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Fermieres-annie-st-pierre-documentaire_frLe cercle de Fermières a été fondé en 1915 par le ministère de l’agriculture du Québec. Le but premier était de créer un lieu d’échanges pour les « femmes au foyer » issues des milieux agricoles et ruraux (Sous l’évident joug des hommes qui devaient apprécier que leurs femmes prennent part à une activité non intellectuelle (lire dangereuse)). Le cercle de Fermières est tout de même devenu la première association féminine québécoise. L’association avait pour mandat, à son origine, d’éduquer et d’améliorer les conditions de vie des femmes en leur enseignant non seulement les arts textiles mais aussi en leur inculquant des connaissances utilitaires. Dans le film, on nous donne l’exemple de la création d’un jardin ce qui aura permis à de nombreuses familles de découvrir et de consommer d’autres légumes que les pommes de terre. Mais il semble évident qu’avant tout, le cercle de Fermières a surtout traversé les années parce qu’il permettait (et permet encore aujourd’hui) de briser la solitude de nombreuses femmes.

Dans son documentaire, Annie St-Pierre s’attarde avant tout à cet aspect humain des femmes. Cette impression que l’appartenance au cercle leur donne une utilité (ou une place) dans une société où les femmes ont trop longtemps été exclues. C’est possiblement ce qui explique encore aujourd’hui, l’importance des cercles (principalement dans les régions éloignées des grands centres urbains) toujours présents dans 660 municipalités du Québec.

Ce documentaire, est un gros plan, comme un coup de poing sur une réalité qu’on tente parfois de nier. Terriblement touchant, humain et sensible, on aime ces femmes qui semblent étrangement fixés dans un temps qui se serait arrêté dans les années 50. Mais pour ces femmes, cette implication au sein du cercle, semble représenter toute leur vie comme tant de sourires qui se dessinent dans un quotidien souvent difficile. Historiquement, étant très proche de l’Église catholique, le cercle de Fermières n’a jamais été une association reconnue pour son ouverture sur le monde et n’avait pas non plus de perception très visionnaire de l’évolution de la société et en particulier de celle des femmes. (le cercle avait d’ailleurs pris position contre le droit de vote des femmes dans les années 40). On leur inculquait l’importance de consacrer tout leur temps libre à leurs enfants et foyers comme une unique priorité de laquelle la politique aurait pu les faire dériver.

Depuis 100 ans pourtant, des centaines de femmes deviennent membres du cercle de génération en génération, ce qui aura permis qu’une multitude de savoirs aient pu êtres transmis. En ce sens, c’est tout un pan de l’histoire du Québec qui réside dans la mémoire collective de nombreuses femmes. Si rien ne semble avoir évolué tant dans la forme que dans le fond (recettes, broderies, tissages) c’est tout de même un héritage immense et non négligeable qu’on y retrouve de nos jours et qui pourrait éventuellement se perdre. Vous connaissez beaucoup de gens qui sauraient monter les fils d’un métier à tisser ?

Ce film nous trace un portrait réaliste, touchant, empreint d’une grande sensibilité et d’une sincérité infinie. On y fait de belles rencontres, des femmes formidables et hors du temps. Au final, il se produit en nous, une dualité un peu contradictoire entre une triste nostalgie et une grande dose de bonheur bercé par un héritage culturel.

Fermières (2013) est disponible en format DVD depuis le 2 septembre.

Marie-France Latreille

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Cet article a été publié le lundi 22 septembre 2014 à 14:28 et est classé dans Cinéma Québécois. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.



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