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tryptique_dvdDans Triptyque, Robert Lepage et Pedro Pires nous font voyager entre spiritualité et souvenirs. On y retrouve diverses nostalgies et tout autant de peurs, celle de la jeunesse perdue, l’appréhension de l’âge qui s’accroît, en fait, la peur d’être confronté à nos propres névroses. Peur de la vie et peur des démons qui nous suivent tout au long de notre existence. Lepage le cinéaste, nous a déjà habitué, dans chacun de ses films, à un univers qui frôle celui du sacré (Le confessionnal, Le polygraphe, La face cachée de la lune). Le tout forme une unicité de sens et de textures poétiques musicales et supra sensibles.

Ce nouveau film n’y fait pas exception. Triptyque nous présente trois personnages en quête d’eux-mêmes. Des êtres humains différents et semblables à la fois qui, chacun à leur manière, cherchent un sens à leur vie. Ce perpétuel questionnement qui donne le vertige lors qu’on tente de l’explorer plus en profondeur. De Québec à Montréal en passant par Londres, le tandem de réalisateur tend un fil de fer visuel et émotif entre une libraire amoureuse de la poésie et schizophrène, un neurochirurgien d’origine allemande qui camoufle les tremblements de sa main dans l’alcool et une chanteuse de jazz à fleur de peau.

Tout au long du film, on retrouve cette recherche stylistique, et pluridisciplinaire propre à la grande œuvre de Lepage ainsi que ce mariage habile entre le récit et l’intertextualité. Puis il y a les mots, ceux que Michelle aimerait écrire, ceux que Marie perd momentanément, et ceux que Thomas aimerait avoir le courage de prononcer. Des maux humains qui se juxtaposent en un seul récit dans lequel on voyage, bercé par la minutie de la recherche et de la contemplation. L’histoire s’emboîte comme les hémisphères du cerveau formant un tout cohérent et disjoncté à la fois. Le souffle du créateur, comme la main de Dieu, omniprésente et absente à la fois. Belle et audacieuse transe créative et personnelle qui nous donne un accès quasi encéphalique au processus créatif des réalisateurs.

Ce qui est merveilleux dans cet univers est qu’il se dépeint sans prétention aucune. Si ce n’est celle de tenter de nous livrer quelque chose de sincère. Il y a quelque chose de mystérieux dans les imperfections, une humanité qui détourne de ce qui pourrait être une source de malaise. Des silences, des marteaux piqueurs, des failles… Mais toujours cette volonté d’être ancré dans le réel, comme une promesse de vérité. La grande force de Triptyque se retrouve sans contredit au cœur de cette recherche de l’authenticité. C’est principalement la raison pour laquelle chaque œuvre de Lepage nous rend toujours plus grands. Au final Triptyque se situe entre un carnet de pages blanches rempli de promesses et le son précieux qu’est celle de la voix de notre père qu’on craint toujours un peu d’oublier un jour.

Marie-France Latreille

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Cet article a été publié le mardi 22 juillet 2014 à 19:00 et est classé dans Cinéma Québécois. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.



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