Blog Cinéma
Poétiquement cinéma… | 1 août 2010
En cette période estivale, voici une charmante sélection de réflexions et de citations sur le cinéma. Quelques mots d’auteurs et de chercheurs comme tant de petites étoiles qui sans cesses, viennent allumer la toile blanche de nos écrans pour nous faire rêver. Parce que le plaisir de lire ces éclats d’idées est sans cesse renouvelé et qu’ils contribuent à la magie des discussions animées sur les terrasses ensoleillées… Magiquement vôtre…
« Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d’autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout. »
[Jean-Luc Godard]
« En littérature, il y a beaucoup de passé et un peu de futur, mais il n’y a pas de présent. Au cinéma, il n’y a que du présent qui ne fait que passer. »
[Jean-Luc Godard]
« L’art du cinéma consiste à s’approcher de la vérité des hommes, et non pas à raconter des histoires de plus en plus surprenantes. »
[Jean Renoir]
« Le cinéma, c’est l’écriture moderne dont l’encre est la lumière. »
[Jean Cocteau]
« Le cinéma sonore a inventé le silence. »
[Robert Bresson]
« Ce qui est beau au cinéma, ce sont les raccords, c’est par les joints que pénètre la poésie. «
[Robert Bresson]
« Les questions restant sans réponses au cinéma sont celles qui ont le plus d’effets sur nous. »
[Atom Egoyan]
« Le cinéma est le terrain où l’on peut poser autant de fantasmes que d’idéaux. »
[Emmanuel Mouret]
« Les films sont plus harmonieux que la vie. Il n’y a pas d’embouteillage dans les films, il n’y a pas de temps mort. »
[François Truffaut] Extrait du film La Nuit américaine
« Nous désirons que le cinéma nous ouvre une porte sur le monde de l’inexplicable. »
[Carl Dreyer]
« Le cinéma substitue à nos regards un monde qui s’accorde à nos désirs. »
[André Bazin]
Marie-France Latreille
Blog Cinéma
Des herbes follement ludiques… | 7 juillet 2010

Dernier film du grand Alain Resnais, Les herbes folles, (une adaptation du livre de Christian Gailly : L’Incident ) est une fois de plus une radiographie révélant toute la profondeur obscure et la folie qui esquissent l’esprit humain. Le réalisateur et monteur accomplit, fidèle à son habitude, le pari de décomposer les multiples couches qui composent l’Homme en tant de complexités contradictoires. Il aime celle-ci ou celle-là ? Et celle-ci, elle désire celui-ci ou elle ne le désire pas? Et si les deux pouvaient se jouer dans une même temporalité dans des complicités différentes, dans une même vie, tout en sentiments explosifs et chronologiquement désordonnés… Autant de questionnements qui s’exposent dans ce conte fantaisiste étrangement contemporain et ludique à souhait.
Tout dans le montage est brillant, le ludique flirte avec le classique et le documentaire, rappelant à certains moments les premiers essais de Resnais en pleine période de la nouvelle vague. L’humour et la tragédie se superposent de manière à ce que le réel, le fantasme, le désir, les herbes, la peur, la folie et les passions dansent ensemble à chaque plan. Et les couleurs sont vives, éclatantes, jouissives, même si les personnages, quant à eux, sont sombres, tristes, presque résignés à leur sort longuement fixé dans le temps. En voilà une jolie question, pourquoi tout bouleverser d’une vie somme toute belle? Peut-être pas heureuse certes, mais certainement pas malheureuse. Pourquoi briser la sécurité, la stabilité acquise pour se lancer dans le vide et l’inconnu? C’est à cette question que se trouvent principalement confrontés les personnages de Georges et de Marguerite. Georges semble heureux : une femme merveilleuse, des enfants qui l’aiment… Mais Marguerite est une irruption impressionniste qui vient momentanément teinter sa vie, à coup d’une improbable complicité, de non-dits, d’onirisme et de passions partagés….Oui, tout est immense et surréel, tout nous échappe, tout nous confronte, mais existe-il quelque chose de plus surréel que la vie en elle-même?
La poésie de ce film est évidente, la prose est colorée, la narration est charmante et déjantée. L’amour n’existe plus, ou du moins pas comme on a l’habitude de la tracer (à l’encre indélébile), le désir improbable lui est sublimé, comme le désir est souvent cette petite bête noire qu’on refuse de s’avouer à nous-même. Les herbes folles est un conte cruel, sadique, mais d’une beauté désarmante. Le ton est sans nuance « on meurt à la guerre »; oui la guerre tue, donc pourquoi s’émouvoir devant un vieux film de guerre alors que l’on voit les personnages mourir demande Georges? Et l’amour, si semblable, en meurt-on?
Alors que l’improbable rencontre des rimes sadiques et des hasards tous plus banals les uns que les autres : Chaussure, porte-monnaie… Les décisions vont toutes à l’encontre de la logique, du moins de la logique apparente à laquelle on a l’habitude de se confronter. Peut-être que d’aller à l’encontre de la logique des hommes est la meilleure manière de se faire accuser de folie… Mais peut-être que c’est aussi la seule manière de faire un ou deux pas de plus en direction du bonheur…
Un grand film? Peut-être pas, mais un excellent exemple de toute la magie qu’est capable d’apporter le cinéma, dans toute sa tradition, loin du 3D, loin des effets spéciaux absurdes et des « happy end » … Envie de s’envoler dans le ciel et de s’y perdre, au septième ciel, au septième art… Ou envie de simplement suivre discrètement la silhouette floue de ses désirs…
Marie-France Latreille
*Canicule et cinéma formeront à jamais un couple fantastique…



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