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DVDEF

Mulholland Drive

Critique
Synopsis/présentation
Avec Mulholland Drive, il n'y a pas de demie-mesure. Soit on adore, soit on déteste. Et le plus étonnant dans tout ça, c'est que dans un cas comme dans l'autre, ce sont les mêmes raisons qui provoquent ces deux sentiments parfaitement opposés. Certains cinéphiles aiment être entraîner dans l'imaginaire débridé d'un cinéaste abstrait et visionnaire. Qu'importe si le film n'apporte aucune conclusion logique, chacun en tirera ses propres conclusions , tous aussi valables les unes que les autres. À l'opposé, d'autres cinéphiles se sentent complètement déstabilisés lorsqu'ils n'ont aucun rempart concret sur lequel s'accrocher. L'absence de logique trouble, dérange...
À l'origine, Mulholland Drive fut conçu comme l'épisode pilote de série télévisée, commandée par la chaîne ABC. D'abord réticent suite à la mauvaise expérience que fut Twin Peaks, David Lynch accepta finalement d'écrire et de réaliser le pilote de 90 minutes. Mais jugeant le pilote trop violent, trop lent et même trop confus (la véritable raison est aujourd'hui encore sujette à rumeurs…), ABC refusa de donner suite au projet. Ils cédèrent les droits du pilote à Studio Canal, qui réussirent à convaincre Lynch d'adapter le pilote en un long métrage. Lynch tourna donc une cinquantaine de minutes supplémentaires et acheva par le fait même ce pilote, le résultat étant le Mulholland Drive que nous connaissons aujourd'hui.
S'aventurer dans une lecture filmique d'un film de David Lynch est un exercice risqué… Voir même pénible. Tout d'abord, l'univers de Lynch en est un des plus riche mais également des plus complexe, où l'égarement est facile. Car Lynch ne fait pas dans le cinéma hollywoodien traditionnel. Les conventions, le cinéaste n'en a que faire. Il s'amuse au contraire à contourner ou à détruire ces conventions, préférant réaliser ses films suivant son propre instinct. Le cinéma de Lynch (sauf exceptions) ne respecte aucune logique. Ses histoires sont surréalistes, abstraites et relèvent d'un monde imaginaire (pour ne pas dire onirique). Plusieurs conclusions peuvent être tirées de ses films, les métaphores abondent et chaque spectateur y apportant du sien, verra un sens différent. C'est donc là toute la beauté du cinéma de Lynch, mais c'est aussi là son pire défaut… L'interprétation est si large, qu'on en vient à questionner le but de l'exercice. Que diable Lynch cherchait-il à faire ou à prouver avec ce film ?
De toute évidence, Mulholland Drive est d'abord et avant tout un film d'ambiance. Et cette ambiance, Lynch la crée admirablement bien. Il faut dire que le réalisateur a su compter sur une équipe d'interprète admirable, qui traduise avec une grande justesse les tensions véhiculées dans le film. Par contre, on pourrait facilement reprocher à Lynch une agaçante rupture de ton qui survient environ aux deux tiers du film. C'est d'ailleurs précisément à cet endroit que se termine le pilote original et que démarre la conclusion filmée ultérieurement. À partir de ce moment, le film nous offre un univers, en apparences, incongrus et surréalistes. Tout bonnement, c'est comme si le réalisateur n'avait pas su comment conclure les nombreux fils conducteurs de son intrigue (originalement prévue, nous le répétons, pour être développée au fil de plusieurs épisodes). Plutôt que de répondre aux questions soulevées dans la première partie du film, la finale ne fait qu'en poser d'autres ! Permettez-nous d'ailleurs de terminer cette critique par une question : si le même film n'avait pas porté le nom de David Lynch au générique, aurait-il à ce point été louangé, ou aurait-on conclu qu'il s'agit d'une œuvre prétentieuse?



