Par contre leur commentaire sur l’influence et l’importance du film nous semble totalement partial et manque d’un recul critique nécessaire à ce type d’exercice.

Le second commentaire audio est du réalisateur Joe Dante, de l’historien du cinéma Bob Burns et de l’auteur Bill Warren. Les trois hommes partagent une passion commune pour ce film qui est très communicative. Leur centre d’intérêt est majoritairement les effets spéciaux, visuels comme sonores et leur importance dans l’histoire du cinéma. En tant qu’amateurs du cinéaste Joe Dante, nous aurions bien aimé qu’il parle un peu plus de l’influence que ce film a pu avoir sur sa carrière de cinéaste, mais les trois hommes s’entendent très bien, ils connaissent à la perfection leur sujet et il en résulte un commentaire très agréable et passionnant.

Le documentaire de 30 minutes intitulé « The sky is falling » propose des interviews intéressantes qui reviennent bien sur les soucis de production et du tournage comme sur l’influence qu’a pu avoir ce film sur le cinéma de science-fiction en général. L’ensemble est très agréable à suivre mais nous regrettons l’absence d’un critique impartial et connaissant bien son sujet qui aurait amené a ce documentaire un regard extérieur qui lui fait défaut au sens ou tous les intervenants sont entièrement acquis à la cause du film.

Un autre court documentaire consacré a HG Wells est offert et apporte bon nombre d’informations vraiment intéressantes sur l’auteur, son style et ses idées. Un complément quasi indispensable a la vision du film, même si nous regrettons qu’une colmparaison entre le livre et le scénario du film n’ait pas plus mise en valeur le commentaire social sur l’angleterre victorienne qui imprégnait le roman.

Le supplément le plus passionnant de cet ensemble reste l’intégralité de la fameuse adaptation et intérprétation radiophonique du livre de H.G Wells par le tout jeune Orson Welles et sa troupe du Mercury Theater pour la nuit d’ Halloween 1938. C’est grace à ce show radio magistral que Welles s’est fait connaître en traumatisant bon nombre d’américains persuadés de la véracité de ce qu’ils étaient en train d’écouter.
Ce moment historique est toujours aussi captivant et l’on comprend comment grace à coup d’éclat loin d’être gratuit Orson Welles a pu obtenir ce que personne d’autre que lui n’a jamais eu, la totale liberté artistique et financière pour son premier film , Citizen Kane.
Enfin est offerte une bande-annonce de belle qualité qui vient compléter un ensemble de suppléments bien complets et dont le défaut majeur est de manquer d’un regard critique extérieur et d’une remise en persspective objective.






Conclusion
Une édition aux qualities audio et video d’excellente qui permettent d’apprécier le film dans das conditions idéales même si le contrepoint a tout cela s’avère une trop grande visibilité des « trucs » des effets spéciaux. L’ensemble est appuyé par es suppléments intéressant même si trop partiaux et de la formidable pièce radiophonique de Welles qui a elle seule vaut le déplacement.

Voici donc un achat recommandé, ce film est un classique indispensable a tout amateur de science-fiction.

The war of the worlds est un film qui restera une date dans l’histoire du cinéma de science-fiction au sens il a changé la façon même d’envisager ce genre au cinéma et ce malgré son petit budget et au départ des intentions mercantiles de la part des producteurs.
Mais grace à la passion, à l’intégrité et au talent de Georges Pal et de Byron Haskins, ce qui n’aurait pu être qu’un film de monstres de plus devient une œuvre toujours angoissante qui malgré ses libertés par rapport au formidable roman de Wells, a su rester fidèle a son esprit et en propose une mise en image réaliste et très sérieuse et donc toujours angoissante.



Qualité vidéo:
4,1/5

Qualité audio:
3,9/5

Suppléments:
3,6/5

Rapport qualité/prix:
4,2/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2005-12-19

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
War Of The Worlds, The

Année de sortie:
1953

Pays:

Genre:

Durée:
85 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Commentaires audio, documentaires, piéce radiophonique, bande-annonce

Date de parution:
2005-11-01

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