Image
Cette édition canadienne de Mulholland Drive, distribuée par TVA international, nous offre le même transfert que l'édition américaine distribuée par Universal.
Présentée en format original de 1.85:1 d'après un transfert anamorphosé, l'image est d'une netteté adéquate compromise uniquement par un léger manque de piqué dans certains arrières-plans. La colorimétrie, souvent altérée par l'utilisation de filtres colorés et adoucissants, nous est somme toute apparue correctement équilibrée et avec constance. Pour les scènes non-filtrées les couleurs nous ont semblées pures et naturelles. Quant aux tons de peau, ils paraîssent tirer quelque peu vers l'oranger, ce qui agace. Le niveau des noirs (brillance) est juste, mais le contraste apparaît sur-accentué, ce qui a tend à bloquer sensiblement les dégradés. Les noirs, quant à eux, nous sont apparus solides et profonds.



Son
En plus de proposer les bandes-son anglaises DTS 5.1 et Dolby Digital 5.1, cette édition canadienne du film nous propose également un doublage français, mixé en format Dolby Digital 5.1.
Est-ce due au fait qu'une partie de ce long-métrage fut d'abord produit en vue d'une diffusion télévisuelle, mais la qualité des mixages présents sur cette édition ne sont pas tout à fait à la hauteur des bandes-son généralement produites pour des films aussi récents. Le dynamisme sonore ainsi que la présence ne sont que moyens, tandis que la spatialité est limitée. Le champ-sonore se déploie principalement des enceintes avants, les canaux d'ambiophonies sont rarement mis à contribution. À peine percoit t'on occasionellement quelques sons d'ambiance. Quant à la trame-sonore, celle-ci apparaît fidèlement et efficacement intégrée, grâce notamment à une bonne gestion des basses. Les extrêmes-graves (canal .1, LFE) sont fréquemment employés pour appuyer, avec plus ou moins de subtilité, certaines scènes d'action. Les dialogues sont bien intégrés au mixage; naturels et bien positionnés quoiqu'une légère distorsion (dans les mixages anglais) est parfois audible.
Le doublage français à sensiblement les mêmes caractéristiques que les mixages anglais, par contre les voix écrasent trop souvent la sonorité ambiante.
À noter que des sous-titres anglais et français sont aussi offerts avec cette édition.



Suppléments/menus
Non seulement David Lynch refuse-t-il que tout suppléments soient offerts avec les éditions DVD de ses films (sauf peut-être pour l'édition spéciale de Blue Velvet… exception qui confirme la règle ?), mais il refuse même à ce que ses œuvres soient découpées en chapitre! Pour Lynch, un film se doit d'être vu d'un trait, d'un bout à l'autre, et non en sautant d'un chapitre à l'autre. Ainsi donc, si par curiosité vous voulez visionner une scène précise du film, vous devrez la chercher en avance rapide ou en spécifiant exactement le minutage. Franchement, Lynch devrait peut-être revoir ses positions et s'adapter aux exigences du marché actuel, et donc des consommateurs. En attendant, libre à vous de visionner la bande-annonce présente avec cette édition...




Conclusion
Mulholland Drive n'est pas un film pour tous. Les amateurs du cinéma de David Lynch apprécieront sûrement, les autres auraient peut-être intérêt à explorer l'univers "Lynchéen" avec quelques unes de ses œuvres plus accessibles; Straight Story ou Elephant Man, deux grands films du cinéaste. Quoi qu'il en soit cette édition DVD est un produit honnête, sans plus. La qualité de l'image est plutôt bonne, mais les bandes-son ne sont que légèrement au-dessus de la moyenne, tandis que les suppléments se limitent à une seule et unique bande-annonce.


Qualité vidéo:
3,6/5

Qualité audio:
3,2/5

Suppléments:
0,5/5

Rapport qualité/prix:
3,1/5

Note finale:
2,8/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2002-04-19

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Mulholland Drive

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
147 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
TVA Films

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1
Anglaise DTS

Sous-titres:
Anglais (CC)
Français

Suppéments:
Bande-annonce

Date de parution:
2002-04-09

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